" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

mercredi 31 mars 2010

31, une bergeronnette flavéole sur la rive


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -

Entre le 15 mars et le 15 avril, c'est le pic migratoire prénuptial, pour les bergeronnettes printanières (motacilla flava, yellow wagtail, lavandera boyera) ! On peut les voir en vol "vaguelettes", surtout le soir, dans le sillage des hirondelles rustiques (hirundo rustica), un peu plus haut que celles-ci lors du franchissement du Lampsar. En abordant les plaines alluviales du fleuve Sénégal, elle s'y reposent souvent, le temps d'une nuit, avant de continuer vers le nord pour une autre pause dans le delta mauritanien, avant d''attaquer' le gros morceau du Sahara...


Ci-dessus: motacilla flava ssp. flava en mue nuptiale presque achevée
 Marais de Thiolet, Lampsar nord, 2010 02 25
/ Courtesy photo par François Marmeys, pour Ornithondar, DR

MATIN-
Sur 'ma' 'plage': après le départ de la bergeronnette printanière de la sous-espèce flava (cf. photo ci-dessus) envolée avec le printemps -vue, pour la dernière fois, le 20 mars après-midi -, c'est une bergeronnette printanière de la sous-espèce flavissima (bergeronnette flavéole, motacilla flava ssp. flavissima), en plumage totalement nuptial d'un jaune citron éclatant, qui tente de faire halte aujourd'hui sur la 'berge' maintenue sous l'autorité territoriale de deux bergeronnettes grises de la sous-espèce européenne alba (motacilla alba ssp. alba, white wagtail), la plus commune, également en livrée nuptiale. Celle-ci succède d'ailleurs à une troisième sous-espèce, une iberiae, brièvement en transit sur la 'plage' le 24 mars, en plumage encore d'hiver mais tout de même tacheté sur le poitrail.

Nota: quatre races de la bergeronnette printanière fréquentent le nord du Sénégal, à l'occasion de leur séjour postnuptial en Afrique tropicale. En grand nombre dans les plaines deltaïques du fleuve Sénégal et de ses affluents, elles fréquentent tout particulièrement les terrains légèrement salés en herbes basses, parsemés de buissons de tamarix, non loin des roselières à typhas dont elles se servent comme dortoir nocturne:
- Flava, venue du sud de la Scandinavie et d'Europe centrale, est de loin la plus commune dans le delta du fleuve Sénégal, en nombre considérable dans les plaines alluviales et, le soir lors de leur regroupement, dans les typhaies qui leur servent de dortoir. En général, cette sous-espèce est celle qui stationne le plus longuement sous nos latitudes: dès septembre, jusqu'en avril.
- Flavissima (bergeronnette flavéole), de Grande-Bretagne et des côtes du nord-ouest de l'Europe, est la seconde en nombre et nous quitte à la fin mars ou début avril, en remontant vers le nord par la bande côtière quasi exclusivement.
- Iberiae (bergeronnette espagnole), descendue du Maroc, de la péninsule ibérique et du sud-ouest de la France, est la troisième en nombre mais la moins durablement hivernante, nous quittant avant fin mars.
- Thunbergi (bergeronnette de Fennoscandie), du nord de la Scandinavie et de la Russie, n'hiverne pas dans le delta mais s'y arrête lors des passages d'automne, et surtout de printemps, souvent après le départ des autres sous-espèces, à partir du 20 avril, mais en faibles effectifs !

dimanche 28 mars 2010

28, (vrai) départ des balbuzards du Lampsar

* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -

Depuis ce 28 mars 2010, il n'y a plus de balbuzard(s) sur le Lampsar - mais encore quelques uns sur le fleuve Sénégal...
Egalement sur: http://balbuzard.over-blog.net/ à la date du 31 mars 2010

J'avais cru, les 23 et 24 mars, que 'mes' deux balbuzards pêcheurs (ou balbuzard fluviatile, pandion haliaetus, osprey, aguila pescadora) s'étaient envolés du Lampsar hivernal: or, si le mâle n'a plus surgi des blocs de palétuviers depuis le samedi 20 mars à 12h20, où il passait de longues heures à prendre des forces pour le grand voyage prénuptial, il n'en était encore rien pour la femelle, le plus visible des deux rapaces sur le Lampsar durant l'hiver; réinstallée à la proue de l'un de ses deux blocs de palétuviers préférés, sur les bosquets n°6 ou n°7 des mangroves de palétuviers rouges, elle passait le plus clair de son temps immobile, juste un peu dérangée (quelques frémissements corporels) par les milans parasites en pleine agitation nuptiale. Je pense qu'elle s'est enfin résolue à quitter les lieux ce 28 mars matin.


Ci-dessus: un des deux balbuzards fluviatiles du Lampsar, il y a un an - 2009 02 au petit matin
/ Courtesy photo par Alain Fournier, http://www.alain-fournier.fr/, pour Ornithondar

28 soir, 'décollage' de 134 bihoreaux gris


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -
SOIR, 17h-19h30-

1. Sensible augmentation des troupes d'hirondelles rustiques (hirondelle de cheminée, hirundo rustica, barn swallow) en remontée prénuptiale. Les passages au dessus de Bango se font surtout à partir de 17h, avec une pointe vers 18h30. Les bandes sont désormais plus nombreuses et resserrées, entre 10 et un maximum de 25 individus par groupe, traversant le marigot, partout. Si l'essentiel des hirondelles passe par dessus le Lampsar en eau douce, à l'amont, la partie saumâtre n'est pas un obstacle: beaucoup d'hirondelles y boivent au passage, et certains groupes font une ou deux rondes au dessus des eaux (capture d'insectes ? Rafraîchissement ?) avant de poursuivre vers le nord.
2. Comme chaque soir, des dizaines et des dizaines de tisserins à tête noire (ploceus melanocephalus ssp. melanocephalus, black-headed weaver) gagnent les typhaies et ripisylves de Thiolet, s'arrêtant pour se regrouper dans les cimes des arbres riverains du Lampsar (berges sud, dont les grands eucalyptus de mon jardin) avant de traverser le marigot, si possible par la digue: courageux mais pas téméraires, les tisserins ! Un couple de faucons chicquera (qui habitent les parages et aiment chasser au crépuscule) pourrait à tout instant fondre sur les oiseaux comme sur les chauve-souris... 
3. Tôt, vers 18h15, un décollage compact des mangroves de 35 bihoreaux gris (nycticorax nycticorax, black-crowned night heron) puis 2 et 5, très bavards, qui s'envolent vers le Lampsar 'eau douce', suivis, jusqu'au crépuscule, de 90 autres. 1 seul bihoreau quitte les palétuviers pour faire sa ronde crépusculaire au dessus du marigot et de la 'plage' devant la maison, sans se poser, avant de retourner vers les blocs de palétuviers. Aux dernières lueurs, on entend toujours des bihoreaux qui croassent dans les mangroves de palétuviers blancs. Par rapport aux 150 bihoreaux qui se rassemblent à l'aube sur les vasières en hiver, ce nombre de 134 bihoreaux à l'envol n'est pas exceptionnel: c'est le regroupement au décollage des premiers 35 hérons qui surprend; autant la majorité d'hiver était juvénile et immature, autant les bihoreaux observés ce soir sont (désormais) adultes, d'un plumage bien contrasté. 
4. Passée des 300- dendrocygnes veufs (dendrocygna viduata, white-faced whistling duck) [delta et pointe Thiolet>Lampsar 'eau douce'] en même temps que les bihoreaux gris.
5. Sortie des microchiroptères, toujours nombreux, et des premiers engoulevents à longue queue (en général, de 7 à 9 individus avant la nuit)

mardi 23 mars 2010

23, Khor: une aigrette des récifs de phase blanche



* Pont de Khor -
 
MATIN, ~10h15 -
1 aigrette des récifs (aigrette dimorphe, aigrette à gorge blanche, egretta gularis, western reef egret) de phase blanche est à Khor, seule au niveau du 'pont' routier qui sépare le marigot du bolong de Khor -dont les mangroves sont survolées par 5 pélicans blancs (pelecanus onocrotalus) [Roup>Khor]. Le plumage clair de cette aigrette communément sombre (gris ardoisée) avec cou blanc est en Afrique occidentale beaucoup plus rare qu'en Afrique orientale ou au Moyen Orient. L'ardéidé (très souvent totalement blanche -cf. photo ci-contre, cette aigrette est largement confondue avec une garzette) est ici bien identifiable à cause des nombreuses taches noirâtres qui parsèment notamment les ailes de cet individu.

Ci-dessus: aigrette des récifs de phase blanche, Bao Bolong, Sénégal 2006 01
/ Photo par Nik Borrow, pour African Bird Club, DR

* Saint-Louis-
A l'amont du pont Faidherbe, devant la corniche de Sor, 1 pélican gris (pelecanus rufescens) au ras de l'eau
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dimanche 21 mars 2010

20-21, imperceptibles du printemps...


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -


- 2010 03 20:
MATIN-
Vent d'est/nord-est, sableux
~20 pélicans blancs (pelecanus onocrotalus, great white pelican) en vol par dessus Bango [>plaines de Thiolet]
APREM'-
10 pélicans blancs tournoient au dessus de la digue des deux Lampsar
1 gonolek de Barbarie (laniarius barbarus, yellow-crowned gonolek) traverse le marigot [blocs de palétuviers>palmier voisin]
Sur la 'plage': toujours le chevalier guignette (actitis hypoleucos), 1 bergeronnette grise et 1 bergeronnette printanière (motacilla alba et flava)
1 cormoran africain (phalacrocorax africanus) prend l'habitude depuis quelques jours de s'installer à la proue de la pirogue amarrée, toutes ailes ouvertes, au séchage.
Dans le jardin: l'hypolaïs obscure (hippolais opaca, western olivaceous warbler) a remplacé la fauvette grisette (sylvia communis, common whitethroat) qui semble partie / Toujours au moins 1 pouillot véloce (phylloscopus collybita, common chiffchaff), plus discret, à l'abreuvoir avec 3+ serins à croupion blanc (serinus leucopygius, white-rumped seedeater) chantant dans le flamboyant bien efeuillé.
Les souïmangas à poitrine rouge (chalcomitra senegalensis, en plumage nuptial depuis au moins un mois) se poursuivent ou butinent les aloe verae en fleurs; les souïmangas à longue queue (cinnyris pulchellus), plus discrets, sont en mue avancée, et les mâles chantent.
2010 03 21, MIDI, 1 rousserolle effarvatte (acrocephalus scirpaceus, european reed warbler) se faufile dans le carré d'aloe verae et dans les branches basses du nîîm et des eucalyptus, comme l'an passé, à l'occasion de sa halte migratoire prénuptiale qui peut se prolonger quelques semaines.
1 pic goertan entendu

- 2010 03 20:
SOIR, 18h45-19h15-
Vent de nord, plus frais, toujours sableux
Baie de Lampsar-bolong de Khaye: ~60 dendrocygnes veufs (dendrocygna viduata, white-faced whistling duck) au bain, avec 2 talèves sultanes (porphyrio porphyrio ssp. madagascariensis, african purple swamphen) sur la vase / 2 hérons cendrés / 1 aigrette garzette / 1 vanneau éperonné, seulement / 1 chevalier aboyeur / Quelques mouettes à tête grise /
D'autres petits rassemblements de dendrocygnes sur les vasières du marigot, sur lesquelles il reste environ une douzaine de hérons cendrés (ardea cinerea ssp. cinerea, grey heron), contre 40 à 50 en hiver. Depuis quelques jours, les canards 'siffleurs' stationnent volontiers à l'intérieur de la mangrove.
Très peu de laridés, désormais: juste quelques sternes caugeks (sterna sandvicensis, sandwich tern), plongeant jusqu'au crépuscule; et des mouettes à tête grise (larus cirrocephalus, grey-headed gull) , toutes en plumage nuptial ou en mue avancée. Quelques cormorans des deux espèces passent
Peu d'hirondelles rustiques (hirundo rustica, barn swallow), au moins deux groupes (1 + 5 + 7 ind. à 19h05) passant en s'abreuvant au marigot
Des blocs de palétuviers, envol de seulement 3 bihoreaux gris adultes (nycticorax nycticorax, black-crowned night heron), criant ensemble. Même faiblesse d'effectifs pour les échasses blanches (himantopus himantopus, black-winged stilt), dont 2 ind. sont encore sur la rive sud, vers la caserne
Sur la 'plage':  le chevalier guignette, la bergeronnette grise, 2 tourterelles pleureuses, l'aigrette des récifs 
NUIT, 20h-
Appels des oedicnèmes du Sénégal (burhinus senegalensis, senegal thick-knee), sur la 'plage'

Plus: 21h15, une nèpe sp. d'une impressionnante taille se promène sur la terrasse, attirant les jeunes chats qui ne s'en méfient pas moins... Je préfère la renvoyer dans les herbes de la berge (dard douloureux...)

samedi 20 mars 2010

20, des balbuzards fêtent le printemps au Sénégal



Ci-dessus: balbuzard femelle en mue. Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD), 2010 02 18
/ Courtesy photo par François Marmeys, pour Ornithondar

* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -

Deuxième jour consécutif de légère brume de sable... Dans un mois climatiquement sens dessus dessous, exécrable...

MIDI-
12h20, 1 balbuzard pêcheur (pandion haliaetus, osprey, aguila pescadora) en mue très visible sort d'entre les blocs de palétuviers du Lampsar, rase l'eau et délicatement extirpe de la surface un poisson, avant de regagner l'intérieur de la mangrove de Thiolene.

Nota: en regardant mes carnets d'écritures de l'an passé, je m'aperçois qu'à la vérité il n'y a rien d'anormal à la présence 'printanière' des balbuzards dans le bas-delta du fleuve Sénégal. Il est fort probable au demeurant qu'il s'agit là d'immatures et de subadultes, ou mieux, de jeunes adultes non reproducteurs ou tout juste matures sexuellement. Il est prouvé que ces derniers rejoignent leurs congénères déjà (ré)installés en Europe qu'en fin mars-début avril, où ils occuperont les aires libres, voire ne feront que... 'tenir la chandelle'...

Quelques observations de la fin de saison 2008-2009:
- le 20 mars 2009, dans la steppe de la pointe Thiolet: 2 individus mangeant chacun leur proie au sol
- le 29 mars 2009, aprem': 1 ind. en vol plané au dessus du Lampsar 
- le 3 avril 2009: quelques individus observés sur les deux rives du fleuve Sénégal (dont 1 au sol coté mauritanien; 1 au sol sur la pointe Thiolet)
- le 5 avril 2009: 1 ind. sur le Lampsar; 1 ind. sur le fleuve Sénégal
- les 6 et 13 avril 2009, plus aucun balbuzard au parc national du Djoudj (PNOD)
- le 17 avril 2009, ultime observation 'hivernale': 1 ind. visiblement en migration S>N, observé par dessus la passe de Thiolene, entre Roup et la pointe Thiolet
A noter que le 18 juillet 2009, vu 1 ind. au dessus du jardin ! Un probable juvénile estivant (1ère à 2e année, voire 3e année) ?

Egalement sur: http://balbuzard.over-blog.net/ à la date du 31 mars 2010

lundi 15 mars 2010

15, constat: les balbuzards s'éternisent dans le delta !


* Lampsar 'saumâtre' et fleuve Sénégal, de Roup nord (Sénégal) à Diawas 'hassania' (Mauritanie) -

Ci-contre: position des balbuzards pêcheurs autour de la pointe Thiolene et de l'Île aux Bois, le 15 mars 2010 au matin

Légendes:
- En bleu: balbus observés en 'vol de chasse' (7 ind.) et/ou sur arbre (1 ind.)
- En vert: balbus au sol (2 ind., vus aussi en vol)
- Points: précédemment comptés
- Grand cercle: site privilégié de pose au sol 
- Petit cercle: perchoir habituel des deux balbus du Lampsar
1: passe de Thiolene et delta du fleuve Sénégal
2: steppe de la pointe Thiolene
3: steppe et mangroves de Roup
4: mangroves du Lampsar 'saumâtre' et bolong de Dakhar-Bango
5: Île aux Bois
6: Fleuve Sénégal, grand bras
7: Lampsar 'eau douce'



Ces derniers jours, les deux balbuzards pêcheurs (pandion haliaetus, osprey, aguila pescadora) du Lampsar se font plus discrets au dessus de l'affluent du fleuve Sénégal, en eau saumâtre comme en eau douce. Quelques hypothèses à leur désertion: le reflux saisonnier des poissons vers le delta ? Le dérangement consécutif aux agitations, elles-aussi saisonnières, des milans parasites (milvus migrans ssp. parasitus) qui occupent l'espace aérien voire les blocs de palétuviers, dans la perspective d'une nidification toute proche ? En tout cas, 'mes' balbus ne sont pas partis, seulement repliés vers l'étroite ripisylve de palétuviers du bolong de Dakhar-Bango: l'un occupe tout de même son perchoir favori au bord du marigot et en surplomb des dendrocygnes (dendrocygna viduata) sur les vasières, au soir vers 18h; l'autre se pose plus volontiers en arrière du marigot, dans la mangrove. 

Un petit tour d'inspection, état des effectifs de balbuzards pêcheurs entre Roup nord et Diawas, au petit matin du 15 mars 2010: au moins 8 pandion encore très actifs autour du fleuve Sénégal !
Vers 7h30, 'mes' deux balbuzards (1er et 2e) sont en vol devant la pointe Thiolene, coté Lampsar. Un troisième balbuzard (3e) arrive des confins de  Roup, au sud de la passe de Thiolene. De l'autre coté de la confluence deltaïque, au delà du village mauritanien de Thiong, un autre balbuzard (4e) vole en direction du sud-ouest, vers Bop Thior et l'océan -où certains des rapaces pêcheurs font souvent la navette, fructueuse, entre mer et îles sénégalo-mauritaniennes, par dessus les landes et filaos de Sal Sal. Tous paraissent en première pêche matinale du jour.
En remontant le fleuve Sénégal, contournant l'Île aux Bois par le Petit Bras, coté mauritanien: pas (encore) de balbu(s) au sol dans la belle plaine nue qui court de Thiong à Diawas, où les oiseaux aiment se poser pour manger tranquillement leurs proies en ayant un horizon bien dégagé, souvent à proximité de hérons cendrés (ardea cinerea ssp.) regroupés.
Vers 8h15, au nord du campement saisonnier de pêche et dans la courbe de Diawas 'hassania': un premier balbuzard (5e) juché sur un petit arbre solitaire des berges sénégalaises, qui  s'élance peu après et s'abat sur un poisson à coté de deux pélicans gris (pelecanus rufescens) !
Coté mauritanien, sur l'étroite bande de terre nue entre le fleuve et la dépression humide au pied de Diawas 'hassania', un balbuzard (6e) au sol dépèce un poisson, attirant un compère (7e) qui survole longuement les environs.
De retour dans la passe de Thiolene, toujours deux balbuzards (précédemment comptés) en pêche au dessus des eaux. Vu après avoir accosté la presqu'île de Thiolene:  parmi la dizaine de hérons cendrés (ardea cinerea ssp.) disséminés dans la plaine buissonnante, un seul balbuzard (8e) est au sol, au repos, sans proie. Au coeur de leur hiver sénégalais, les balbus peuvent être ici une huitaine, dispersés au sol dans cette lande comme une langue au milieu des eaux deltaïques. Le couple de pygargues vocifères (haliaeetus vocifer, african fish eagle) qui fréquente assidument la pointe Thiolene (utilisant ses rares arbres solitaires comme perchoirs-observatoires) ne semble pas créer ici de conflits entre les deux espèces piscivores, l'une afrotropicale résidente, l'autre paléarctique migratrice.

Egalement sur: http://balbuzard.over-blog.net/ à la date du 31 mars 2010
Voir aussi:  http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/pdf/Plan_national_de_restauration_Balbuzard_pecheur_2008-2012.pdf
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15, fleuve Sénégal: sternes royales et spatules en partance


* Lampsar et fleuve Sénégal, de Bango à Diawas 'hassania' -
MATIN, 7h-9h45, en pirogue motorisée-
Temps 'clément', températures tout de même légèrement supérieures à la norme saisonnière. Ciel bleu, pas de vent ni de sable en suspension.

OISEAUX / 42 espèces vues

Vu:
Anhinga d'Afrique (anhinga rufa, african darter), 1 + 2 / Cormoran africain (phalacrocorax africanus, long-tailed cormorant), par petits groupes de subadultes [sur les rives à palétuviers surtout]  / Grand cormoran à poitrine blanche (phalacrocorax carbo ssp. lucidus), quelques + une troupe au petit matin N>S au dessus du delta, et plusieurs troupes au loin  au dessus du bolong mauritanien de Ntialakht / Pélican blanc (pelecanus onocrotalus, great white pelican), quelques uns groupés sur un ilot sableux au milieu du marigot de Diawas 'hassania', devant le village mauritanien  / Pélican gris (pelecanus rufescens, pink-backed pelican), 2 [au débouché du 'petit bras' sur grande vasière mauritanienne immergée, puis nageant sur le fleuve coté sénégalais] / Héron cendré (ardea cinerea ssp. cinerea, grey heron), nombreux dont 36+ au long de la rive ouest de  l'Île aux Bois [coté 'grand bras' du fleuve Sénégal]  / Bihoreau gris (nycticorax nycticorax, black-crowned night heron), plusieurs [palétuviers du Lampsar]  / Aigrette (dimorphe) des récifs (egretta gularis, western reef egret) / Aigrette garzette (egretta garzetta, little egret) / Aigrette intermédiaire (egretta intermedia, intermediate egret), 5 sur reposoir avec anhingas et grande aigrette [Île aux Bois face au campement saisonnier de pêche sénégalais]  / Grande aigrette (egretta alba ssp. melanorhynchos, great egret) / Héron strié (butorides striata, green-backed heron), 1 immature [levé dans les palétuviers proches du bolong de Dakhar-Bango]  / Spatule blanche d'Europe (platalea leucorodia, european spoonbill), 3 porteuses d'aigrettes nuptiales (oiseaux espagols) en bord de fleuve avec 3 hérons cendrés et 1 garzette + 3 venant du delta survolant à plusieurs reprises  l'Île aux Bois + 11 + 12 en vol migratoire prénuptial  S>N [coté mauritanien] / Dendrocygne veuf (dendrocygna viduata, white-faced whistling duck), 300- [vasières de pointe Thiolet coté Lampsar] + ~80 [vasière au débouché du petit marigot de Diawas 'wolof', petit bras du fleuve Sénégal, Mauritanie] / Dendrocygne fauve (dendrocygna bicolor, fulvous whistling duck), 40+ regroupés aux cotés des 300 dendros veufs [vasières de pointe Thiolene coté Lampsar, 7h30] (et 15 en vol chantant au dessus de pirogue [même lieu, 9h15]) + 2 en vol [par dessus fleuve Sénégal, pointe nord de l'Île aux Bois, Mauritanie>Sénégal]   / Oie-armée de Gambie (plectropterus gambensis, spur-winged goose), 1 femelle [Sénégal>Mauritanie] / Pygargue vocifère (haliaeetus vocifer, african fish eagle), 1 [pointe Thiolene] / Balbuzard pêcheur (pandion haliaetus, osprey), au moins 8  (cf. rapport ci-dessus) / Milan parasite à bec jaune (milvus migrans ssp. parasitus, yellow-billed kite), 4+ (mangrove de pointe Thiolet coté fleuve Sénégal] et ~40 [autour d'un vieux filao solitaire et des prosopis de la caserne de Bango, avec corbeaux pies] / Elanion blanc (elanus caeruleus, black-shouldered kite), 1 (à 7h30 perché sur jeune acacia isolé à l'extrémité de la pointe Thiolet, arbre par ailleurs souvent utilisé comme 'observatoire' par un couple de pygargues voire par les balbuzards] / Courlis corlieu (numenius phaeopus, whimbrel), quelques (10-) / Chevalier aboyeur (tringa nebularia, common greenshank), limicole le plus commun sur les rives, avec regroupements pré-migratoires, dont 14 réunis avec 2 courlis corlieu / Chevalier guignette (actitis hypoleucos, common sandpiper) / Goéland brun (larus fuscus, lesser black-backed gull), peu dont 1 en plumage (quasi) nuptial au milieu de troupe de sternes caugeks et caspiennes au repos / Goéland railleur (larus genei, slender-billed gull), surtout au repos sur l'eau [au milieu du Lampsar] / Mouette à tête grise (larus cirrocephalus, grey-headed gull) / Sterne royale (sterna maxima, royal tern), en grand nombre [exclusivement sur le fleuve Sénégal, essentiellement dans le sens S>N] / Sterne caspienne (sterna caspia, caspian tern), quelques [fleuve Sénégal et Lampsar]  / Sterne caugek (sterna sandvicensis, sandwich tern), assez nombreuses, dont un attroupement au repos de 100- [berges de l'ancien village de Bango]  / Tourterelle pleureuse (streptopelia decipiens, african mourning dove), dont 1 avec brindilles au bec [racines émergées de palétuvier dans le bolong de Dakhar-Bango]   / Tourterelle masquée (oena capensis, namaqua dove) / Martinet des maisons (apus affinis, little swift) / Martin-pêcheur huppé (alcedo cristata, malachite kingfisher), 1 [fleuve Sénégal] / Alcyon  pie (ceryle rudis, pied kingfisher) / Guêpier de Perse (merops persicus, blue-cheeked bee-eater), notamment en chasse au dessus des steppes inondables [Mauritanie vers Diawas] / Huppe fasciée (upupa epops ssp., hoopoe), 1 [pointe Thiolet] / Calao à bec noir (tockus nasutus, african grey hornbill), 8 immatures/subadultes [N>S traversant le Lampsar] / Cochevis huppé (galerida cristata ssp. senegallensis, crested lark), nombreux [sur la pointe Thiolene]  / Hirondelle de rivage (riparia ripariacommon sand martin) / Bergeronnette printanière (motacilla flava, yellow wagtail) / Corbeau pie (corvus albus, pied crow), 10 en vol groupé planant [autour d'un vieux filao solitaire, avec milans, sur le site de l'ancien village de Bango] /

Inno on the road again, soon...


Après un stage de sérigraphie au Goethe Institut de Ouagadougou (Burkina Faso), à la fin du mois de mars, mon grand gaillard d'Inno s'apprètera alors à rentrer à Bango, chargé comme un Ndiaga Ndiaye...

Ci-contre: 'La petite fille à la tête de télé', par Inno
/ 2008 08 Saint-Louis-du-Sénégal, atelier 'Allah n'est pas obligé' de Sor, DR

Ci-dessous: clip officiel de 'Télévision', 2009 06, par Baaba Maal, le grand Peuhl de Podor, sur le fleuve Sénégal, artiste mondialement célébré... sauf en France...
 



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15, aparté: après l'expo de 'mon fils' Inno, Ouaga 3/3


* Ouagadougou, Burkina Faso. Hangar 11, Ouidi -

Expo 'Libertad', par Inno (2010 02 11 - 2010 02 28):
fin de l'exposition de mon fiston Inno dans la cour et la galerie du Hangar 11 de l'ami Pierre Garel, à Ouagadougou (Burkina Faso). Et un autre article, 'Liberté, il peint ton non !', par Ludovic Kibora dans l'édition du 10 mars 2010 de L'Evénement, le journal burkinabè dont je fus, jadis dans une autre vie,  l'un des cinq premiers compagnons d'un 'combat' semé d'embûches...
http://www.evenement-bf.net/pages/culture_183.htm

Un site web en construction, un blog en devenir, d'autres travaux in situ, peut-être le Off de la Biennale de Dakar 'décentralisée' (?) à Saint-Louis dans le cadre du tricentenaire de la cité... apathique; et bientôt, d'autres horizons... longtemps souhaités et in fine abordables, avec la Fanny de coeur... Mais chuuut...
Bravo, merci !

A voir: http://www.hangaronze.com/Activites.htm et http://www.hangaronze.com/Innocent%20Ouedraogo.htm
En rappel, l'article de Tabyam Ouedraogo pour le quotidien Sidwaya: http://www.sidwaya.bf/spip.php?article2472&lang=fr

Ci-contre: 2010 02 11, vernissage de l'expo d'Inno, galerie du Hangar 11, Ouagadougou, Ouidi-Kolognaaba
/ Photos courtesy Fanny Feray et Pierre Garel

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samedi 13 mars 2010

13, aparté: en voyant un vol d'hirondelles...




J'étais en train d'observer 'le' balbuzard-qui-ne-veut-pas-partir tandis que les hirondelles (de rivage et rustiques sp.) dans leur remontée nordique buvaient au marigot juste en passant, le bout des ailes relevées... C'est alors qu'un message de ma mère m'a averti de la disparition de Jean Ferrat, dont les chansons, et les poèmes d'Aragon, auront accompagné toute ma vie, partout, depuis mon enfance rbatie...

" Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver "
En effet...
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lundi 8 mars 2010

8, 'nos' balbuzards sur le site du Groupe Pandion



* Groupe Pandion, France -
Migration prénuptiale du balbuzard pêcheur-
Malgré le regain d'hiver au nord du Sahara, les premiers balbuzards (pandion haliaetus) sont arrivés en Europe, en provenance de leurs sites d'hivernage, le plus souvent en Afrique noire.
Des infos sur les ultimes moments de leur hivernage sénégalais (transmises par Cécile Bloch, de Dakar, et par moi-même dans le delta mauritano-sénégalais du fleuve) sont en ligne sur le blog du Groupe Pandion (cf. ci-après), en France, grâce à l'ornithologue François Baillon (IRD).  Merci à lui, et aux amis photographes qui se reconnaîtront...

Ci-dessus: 2009 02 15, parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD).
Balbuzard pêcheur mangeant un silure 'serré' dans les eaux du marigot de Djoudj
/ Courtesy photo par Alain Fournier pour Ornithondar et http://www.alain-fournier.fr/, tous droits réservés

En date des 5 et 6 mars 2010 sur:
http://balbuzard.over-blog.net/

Correspondance privée du 11 mars 2010:
- Alban Larousse, pour le Groupe Pandion: " Ici [ndlr., dans le Loiret, France] il fait encore frisquet et les arrivées de balbus se sont précipitées à la fin février d'une manière assez exceptionnelle !
Cela dit, certainement en partie perturbées par la météo espagnole et du sud-est de la France, les arrivées se positionnent à présent dans le paterne d'apparition normal de l'espèce sous notre latitude.
Un ami m'a informé qu'il y a peu un balbu allemand avait été identifié à l'aide de photographies réalisées au Sénégal cet hiver (...)
Vous remerciant pour votre souffle d'air chaud bien illustré ! "
- Frédéric, Ornithondar: " Mes deux balbuzards du Lampsar sont toujours là, et je commence à m'en étonner !...
Je vous tiens au courant. "
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dimanche 7 mars 2010

Après la canicule, la tempête sous les étoiles !


* Bas-delta du fleuve Sénégal. Lampsar -


Ci-contre: 2010 02 5 7h37 sur le Lampsar coté saumâtre au large de Bango: très vite le jour le plus chaud en près de quatre ans de résidence saint-louisienne, un enfer caniculaire à la burkinabè...
/ Photo Jeanne et François Marmeys

Un long automne encore humide; le mythique et doucereux hiver saint-louisien qui ne s'est jamais installé; deux mini raz-de-marées sans alizés; deux vagues caniculaires d'un harmattan poussif; des marées anormalement élevées même sur le fleuve; et soudain les bourrasques d'un vent du nord comme une houle marine... Voilà une année 'chaude' pour le moins perturbée, climatiquement !

Nota 1: février calamité/bénédiction, partout ! C'est du nord, donc du Maroc atlantique que nous arrive ce grand vent qui a déversé ses eaux sur les berbères, ramassé le sable des maures et nimbe dès lors notre delta rabougri. Comme chaque année depuis au moins 2006, ce Maroc-là, celui de mon enfance rbati, est confronté à un hiver pluvieux en plaine, neigeux en montagne; après un automne 2009 dans les chaumes, mais un automne 2008 dans la gadoue ! Comme jadis, du temps où Lyautey pouvait qualifier ce jardin d'eden par un lapidaire mais si juste: "pays froid où le soleil est chaud"... Encore une fois cette année, plutôt des cascades de pluie d'Essaouira au Souss (la ville rose de Taroudant les pieds dans l'eau; 50 mm sur Agadir le 16 février, une véritable averse 'tropicale' !), 6 morts et de nombreux douars coupés du monde, la belle route qui remonte vers Marrakech coupée, les roselières du parc national de l'oued Massa dévastées... Au nord, c'est le Gharb encore une fois transformé en un immense marais suite aux crues du Sebou, 3 victimes. Cela devient une telle 'habitude' que le nombre de décès baisse et l'efficacité des secours augmente: évacuation en zodiacs avant la crue, curage des canaux, meilleur déblaiement de la neige en montagne... Tous les barrages du royaume sont presque remplis, à 100 % pour les six plus importants, des lâchers d'eau sont même inévitables !
J'imagine la campagne marocaine, au printemps. Il faut relire Loti d'avril 1889* pour se rappeler, pour que ceux qui savent revoient le camaïeu chérifien: "de grandes plaines d'iris, de palmiers-nains, d'asphodèles; par places, des amas de marguerites blanches, si serrées qu'on dirait des plaques de neige; tout cela humide de pluie ou de rosée; dans les lointains, ce vert intense s'assombrit sous les nuées lourdes qui traînent; (page 53) (...) oh ! les jardins merveilleux ! des bois d'orangers qui embaument; et des palmiers, et de grands cactus arborescents au feuillage bleu, et des géraniums rouges, et des grenadiers, des figuiers, des oliviers. Et dans le luxe éxubérant de cette végétation, les plantes d'Europe se mêlent à celles d'Afrique; parmi les aloès, il y a de hautes bourraches bleues fleuries à profusion; des acanthes, au feuillage marbré de blanc, poussent en fouillis, s'élèvent à huit ou dix pieds; des ciguës et des fenouils dépassent la tête de nos chevaux, et les vieux murs, les palissades, sont tapissés de liserons et de pervenches. (page 76) (...) De temps à autre, des cigognes passent, d'un vol lent, fouettant l'air de leurs ailes mi-parties blanches et noires; -ou bien des corbeaux, des aigles. (page 61)" Aaah...
* Pierre Loti 'Au Maroc', La Boîte à Documents, Paris 1988
A voir aussi: le joli blog de Marie des plaines du Saïs et de la fermette d'Ouled Emgatel, découvert 'chez' l'ami Thibault: http://presdupuits.blogspot.com/; ça me rappelle la ferme Nortamer, ses vaches frisonnes et ses faucons d'Eléonore dans la falaise maritime toute proche, du coté de Bouknadel... Et 'La rivière aux grenades' -l'oued Kroumane, le récit souvenir de Michel Jobert, au pied du Zerhoun et de Volubilis, dans la plaine noire et verte... "Pourquoi ne serais-je pas fidèle à ce temps, qui me porte et m'évite d'errer de vanité en vanité ?", hein, pourquoi ?

Nota 2: n'en déplaise aux savants allègrement "organiques", la météo s'affole et il est probable que nos enfantillages bien peu pacifiques (avec El Niño, jusque fin mars) y soient aussi pour quelque chose... Des congères de neige sur l'Amérique atlantique et l'Europe -l'ami Thibault photographie ce 7 mars une deuxième Arlésienne de neige sur la Camargue (http://thige.blogspot.com/); le déluge sur Madère et le Maroc, et même un tsunami à la française ! De la poudre aux yeux pour les Olympiades Rocheuses, des inondations au Mexique, en Bolivie, au Pérou, en Argentine; et à Haïti, enfer et damnation... Quant au Vénézuela ou à l'Equateur, au régime sec ! Idem en Afrique orientale où l'interminable sécheresse a laissé place à des trombes d'eau sur la Tanzanie puis l'Ouganda, et maintenant sur la région kenyane de Samburu -et sa splendide réserve de faune dont je garde, personnellement, d'heureux souvenirs... Sao Paulo du Brésil, aussi sous les eaux, mais des records de température à Rio de Janeiro: 46,3°, plus chaud qu'au Sahara, presque aussi caniculaire que cette fin d'hiver en Afrique de l'Ouest où la palme mondiale est décernée à la localité d'Ada, dans l'est du Ghana, avec un réconfortant (pour tous les autres)... 48,3° !! La semaine passée au Sénégal, un historique 38° sur la péninsule dakaroise du Cap Vert, au moins 10° de plus qu'au zénith normal d'une capitale pourtant proue d'Afrique dans l'océan atlantique; et un p'tit 48° sur tous les chaudrons de l'hinterland... (sur 'notre ressenti' sahélien, lire la notule de Thierry Helsens, 'ça chauffe à Bamako': http://mali.blogs.liberation.fr/helsens/2010/02/vous-avez-dit-r%C3%A9chauffement-.html). Ce jour à Saint-Louis, toujours d'excessives amplitudes thermiques, plus prononcées vers les températures hautes qu'à l'habitude: 20° mini, 36° maxi. Allah est grand, Eole est plein de fougue avec la maisonnée: directement dans le vent fort qui a couru le marigot du 27 février au 2 mars inclus, et l'océan en creux de 3 mètres, on passera bientôt la nuit sous les 18°, voire moins aux aurores, si les alizés marins daignent perdurer; rien n'est moins sûr... Rien ne va plus !
Lire aussi: même au Gabon, ce pays béni des dieux de la forêt et de la pluie !...:
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vendredi 5 mars 2010

5, départ imminent des balbuzards du Lampsar ?

 
Ci-contre: 2010 02 19. Un balbuzard pêcheur en transit prénuptial, dans les plaines alluviales du parc national du Diawling, Mauritanie
/ Courtesy photo par François Marmeys, pour Ornithondar, DR


* Bango. Marigot de Lampsar -
Fin de saison hivernale 2009-2010 pour les balbuzards-au-Sénégal: après le passage S>N en altitude moyenne de 3 couples de balbuzards pêcheurs (pandion haliaetus, osprey, aguila pescadora), il y a tout juste un mois -le 4 février entre 17h30 et 18h30*2-, 'mon' duo/couple de balbuzards du Lampsar saumâtre (un mâle et une femelle) n'a pas vraiment bougé de son domaine hivernal, entre la pointe Thiolene et les palétuviers de la mangrove. Par contre, comme à la fin novembre, une augmentation des effectifs de balbuzards semble importante au Djoudj sénégalais (et au Diawling mauritanien*1, cf. photo ci-contre) depuis la fin janvier, avant la remontée prénuptiale vers l'Europe (les oiseaux marocains des Bokkoyas étant sédentaires).
*1 Correspondance privée de François Marmeys, du 9 mars: "(...) celui de la photo [2010 02 19, ndlr., cf. ci-dessus] était près de la piste, à environ 2 km à vol d'oiseau du fleuve Sénégal, en tout cas vers les limites sud-est du parc [national du Diawling]. Il ne me semblait pas en migration mais plutôt en chasse: pas de vols hauts, se posant un peu plus loin comme lorsqu'on le dérange. Sur la photo il vient de décoller d'une pierre, dans un milieu aride ou asséché. (...)"
*2 Le 16 février, Diego Jerez Abad signale le passage en vol NO de 5 balbuzards, par dessus la ville de Melilla (Maroc) (cf. http://gomac.megaplog.com/)

Ci-contre: 2010 02 5 7h32, 'mon' balbuzard femelle du Lampsar saumâtre, au petit matin sur son reposoir, un palétuvier rouge
/ Courtesy photo par François Marmeys, pour Ornithondar, DR

La paire de balbuzards du Lampsar a affronté les dérèglements climatiques de février sans fuir: la deuxième canicule de l'année les avait fait descendre du haut de leur reposoir respectif, distant de quelques dizaines de mètres (en général: jeunes palétuviers mêlés à de grandes tiges de joncs, pour le mâle, moins visible; un bloc de palétuviers rouges, pour la femelle, très en évidence, cf. photo ci-contre): aux heures anormalement étouffantes, les deux rapaces s'étaient rapprochés l'un de l'autre plus qu'à l'accoutumée, blottis sur les racines aériennes du palétuvier fétiche de la femelle, juste au dessus des eaux du marigot. Au plus fort des actuelles bourrasques d'alizés marins, du 27 février au 1er mars matin, les rapaces avaient temporairement délaissé leurs perchoirs, se réfugiant probablement au long de l'encaissé bolong de Dakhar-Bango, à l'abri. Avec la raréfaction saisonnière en cours du poisson (ramassé en masse dans d'immenses filets cerclants par les pêcheurs bangotins ou descendu vers le fleuve Sénégal) sur ce bout de marigot, les balbuzards sont moins assidus, élargissant visiblement leurs ultimes parties de chasses avant départ: ce matin, j'ai vu cependant la femelle plonger à quelques encablures de son bloc de mangrove, et saisir un poisson dès la deuxième tentative... avant de s'ébrouer vigoureusement en vol au dessus des palétuviers de Thiolene. En début d'après-midi, vers 14h45, tandis que l'un luttait laborieusement contre un vent du nord tenace et sablonneux, au dessus des mangroves du bolong de Dakhar-Bango, l'autre s'était déplacé du bloc de palétuviers n°6 au bloc n°5 précédent (en se rapprochant de la digue de Bango), abandonné depuis le 26 ou 27 février par le pélican gris qui l'avait monopolisé pendant plusieurs semaines.
J'ai remarqué que 'mes' deux balbus 'jouaient' ensemble plus volontiers en cette fin de séjour sénégalais, après au moins trois mois de voisinage certain mais distant: le 2 mars (entre 18h30 et 19h15), ils ont très longuement volé ensemble, parcourant l'intégralité de leur domaine hivernal, le plus gros et plus foncé (la femelle, avec sa collerette complète; ailes plus larges) légèrement en dessous de l'oiseau plus clair et moins gros; sur les deux rives du marigot: au dessus de la caserne et du quartier riverain de Bango (où j'habite), berges sud; sur les mangroves du bolong de Dakhar-Bango et de la pointe Thiolene coté fleuve Sénégal, berges nord; en face de la maison, un peu sur la baie de Lampsar-bolong de Khaye, passant par deux fois de l'autre coté de la digue, en 'eau douce' du Lampsar, revenant à chaque fois au bout de dix minutes vers les mangroves saumâtres. Le même soir, avant de rejoindre le dortoir nocturne, l'un des deux rapaces (le plus frêle ?) s'est amusé à voler pattes pendantes et corps presque vertical, tête très en avant; les deux se sont poursuivis autour du palétuvier, très vite au ras des eaux près des racines aériennes. Par deux fois en février, l'un des deux balbus a poussé plusieurs séries de petits cris aigus -le 4, juste au dessus de moi et du jardin, à faible altitude !

Nota: lire mes infos et celles d'une autre "vigie", Cécile Bloch du zoo de Dakar, avec ses photos, reprises par François Baillon sur: http://balbuzard.over-blog.net/
Et aussi, le site du Groupe Pandion: http://se172429.deckpoint.net/pandion/www/groupe.htm
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Des 'africains' sur les marches chérifiennes


* Sahara occidental, Maroc -

Sur 'Go-south, Oiseaux et Nature au Maroc' (http://www.go-south.org/), le site chérifien de l'ornithologue Patrick Bergier, quelques-uns des oiseaux bien de chez nous (afrotropicaux ou presque...) signalés cet hiver au nord de leur aire normale de répartition, au Sahara occidental, mais aussi jusqu'à Essaouira !:
- Après le 25/01, ce 4/03: une mouette à tête grise dans la baie de Dakhla
- A quelques kilomètres par la plage au sud d'Essaouira , à l'embouchure de l'oued Ksob: une aigrette (dimorphe) des récifs présente depuis plusieurs mois (premier signalement le 6 septembre 2009, puis le 23/10 et le 7/02 à Dabiat).
- Depuis quelques mois également en plein désert du Sahara occidental, à 360 kms au sud d'El Aïoun, entre Boujdour et Dakhla: 3 corbeaux pies ont l'air d'apprécier les environs immédiats d'une station essence !
- A l'extrème sud du Sahara occidental: 12 moinelettes à oreillons blancs signalées sur l'oued Jenna, au nord d'Awserd, le 12/01.
- A l'extrème sud toujours, sur la route d'Awserd, un spot désormais couru pour observer les prinias à front écailleux: 25 les 13/12 2009 et 12/01 2010; 55 le 24/01; et une vingtaine le 13/02.
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