" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

dimanche 31 janvier 2010

mercredi 27 janvier 2010

27, Djoudj: enquête sur les marouettes de Baillon


Ci-dessus: marouette de Baillon du Djoudj / Courtesy photo François Marmeys pour Ornithondar
 
* Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD), station biologique -
 
Nina et Stefan, deux étudiants allemands mènent actuellement des recherches sur la marouette de Baillon (porzana pusilla, Baillon's crake), de part et d'autre du fleuve Sénégal, dans les parcs nationaux voisins du Diawling (Mauritanie) et du Djoudj (PNOD, Sénégal). Cette marouette est l'une des trois espèces de râles du paléarctique hivernant dans notre delta - avec la marouette poussin, porzana parva, little crake; et la marouette ponctuée, porzana porzana, spotted crake. Une quatrième espèce, le râle à bec jaune - ou marouette noire, amaurornis flavirostra, black crake, est une résidente afrotropicale, beaucoup plus visible que nos très discrètes nordiques.

Photos: trois différentes marouettes de Baillon capturées pour prises de sang, relevé de plumes, mensurations et baguage
/ Courtesy photos par François Marmeys, PNOD 2010 02 27











 

27, des lamantins périssent à cause de la SAED


* Vallée du Dioulol, barrage du Nawel. Kanel, région de Matam -C'est par un communiqué de presse que l'organisation Wetlands International a annoncé la triste nouvelle, le 27 novembre 2009: la mort de trois rares lamantins d'Afrique (trichechus senegalensis, african manatee, cf. ci-contre) écrasés contre les grilles de retenue d'un pont-barrage construit à l'hivernage 2008 sur le Nawel (cf. photo ci-dessous), affluent du fleuve Sénégal, dans la vallée du Dioulol, aux portes de la localité de Kanel.
















Ci-dessus: le pont-barrage sur le Nawel et ses grilles de retenue contre lesquelles les lamantins sont morts / Photo DR
Ci-contre: le fleuve Sénégal et ses débordements entre Bakel (Sénégal) et Kaedi (Mauritanie), encore fréquentés par des lamantins



L'ouvrage posé en travers du Nawel (cf. photo ci-dessus), à cinq kilomètres du fleuve Sénégal, a été réalisé par la Société Nationale d'Aménagement et d'Exploitation des terres du Delta du fleuve Sénégal et de la Falémé (SAED), l'omnipotente excroissance des voeux pieux présidentiels à faire de nos confins sahélo-sahariens un grenier magique, à tout prix -une kyrielle de bailleurs de fonds y pourvoie, dont la France-, quelqu'en soit le coût écologique. Wetlands International et divers services techniques sénégalais avaient pourtant passé un accord avec la SAED pour que la retenue d'eau du Nawel ne soit pas construite sans écluse afin de permettre aux lamantins de la vallée du Dioulol de redescendre vers le fleuve Sénégal au moment de la décrue de saison sèche. Wetlands International, les ONG Océanium de Dakar et Noé Conservation qui tentent depuis quelques années de recenser et protéger les derniers lamantins du fleuve Sénégal avaient d'ailleurs transmis à la SAED et à l'Office de Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) leur estimation des populations de lamantins de l'ensemble du fleuve, depuis Kidira jusqu'à l'embouchure; une vingtaine des siréniens était envisagée sur trois de ses affluents, dans la région de Matam, dont une dizaine sur le cours du Nawel et dans ses débordements saisonniers, notamment le marigot de Wendou Kanel. Peine perdue, malgré les promesses de la SAED de prendre en compte 'technique' la requête des Ong. En décembre 2008, c'est pourtant contre les grilles infranchissables du nouveau barrage qu'un premier lamantin se fracasse et meurt noyé; un accord est alors concédé par la SAED à Wetlands International Afrique (WIA) pour la suppression des grilles incriminées. En septembre 2009, devant l'inertie de la SAED, le coordonnateur du projet de conservation des lamantins ouest africains, le docteur Mamadou Niane, adresse une lettre de rappel au directeur général de la SAED qui ne s'est toujours pas acquitté de sa promesse de réaménagement du pont-barrage du Nawel. Et voici qu'un an après le premier drame, trois autres lamantins sont retirés des eaux stagnantes au pied de l'ouvrage, broyés par la décrue du Nawel contre le piège du 'barrage' obstinément obstruant ! Et de quatre...

La SAED ne pourra pas arguer de son ignorance du lamantin; tout le monde, là-bas, du coté de Kanel, connait depuis au moins 2005 l'existence des lamantins du Nawel ! Ce sont des centaines de villageois qui en 2006, 2007, 2008 et 2009 ont participé, avant, pendant et après la construction du fameux pont-barrage, au sauvetage de plusieurs lamantins prisonniers des eaux boueuses de la vallée, en saison sèche. Sous l'égide de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), l'Ong sénégalaise Océanium d'Ali Haïdar (tout de même classé dans le top 100 des plus grands défenseurs de l'environnement !) appuyée par Noé Conservation avec le soutien des réseaux protecteurs de la biodiversité aquatique (Wetlands International et le Programme Régional de Conservation de la zone côtière et Marine -PRCM) a non seulement inventorié les effectifs actuels des lamantins d'Afrique dans le bassin du fleuve Sénégal mais aussi déclenché des opérations spectaculaires et médiatiques de transfert de plusieurs lamantins - du Wendou Kanel en particulier- dans le lit du fleuve ou ses marigots riverains - comme le Pattowel. Car dès décembre 2005, Océanium avait repéré 5 à 6 lamantins piégés par la baisse des eaux dans les marigots limitrophes du Nawel ; capturés, les siréniens avaient été munis de balises avant leur relâche dans le fleuve, dans le but d'étudier leurs déplacements. Depuis, chaque année, avec la complicité des populations riveraines (pêcheurs Thioubalos et agents des services de l'Environnement et des Pêches), entre 1 et 3 lamantins, dont une femelle de deux ans (2 mètres et près de 300 kgs !) en 2007, étaient capturés afin de les libérer en eau profonde... Et vint alors la SAED ...


- Voir le communiqué de WIA et les photos des lamantins morts, datés du 27 novembre 2009:
http://afrique.wetlands.org/Portals/17/trois%20%20cadavres%20de%20lamantins%20retrouvés %20à%20Matam%20-nord%20du%20Sénégal.pdf
- Lire la notule du blog d'Océanium, datée du 18 janvier 2010:http://oceanium.blogspot.com/2010/01/menace-sur-les-lamantins-de-la-vallee.html
- Lire aussi:
http://www.prcmarine.mr/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=60&Itemid=78



Ci-dessous: restes de lamantin du fleuve Niger, au zoo de Bamako, Mali 2009
/ Courtesy photo par Thierry Helsens

mardi 26 janvier 2010

26, la peau des pythons, la chair des varans...


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -

Encore un python de Sebae (python sebae ssp. sebae) en moins sur le Lampsar ! En novembre déjà, deux autres de ces serpents, les plus grands d'Afrique - jusqu'à 7 m et 100 kg !-, avaient été ramenés au village, morts emprisonnés dans les filets de pêche qui traînent partout; j'avais vu la photo d'un de ces boïdés sur un téléphone portable: un spécimen volumineux, porté en écharpe sur les épaules d'un adolescent dans la ruelle des familles de pêcheurs bangotins. Cette fois, le python -2,80 m de cadavre rétracté, c'est dire qu'il dépassait trois mètres, vivant (cf. photo ci-contre) !- a été 'récupéré' dans l'enchevêtrement des résidus de filets de nylon qui ceinturent un jardin gagné sur le débouché du bolong de Khaye; un jardin hasardeux dans lequel son 'jardinier' amoncelle toutes sortes de déchets plastiques pour empêcher les eaux de trop inonder le domaine de bric et de broc... Une fois dépecé et vidé de sa graisse, le python a été rejeté sur la place du débarcadère, puis suspendu à un piquet de clôture dudit jardin par les enfants 'braconniers d'oiseaux'; les odeurs pestilentielles dégagées par le reptile dénudé ne gênant visiblement personne...


Ci-dessus et ci-après: python de Sebae écorché, Bango 2010 01 28 / Photo par Frédéric Bacuez dit Fretback

















Nota:
au contraire du relictuel lamantin (trichechus senegalensis, cf. rapport de 2010 01 27 ) à l'amont du barrage de Diama ou du varan du Nil (varanus niloticus) sur les rives du Lampsar, protégés par des croyances mystiques, même en perdition, le python de Sebae (python sebae)* est perçu comme un animal nuisible et dangereux par les habitants du delta; et en plus il est porteur de valeur marchande, ça n'arrange pas son cas ! Cela fait des décennies que les villageois savent aussi que les accompagnatrices toubabs des grrrrands chasseurs multipoches d'un célèbre hôtel des parages sont susceptibles de fondre d'émotion possessive devant une maroquinerie exotique, même mal préparée - ça fera encore plus authentique ! "Pensez donc ! Mon mari a chassé au milieu de ces fauves-là ! brewwww ! Mais quel aventurier !"
Le python de Sebae n'a pas de chance; il a beau être classé en annexe II de la Convention de Washington (CITES) comme espèce vulnérable passible de se retrouver en annexe I des animaux en voie de disparition, l'animal a tous les défauts du 'fauve', en effet, et tous ses attraits : pour certaines bouches délicates, c'est bon à manger, le boïdé, même si ce n'est pas le cas sur nos confins où l'on préfère le cormoran et la mouette, à défaut de poisson noble... Par contre, outre la peau, la graisse du python est ici recherchée comme onguent contre les rhumatismes dorsaux - les Chinois ne sont pas les seuls à croire aux chinoiseries dévastatrices ! Il faut dire qu'il y a de quoi lui faire la peau, au python de Sebae, pourtant non venimeux: connu pour son mauvais caractère (oui oui), sa puissance herculéenne (j'en ai connu un, au Burkina Faso, qui avait nuitamment renversé une automobile qui lui avait roulé dessus !), son goût pour la volaille -comme le cobra- et le petit bétail (toujours au Burkina, j'en ai photographié un qui digérait un chevreau dans des amas rocheux, cf. photos ci-après), le python ne fait pas moins peur que les autres serpents. A Bango, les riverains du marigot connaissent parfaitement l'animal, qui n'hésite pas à se faufiler près des palissades des cours, dans les vergers et autres plantations; ici, près de la maison où Tavernier tourna les scènes les plus moites de son célèbre 'Coup de torchon', c'est un python ayant avalé un rat géant de Gambie (cricetomys gambianus, gambian giant pouched rat), qui est laborieusement arraché aux branches de l'arbre autour desquelles il s'était enroulé; là, un des deux pythons morts en novembre (cf. ci-dessus) exhibe de ses entrailles un varan du Nil qui fait bien son mètre et des centimètres ! En décembre, un bouvier de Sinthiane, 'le' quartier peuhl de Bango, menant ses vaches comme chaque matin dans les vastes plaines alluviales en quête des herbes découvertes par le reflux saisonnier du fleuve Sénégal, se fait presque broyer le pied (un grand classique, notamment dans les rizières !) par l'animal à l'affût, n'était son chien qui met en fuite le molosse reptilien ! Tellement colosse qu'un jeune homme se rappelle encore d'un python, c'était en 2004 ou 2005, dont le corps spasmodique continuait encore de 'vivre', deux jours après avoir eu la tête guillotinée...






Ci-contre: python de Sebae repu, digérant un chevreau. Nobéré, sud du Burkina Faso, 1991 08
/ Photos par Frédéric Bacuez dit Fretback, tous droits réservés


* Le python de Sebae de notre delta (et de toute l'Afrique de l'Ouest, jusqu'aux confins sahariens - présence attestée en Mauritanie) est l'une des deux sous-espèces du python sebae (ssp. sebae, central african rock python, et nataliensis d'Afrique australe), et l'une des deux espèces de pythons exclusifs d'Afrique subsaharienne, avec le python royal (python regius, python ball, des savanes, beaucoup plus petit - 0,90 à 1,80 m). S'il est de la famille des boïdés (dont il existe, outre les pythons cités, trois autres espèces en Afrique: le boa de Müller, également présent au Sénégal; le boa javelot et le boa des sables couleuvrin), notre python est souvent appelé boa par confusion avec le boa constrictor d'Amérique latine. Le plus long des serpents du continent (de 0,60 m à la naissance à 4 mètres à l'âge adulte, exceptionnellement de nos jours jusqu'à 6 et 7 mètres, et un record de 9,40 mètres, pour 100 kilogrammes !) a une espérance de vie de 10 à 15 ans, mais il peut vivre jusqu'à 30 ans et tenir un an sans manger. Serpent ovipare (en moyenne de 30 à 50 oeufs, parfois jusqu'à 100, couvés pendant trois mois), le python de Sebae peut hiberner de trois à quatre mois si les conditions climatiques descendent sous les 70 à 80 % d'hygrométrie, si les températures (27 à 34° de jour) descendent la nuit sous les 16° - ce qui arrive dans la région de Saint-Louis... mais pas cette année, plutôt chaude, voire... anormalement chaude.
Tandis que les Sénégalais ont l'onction céleste pour se faire la peau des pythons, les migrants venus des Guinées s'installer sur les berges du delta n'ont en tout cas pas laissé leurs papilles dans le Fouta Djalon ! Employés, gardiens, vendeurs de fruits, pieux talibés des madrasas ndar ndar, les Guinéens comme la plupart des habitants des savanes et forêts d'Afrique occidentale ont un faible, eux, pour les varans*, même totémiques... des Bangotins. Sus donc au varan du Nil (varanus niloticus, cf. photos ci-dessous), discrètement mais passionnément... La chair du saurien est si tendre, son fumet entre veau et poisson, je le sais, j'en eus goûté, jadis, dans mes brousses de jeunesse... Bref, dès lors, si le varan arrive à éviter les innombrables pièges que sont les palangres qui barrent tous les cent mètres la largeur du Lampsar d''eau douce', s'il arrive à se dépétrer des mailles des non moins innombrables fouillis de nylon vert abandonnées dans les bas-fonds, les bolongs, les mares saisonnières et autres canneaux d'irrigation, il peut avoir droit au coup de massue final d'un Camara ou d'un Condé de Conakry ou Labé; et hop à la marmite ! En brochette ? ah ! ça fleure bon les connaisseurs...
Pitié de nous.











Ci-contre: - A l'extrême g., varan des savanes - A g. et à d., varan du Nil
Province du Zoundweogo, sud du Burkina Faso, 1991-1993
/ Photos par Frédéric Bacuez dit Fretback, tous droits réservés



*
Le varan du Nil (varanus niloticus, Nile monitor, cf. photos ci-dessus à d.) est le plus grand des lézards d'Afrique. Pouvant allègrement dépasser les 2 mètres, sa taille moyenne est de 1,60 à 1,80 mètres de long. Malgré sa corpulence, le varan du Nil est fort agile, doté d'instruments efficaces : une langue olfactive en stéréo, ultra sensible; une queue robuste lui servant de propulseur; de solides pattes à griffes non rétractiles lui permettant de ne pas ramper mais par contre de courir ou grimper dans les arbres, même sur les troncs les plus droits et lisses - je l'ai vu juché dans un eucalyptus des berges du Lampsar !-; une adaptation à la vie aquatique lui autorisant une nage rapide et une immersion d'une demi heure. Last but not least, le reptile plutôt solitaire a la capacité de se dresser sur ses pattes arrière pour se battre contre un autre varan, ou se défendre contre un prédateur -qui n'existe plus dans le delta, hormis l'Homme... A défaut de termitière (c'est le cas dans le delta), le varan du Nil occupera un terrier dans lequel il pourra déposer en juin-juillet (dans le delta) jusqu'à 60 oeufs couvés pendant de longs mois. Réputé pour son opportunisme alimentaire (des oiseaux, des rongeurs, d'autres reptiles et même de plus petits varans, mais aussi des larves, des insectes, des crabes, des batraciens, des poissons, et des escargots dont il raffole, et des oeufs, de crocodiles, quand il en reste...), le varan du Nil est un carnivore et un charognard qui n'hésite pas à fréquenter poubelles et décharges : il est donc à bonne table, au Sénégal... Quant à son cousin, le varan des savanes (varanus exanthematicus, plus petit et ramassé, de 80 à 100 cm, cf. photo ci-dessus à g.), il ne fréquente en effet que les savanes et n'est donc présent ni dans le nord sahélien ni dans les forêts du sud sénégalais.

Nota:
notule également reprise, pour partie, par http://www.saintlouisdusenegal.com/

lundi 25 janvier 2010

25, aparté: d'Alain Fournier, l'autre...


* Camargue, France-
Le photographe animalier Alain Fournier, que j'avais eu le plaisir d'accompagner dans le delta sénégalais, il y a tout juste un an, sort son premier ouvrage*, sur un autre delta, la Camargue, où il réside. Félicitations, et bon vent, Alain !

" 1er livre pour moi et 2e pour Thierry, nous avons le plaisir de vous annoncer la venue de 'Camargue, une terre de liberté', aux Editions Déclics. Il s'agit d'un survol de la Camargue aussi bien dans ce qu'elle offre comme traditions, patrimoines et autres étendues sauvages emplies d'oiseaux. D'ici quelques jours en vente un peu partout... histoire de vous faire patienter jusqu'au prochain épisode qui se voudra plus personnel mais aussi plus naturaliste "
* Camargue, une terre de liberté en 10 photographies remarquables, par Thierry Vezon et Alain Fournier, éditions Déclics, 2010
A voir, le site photos d'Alain: http://www.alain-fournier.fr/

_________________________________________________________________________________

samedi 23 janvier 2010

23, de plus en plus tôt, les premières hirondelles rustiques


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -
APREM'-
'Mes' premières hirondelles rustiques (de cheminée, hirundo rustica, barn swallow) de l'année -deux subadultes en l'occurrence- sont vues passant à 15h45 au dessus du marigot dans le sens SO>NE. Le passage migratoire prénuptial est, me semble-t-il de plus en plus précoce (?); l'an passé, je n'avais observé mes premières hirondelles rustiques passantes... que le 10 février (cf. rapport de 2009 02 10) !

Ci-contre: hirondelle rustique immature en migration, Ghana 2009 11
/ Photo par Werner Suter, pour African Bird Club, droits réservés

Nota:
au Maroc, ce même jour, le Pr. Jacques Franchimont a pu observer dans la plaine du Gharb (nord-ouest du Maroc) 'ses' premières hirondelles rustiques (1 + 7 + 10 + 5): 'mes' "premières" ne sont donc pas les toutes premières ayant atteint les confins subsahariens le 23 janvier; d'autres éclaireuses les ont précédées, INCROYABLE ! Fin janvier, le passage maghrébin S>N de 'nos' hirondelles se confirme particulièrement précoce, après leur traversée continentale et saharienne: Jacques Franchimont et son épouse Fatima Touati Malih en dénombrent: 5 à 6 le 27/01 et 4 le 28/01 au dessus des marais du Bas Loukhos (région de Larache, nord atlantique du Maroc); puis ~20 le 29/01 et 100+ le 30/01 aux ruines romaines de Lixus (idem); et encore ~30 sur la côte au nord d'Asilah (idem). Le 7/02, les premières hirondelles rustiques (hirundo rustica) et hirondelles de fenêtre (delichon urbicum) se réinstallaient déjà à Meknès.
Nota bis: au Maroc toujours, à Meknès (J. Franchimont) comme à Casablanca (B. Maire) le retour des martinets pâles (apus pallidus) et des martinets à ventre blanc (tachymarptis melba), remontés d'Afrique intertropicale -ils enjambent très haut le nord du Sénégal, où ils n'hivernent pas - est également précoce; B. Maire remarque que "les martinets pâles reprennent possession du ciel (...) avec près d'une semaine d'avance par rapport à l'an dernier !"
(Sources: J. Franchimont et B. Maire, http://perso.menara.ma/gomac)
____________________________________________________________________

21-23, une guifette noire solitaire


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -
De son vol gracile et léger comme une plume, une guifette noire (chlidonias niger, black tern) en plumage hivernal inspecte les rives du marigot en tout sens, piquetant de temps à autre la surface des eaux, surtout au coucher du soleil .






Ci-dessus: 2010 01 23 aprem', une guifette noire inspecte les rives du Lampsar
Ci-contre: 2010 01 21 soir, guifette noire en plumage hivernal, avec mouette à tête grise, aigrette (dimorphe) des récifs et cormoran africain
/ Photos par Frédéric Bacuez dit Fretback









____________________________________________________________

vendredi 22 janvier 2010

22, Djoudj, des raretés observées par Nik Borrow


* Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD) -
Lors de son annuel périple entre la Gambie et le nord du Sénégal, l'ornithologue britannique Nik Borrow* (cf. photo ci-contre), maître de l'incontournable 'Birds of Western Africa/Oiseaux d'Afrique de l'Ouest', a pu observer au Djoudj quelques oiseaux rarement signalés dans le delta du Sénégal, tout particulièrement le 22 janvier 2010:
- Juste au nord du parc national du Djoudj (PNOD), au delà de Tiguet dans les rizières et ses chaumes: quelques alouettes calandrelles (calandrella brachydactyla, greater short-toed lark) venues du Maroc et/ou du bassin méditerranéen; 1 pipit à gorge rousse (anthus cervinus, red-throated pipit) descendu des confins polaires; et dans les steppes 'désertiques', un couple de courvites isabelles (cursorius cursor, cream-coloured courser) péri-sahariens.
- Dans le parc national proprement dit, sur les berges du marigot du Djoudj: 1 talève d'Allen (porphyrio alleni, Allen's gallinule), espèce afrotropicale observée depuis le 'bateau' qui fait la navette entre le débarcadère et le nichoir des pélicans. Aux deux seules autres mentions de l'oiseau au PNOD,  en plus de l'observation de Nik Borrow on ajouterait volontiers la mienne puisque j'ai eu l'occasion d'identifier la 'poule' en 2007; probablement au même endroit qui précède le nichoir des pélicans, dans la courbe à 'salades d'eau' très fréquentées par les jacanas et les crocodiles juvéniles. La talève d'Allen est un oiseau très localisé, surtout connu du lac de Guiers.
- Au crépuscule, 1 butor étoilé (botaurus stellaris, great bittern) en vol qui s'ajoute aux quatre mentions de ce héron au PNOD. Visiteur paléarctique irrégulier, ce discret héron trapu atteint généralement l'Afrique occidentale lors des hivers rigoureux en Europe et Méditerranée.
- Au crépuscule toujours, un couple de hiboux des marais (hibou brachyote, asio flammeus ssp. flammeus, short-eared owl) qui s'ajoutent aux vingt précédents signalements du rapace -pas exclusivement nocturne- au PNOD . Hivernant pas toujours régulier descendu pour l'essentiel des plaines d'Europe orientale, la brachyote est également signalée, outre des roselières du delta, dans les rizières de la région et les plantations de cannes à sucre de Richard-Toll.

* A voir: le site web de Nik Borrow: http://web.mac.com/nikborrow/Nik_Borrow/welcome.html
___________________________________________________________________________________

22, un pouillot véloce 'cadavéré'


* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -

Hier, j'avais dénombré au moins 3 pouillots véloces (phylloscopus collybita, common chiffchaff) hivernant dans le jardin. A partir de ce jour, il n'en restera que deux... J'ai fait l'erreur de laisser à portée de chat les quatre abreuvoirs que les amis Laurent et Sidonie m'avaient confiés à leur départ pour le lointain Bangladesh. J'ai donc réinstallé les vasques, en hauteur, deux dans le flamboyant, deux sur des petits poteaux colorés par les soins de mon artiste de grand fiston... Je crois que si l'on aime la 'biodiversité' on ne peut aimer les chats - mais je n'ai jamais pu choisir... : depuis que ma chatte rescapée d'une attaque neurocérébrale a pu engendrer, tourterelles et rats à mamelles multiples n'ont plus le répit d'avant... Ma récente ribambelle de becs d'argent, mes fauvettes et pouillots d'hiver, les rousserolles et gobemouches de passage, auront ainsi moins de stress... pour boire un coup.

Ci-dessus: pouillot véloce agonisant, 2010 01 22 soir / Photo par Frédéric Bacuez dit Fretback

____________________________________________________________________

jeudi 21 janvier 2010

mercredi 20 janvier 2010

20, Djoudj: les poussins de pélicans blancs s'aventurent


* Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD), nichoir des pélicans -










Ci-dessus: les poussins de pélicans blancs prennent leurs premiers bains près du nichoir du Djoudj, sous le regard des grands cormorans
Ci-dessous: tout au long du marigot du Djoudj, pélicans reproducteurs et non reproducteurs ne s'éloignent guère du nichoir
Ci-après à d.: ibis sacrés au bout du nichoir des pélicans blancs du Djoudj
/ Courtesy photos par François Marmeys, PNOD, tous droits réservés










Au nichoir artificiel des pélicans blancs du Djoudj: couvés depuis novembre, les oeufs des pélicans blancs (pelecanus onocrotalus, great white pelican, 13 à 15 000 oiseaux recensés sur zone, tous âges confondus) qui ont échappé à la voracité des varans (varanus niloticus), au chapardage des laridés et au vol par les chacals (canis sp.) ont éclos fin décembre, donnant vie à 3 000 voire 5 000 poussins. Beaucoup des oisillons sont morts par étouffement, piétinement et glissade accidentelle dans les eaux du marigot, au grand bonheur des crocodiles (crocodilus niloticus); d'autres se sont noyés, parfois pris au piège des salades d'eau qui ont repris du terrain, cette année. Les parents laissent désormais leurs poussins survivants se jeter à l'eau, autour du nichoir en bout du marigot de Djoudj. En attendant les séances d'apprentissage du décollage et de l'amerrissage, spectacle hilarant s'il en est, à ne pas manquer dès février !... Sous le regard des grands cormorans à poitrine blanche (phalacrocorax carbo ssp. lucidus, cf. photo ci-dessus à d.) et des ibis sacrés (threskiornis aethiopica, cf. photo ci-contre), imperturbables.

____________________________________________________________________

lundi 18 janvier 2010

18, Djoudj, un inventaire avec des pincettes...


* Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD) -
INVENTAIRE ANNUEL DES OISEAUX D'EAU (15-17 01)
L'inventaire annuel des oiseaux d'eau du parc national du Djoudj, entre le 15 et le 17 janvier 2010, a donné les résultats suivants, à prendre avec d'infinies précautions au vu des énormes carences (cf. nota ci-après) du comptage à la sénégalaise:

Ci-contre: 2010 01 27, envol de canards au dessus des roselières du Djoudj
/ Courtesy photo par François Marmeys, DR


Grand cormoran à poitrine blanche: 686 (ndlr., effectifs indubitablement sous-estimés) contre 3840 en 1988
Cormoran africain: 701 contre 2944
Anhinga d'Afrique: 278 contre 1868
Pélican blanc: 6832 contre 16 848 en 2006 (ndlr., on s'est probablement contenté de dénombrer les pélicans au nichoir !)
Aigrette garzette: indéterminé contre 1228
Grande aigrette: 452 contre 3413
Héron cendré: 458 contre 740
Héron pourpré: 266 contre 576
Tantale ibis: 1066 !
Cigogne noire: 10
Cigogne blanche: 9
Ibis falcinelle: 75 contre ~1000
Ibis sacré: 36
Spatule blanche eurasienne: 452 contre un maxi de 1965
Spatule d'Afrique: 7 contre 362
Flamant rose: 8439 contre un maxi de 24 755
Flamant nain: 270 contre un maxi de 46500
Dendrocygne fauve: 30 contre un maxi de 32 620
Dendrocygne veuf: 34 846 contre un maxi de 66 050
Ouette d'Egypte: 35 contre 2662
Oie-armée de Gambie: 786
Canard à bosse: 8 (ndlr., ?)
Sarcelle d'hiver: 2 (ndlr., ??) contre 1500
Sarcelle d'été: 122 822 contre un maxi de 180 202
Canard pilet: 114 860 contre un maxi de 240 984
Canard souchet: 313 contre un maxi de 33 700
Busard des roseaux: 65
Talève sultane: 43
Grue couronnée: 66 contre un maxi de 350
Avocette élégante: 200 contre un maxi de 3050
Petit gravelot: 13 (ndlr., ?)
Barge à queue noire: 102 (ndlr., ?)

Ci-contre: Station biologique du parc national des oiseaux du Djoudj, le "laboratoire" et son... archivage scientifique 
/ 2010 02 23, courtesy photo par François Marmeys, DR

Nota et interprétations:
La collecte des observations, les recensements et autres statistiques étant des plus primaires au Djoudj (archivage peu ou prou inexistant, ou en décrépitude, de relevés sur feuilles volantes ou cahiers défraîchis -avec années manquantes (?)-, les données fiables ou scientifiques concernant le parc n'étant accessibles qu'auprès d''experts' étrangers et autres agences 'préoccupés' par les richesses du Djoudj-"joyau-du-Sénégal" et... patrimoine mondial patenté Unesco !), il faut prendre ces chiffres avec précaution. Leur interprétation peut inquiéter: comment comprendre que tous les effectifs ou presque des oiseaux d'eau de la réserve soient si bas par rapport à de précédentes évaluations et aux maximums enregistrés et cités ci-dessus ? Le grand froid au nord du Sahara et l'excellente pluviométrie de la mousson au Sahel auraient du, logiquement, autoriser des effectifs autrement plus conséquents que ceux relevés par les agents du PNOD ! D'autant que d'autres observateurs ont constaté une augmentation dans les effectifs hivernants de certaines espèces, cet hiver (comme l'échasse blanche et le chevalier aboyeur). Le célèbre ornithologue Nik Borrow, de passage au parc dans les jours qui ont suivi le décompte annuel, a pu y observer non seulement des hérons cendrés en (très) grand nombre (ma foi, ça saute aux yeux...) mais aussi 1 butor étoilé (botaurus stellaris, great bittern) et 2 hiboux des marais (asio flammeus, short-eared owl), tous oiseaux du paléarctique -notamment le butor- qui semblent surtout 'atteindre' le delta du fleuve Sénégal lors des hivers européens plus rigoureux que d'habitude... Plus grave, et personnellement je n'en serais pas surpris: ces chiffres bas indiqueraient une régression (au mieux un transfert vers le bas-delta mauritanien, voire le delta intérieur malien ?) des effectifs d'oiseaux à cause de la dégradation des biotopes, de la déstabilisation des conditions d'hivernage et de la gestion pour le moins contestable d'un sanctuaire fort complexe (renaissance des végétaux aquatiques invasifs, dérangements par le bétail et d'incessants travaux de voierie -même au coeur de l'hivernage aviaire !?, braconnage externe sur des oiseaux qui ne se contentent pas de 160 km2 !, surveillance plus attentive aux touristes de l'embarcadère qu'aux vases des marais nord du parc, pollution chimique et silencieuse des eaux obstinément ignorée, etc.). Le Djoudj reste un refuge isolé au milieu d'un espace naturellement fragile de plus en plus peuplé (planning familial, ô sacrilège !), d'un espace fragiligé par des choix obtus d'aménagements hasardeux (clientélistes et/ou dépendants du bon vouloir extérieur ), qui persévèrent, accélérant la dégradation d'écosystèmes totalement bouleversés depuis au moins vingt ans; un parc étriqué territorialement, dont certaines parties sont  visiblement abandonnées aux impacts humains des villages limitrophes autour desquels le 'désert' s'élargit par cercles... Quant aux bovins, certains en viennent à s'embourber carrément sur les bords du marigot du Djoudj, 'autoroute à touristes' s'il en est du parc national, lesquels visiteurs au coeur sensible  exigent de leur 'piroguier' d'aller à la rescousse de l'animal ! Bref, si ces chiffres sont exacts, peut-on parler de troisième parc ornithologique mondial: 13 petits gravelots, diantre !? Au demeurant, y avait-il suffisamment de 'pointeurs' sur le terrain, pendant ce long week-end du 15 au 17 janvier 2010 ?...
____________________________________________________________________

15-17, à l'occasion de l'inventaire annuel des oiseaux d'eau


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -
A l'occasion du recensement annuel des oiseaux d'eau mené par la Direction des parcs nationaux et Wetlands International (15 au 17 janvier inclus), mon comptage perso des grands oiseaux du Lampsar en eau saumâtre:













Ci-dessus: 2010 01 14 au crépuscule; les tout premiers bihoreaux gris de la nuit quittent leur dortoir des palétuviers
Ci-dessous: 2010 01 15 au petit matin, 7h30; àg., bihoreaux gris et hérons cendrés au pied des palétuviers, à marée haute - à d., passage matinal des laridés au dessus de la baie de Lampsar-bolong de Khaye en direction du Lampsar 'eau douce'
/ Photos par Frédéric Bacuez dit Fretback













- 2010 01 15:
MATIN, 7h30-8h-
50+ hérons cendrés / ~5 grandes aigrettes / 10+ aigrettes (dimorphes) des récifs / ~10 aigrettes garzettes / 50+ bihoreaux gris (les autres déjà remontés dans les palétuviers) / 5- crabiers chevelus / 5- hérons gardeboeufs / 3 échasses blanches / 3 chevaliers guignettes / 2 vanneaux éperonnés / ~5 cormorans africains / 2 grands cormorans à poitrine blanche / 1+ sterne caspienne / Plusieurs sternes caugeks / 2x100 goélands railleurs / ~150 mouettes à tête grise / Alcyons pies / Envol de centaines de tisserins à tête noire [des palétuviers dortoirs> caserne et forêt de Bango]
Passage: 2 ouettes d'Egypte [>Lampsar 'eau douce'] / 7 dendrocygnes veufs [>Lampsar eau saumâtre]
APREM'-
1 pélican gris / 1 pygargue vocifère, en survol, haut
SOIR, 17h-17h15-
Au moins 450 goélands railleurs et mouettes à tête grise mêlés, rassemblés sur les vasières, + 50 autour de la baie de Lampsar-bolong de Khaye

Ci-dessous: 2010 01 15, fin d'après-midi, ~17h; sur les vasières de la rive nord, rassemblement de goélands railleurs; sur la rive sud, quelques cormorans africains, une aigrette dimorphe, une mouette à tête grise / Photos par Frédéric Bacuez dit Fretback













- 2010 01 16:
SOIR, à partir de 16h-
Idem + 18 dendrocygnes veufs / 1 chevalier aboyeur / Quelques échasses blanches / 1 balbuzard pêcheur saisit un poisson au milieu du marigot, face aux vasières /

Ci-contre: 2010 01 16, juste après le coucher de soleil
Ci-dessous: 2010 01 17 à l'aube, l'alcyon pie fait déjà le saint-esprit au dessus des eaux tandis qu'environ 150 bihoreaux et 40 hérons cendrés stationnent sur les vasières
/ Photos par Frédéric Bacuez dit Fretback


- 2010 01 17:
MATIN, 7h15-
2 grands cormorans à poitrine blanche (réveillés avant les cormorans africains) / 6 dendrocygnes veufs [bord de la baie de Lampsar-bolong de Khaye] / 40+ hérons cendrés / 150+ bihoreaux gris (dont 70% de juvéniles et immatures) / 10- crabiers chevelus / Aigrettes (dimorphes) des récifs / 2 balbuzards pêcheurs / Milans parasites / Alcyons pies / Goélands railleurs / Mouettes à tête grise / 1+ sterne caspienne /












Ci-dessus: 2010 01 17 matin; mouettes à tête grise et goélands railleurs sur le Lampsar / Photos par Frédéric Bacuez dit Fretback

- 2010 01 27, supplément:
APREM', 14h-
~10 cormorans africains / 2 pélicans gris / 38+ hérons cendrés / 11+ grandes aigrettes / 7+ aigrettes garzettes / 10+ aigrettes (dimorphes) des récifs + 1 sur 'ma' plage / 1 crabier chevelu / 1 chevalier aboyeur / 1 échasse blanche / 1 balbuzard pêcheur et 2 milans parasites à bec jaune, postés sur des palétuviers / Quelques mouettes à tête grise / Quelques sternes caugeks pêchent /
Passage: 9 pigeons roussards [>Lampsar 'eau douce']
19 pélicans blancs volent au dessus du bolong de Dakhar-Bango
____________________________________________________________________

dimanche 17 janvier 2010

17, matinales d'hiver sur le Lampsar


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -


Ci-après: depuis la maison, lumières matinales d'hiver tropical à Dakhar-Bango, berges du Lampsar en eau saumâtre: vieux pêcheur à l'épervier
/ Photos par Frédéric Bacuez dit Fretback





















____________________________________________________________

mardi 12 janvier 2010

12, des nettoyeurs du marigot


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -

Faute de voirie, le Lampsar est partagé entre fossoyeurs, les Hommes, et nettoyeurs 'naturels', ceux qu'ils appellent 'charognards'... Les uns se débarrassent (ici sur la photo des 'élèves' d'école dite coranique) et hypothèquent l'avenir du marigot en en détruisant sa biodiversité (poissons, oiseaux), les autres récupèrent... ce qu'ils peuvent, et ce qui leur convient: les chats délaissent les oiseaux, un peu trop gros pour eux (à l'instar des aigrettes, dimorphes ou garzettes, cf. photos...), à l'exception d'une tourterelle, de temps à autre, au profit de poissons plus ou moins agonisants qui traînent sur la rive. La quarantaine de milans parasites (milvus migrans ssp. parasitus, yellow-billed black kite, cf. ci-dessus et ci-dessous) qui nichent sur les prosopis de la caserne militaire (à gauche sur la photo ci-dessus), et un couple de corbeaux pies (corvus albus, pied crow, cf. photo ci-dessous à d.) ramassent bien quelques abats et autres bouts d'os ou de peaux, mais ils n'en sont pas encore à digérer les plastiques et autres déchets non biodégradables jetés à la face de Coumba Bang, l'oubliée déesse des flots...

Ci-dessus, ci-dessous: milans parasites à bec jaune survolant les restes des Hommes...
En bas: à d., corbeaux pies - à g., des chats sur la 'plage', des aigrettes et des mouettes dans la baie
Marigot de Lampsar, 2010 01 12 / Photos par Frédéric Bacuez dit Fretback






























____________________________________________________________

Nombre total de pages vues