" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

jeudi 27 avril 2017

23, Djeuss-N'Galam: l'un des deux Hippopotames a tué... La foule humaine veut sonner l'hallali !

Hippopotame amphibie - Hippopotamus amphibius,  femelle
devant la grande typhaie de Sanar, à la confluence du N'Galam et du Djeuss
2016 03 7 / © Photo par Frédéric Bacuez, avec Jérémy Calvo
* Djeuss/N'Galam -

23 Février 2017. Matin-
Un vieil homme de 78 années, Moussa Diop, que Coumba Bang l'accueille en son paradis laiteux et paisible, un très vieux pêcheur de Ndiawdoune a été tué par un des deux Hippopotames amphibies (Hippopotamus amphibius)* qui ont élu domicile à la confluence du N'Galam et du Djeuss. C'est à quelques encablures de l'université Gaston Berger dont étudiants et enseignants seraient bien en peine d'imaginer que deux représentants du second plus gros mammifère d'Afrique hantent la grande typhaie de Sanar.... En effet nous sommes peu nombreux à connaître la présence de "la bête" tout près de nous, ce monstre du Loch Djeuss: du coté de Bango, les aficionados du Ranch peuvent à l'occasion se laisser impressionner par la démesure des empreintes laissées dans la boue des diguettes et berges du Djeuss. S'ils ont l'oreille, les riverains du marigot peuvent entendre leurs ahanements, certaines nuits et s'ils ne les confondent pas avec le braiment des ânes, lorsque la paire descend la rivière jusqu'au village de Bango, franchissant même, parfois, l'ouvrage vanné du réservoir pour aller prendre un bain d'eaux saumâtres, devant la mangrove de Thiolet. Mais seuls quelques pêcheurs, un forgeron Belge et un naturaliste Français les voient, observent et photographient de temps à autre. Ce duo est fait de deux femelles adultes, une mère et sa fille, et non pas de monsieur et madame comme il est dit et écrit idiotement partout, un couple décidément bien stérile - mais que valent les élucubrations d'un Ornithondar au regard de la science infuse des masses et de leurs médiateurs, hein ?!
Ces deux-là, de chevaux du fleuve, sont les seuls et uniques pachydermes dans tout le Septentrion sénégalais. Ils le resteront ad vitam aeternam. Jusqu'à ce que mort s'ensuive, naturelle, ou tragique comme je le pressens. Débarqués ici dans le bas-delta du fleuve Sénégal il y près de 25 ans, en provenance probable de leur Falémé natale, au bout de 600 kilomètres d'errances fluviales... Une mère et sa fille, peut-être même deux loupiots au début - ce qu'il est advenu du second, on ne le sait. Ayant quitté la troupe pour aller fonder un nouveau noyau, toujours à l'initiative d'une femelle, entraînant sa progéniture et croyant, les naïves, que les géniteurs se trouvent à disposition dans chaque marigot visité. Hélas, ç'en est fini depuis belle lurette, de la grande époque de l'Hippopotame, comme de tout le bestiaire bientôt imaginaire, a fortiori dans cette Afrique de l'ouest intégralement vampirisée par les Hommes en rut, toujours plus nombreux, toujours plus pauvres, pris à la gorge par les urgences de la survie, d'abord la leur. Sur le dos de Dame Nature. C'est elle ou nous, qu'on pense toujours dans la région. Il n'y a pas d'alternative, comme diraient les autres obtus du Paléarctique occidental. Dans les années '90 du siècle passé, ce bout de marigot était pourtant tranquille; un éden caché par les paravents de massettes, inaccessible, inviolable - ben voyons... les Hommes ne s'y bousculaient pas - ou si peu, incidemment. Les insupportables bêtes tueuses n'avaient pas choisi le site par hasard; qu'on ne s'y trompe pas. Et leur arrivée compensait le 'départ' du Lamantin (1992) et du Crocodile, partis avant même le siècle.

Ci-dessus:
Nos deux Hippopotames amphibies - Hippopotamus amphibius
Djeuss 2017 01 25 / © Photo par Frédéric Bacuez avec Loïc S.

Sus à la bête immonde, à l'unisson les masses et leurs médias - les mass-medias !

Pas un torchon du cru, sans archives ni autre mémoire que celle du jour n'a rappelé que les deux Hippopotames avaient même créé leur petit événement à Saint-Louis cité patrimoniale en venant barboter près du pont Faidherbe, à l'époque. La passerelle et les quais s'étaient alors gonflés d'une foule éberluée, rameutée de toute la ville par le spectacle insolite de ces mastodontes aventureux !
C'est ensuite que les problèmes ont commencé, peu à peu, quand les pachydermes ont fini par se trouver un coin tranquille, qu'ils croyaient, pour paresser le jour et flâner la nuit... Premiers accrochages avec les pirogues passantes, premières confrontations inattendues, entre l'Homme et la bête, parfois loin de leur antre, surtout la nuit quand des pêcheurs travaillent aussi... La nuit, je vous demande un peu... Nous mêmes avons vécu, depuis la berge du Djeuss saumâtre, à l'aval de la digue-barrage de Bango, un incident qui aurait pu très mal finir: en juin 2010 à la nuit donc, et à la torche, le vieux Djibi braconnait, pardon... pêchait devant les bosquets de palétuviers de Thiolet... Sous sa fameuse casquette d'ancien garde-champêtre, il n'avait ni vu ni entendu venir l'Hippo, du lagon de Kaïgga; peut-être irrité par les petits faisceaux lumineux mobiles, le monstre avait soulevé et brisé la proue du frêle esquif... Jeté à l'eau, le vieillard avait hurlé si fort que, accourus des quartiers voisins et du débarcadère bangotin, des dizaines d'hommes lui avaient rapidement porté secours avec tout l'attirail disponible et le ramdam spontané, embarcations à moteur, lampes électriques, agitations, vociférations, histoire de faire fuir l'ogre, de rassurer l'infortuné transi, et de se rassurer collectivement... Plus de peur que de mal... Longtemps après, le vieux pêcheur plaisantait de sa mésaventure avec moi, à chaque fois qu'il me voyait passer dans les parages pour entrer dans la plaine alluviale... De temps à autre un incident arrive aux oreilles des initiés, ou de la presse locale, le plus souvent déformé: ce n'est plus un ni deux hippopotames mais trois bêtes furibondes; emportés (sic) par les lâchers d'eau du barrage de Diama jusqu'au "paisible quartier de Medina Marmiyal"[in Ndarinfo 2014 09 6]... L'incident rapporté, "on n'y revient jamais"; jusqu'à l'épisode suivant.

Puis un jour on parle de mort(s), vers Mberaye par exemple, sauvagement broyé(s) par la furia animale. Guère plus; c'est loin de la grand'ville. Cette fois pourtant, le compte-rendu du drame est très largement partagé par les organes spécialistes du copier-coller, avides de ce genre de fait-divers qui fait le buzz - comme on dit aujourd'hui. Il faut bien vendre et/ou exciter le lecteur. Et, surtout, abonder dans le sens des quelques, oui quelques personnes concernées par la cohabitation Hippos-Hommes... Difficile d'apprendre quelque chose dans les environs, peu de Bangotins sont au parfum du drame, hormis les pêcheurs, ils sont pourtant les plus concernés avec les gens de Sanar par la présence des deux Hippopotames dans leurs eaux... Eh bien, on peut quand même lire que "la nouvelle s'est vite propagée dans la commune de Gandon et du département comme une traînée de poudre" ! "L'insécurité gagne du terrain dans cette zone", peut-on apprendre, victimes, riverains, pompiers et journaleux à l'unisson pour dire leur ras-le-bol; la presse locale totalement dans son rôle, toujours dans la demi-mesure et le sens de la complexité des choses, bref dans l'indispensable thèse-antithèse-synthèse pour mieux appréhender l'actualité, et l'éclairer: "c'est un malheur qui nous frappe depuis vingt ans", "un Hippopotame sème la terreur dans la localité"; "cela fait 20 ans" que "la bête sauvage" "fait des ravages dans la zone. Il attaque les pêcheurs, détruit les champs", "ce couple d'Hippopotames sème la panique sur le rivage du fleuve", "les attaques sont récurrentes sur le fleuve Ndiawdoune" ! Bref, c'est l'enfer ! "Les témoins" affirment que "l'animal féroce" "n'en est pas à sa première victime", le malheureux Diop en serait même la dixième, info de première bourre que ladite presse s'empresse de relayer illico, sans vérification. Mieux, commandant des pompiers comme journalistes en remettent une couche, font monter la pression et relaient complaisamment les menaces; les uns relèvent que "très courroucées, les populations se disent prêtes à tuer l'animal"; le premier "dans le sens des populations" anticipe d'autres drames à venir pour affirmer haut et fort "qu'il est temps que les hautes autorités du pays prennent des décisions pour assurer la sécurité des êtres humains" ! Car "si les autorités ne réagissent pas, les populations promettent de s'occuper elles-mêmes de la bête". Les commentaires qui suivent le reportage des envoyés spéciaux (lol) est éloquent: "qu'attendez-vous pour les abattre ?"; "il faut les empoisonner"; "n'attendez l'aide de personne. Il faut les tuer, vous êtes plus important que ces animaux." Bref, "l'Etat protège cette espèce et ne protège pas les humains" - l'Etat protège, l'Etat protège, 'faut le dire vite, l'Etat ne protège rien du tout, ni Hommes ni bêtes, il édicte, cause beaucoup et ne fait en tout cas jamais rien pour que la nature puisse s'épanouir avec ses Hommes... ça se saurait, et verrait. S'il y a des voix à grappiller du coté de Ndiawdoune pour les prochaines élections, on mettra fin aux jours égarés des pachydermes, protégés ou pas. Rien de très original. Chez les cousins de France, la Ségolène a bien fait un carton sur les Loups, espèce strictement protégée à l'échelle de toute l'Europe... Les éleveurs d'ovins (artificiellement entretenus par la même Europe) et le lobby des chasseurs (1% des 66 millions d'habitants en France) gueulent un coup, et (re)font la loi, la leur - le gouvernement exécute. France et Sénégal, des démocraties exclusivement clientélistes.

500 Hippos au Sénégal, sur les 7 000 seulement des 15 pays d'Afrique de l'ouest...

Sur le front contre la faune relictuelle, la récente mise à mort d'un autre Hippopotame par la foule en liesse, au Sénégal sur le fleuve Gambie, n'augure rien d'engageant pour notre paire isolée du grand nord. Ni pour les cinq cent (500) pachydermes fluviatiles qu'abrite encore le pays. Quatrième cheptel des sept mille (7 000) Hippopotamus amphibius, seulement, qui survivent dans treize des quinze pays de l'Afrique occidentale, à l'ouest du Tchad et du Cameroun. Bref, plus grand monde - mais c'est encore trop ! Une espèce partout officiellement protégée. Sur le papier. Du coté de Gouloumbou, à l'aval du parc national du Niokolo Koba, un Hippopotame isolé des siens menait la vie dure aux riverains du marigot, toujours plus nombreux, toujours plus soucieux d'exploiter le fleuve sans les aléas et les dangers qui vont avec. Fin mars, "L'animal le plus haï par les villageois" a fini par être abattu et extirpé de son bourbier enfin récupéré par les Hommes, posant fièrement devant et sur la bête immonde; elle en était, dit-on, à sa vingt-troisième victime hachée menu. Quand même. La presse qui diffuse une courte vidéo de l'exploit (cf. images ci-dessous), souffle: "les populations de Gouloumbou poussent un ouf de soulagement." Des populations, évidemment en pleine émergence... démographique. Et qui pour survivre, pardon, pour émerger, ont toujours plus besoin de terres, de ressources naturelles, allègrement pillées et/ou éradiquées. Bientôt, comme en certains pays où les masses humaines campent aux portes des réserves et parcs naturels, patente UNESCO ou pas, et commencent même à les envahir, ce sera évidemment le sort réservé au Niokolo et à toutes ces pseudo forêts classées, sanctuaires ou 'aire communautaire patrimoniale', ces trucs de Blancs. Tabula rasa. On notera qu'à chaque fois les Eaux & Forêts brillent par leur absence. Pas de vagues. La loi du plus grand nombre impose la réserve, le silence. Et pour ça, la croissance démographique, sur ce continent qui ne maîtrise rien, encore moins sa natalité qui affole même les démographes les plus confiants, ce n'est plus de l'émergence, c'est un tsunami ! 

* Sources: Dakaractu, Ndarinfo, Seneweb, SeneNews Plus et tous les Séné-moins du web local...
Ndiawdoune à Saint-Louis: Moussa Diop, pêcheur de 78 ans, tué par un hippopotamein Dakaractu 2017 02 24

Sur Ornithondar:
Le vieux pêcheur culbuté par les Hippos noctambules !, 2010 06 7
Les monstres du Loch Djeuss étaient au rendez-vous, 2016 03 7
Hippopotamus amphibius: les dames du fleuve froufrous par-dessus tête, c'est carnaval !, 2017 01 25

Lire par ailleurs:
Sénégal: des Hippopotames tueurs sèment la terreur sur le fleuve Gambiein Jeune-Afrique 2016 05 27
Vidéo: l’Hippopotame qui semait la zizanie à Gouloumbou a été tué, in SeneNews Actu 2017 03 20


Ci-dessous:
à g., AUJOURD'HUI - après la mise à mort de l'Hippopotame 'tueur' de Gouloumbou, fleuve Gambie (Sénégal), 2017 03 / © Photos Dakaractu
à d., HIER -  'chasse' à l'Hippopotame à Bignona, Casamance (Sénégal) au temps des colons... 

" Je fais raconter par Adoum la chasse à l'Hippopotame, 
puis le dépeçage de la bête 
et l'odeur épouvantable de nos baleinières transformées en boucaneries. "
- André Gide (1869-1951), in Le retour du Tchad (1928)

Voir aussi:
- une chasse commerciale d'antan: Hunting the Hippopotamus / La Chasse à l'Hippopotame
un documentaire muet (1917) dans lequel il est déjà souligné:
 "la chasse que l'on fait à ces animaux en diminue le nombre chaque année et nul doute que, dans un temps plus ou moins éloigné, 
à mesure que la civilisation pénétrera dans le centre de l'Afrique, on n'en détruise entièrement la race."
 - le célèbre documentaire 'Bataille sur le grand fleuve/Chasse à l'Hippopotame' (1951), réalisé du coté d'Ayorou, sur le fleuve (Niger)
- par Jean Rouch (1917-2004)

Nota: au grand maximum 7 000 Hippopotames amphibies survivent dans toute l'Afrique de l'ouest [données 2004 !]. "Although Common Hippopotamus are found in many West African nations, overall population sizes tend to be much smaller, either because of less available habitat or the higher density of human populations." [in UICN Red List] Les deux noyaux viables, mais de petites populations fragmentées, sont: celui à cheval sur les Sénégal, Guinée, Guinée-Bissau (dont îles Bijagos) pour former "the bulk of the West African Common Hippopotamus with total numbers literally to be in the region of a few thousand"; puis celui de "the group of contiguous countries, Côte d'Ivoire, Ghana, Bénin and Burkina Faso, contain a total of at most two thousand Common Hippopotamus with the majority in Burkina Faso." Hélas, les effectifs sont quasiment tous et partout en déclin: 7 à 20% de moins entre 1990 et 2010. Avec, ces dernières années, pour l'espèce comme pour tant d'autres, une accélération de cette raréfaction dans le paysage aquatique ouest-africain, voire localement son irrémédiable effondrement. On estime que d'ici 2040, 30% des Hippopotames actuels auront à leur tour disparu. Entre temps dans le seul Sénégal, la population humaine forte de 15 millions d'âmes en 2017 sera passée de 17 millions en 2020 à 20 millions en 2025, 22 millions en 2030; et 40 millions en 2051 - il faut imaginer l'impact d'une telle masse sur un pays aux ressources extrêmement limitées, à l'environnement à bout de souffle, et au climat si désavantageux. Même dans le saint des saints sanctuaires de ce qui reste de la grande faune en Afrique occidentale, le Singou burkinabè, l'ultime zone à l'ouest du Tchad où l'empreinte humaine (footprint) est la plus faible, et même parfois nulle - c'est particulièrement visible sur une image satellitaire !-, en 2013 une dizaine de ces mastodontes ont été retrouvés morts dans les mares, à mille lieues de tout village, tout champ, toute pêcherie: virus, braconnage, empoisonnement ? Ailleurs, la récurrence des conflits entre les créatures et les 'usagers' des marigots, fleuves et leurs berges, n'incite pas à l'optimisme quant à la pérennité de l'espèce, d'autant que les occupants originels desdits plans d'eau n'ont jamais eu bonne presse chez les bipèdes... Irascibles, imprévisibles, violentes, rapides, ces grosses bêtes sauvages à l'allure faussement débonnaire sont probablement les plus dangereuses du continent, responsables d'au moins cinq cent décès par an, après les victimes du Crocodile (Crocodylus niloticus), mille morts. La presse fait son beurre de ces faits-divers tragiques... Porte-voix de l’hallali à venir.

L'Hippopotame amphibie est inscrit à la Liste rouge des espèces menacées d'extinction, 
dans la catégorie 'Vunerable/VU', depuis 2006
" Des groupes d'Hippopotames de plus en plus petits,
 essentiellement à cause de la perte de leur habitat 
ou de la densité des populations humaines toujours plus forte "

Ci-dessous, 
état des populations d'Hippopotamus amphibius en Afrique de l'ouest (~7 000 individus). 
Par ordre numérique décroissant:

  • Guinée Bissau / îles Bijagos: 1 000 - 2 000 ind. Stable ?
  • Guinée: 1 000 - 2 000 ind. En déclin
  • Burkina Faso: 500 - 1 000 ind. En déclin
  • Sénégal: 500 ind. Stable ?
  • Ghana: 400 - 500 ind. En déclin ?
  • Togo: 300 - 500 ind. Stable ?
  • Bénin: 300 - 500 ind. En déclin
  • Côte d'Ivoire: 300 - 400 ind. En déclin
  • Nigeria: 300 ind. En déclin
  • Mali: 200 ind. En déclin
  • Niger: 100 ind. En déclin
  • Sierra Leone: 100 ind. En déclin
  • Gambie: 40 ind. ? En déclin
  • Mauritanie: disparu
  • Liberia 

jeudi 20 avril 2017

20, ce Blongios-ci est de là-bas (Paléarctique), ces Glaréoles-là sont d'ici (Afrotropical)...

Ci-dessus:
- en haut, Blongios nain - Ixobrychus minutus  ssp. minutus, mâle dérangé par un pêcheur relevant ses lignes de filets dans le marais
N'Galam à la digue de Tylla 2017 04 20, 10h20 / © Photo par Frédéric Bacuez
- en bas, Glaréole à collier - Glareola pratincola ssp. fuelleborni, au bord d'une gravière en eau
Carrière de sables coquilliers du Khant-nord 2017 04 20, 15h47 / © Photo par Frédéric Bacuez


* Aire communautaire patrimoniale des Trois-Marigots.
Brousses de Gaye à Tylla; digue de Tylla sur le N'Galam; anciennes carrières du marigot de Khant-nord -

5h15-16h30-
A pied.
Temps: 19°-30°, ciel bleu (presque) sans particules en suspension, donc UV extrême: 13, soleil vif et piquant - gare aux peaux sensibles ! Lever, 6h48 / Petite humidité, 69% jusqu'à ~8h, point de rosée (faible) à 19°
5h, 19°; 9h, 22°; 13h, 29°; 15h, 30°+; (17h, 26°)
Vent du nord, 29 km/h ininterrompu dès le matin bonne heure
Température maximale, 40° (1987) / Température maximale moyenne, 29°
Température minimale maximale, 17° (2013) / Température minimale moyenne, 20°

Ci-contre: petit matin sur les 'terriers' du Renard pâle...
Dunes de Gaye à Tylla 2017 04 20, 7h41 / © Photo par Frédéric Bacuez


Aparté:
Le gendarme, dans la nuit:
- Vous allez au Djoudj ? [après avoir posé la même question au chauffeur, en wolof - malin, pas un bleu-bite, le pandore...]
- Non, dans les Trois-Marigots, du coté de Tylla... 
Perplexe...:
- Un instant. Je vais relever votre passeport...
Américain ?
- Non, Français [désolé, c'est moins prestigieux, je sais, et ça va pas s'arranger...]
[toujours pas vu sa tête, qui dépasse le toit de la caisse]
- Vous allez faire quoi ?
- De l'ornithologie.
[en général, cette réponse hors norme met vite fin au dialogue. Ramasser des champignons, ça le ferait aussi ?]
La maréchaussée me rend le sésame et 'torche' les autres véhicules stoppés - ils ouvrent les coffres, pour la forme... Les leurs, pas le nôtre.
C'est ça, que de prendre les sentiers battus... 
PS: l'an passé, c'est un équipage au complet de grands chasseurs Blancs, du 'Ranch de Bango', qui s'était fait intercepter et remiser l'armurerie au placard. Il y avait de grandes manoeuvres militaires africano-européennes, dans la région, avec même des gros porteurs... polonais ! Polonais, ici, à Ndar - comme le quai du même nom, à l'Hydrobase ! Les Tartarins, on les connaît, ils auraient été foutus d'en descendre un, d'avion !
Moi, mon gars a éclairé ma longue-vue, sur la banquette arrière, et n'a rien dit. 'A peut-être imaginé que c'était un truc pour regarder les étoiles... Ornithologue, mais ouais, c'est donc ça ! 
Il y a une justice, parfois, dans ce bas-monde...

Plis et replis, de Gaye à Tylla entre marigot de Khant et N'Galam 
- avec les Bergeronnettes flavéoles

Cela faisait quelques années que je n'étais plus revenu dans ce cordon, parcourir à pied ses plis et replis, entre la digue de Mengueye et celle de Tylla, en tout cas sur le versant oriental des alignements sablonneux, coté N'Galam. La période n'est pas à l'avantage des lieux, dépouillés de leur tapis herbacé, intégralement piétiné et bouffé par le bétail. De bon matin dans les lumières mordorées, là où il reste de la paille et des bouses non émiettées, les Bergeronnettes flavéoles (Motacilla flava ssp. flavissima, cf. photos ci-dessous) stationnent en petits groupes (cinq à six sujets) pour se ravitailler avant que de se lancer à l'assaut du Sahara. Étrangement, il n'y a quasiment que des mâles, en livrée toute neuve, pour les noces à venir - mais où sont les filles ? Des quatre sous-espèces de Bergeronnettes printanières qui peuvent fréquenter en hiver le Sénégal (FlavaIberiae, FlavissimaThunbergi - par ordre numérique, sur la base de nos propres observations dans le bas-delta sénégalais), Flavissima est la plus remarquable lors de la migration prénuptiale alors qu'à la descente postnuptiale les Flava nominales sont les plus visibles. Au printemps nos ibériques partent sans jamais former de groupes notables, précédant de peu les Flavéoles. Comme les Bergeronnettes grises (Motacilla alba), les premières à décamper (mi-septembre-début avril ici, mi-avril pour les passantes méridionales), les Bergeronnettes printanières nominales nous quittent essentiellement courant mars en formant parfois de belles troupes lâches. En rappel, les Flavéoles sont de la 'race' insulaire de Grande-Bretagne; les Iberiae de l'Espagne, du Portugal et du sud de la France; Thunbergi, nettement la moins fréquente, nous vient en très faible nombre de Fennoscandie. Flava, la plus répandue lors de l'hivernage arrive de l'Europe continentale. Cette dernière est ubiquiste, tandis que Flavissima se rencontre de préférence dans le sillage des troupeaux, Iberiae ayant un faible pour les zones dépressionnaires humides ou herbacées. Toutes se retrouvent néanmoins dans les typhaies pour passer la nuit... Dans le bas-delta, certaines roselières sont réputées pour héberger des dizaines de milliers d'individus chaque nuit, Bergeronnettes printanières comme Bergeronnettes grises...

Bien heureux, comme au début des années 2010, de réentendre dès le point du jour, ici plus qu'en tout autre endroit des Trois-Marigots les Martins-chasseurs striés (Halcyon c. chelicuti) lancer leur trille comme un sifflet à roulettes (écouter un enregistrement sonore ci-après; étonné de prendre en défaut Bram Piot, sur le coup: pas une seule prise, ici ou d'ailleurs sur le continent ! Mais qu'est-ce que tu fous ?)... Déjà le 15 janvier dernier, à l'occident de ces alignements dunaires, au-dessus du Khant-nord... De ce coté-ci, vers le N'Galam, j'en surprendrai au moins deux, en train de chasser, descendus de leur affût perché, au sol le temps de récupérer leur insecte, ceux-là ne m'avaient pas vu venir... C'est d'ailleurs un début de matinée fastidieux, aujourd'hui, pour approcher et voir les oiseaux: trop loin, fugaces, furtifs, ou dans les pieds, quand on ne s'y attend pas, et qu'on fait autre chose, ou plusieurs choses en même temps (admirer les lumières, photographier le paysage, s'arrêter pour seulement écouter le silence, entendre le réveil des fermettes et campements au loin), bref pas assez attentif, l'Ornithondar du jour... Un superbe et bien portant mâle d'Outarde de Savile (Lophotis savilei) se jouera de ma faible concentration à trois reprises ! A chaque fois que je tente de le retrouver là où il s'est reposé, et que sur le point d'abandonner je me relâche, le marcheur de la brousse sahélienne est à coté de moi, immobile, je ne l'ai pas vu, et... il s'envole sans que je puisse réagir à temps (pour la photo)... Jamais deux sans trois, je décroche et le laisse en paix... De retour dans les cordons au zénith, c'est impressionnant: des dizaines et des dizaines de Tourterelles... Pas farouches pour deux plombs, les Tourterelles masquées (Oena c. capensis), mâles, femelles et immatures trottinent, tout occupées à picorer les sables; à mon passage elles s'envolent de quelques mètres pour continuer l'égrenage. Le moindre bosquet de Salvadoras persicas est gavé de Tourterelles pleureuses (streptopelia decipiens ssp. shelleyi) et, en moindre nombre, de Tourterelles maillées (spilopelia/streptopelia s. senegalensis); réveillées de leur sieste ombragée, elles quittent la frondaison précipitamment, dans un grand fracas d'ailes. Au matin, tout ce beau monde était à l'abreuvoir, dans le lit du N'Galam... Sous le soleil piquant comme des épines, changement de mélopées: après les Martins-chasseurs striés des frimas matinaux, ce sont les monotones du cagnard (Barbion, Batis, Brubru) qui prennent la relève de midi: deux Brubrus africains (Nilaus afer) se répondent mutuellement, mais il faut un cri de contact pour que je puisse en repérer un quand il a changé d'Acacia. Et, encore deux Outardes de Savile, pas encore au point, loin s'en faut, de leurs jolis chants du mois de mai, bientôt... Juste de petits signaux vocaux très espacés, histoire peut-être de jouer, entre elles, à la géolocalisation - on se prévient, on territorialise avec les moyens du bord... Il me faut même dresser l'oreille, parfois, et me concentrer (encore !), pour les entendre, en cette période prénuptiale...




Ci-dessus:
dans les dunes et inter-dunaires versant N'Galam, entre Gaye et Tylla...
Bergeronnettes flavéoles - Motacilla flava ssp. flavissima, mâles nuptiaux et terriers de Renard pâle & Co
2017 04 20 matin (deux premières rangées) et midi (deux dernières) / © Photos par Frédéric Bacuez
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Des dunes truffées de leurs tunnels - mais où sont les Renards pâles* ?

Le 15 janvier dernier, à l'occident des alignements dunaires (coté marigot de Khant) que je parcours aujourd'hui sur leurs versants orientaux (coté N'Galam), j'avais découvert deux réseaux de souterrains à Renard pâle (Vulpes pallida ssp. pallida) et Chat ganté (Felis silvestris ssp. lybica). Quelle n'est pas ma surprise aujourd'hui, d'en trouver encore d'autres, et pas qu'un peu ! Des tunnels reconfigurés et dès lors arrondis en une ou deux entrées, ça c'est le Chat ganté qui s'est approprié la place ! Et pas moins de trois séries de ces fameuses entrées/sorties du petit et si secret chien des sables sahéliens, le Renard pâle*: des rampes très étroites et creusées au cordeau, avec des parois parfaitement verticales, si lissées que l'on y décèle les coups de griffes qui les retravaillent régulièrement; les ouvertures s'enfoncent en pente assez raide dans l'obscurité, vers des chambres réputées profondes et nombreuses. Si l'un de ces HLM est abandonné, les tunnels en partie écroulés, les deux autres sont bel et bien fonctionnels; il resterait à savoir si leurs chambres sont occupées... J'ai fini par comprendre que nos invisibles canidés sont du genre (très) vagabond; s'installant un temps ici, un temps là, puis plus loin encore avant de revenir, un matin, vers d'oubliés tunnels... Ce sont les autres noctambules qui en profitent bien ! Sur les esplanades de sables rejetés qui s'accumulent sur le pas de porte (le Renard, nous l'avons constaté de nos propres yeux, notamment avec les Mignot, éjecte le sable entre ses pattes, la tête enfoncée dans le tunnel), il y a de nombreuses traces et empreintes: lézards, serpents, rongeurs, petits mammifères de la maraude nocturne... Dans ces paysages dépouillés, les trous sombres sont parfaitement visibles de tous: les bergers, les bûcherons, les charbonniers, les inévitables passants qui vont au travers les dunes d'un hameau à l'autre, de la brousse à la grand'route... Et des innombrables bovins qui ont la fâcheuse habitude de traverser l'espace comme un champ de mines; je soupçonne les indolentes de piétiner et régulièrement faire effondrer les tunnels, à leur passage... A l'évidence, les Renards pâles ont plus à craindre du Grand-Duc de Verreaux (Bubo l. lacteus) que des bipèdes, qui leur foutent (a priori) une paix royale, aux petits chiens - voilà une impression qui mériterait approfondissement car, nous sommes en Afrique et tout ce qui n'a pas droit à la protection mystique est bon pour la marmite, ou à la traque sans pitié... Les "braves" populations "à la base" seraient-elles ici magnanimes, partageant avec les Dogons du Mali et d'autres cultures du Sahel, quelque croyance respectueuse envers les petites bêtes au demeurant aussi mystérieuses qu'attachantes bien qu'à l'air sévère - ces dernières considérations, c'est bien une perception propre à la sensiblerie occidentale, à géométrie variable, ha ha ha...

* Voir sur Ornithondar:
Du Renard pâle - le moins connu de tous les canidés !, 2016 01 31
Et: Libellé 'Renard pâle', les notules...

Ci-dessous:
" Taper le sable..."
tunnels du Renard pâle, empreintes et traces diverses et variées aux entrées...
Dunes de Gaye à Tylla 2017 04 20, 7h40-7h51 / © Photos par Frédéric Bacuez
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A la digue de Tylla, "c'est pas la saison" mais quand même !

8h-11h ! Trois heures de temps à déambuler tranquillement d'un bout à l'autre de la digue de terre qui enjambe et coupe le N'Galam au bas du village de Tylla. Comme d'habitude, cet endroit est un enchantement, et pas que pour les ornithologues. Pour le photographe épris de reportage pittoresque, il y a aussi les gens, leurs costumes, leurs activités, leurs allers et venues d'une rive à l'autre du marigot. Pour ce qui est des piafs, donc, ce n'est plus la saison, comme dirait l'ami Jérémy: pour les oiseaux du Paléarctique, c'est hors-jeu, pour déceler une Marouette (de Baillon, ponctuée, poussin) et observer la passée des anatidés nordiques (Sarcelles d'été, Souchets et Pilets). Pour tous les ardéidés et les paludicoles qui ont hiverné ici, c'est aussi la quasi extinction saisonnière. Un Héron cendré et quelques Hérons pourprés, possiblement des résidents qui retrouvent leurs effectifs normaux... Chez les Fauvettes du marais, les Phragmites des joncs (Acrocephalus schoenobaenus) comme toujours font de la résistance, elles tiennent résolument le parterre, toujours peu pressées de nous quitter, même si à moins les entendre il me semble que les effectifs déclinent, désormais. Deux Rousserolles effarvattes (Acrocephalus scirpaceus), aussi, qui ont un différend, ce matin... Disons que l'une chasse l'autre de son bout de territoire alimentaire, un parterre de Tamaris immergés - sans doute une hivernante qui renvoie une migratrice stationnée, on dira ça... Ah si, outre un Pouillot fitis (Phylloscopus trochilus)une Fauvette des jardins (Sylvia b. borin): celle-ci est à coup sur une passante qui profite des lieux et de son garde-manger pour se restaurer avant de poursuivre la route migratoire... Si cette Sylvidae est particulièrement visible à l'automne dans le bas-delta et la vallée du fleuve Sénégal, de mi-septembre à fin novembre, elle n'y laisse aucun hivernant, préférant les domaines soudaniens et pré-guinéens pour sa saison africaine. Le pic de la migration prénuptiale courant de mi-avril à fin mai, celle-ci est parfaitement dans le timing pour arriver à l'heure en Europe !

Un pêcheur entre dans le marais pour relever ses filets. Ils sont innombrables, partout tendus dans la végétation palustre, au ras de l'eau ou des herbiers, traîtres pour les oiseaux. Les habitués ont appris à les enjamber, à sauter d'un coup d'ailes par-dessus, mais les autres ? L'homme fait envoler un Chevalier aboyeur (Tringa nebularia), une ribambelle de Jacanas à poitrine dorée (Actophilornis africanus) et des Gallinules poules-d'eau (Gallinula c. chloropus), s'éclipser les Talèves d'Afrique (Porphyrio madagascariensis) et les Marouettes à bec jaune (Zapornia flavirostra), ces impayables petits clowns des tropiques (cf. photos ci-après)... Deux paires d'Anserelles naines (Nettapus auritus), le plus joli de nos anatidés africains (cf. photo ci-dessous), décollent aussi pour gagner les eaux libres au nord de la digue - on ne peut jamais être longtemps tranquille... Tout à l'heure, furtivement, j'apercevrai dans le fouillis végétal et sur les rares places d'eau libre, un Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis ssp. capensis, lire ci-après), une Talève d'Allen (Porphyrio alleni) dont la plaque frontale bleue nous indique que l'oiseau est au moins un adulte (pour en savoir plus des subtilités sexuées de l'animal, Lire ICI sur Ornithondar !), et une Rhynchée peinte (Rostratula benghalensis), un pâle mâle d'un petit groupe de peut-être quatre de ces singulières bécassines africaines, chez qui, exception à la règle chez les oiseaux c'est la femelle qui porte fièrement les couleurs, et la culotte dévergondée (lire ICI et LA sur Ornithondar)

A cet endroit même, le Blongios nain est représenté par les deux races: Minutus et Payesii

Dernier levé par le pêcheur: un Blongios nain (Ixobrychus minutus ssp. minutus), qui vole d'un bosquet de Typhas à la petite touffe des roseaux limitrophes de la digue traversière (cf. photo en haut de notule). C'est un mâle, splendide comme toujours, dans sa livrée noire, contrastée, avec sa plage alaire éclatante, blanche avec un soupçon de beige. Reposé en lisière des massettes, le voici qu'il émet son chant caractéristique, un sourd "Ouôrr", répété à intervalles réguliers, monotone. Le petit Héron est chaud bouillant, il est maintenant grand temps de regagner l'Europe - pour ses affaires... 20 Avril, allez, il ne faut plus (trop) traîner, mon petit gars - même si le Blongios n'est pas un excité de la migration taf taf ! Le retour en France, par exemple, se situe dans une fourchette large de fin Avril à Juin, avec un pic en Mai. La reproduction y a lieu, toujours très étalée dans le temps, de Mai à Août voire Septembre. Le départ postnuptial vers l'Afrique débute fin Juillet, jusqu'en Octobre, certains ne quittant le pays qu'en Octobre, Novembre voire Décembre (in Migraction.net). Double attention, tout de même: premièrement, le Borrow-Demey note que "Nominate dominates in North Senegal"... Peut-être aux passages d'automne et de printemps, oui; mais l'Africain est bel et bien présent dans notre Septentrion, et pas incidemment, je dirais même souvent dans des proportions numériques égales; au bord du réservoir bangotin du Djeuss, nous avions l'habitude de voir un couple 'indigène' entre Novembre et Février (2012-2013); des Payesii ont été bagués au Djoudj autant que des Minutus, au début des années '90 (en mars, précisément). Deuxièmement, que les bonnes oreilles se méfient (encore) du Borrow-Demey, qui affirme que le Blongios nain d'Eurasie est "en général silencieux" sur les quartiers d'hiver africains; mouais, peut-être alors au bout d'un certain temps... Pour nous, mais on peut entendre des voix, il continue de chanter aux passages d'automne; je l'ai constaté à plusieurs reprises sur des sites de fréquentation temporaire, à la descente; et en fin de séjour, comme aujourd'hui dans ces Trois-Marigots. Troisièmement, que les bonnes oreilles ne se laissent abuser: le chant du Blongios paléarctique (Minutus) est peu ou prou à l'identique - enfin, je crois... Peut-être un chouia plus sourd chez l'européen, non ?- que celui de son homologue africain (Payesii), également présent sur le N'Galam à la digue de Tylla. Nous sommes quelques aficionados du coin à y avoir rencontré, enregistré (Bram Piotin Xeno-canto) et photographié des sujets en saison humide, théoriquement au-delà des limites possibles d'un séjour prolongé de Minutus sous nos latitudes (Daniel Mignot; Frédéric Bacuez, cf. photos ci-dessous). L'extraordinaire, dans l'histoire, c'est que le Payesii a été vu ici, à quelques mètres près, exactement au même endroit que le Minutus ! Quasi systématiquement en Juin et Juillet (cf. photos ci-dessous) ! Le flair, sans doute... Le leur, entre eux, ha ha ha ! Et le nôtre, évidemment !

Ci-dessous, de g. à d.:
Blongios nains a priori de la race afrotropicale Payesii
Un mâle Payesii ? Ou Minutus ? Pfff... 2016 07 02 19h15 / Courtesy © photo par Daniel mignot
Un mâle Payesii, c'est net ! 2016 06 4 10h04 / © Photo par Frédéric Bacuez
Un jeune mâle Payesii ? 2016 07 9, 7h51 / © Photo par Frédéric Bacuez
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Ci-dessous:
Anserelles naines - Nettapus auritus, monsieur et madame, inséparables 
l'une des deux espèces-phares du N'Galam de Tylla (avec la Talève d'Allen)... 2017 04 20, 8h20 / © Photo par Frédéric Bacuez
Ci-dessus:
Talève d'Afrique - Porphyrio madagascariensis, adulte traversant la digue de Tylla sur le N'Galam...
Trois-Marigots 2017 04 20, 9h50 / © Photo par Frédéric Bacuez


Dans les gravières à sables coquilliers du Khant-nord...

Dans les anciennes carrières de sables coquilliers, les mares sont toutes asséchées. Celles-ci accueillent en saison humide des Grèbes et des Foulques macroules, une rareté sous nos cieux - et les deux nichent parfois, ici même ! Un de ces discrets Grèbes castagneux (tachybaptus ruficollis ssp. capensis) nageait au milieu de la végétation lacustre du N'Galam, ce matin - pas loin à aller à tire d'ailes, à partir de ces gravières, il faut juste franchir deux à trois cordons sablonneux, c'est à cinq minutes, pour eux !... Après midi, c'est le moment que choisissent les Hirondelles en migration active (Hirundo r. rustica et Riparia r. riparia), pour chasser tout en poursuivant leur long voyage: aujourd'hui, à peu près une Hirondelle rustique, encore des adultes ou subadultes, pour cinq Hirondelles de rivage. Pas de troupes d'importance, juste des passages par intermittence, par tout petits groupes très dispersés. Quelques trous d'eau, avec son lot de limicoles en stationnement: deux Chevaliers guignettes (actitis hypoleucos), une quinzaine de Bécasseaux minutes (calidris minuta) en plumage quasi nuptial. Ce petit monde est rejoint par un groupe de Gravelots pâtres (charadrius pecuarius) dont j'observe un sujet lui aussi en mue prénuptiale. Comme quoi, même chez les Afrotropicaux, le printemps titille...

Tiens, deux couples d'Astrilds-cailles à face noire (ortigospiza a. atricollis) atterrissent tout près de moi, non loin du trou d'eau. Difficiles à approcher, les estrildidés se lèvent illico, font quelques mètres instables pour se reposer et disparaître sur le sol camouflant. J'entends des Glaréoles à collier (glareola pratincola ssp. fuelleborni) mais ne les vois pas. Elles aussi reposent au sol, dans cette grande étendue de tout jeunes plants de Tamarix senegalensis entrecoupés de clairières de sables coquilliers jadis retournés ou compactés par les camions, aujourd'hui en train d'être reconquis par la nature... Enfin les voilà ! Ce sont bien des afrotropicales au vu de leurs évolutions aériennes: par paires, elles reposent côte à côte ou se poursuivent dans le ciel avec force cris stridents... L'air mécontent, toujours, la Glaréole... Là-bas, dans le lit aux herbes jaunes du Khant-nord, une grande troupe de Patas (erythrocebus patas) batifole, adultes et jeunes - c'est un régal de spectacle, dans la longue-vue.

Ci-dessous:
Glaréole à collier - Glareola pratincola ssp. fuelleborni
Gravière à sables coquilliers du Khant-nord 2017 04 20, 15h47 / © Photos par Frédéric Bacuez
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OISEAUX / 79+ espèces et ssp. cochées, 4 sp. entendues
MAMMIFÈRES / 4 espèces cochées
ODONATES & LEPIDOPTERES / 2+ espèces
AUTRES / 3 espèces

Vu:
  • Grèbe castagneux (tachybaptus ruficollis ssp. capensis, indian little grebe), 1 ind. en plumage internuptial, discret et furtif comme toujours au Sénégal [digue de Tylla]
  • Pélican blanc (pelecanus onocrotalusgreat white pelican), 5 ind. immatures venant pomper à la verticale de la digue de Tylla, bientôt rejoints par deux Pygargues [N'Galam de Tylla]
  • Cormoran africain (microcarbo a. africanuslong-tailed cormorant), plusieurs ind. mais pas en nombre [N'Galam et digue de Tylla]
  • Anhinga (roux) d'Afrique (anhinga r. rufaafrican darter), au loin au petit matin, vu à la longue-vue depuis les hauteurs du cordon dunaire: alors que certains oiseaux se sont déjà envolés et ont remonté le N'Galam vers les marigots de Ndiassew et N'Guisset, 35+ ind. au dortoir au milieu du N'Galam [zone de Mengueye] (- dont 1 ind. + ~10 ind. au total passant par-dessus la digue de Tylla)
  • Blongios nain d'Eurasie (ixobrychus minutus ssp. minutus, eurasian little bittern), 1 ind. mâle levé par un pêcheur entré dans le marais pour relever ses lignes de filets, repose rapidement dans un bosquet de Typhas et rouspète longuement... au même endroit où nous l'avions déjà repéré, avec les Mignot [digue de Tylla] 
  • Crabier chevelu (ardeola ralloidessquacco heron), quelques ind. bien présents dans les herbiers du N'Galam [à la digue de Tylla]
  • Gardeboeuf d'Afrique (bubulcus i. ibiscattle egret), 1 ind., pour une fois immaculé ! [dans les herbiers, digue de Tylla] + 1 ind. avec Vanneau éperonné sur mare croupie [Ndiawdoune]
  • Grande aigrette (ardea alba ssp. melanorhynchoswestern great egret), 1 + 1 ind. en vol + 1 ind. en vol + 1 ind. en position de chasse, derrière une ligne tendue de filets [digue de Tylla] + 3 ind. sur tout petit point d'eau bientôt disparu, avec un Guignette [carrières de sables coquilliers du Khant-nord]
  • Héron cendré (ardea cinerea, grey heron), 1 ind. [N'Galam]
  • Héron pourpré (ardea p. purpureapurple heron), 1 + 1 + 1 ind. en vol [digue de Tylla]
  • Ibis sacré (threskiornis aethiopicussacred ibis), 1 ind. en vol
  • Spatule d'Afrique (platalea albaafrican spoonbill), 1 ind. parmi les Spatules eurasiennes en vol passant S>N [par-dessus le N'Galam, Voir aussi ICI sur Ornithondar]
  • Spatule blanche (d'Europeplatalea l. leucorodiaeurasian spoonbill), troupe de 24 ind. en formation, avec une Spatule d'Afrique en intruse ! [vol S>N par-desssus le N'Galam sans doute vers le marais de Toddé, Voir aussi ICI sur Ornithondar] + 1 ind. levé sur un des ultimes trous d'eau du Khant-nord [des anciennes carrières]
  • Sarcidiorne à bosse (Canard à bosse, Canard sylvicole, sarkidiornis melanotosknob-billed duck, african comb duck), à la passée descendante du N'Galam, aube et matin - dont 9 ind. [N'Galam] + 22 + 10 + 28 ind. en vol passant, dans les deux sens [digue de Tylla]
  • Oie-armée de Gambie (plectropterus g. gambensisnorthern spur-winged goose), passée de 11 ind. + 4 + 1 ind. [digue de Tylla] 
  • Dendrocygne fauve (dendrocygna bicolorfulvous whistling-duck), entendu à la nuit entre deux vols de Dendrocygnes veufs; et vu sur le N'Galam toute la matinée, le plus souvent en duos + 4 ind. et trois paires constatées, très mouvantes à la digue [de Tylla]
  • Dendrocygne veuf (dendrocygna viduatawhite-faced whistling duck), plusieurs troupes à la passée à la nuit - vers le N'Galam, Toddé et au-delà-, et le matin - redescendant le N'Galam depuis les Marigots de Ndiassew et de N'Guisset
  • Anserelle naine (nettapus auritus, african pygmy goose), 4 à 5 ind. - en tout cas deux couples formés, c'est certain [digue de Tylla]
  • Canard sp., 2 sp. indéterminée dont groupe à la passée basse, près de moi dans la pénombre [dans les cordons dunaires], ~30 ind. au vol lourd et, il se pourrait, un Canard/Erismature à dos blanc (thalassornis l. leuconotus, white-backed duck), levé par un pêcheur et reposant presque de suite dans un massif de Typhas
  • Rapace sp. indéterminée, belle taille et peut-être un Balbu, au loin vers Tylla remontant la zone entre dune et marigot
  • Balbuzard pêcheur d'Eurasie (pandion h. haliaetuseurasian osprey), 1 ind. de type femelle immature cerclant à la verticale [de la digue de Tylla], intrigué, si si, par mes contorsions pour l'avoir dans mes jumelles...
  • Pygargue vocifère (haliaeetus vociferafrican fish-eagle), 1 ind. entendu [au nord de Tylla] puis 2 ind. ad. - cc local- pompent et cerclent en compagnie de cinq Pélicans, à la verticale de la digue [de Tylla] puis levés au milieu du jour, reposant sur un arbre au bout d'une cuvette [inter-dunaire]
  • Milan d'Afrique à bec jaune (Milan parasite, milvus aegyptius ssp. parasitus, yellow-billed kite), 1 ind. en vol [Khant-nord] 
  • Francolin à double éperon (pternistis b. bicalcaratusdouble-spurred francolin), 2 ind. picorant la piste du Ndam Ndam au milieu des Tisserins [bout de digue de Tylla]
  • Marouette à bec jaune (Râle à bec jaune, zapornia flavirostrablack crake), 1 ind. [N'Galam] + deux dizaines d'ind., dont immatures et subadultes [digue de Tylla]
  • Gallinule poule-d'eau (gallinula c. chloropus, common moorhen), une dizaine d'ind. dont jeune oiseau avec sa mère [digue de Tylla]
  • Talève d'Allen (porphyrio alleniAllen's gallinule), 1 ind. in fine, s'envolant d'un Tamarix immergé - plaque frontale bleue... [digue de Tylla]
  • Talève d'Afrique (porphyrio madagascariensisafrican swamphen), une vingtaine d'ind. à coup sur, à la digue [de Tylla], adultes et immatures,et plus jeunes sujets encore, suivant leur mère...
  • Jacana à poitrine dorée (actophilornis africanusafrican jacana), au moins deux dizaines d'ind. - dont envol précipité d'une dizaine de sujets vers les Tamarix senegalensis [digue de Tylla]
  • Outarde de Savile (lophotis savileiSavile's bustard), levé 1 ind. ad. mâle, un beau spécimen... Jeu de cache cache: à la troisième levée, je laisse tranquille la pauvre bête... + entendu 1 ind. appelant (11h20) + 1 ind. proche de mon arbre à casse-croûte (cris de contact épisodiques) (~13h55) - fait trop chaud pour aller à sa rencontre, dèh !
  • Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensisSenegal thick-knee), 2 ind. en bord de piste, à la nuit [Ndiawdoune-Toddé]
  • Glaréole à collier (glareola pratincola ssp. fuelleborniafrican collared pratincole), longtemps entendues sans être repérées, puis 1 + 2 ind. peut-être en début de parade nuptiale + 2 en cc côte à côte + 1 ind. au bord de l'eau [carrières de sables coquilliers du Khant-nord]
  • Gravelot pâtre (charadrius pecuarius, Kittlitz's plover), 6+ ind. arrivent sur trou d'eau, faisant fuir des Bécasseaux minutes stationnés + 1 ind. [carrières de sables coquilliers du Khant-nord] 
  • Vanneau (caronculé) du Sénégal (vanellus s. senegallus, -africanwattled lapwing), 1 ind. entendu + vu 1 ind.
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosusspur-winged lapwing), plusieurs couples
  • Bécasseau minute (calidris minutalittle stint), ~10 ind. migrateurs prénuptiaux stationnés, sur deux trous d'eau, levés par l'arrivée de Gravelots pâtres afrotropicaux + 6 ind. et 1 ind. en plumage prénuptial sur un bassin d'eau [des carrières du Khant-nord]
  • Chevalier aboyeur (tringa nebulariacommon greenshank), 1 ind. en vol [digue de Tylla]
  • Chevalier guignette (actitis hypoleucoscommon sandpiper), 1 + 1 ind. sur deux trous d'eau, migrateurs prénuptiaux stationnés [carrières de sables coquilliers du Khant-nord]
  • Rhynchée peinte (rostratula benghalensiscommon greater painted-snipe), 1 ind. à l'envol d'un coté de la digue et vite reposé de l'autre, avec 3 (?) autres sujets possibles vite à l'abri d'une 'forêt' de Tamarix senegalensis inondée [digue de Tylla]
  • Tourterelle masquée (Tourterelle à masque de fer, oena c. capensisNamaqua dove), n° 1 du jour - particulièrement nombreuses, ad. mâles et femelles et sujets immatures glanant au sol sur le cordon dunaire le plus proche du N'Galam
  • Tourterelle maillée (spilopelia streptopelia s. senegalensislaughing dove), n° 3 du jour
  • Pigeon roussard (de Guinée, columba guineaspeckled pigeon), 1 ind. solitaire, en vol passant
  • Tourterelle pleureuse (streptopelia decipiens ssp. shelleyi, -Nigermourning collared-dove), n° 2 du jour - singulièrement par grappes dans la frondaison des Salvadoras persicas, les seuls arbres en feuilles actuellement, avec parfois une trentaine d'oiseaux au repos et s'envolant pour partie à mon arrivée ou passage...
  • Coucal du Sénégal (centropus s. senegalensisSenegal coucal), 2 ind. [N'Galam] + 2 ind. entendus glousser [digue de N'Galam coté Ndam Ndam]
  • Martinet des maisons d'Afrique de l'ouest (apus affinis ssp. aerobateswest african little swift), quelques ind. dans le sillage d'une pompe associant Pygargues et Pélicans [digue de Tylla]
  • Martinet des palmes (cypsiurus p. parvusafrican palm swift), 4 ind. chasseurs remontant le cordon dunaire du N'Galam en direction de Tylla
  • Martin-chasseur strié (halcyon c. chelicutistriped kingfisher), à de nombreuses reprises et bien entendu dans ce secteur, comme toujours; entendu aussi 1 ind. sur un replat inter-dunaire, et vu 1 + 1 ind. 
  • Martin-pêcheur pie (ceryle r. rudispied kingfisher), 1+ 2 ind. [digue de Tylla] + 1 ind. perché sur son promontoire habituel, près de son terrier [carrières du Khant-nord]
  • Guêpier nain (merops p. pusilluslittle bee-eater), 1 + 1 ind. [digue de Tylla] + 1 ind. [bas-fond herbacé inter-dunaire] + 1 ind. [carrières du Khant-nord]
  • Coliou huppé (à nuque bleue, 'oiseau-souris', urocolius m. macrourusblue-naped mousebird), dont 9 ind. en vol [Ndam Ndam] + 4 + 9 ind. [digue de Tylla] + 3 ind. [cordon dunaire du N'Galam] + 2 + 1 + 4 + 3 ind. - pas mal de jeunes oiseaux ! [boisements à Acacias du Khant-nord]
  • Rollier d'Abyssinie (coracias abyssinicusabyssinian roller), 1 ind. [replat inter-dunaire] + 2 ind. ad. au loin, en bordure de la cuvette herbacée du marigot [de Khant-nord]
  • Huppe fasciée d'Afrique de l'ouest (Huppe du Sénégal, upupa -epopssenegalensis ssp. senegalensiswestern african hoopoe), 1 ind. à l'envol
  • Calao occidental (à bec rouge, tockus kempiwestern red-billed hornbill), 1 ind. entendu puis 1 ind. vu + 1 ind. entendu et vu [boisements à Acacias du Khant-nord]
  • Cochevis huppé du Sénégal (galerida cristata ssp. senegallensis, -Senegalcrested lark)
  • Moinelette à oreillons blancs du Sénégal (eremopterix leucotis ssp. melanocephalus-Senegal- chestnut-backed sparrow-lark), seulement 2 ind., deux mâles, avec deux Cochevis [replat interdunaire]
  • Hirondelle de rivage (riparia r. ripariacommon sand martin), plusieurs ind., ici et là en migration prénuptiale active
  • Hirondelle rustique (hirundo r. rusticabarn swallow), migration active mais peu fournie: un sujet pour cinq Hirondelles de rivage, elle-même peu notable...
  • Bergeronnette printanière ssp. indéterminée (Motacilla flava ssp. ? Flava ? Ou femelles Flavissima ?), 2 ind., trop rapidement [carrières abandonnées du Khant-nord]
  • Bergeronnette flavéole (motacilla flava ssp. flavissimayellowish-crowned wagtail), la 'race' de Bergeronnette printanière la plus visible, ce matin (et désormais ?)... Dont groupe de 6+ ind. aux alentours d'une galerie de Renard(s) pâle(s)... + 2 ind. [cordon dunaire du N'Galam] + 1 ind. avec des Cochevis [anciennes carrières du Khant-nord]
  • Bulbul des jardins (pycnonotus barbatus ssp. inornatusgarden bulbul), 3 ind. [digue de Tylla] + 1 ind. [alentours de Tylla]
  • Traquet brun (Traquet-fourmilier brun, myrmecocichla a. aethiopsnorthern anteater-chat), 1 ind. chanteur [rive orientale du Khant-nord] + 1 ind. [piste de Toddé, comme d'hab']
  • Phragmite des joncs (acrocephalus schoenobaenussedge warbler), entendu, et vu 3+ ind. [à la digue de Tylla]
  • Rousserolle effarvatte (acrocephalus scirpaceus, eurasian reed-warbler), 2 ind. se chamaillent le territoire (un hivernant versus un migrateur prénuptial stationné ?) [digue de Tylla]
  • Pouillot fitis (phylloscopus t. trochilus ou t. acredulanorthern/willow warbler), 1 ind. migrateur prénuptial stationné [digue de Tylla]
  • Fauvette des jardins (sylvia b. borin, garden warbler), 1 ind., 'remonte' de Tamaris en Tamaris... [digue de Tylla]
  • Cisticole (roussâtre) du Nil (cisticola -galactotes- marginatus ssp. amphilectuswinding cisticola), 2 ind. l'un chassant dans les herbes et l'autre qui commence à chanter, entendu et enfin vu - sujets en phase de mue prénuptiale [digue de Tylla]
  • Cisticole des joncs (du Nigeria, cisticola juncidis ssp. uropygialisnigerian zitting cisticolafan-tailed cisticola), ~2 à 3 ind. au total - dont 1 ind. levé [anciennes carrières du Khant-nord]
  • Prinia aquatique (à ventre blanc, prinia fluviatilisriver prinia), surtout entendu, aperçu 1 ind. fugacement [digue de Tylla]
  • Prinia modeste (prinia s. subflavatawny-flanked prinia), au moins deux sujets entendus et 1 ind. vu, dans les toutes jeunes étendues de Tamarix senegalensis [anciennes carrières du Khant-nord]
  • Pie-grièche à tête rousse (lanius s. senatorwoodchat shrike), 1 ind. mâle perché sur 'jeune' Baobab [inter-dunaire] + 1 ind. mâle chassant [près du marigot de Khant-nord, rive orientale] + 1 ind. [digue de Mengueye]
  • Brubru africain (nilaus a. aferbrubru), 1 ind. entendu + 2 ind. se répondant l'un l'autre (chants) puis sujet vu après son cri de contact
  • Choucador à oreillons bleus (lamprotornis c. chalybaeusgreater blue-eared glossy-starling), 1 + 2 ind. [cordon du N'Galam] + 6 ind. sur arbre riverain [du Khant-nord]
  • Choucador à ventre roux (lamprotornis pulcherchestnut-bellied starling), 3 ind. + 4 ind [cordon dunaire du N'Galam]
  • Moineau doré (passer luteusSudan golden sparrow)
  • Alecto à bec blanc (bubalornis albirostris, white-billed buffalo-weaver), 2 + 12 ind. [cordon dunaire et abords du N'Galam]
  • Tisserin vitellin (masqué, ploceus v. vitellinusvitelline masked-weaver), nombreux ind. remontant sur le cordon après l'abreuvoir ou le dortoir sur et au bord du N'Galam, mais aussi picorant sur la digue traversière de Tylla, avec les Tisserins à tête noire
  • Tisserin à tête noire (ploceus melanocephalus ssp., black-headed weaver)
  • Travailleur à bec rouge (quelea queleared-billed quelea), dont gros vols matinaux sur la berge orientale du N'Galam
  • Bengali zébré (amandava s. subflavazebra waxbill), volée matinale de 6+ ind. - et c'est tout 
  • Astrild-caille à face noire (ortigospiza a. atricollisblack-faced quailfinch), 4 ind. - deux couples ?- sur tapis plus ou moins herbacé, à proximité d'un trou d'eau [anciennes carrières du Khant-nord]
  • Capucin bec-d'argent (euodice c. cantans, african silverbillmauritanian silverbill), troupe de ~25 ind. [hameau de Toddé]

Entendu:
Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensis), entendu aux alentours de Tylla et aux abords de la digue sur le N'Galam / Engoulevent à longue queue (caprimulgus c. climacuruslong-tailed nightjar), quelques ind. ronronnant jusqu'à 6h30+ / Rousserolle des cannes (acrocephalus rufescens ssp. senegalensis, -Senegalgreater swamp-warbler), 1 ind. + 1 ind. en deux endroits différents du site [digue de Tylla sur le N'Galam] / Pririt/Batis du Sénégal (Gobemouche soyeux du Sénégal, batis senegalensis, Senegal batis), 1 à 2 ind. / Tchagra à tête noire (tchagra s. senegalusblack-crowned tchagra), 1 ind. au matin, pas très décidé... /


La digue de Tylla en travers le N'Galam:
un excellent spot pour observer au plus près les classiques oiseaux du marais, d'ici et de là-bas 
- mais aussi une variété de raretés et de spécialités inégalée dans notre bas-delta

Ci-dessous, de g. à d. et de haut en bas:
Anhinga roux d'Afrique, femelle (8h24)
Sarcidiorne à bosse, (jeune) mâle internuptial (8h37) - Martin-pêcheur pie, femelle (9h31) - couple de Dendrocygnes fauves (10h04)
Talèves sultanes, adultes et immature (8h40, 8h11, 9h21)
Marouettes à bec jaune, subadulte et adultes (8h28, 8h37, 8h22)
Gardeboeuf d'Afrique, en plumage internuptial (10h42) - Gallinule poule-d'eau (8h43) - Crabier chevelu, en mue prénuptiale (8h13)
Tisserin à tête noire et Cisticoles roussâtres du Nil, en mue prénuptiale (8h24, 8h36, 9h22)
Sur le N'Galam à la digue de Tylla 2017 04 20 matin / © Photos par Frédéric Bacuez
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 AUTRES:

  • Phacochère commun (phacochoerus africanuscommon warthog), 3 ind. - un gros et deux immatures - sortant visiblement du bain (de boue) [cordon dunaire du N'Galam]
  • Patas 'singe rouge' (erythrocebus pataspatas monkey), troupe de ~40 ind. dans le lit herbeux et jauni du marigot à sec; jouent et se poursuivent allègrement ! [Khant-nord]
  • Lièvre des savanes (lepus - microtis - victoriae, african savanna hare), 1 ind. à proximité d'un périmètre que j'ai connu bien boisé et aujourd'hui rasé, occupé par un grand champ improductif - avec ses deux chiens de garde !
  • Écureuil terrestre du Sénégal (xerus erythropusstriped ground squirrel), 1 ind. [replat inter-dunaire]

Découverte de nouveaux 'réseaux' de terriers (outre les trous d’Écureuils), occupés ou abandonnés:

- Trois de Renard pâle (renard blond des sables, vulpes pallida ssp. pallidapale fox, african sand foxpallid fox), dont une galerie avec une vingtaine d'entrées et sorties !
- Un de Chat ganté (chat sauvage d'Afrique, felis silvestris ssp. lybica, african wild cat)
- Un énorme terrier comme une tanière pour Loups d'Afrique et progéniture...

Un crottoir, pas utilisé ces jours derniers... + crottes dans la dépression à sec [replat inter-dunaire]


  • (petit) Monarque d'Afrique (danaus chrysippus ssp. chrysippuscommon plain tigerlesser wandererqueen butterfly, 'african queen'), 1 ind., cela faisait un petit moment... [cordon dunaire du N'Galam]
  • Demoiselle sp. (Zygoptère), 1 ind. bien observé (cf. photo ci-dessous) [digue de Tylla]

Ci-dessous,:
une Demoiselle sur le N'Galam (9h41), au pied de la digue de Tylla
en haut, Typhas, Tamaris, Acacia et Nympheas sp.
Trois-Marigots 2017 04 20 matin / © Photos par Frédéric Bacuez [EOS 7D]
en bas, excréments, crottoir (a priori de Genette) et terrier de Chat ganté
Trois-Marigots 2017 04 20 / © Photos par Frédéric Bacuez [Tél. Samsung]
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* De Bango à Ndiaowdoune -
  1. Milan d'Afrique à bec jaune (Milan parasite, milvus aegyptius ssp. parasitus), 2 ind. en poursuite [Ndiawdoune] + nid avec 1 ind. ad.  [vers UGB Sanar]
  2. Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensis), 1 ind. [Sintiane, 5h] + 1 ind. imm. [Ngallèle]
  3. Corbeau pie (corvus albuspied crow), 1 ind. en vol

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