" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

samedi 31 juillet 2010

31, mousson 2010: juillet, tout en contrastes


Marigot de Lampsar coté bangotin: en hivernage, le rose est mis... / Photo par Frédéric Bacuez

* Bango, Saint-Louis et le nord du Sénégal -

Nota: un bon démarrage de la saison pluvieuse 'à la saint-louisienne', dans la première moitié du mois, avec quelques averses importantes au nord du 15e parallèle - des pluies qui ne seraient que normales au sud du 13e, et autrement plus nombreuses ! Mais, comme souvent au Sahel, un 'trou de sécheresse' depuis une dizaine de jours sur le Ferlo, depuis une quinzaine sur le delta du fleuve Sénégal. Le 'transect' Bango-plaines alluviales est d'ailleurs moins arrosé que Saint-Louis - 'faut le faire !-, pour l'heure... Les berges du fleuve sont toujours au sec, mais les averses qui tombent sur les confins maliens devraient autoriser bientôt, sur notre marginal delta, enfin un débordement salvateur du fleuve pourtant très limoneux. Il serait temps: les premiers groupes de limicoles descendent déjà du nord et aimeraient trouver, lors de leur halte migratoire après la traversée du Sahara, un peu de réconfort dans les plaines alluviales. Il ne faut vraiment pas aimer la pluie, pour vivre ici...

Cumul des pluies depuis le début de l'hivernage (installation du 19 mai au 19 juin). Toutes les stations sont EXCÉDENTAIRES:

- Fleuve Sénégal, de l'estuaire à la frontière malienne:
  • Saint-Louis: 101,0 mm contre 44,0 mm de moyenne au 1er août, soit 230% de sa norme pluviométrique
  • Bango: 77,6 mm [3 averses et 2 petites pluies, dont une en juin]
  • Podor: 121,6 mm contre 46,3 mm de moyenne au 1er août, soit 263 % de sa norme pluviométrique
  • Matam: 169,0 mm contre 100,1 mm de moyenne au 1er août, soit 169 % de sa norme pluviométrique
  • Bakel: 313,8 mm contre 173,7 mm de moyenne au 1er août, soit 181 % de sa norme pluviométrique
- Intérieur, Diambour et Ferlo:
  • Louga: 77,7 mm contre 58,2 mm de moyenne au 1er août, soit 134 % de sa norme pluviométrique
  • Linguere: 195,6 mm contre 108,9 mm de moyenne au 1er août, soit 180 % de sa norme pluviométrique
  • Ranerou: 307,7 mm contre 108,9 mm de moyenne au 1er août, soit 181 % de sa norme pluviométrique


Aparté: les moussons ouest-africaines, enfin là où il doit pleuvoir 'en vrai', sont année après année de plus en plus violentes, les 'trous de sécheresse' précédant ou succédant à des averses démesurées et dévastatrices; après plusieurs semaines sans pluie, le Sahel - du Tchad au Burkina Faso en passant par la région nigérienne de Zinder, a reçu entre le mardi 20 et le jeudi 22 juillet parfois l'équivalent d'une année de pluies à... Podor, sur les rives du fleuve Sénégal ! Dans le centre est burkinabè, le chef-lieu du Namentenga a enregistré 237 mm d'eaux entre 23h le 21 juillet et 13h le lendemain !! Dans la province voisine de la Gnagna, déjà l'une des plus enclavées du pays, et loin d'être la plus arrosée, les villages de Mani (cf. photo ci-contre), koalla et Piéla - que je connais bien- sont inaccessibles suite à la rupture des barrages de Tougouri et Zéguédéghen et à la crue de la Sirba. Bilan des inondations: au moins 14 morts par noyade, presque tous après la chute d'un tracteur dans le déversoir de la Sirba, et 31 000 sinistrés. Le coeur de l'hivernage n'est pourtant pas atteint, loin s'en faut...

Ci-contre: souvenirs, souvenirs... 1998 09 29, sur la digue-barrage de Mani, avant la traversée du déversoir. Burkina Faso, province de la Gnagna  
/ Photo par Frédéric Bacuez

vendredi 30 juillet 2010

29-31, le brouhaha des crapauds jaspés

* Bango. Rives du Lampsar-   

" J'aime l'aspect des grenouilles, et surtout leur façon de se rassembler dans des endroits humides par des nuits chaudes et de chanter des chansons d'amour. La musique des grenouilles (...) est pleine d'optimisme et de signification intérieure. "
- Archie Carr, 'The Windward Road', 1955

Plus de 15 jours sans pluie, dans le delta, avec même un retour des alizés maritimes ! Depuis le 29 juillet, les flux de mousson ont cependant repris le dessus, la pression de la moiteur annoncant la remontée d'une averse prochaine.

Les crapauds jaspés* (crapaud panthérin, crapaud panthère d'Afrique, crapaud commun d'Afrique, amiethophrynus/bufo regularis, african toad, cf. photo ci-contre) ont aussitôt entonné leur assourdissant concert nocturne, un authentique vacarme sur toute la rive bangotine du marigot. Cette année, les batraciens sont très nombreux dans mon jardin: les moustiques et autres 'éphémères', qui ne pullulent pas encore, seront bientôt au menu... 

Ci-dessus: crapauds jaspés / Photo par Petra karstedt pour Tiermotive.de
* Ecouter: http://amphibiaweb.org/sounds/Bufo_regularis.wav


- Pluies, fleuve Sénégal, (quasi) exclusivement (loin) en amont:
2010 07 25: Matam, 0,4 mm
2010 07 26: Bakel, 13,2 mm / Matam, traces
2010 07 27: Bakel, 6,5 mm
2010 07 28: Bakel, 3,0 mm
2010 07 29: Matam, 0,5 mm / Podor, 0,1 mm
2010 07 31: Bakel, traces / Matam, 0,4 mm / Ranerou, traces / Linguere, 0,1 mm

mardi 27 juillet 2010

27, poum ! poum ! Et un phaco sur le dos du braco !!!

Tête de phaco... / Bango 2010 10 19, photo par Frédéric Bacuez

* Plaines alluviales du fleuve Sénégal, ripisylve de la digue n°2, vers Mboubeune -
MATIN-
Avec Marie, Johan et Dominique.

Nous progressions sur la digue en direction de la ripisylve ravagée par la 'coupe abusive', comme on dit dans les 'bureaux' jamais à court de bons mots, dans l'espoir tout de même d'y observer quelques engoulevents à longue queue, quand poum ! un coup de feu dans le silence de la plaine, puis moins d'une minute plus tard un deuxième coup de fusil retentirent du coté du pauvre bosquet d'acacias niloticas qui en voit de toutes les maltraitances. Au loin, dans le marais très herbeux qui borde la 'forêt galerie', de nombreux oiseaux s'élevaient dans le ciel, effrayés par le tonnerre des humains. La saison de chasse étant fermée, il s'agissait donc d'un braconnier. Qui ne demandait pas son reste, visiblement; car voilà que dans les jumelles on le vit dare dare traverser le marais déserté de ses oiseaux, un gros phaco sur les épaules, le fusil en bandoulière au bras gauche. Direction Mboubeune, en longeant le long bas-fond qui court derrière les casiers rizicoles... en friche. A l'évidence, dans cette singulière marge d'Islam le contact avec cette chair impie ne gêne pas trop... quand il s'agit d'en faire bénéfice. Et  le commerce du phacochère (phacochoerus africanus, common warthog) va bien, par les temps sans foi ni loi qui font florès (aussi) au Sénégal, et même de mieux en mieux. C'est au moins ça qui va, dans l'pays: Le bizness, mon frère...

27, peut-être une spatule blanche et un héron cendré du Banc d'Arguin mauritanien ?

* Avant la marche en plaine (cf. ci-après),
Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -
MATIN, 6h30-7h15-
6h30, c'est un bulbul des jardins (pycnonotus barbatus) qui ouvre le concert matinal des oiseaux, de son fameux "quick, quick, doctor, quick !"
De 6h45 à 7h05, 40- guêpiers de Perse (merops persicus), déjà en chasse au dessus du marigot, au ras des eaux + 2 choucadors à longue queue (lamprotornis caudatus), qui passent au travers de la joyeuse bande [>Lampsar 'doux']
1 grand cormoran à poitrine blanche (phalacrocorax lucidus) tente de gober un poisson en partie prisonnier dans les mailles d'un filet de pêche tendu entre les deux berges du marigot
2 dendrocygnes veufs (dendrocygna viduata) posés au bord de la baie de Lampsar-bolong de khaye, s'envolent quand un gros troupeau de bovins traverse pour gagner les herbages des mangroves / 1 hirondelle rustique (hirunda rustica) s'abreuve à l'entrée de ladite baie

* Plaines alluviales,
de part et d'autre des digues 1 et 2 et berges du fleuve Sénégal prêt à déborder -


8h-14h
Accompagnateur de Marie, Johan et Dominique.
A pied... avec bains de boues...
Temps: ciel assez couvert - quelques minuscules gouttes sur le jardin à 7h10, avant l'escapade-, chaud mais ventilé par les alizés marins.


OISEAUX / 50 espèces 'cochées', 1 sp. entendue
MAMMIFÈRES / 1 espèce 'cochée' + 1 espèce abattue et emportée par un braconnier (cf. notule ci-dessus)
REPTILES / 2 espèces vues

AUTRES / 2 espèces vues

Vu:

  • Cormoran africain (phalacrocorax africanus, long-tailed cormorant), quelques ind., dont 4 ind. sur arbrisseau immergé [digue n°2] et 1 ind. sur tamarix en marais [digue n°1] / 
  • Grand cormoran à poitrine blanche (phalacrocorax carbo ssp. lucidus, white-breasted cormorant), 1 ind. sur poteau de béton immergé [Lampsar 'doux'] / 
  • Pélican gris (pelecanus rufescens, pink-backed pelican), 1 ind. en vol au dessus du fleuve Sénégal / 
  • Héron cendré, en petits groupes de 5 à 8 ind. [au beau milieu de la plaine nue] + 1 possible ind. de la ssp. monicae, solitaire
  • Héron pourpré, quelques dont 1 ind. bien vu, surpris à l'envol / 
  • Crabier chevelu, dont 1 ind. bien observé, posé sur branche basse de tamarix avant envol / 
  • Aigrette (dimorphe) des récifs, plusieurs en vol, dont 2 ind. à proximité / 
  • Aigrette garzette, quelques ind., loin / 
  • Grande aigrette, dont 1 ind. bien observé sur haut d'arbre riverain d'un bolong / 
  • Héron gardeboeuf, en vol / 
  • Héron strié, quelques ind. à l'envol / 
  • Tantale ibis, 1 ind. immature en vol plané [au dessus du fleuve Sénégal], vu deux fois / 
  • Spatule ssp. non identifiée, 1 ind. platalea l. ssp. balsaci possible du Banc d'Arguin mauritanien [herbiers inondés du Lampsar 'doux', digue n°1], en compagnie de nombreux limicoles avant envol / 
  • Ibis falcinelle, 1 ind. [même site que la spatule, mais dans herbes plus hautes] / 
  • Dendrocygne veuf, partout mais en faibles effectifs, souvent par deux, au sol / 
  • Oie armée de Gambie, 1 ind. isolé [milieu de plaine alluviale] / 
  • Pygargue vocifère, 1 ad. en vol au loin [au dessus du fleuve Sénégal] / 
  • Talève sultane, 3 + 3 + 2 + 5 ind. avec un jacana, exceptionnellemt toutes à découvert, hors typhaies, en pature / 
  • Jacana à poitrine dorée*, 3+ ind. / 
  • Grue couronnée, 2 ind., entendues puis à l'envol, à distance lors de l'approche [plaine alluviale] / 
  • Echasse blanche, 5- ind. / 
  • Glaréole à collier, nombreuses, disséminées dans la plaine alluviale, souvent au sol avant envol / 
  • Vanneau éperonné, moins nombreux qu'en saison sèche / 
  • Vanneau (caronculé) du Sénégal, plus visible qu'en saison sèche, quelques, dont 2 ind. en survol criard [digue n°2] / 
  • Gravelot pâtre, le seul petit limicole présent pour le moment dans la plaine alluviale, plusieurs ind. / 
  • Courlis corlieu, 2 ind. [plaine alluviale] / 
  • Chevalier aboyeur, 1 ind. seulement / 
  • Chevalier culblanc, le plus abondant des limicoles en ces prémices des migrations postnuptiales du Paléarctique / 
  • Chevalier sylvain, 1 ind. [marais herbeux en eau, digue n°1] / 
  • Chevalier gambette, 1 ind. en vol [digue n°2] / 
  • Goéland railleur, 1+ ind. / 
  • Sterne hansel, le seul laridé en nombre, en plumage nuptial, dont 12+ ind. en survol des premiers débordements du fleuve Sénégal dans la plaine / 
  • Sterne caspienne, 1 ind. seulement [au dessus du fleuve Sénégal] / 
  • Pigeon roussard
  • Tourterelle pleureuse
  • Tourterelle masquée, un couple en vol / 
  • Tourterelle maillée (streptopelia senegalensis, laughing dove), 1 ind. au sol sur digue à l'approche du village / 
  • Coucal du Sénégal (centropus senegalensis, Senegal coucal), 2+ ind. / 
  • Engoulevent à longue queue (caprimulgus climacurus, long-tailed nightjar), 3 ind. en plaine alluviale [entre touffes de salicornes], mais aucun en ripisylve / 
  • Coliou huppé (à nuque bleue, 'oiseau-souris', urocolius macrourus, blue-naped mousebird), quelques, entendus plus que vus, 1 ind. bien vu [digue 2 boisée, vers les salvadoras] / 
  • Martin-pêcheur huppé (alcedo cristata, malachite ingfisher), plusieurs, très actifs / 
  • Alcyon pie (ceryle rudis, pied ingfisher), plusieurs, dont un couple sur arbre [surplomb de mare] / 
  • Guêpier nain (merops pusillus ssp. pusillus, little bee-eater), plusieurs duos, et 2 juvéniles bien observés, aucunement craintifs [digue n°1] / 
  • Guêpier de Perse (merops persicus, blue-cheeed bee-eater), quelques, dont 1 ind. bien observé / 
  • Cochevis huppé (galerida cristata ssp. senegallensis, crested lark), moins nombreux que d'habitude, dont 2 ind. se poursuivant sans relâche dans la plaine, parmi les glaréoles / 
  • Hirondelle rustique (hirundo rustica, barn swallow), 2 juvéniles estivantes, tournoyant au dessus des eaux du Lampsar 'doux' [devant la vanne] / 
  • Agrobate roux (cercotrichas galactotes ssp. minor, rufous scrub robin), 1 ind. [sous-bois de ripisylve, digue 2], la queue bien redressée / 
  • Prinia modeste (prinia subflava, tawny-flanked prinia), quelques et chants / 
  • Souïmanga à longue queue (cynniris pulchellus, beautiful sunbird), 1 mâle en plumage nuptial, en vol [digue 1] / 
  • Gonolek de Barbarie (laniarius barbarus, yellow-crowned gonolek), 1 ind. [bordures de tamarix de digue 1]
* Lire aussi la notule malienne de Thierry Helsens, en date du 30 juillet, sur le jacana et quelques oiseaux des marais africains: http://mali.blogs.liberation.fr/helsens/2010/07/jacana.html

AUTRES:
  • Lièvre des buissons (à oreilles de lapin, de Crawshay, lepus saxatilis, scrub hare), 1 ind. au pelage typique fauve jaune-orangé, qui s'obstine par trois fois à se lever et partir devant nous, le long d'un marigot du fleuve Sénégal
  • Phacochère commun (phacochoerus africanus, common warthog), 1 ind. tué et porté sur les épaules d'un braconnier, fusil en bandoulière (cf. notule ci-dessus)
  • Varan du Nil (varanus niloticus, Nile monitor), 1 ind. adulte (femelle ?), s'échappe sous un petit pont [digue 2] + 2 juvéniles sur un petit tertre herbeux [marais de digue n°1]
  • Agame des colons (alias 'margouillat', agama agama), 1 femelle grimpant le tronc d'un arbre [ripisylve de digue 2]
  • Périophtalme atlantique dit 'sauteur de vase', quelques juvéniles au pied de la digue n°2, au bord du marais, dont 1 ind. bien vu 'sautant' dans l'eau
  • Crabe de palétuvier, plusieurs ind., bien rouges et bleus, expulsant la vase de leurs terriers
Traces:
Empreintes de mangouste sp. [plaine alluviale] / Crottins blancs de chacal doré [plaine alluviale] / Crottes de patas et phacochères [digue 2 et ripisylve]
1 terrier de rongeur habité, en plaine nue
Squelettes de crabes et tas de poissons desséchés, en plaine alluviale nue

dimanche 25 juillet 2010

25, encore des vautours sud-nord, les premiers courlis nord-sud

* Bango et marigot de Lampsar -
Hautes eaux rougies par le limon, prêtes à déborder

 MATIN-
~8h30, concert de perruches à collier [vers la caserne], de choucadors à longue queue - qui semblent avoir élu domicile dans les grands arbres (nîîms et filaos) de la mosquée-, et d'1 choucador à oreillons bleus.
Plus tard, on entend 1 huppe fasciée [caserne], et un peu le coucou didric, partout.
Passant au dessus du marigot [Lampsar 'doux'>delta], seulement 3 goélands railleurs, quelques mouettes à tête grise et dendrocygnes veufs, 1 sterne hansel.
11h15, un gros vol de travailleurs à bec rouge - près de 1000 !- rase les arbres et la toiture de la maison, toutes les ailes réunies des petits granivores produisant au passage un bruissement de vent caractéristique [>Bango].

MIDI, 11h30-12h-
Encore 2 vautours/gyps africains, adultes, en vol S>N (cf. notule de 2010 07 12: '~45 gyps africains remontent vers les confins maures') cerclant par dessus le marigot et les mangroves de Thiolet
3 autres vautours, juvéniles, en file indienne au dessus de Bango, sur le même 'chemin' aérien [S>N] que  leurs congénères de l'autre jour (cf. notule)

Au dessus des eaux du marigot: quelques guêpiers de Perse, 1 hirondelle rustique, les martinets des maisons.
Augmentation du nombre d'alcyons pies: petits groupes d'adultes et immatures un peu partout au long du Lampsar.
Passage de 2 crabiers chevelus [>delta].
Dans le jardin: 1 tisserin gendarme, adulte mâle en livrée nuptiale, très concentré sur l'arrachage de fleurs jaunes dans un jatropha sp. / 1 moineau gris chante toute la journée.
A partir de 12h30, le varan du Nil, observé à trois reprises dans sa traversée de la baie de Lampsar-bolong de khaye [entre 'jardin' et blocs de palétuviers].
1 martin-pêcheur huppé vient se poser sur la grille de mon voisin, plonge dans l'eau, s'envole vers la digue pour revenir un peu plus tard et enjamber les grands eucalyptus de mon jardin pour pénétrer dans le quartier
1 second martin-pêcheur huppé traverse le marigot au ras de l'eau [Bango>mangroves].
Au loin au dessus des plaines alluviales, vers les rizières, vol tournoyant de ~300 pélicans blancs.
Passage: encore 2 goélands railleurs, 2 pigeons roussards [>delta].

SOIR-
A partir de 17h45, les guêpiers de Perse tournoient haut dans le ciel.
1 sterne hansel passe avec une prise dans le bec.
A partir de 19h, 1 bihoreau gris adulte tourne au dessus du marigot / 4 hérons pourprés ensemble remontent le Lampsar [>marais et typhaies de Lampsar 'doux'].
19h10, les 5 premiers courlis corlieu de la saison migratoire post-nuptiale ! [au dessus du quartier, silencieux, N>S en vol rapide].
19h30, encore un coucou didric, traversant en criant (évidemment...) le marigot [Bango>mangroves].
8 aigrettes (dimorphes) des récifs en vol groupé [Lampsar 'doux'>delta].
19h55, 6+ roussettes paillées, encore peu nombreuses...

2010 07 26:
MATIN-
2 vols de moineaux dorés.
Le coucou didric - ils sont au moins 3 dans la zone- est toujours aussi actif et chantant.
Sur la berge en hautes eaux: 1 grenouille occipitale se fraie un passage entre les sporobolus et l'eau.
~10h, 1 martin-chasseur strié chante en haut d'un prosopis à la lisière du quartier, entouré de moineaux dorés, à proximité d'1 moineau gris juché sur une branche d'un palmier.
Entendu: choucadors 2 sp., perruches à collier, barbion à front jaune.

2010 07 24:
SOIR-
1 coucou didric entame un 'dialogue' avec moi en survolant mes eucalyptus, s'y posant de temps à autre !!

2010 07 23:
APREM', ~16h-
1 tantale ibis plane contre les alizés au dessus du quartier, en compagnie des milans parasites à bec jaune, 1 corbeau pie + les habituels martinets des maisons.

jeudi 22 juillet 2010

21-22, le limon est entré dans le marigot

L'an passé à Bango: le limon n'avait envahi le marigot de Lampsar que début août !
/ 2009 08 6, photo par Frédéric Bacuez

* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre>limoneux -


Le 21 juillet, le limon charrié de l'amont du fleuve Sénégal atteint le delta et s'étend dans la passe de Thiolet, sans pénétrer dans le Lampsar.
Le 22 juillet, poussé par la marée, le limon est entré dans le marigot; à 10h30 du matin, seules les eaux de la baie de Lampsar-bolong de khaye et des environs immédiats des deux premiers blocs de palétuviers proches gardent leurs couleurs verdâtres (cf. photo ci-dessus).

Pluies, exclusivement à l'amont du fleuve et dans la partie sud-est du Ferlo:
2010 07 19:
Fleuve, d'est en ouest: Bakel, traces / Matam, 29,3 mm
Ferlo, du sud au nord: Ranerou, 48,0 mm / Linguere, 45,0 mm
2010 07 20:
Fleuve, d'est en ouest: Bakel, 16,8 mm / Matam, 0,2 mm
Intérieur,  Ferlo et Diambour, du sud au nord: Ranerou, 10,5 mm / Linguere, 21,8 mm / Louga, traces

lundi 19 juillet 2010

Aparté: Giraudeau, connaît pas; Loti, ne reconnaît plus...


* Ndar / Saint-Louis-du-Sénégal -



Deux apartés:
- Le cancer a finalement emporté l'acteur et cinéaste Bernard Giraudeau, samedi aux aurores. Dans les films ayant Saint-Louis comme décor, qui se comptent sur les doigts d'une main, l'artiste français avait, ici, situé et - en partie - réalisé  une oeuvre remarquée, Les caprices d'un fleuve (1996). Dans le parc national de la Langue de Barbarie, les restes d'un pan de mur élevé pour le tournage perdurent, en surplomb du fleuve dans les vents de sable: on lui a même donné le nom de Fort Giraudoux (sic, cf. carte du PNLB - toujours ces trucs flagorneurs à la fois pompeux et rustiques si chers au Sénégal !) ! Eh bien, voilà une disparition dont tout le monde se fiche, ici: de la part des Sénégalais, cela ne me gène pas (je n'ai strictement aucune illusion sur l'universalité post-senghorienne de mes hôtes), mais le silence assourdissant des toubabs locaux, si prompts à s'amouracher d'un champ de ruines et de leur prétendue spiritualité mystique, c'est... en fin de compte guère plus étonnant: que dire en effet de sensé quand la cité délabrée est appelée, sans rire, 'Venise du désert' et que sa plage informe et dégueulasse devient "célèbre" on ne sait par quelle magie divine, comme s'il s'agissait, y compris culturellement, d'Ipanema ou Copacobana ?!

- Je vois sur le site web de la Mairie (http://www.villedesaintlouis.com/) que la rue Pierre Loti a été débaptisée pour honorer, désormais, l'illustre nom probablement sanctifié d'un honnête homme qui doit bien le mériter, je suis prêt à en convenir, mais dont je ne trouve trace dans aucun document accessible; sans doute une référence pour initiés.  Il est bien dommage cependant de jeter aux oubliettes de l'Histoire le nom d'un écrivain, même étranger, certes connoté 'orientaliste et colonial', qui a séjourné dans une cité dont certains ne cessent de fantasmer sa multiplicité culturelle et son mille-feuilles historique ? Les temps sont, il est vrai, à la morale et autres puretés qui cachent bien de pervers desseins. Mais dans ce néant culturel qu'est la ville de Ndar, on peut regretter l'effacement des traces d'un passage d'abord littéraire (Le roman d'un spahi, 1881) dont les évocations et descriptions d'une cité et de sa région n'ont, pour l'heure, aucun égal. Pour le reste, la loupe 'vigilante' de ce siècle inculte - et, pire, fier de l'être - sur les dires et  regards des Hommes de jadis, des Hommes de leur temps, me laissent bien pensif, et tout sourire. J'ose encore croire que le jugement des rescapés de notre époque apocalyptique sur mes contemporains parangons de vertu sera autrement plus définitif .

" Cet isolement de la mer est pour ce pays une grande cause de stagnation et de tristesse; Saint-Louis ne peut servir de point de relâche aux paquebots  ni aux navires marchands qui descendent dans l'autre hémisphère. On y vient quand on est forcé d'y venir; mais jamais personne n'y passe, et il semble qu'on s'y sente prisonnier, et absolument séparé du reste du monde. " (Le roman d'un spahi, page 47)
C'était en 1880... Déjà...

Mais pour ce blog, je signale que les descriptions naturalistes chez le Loti saint-louisien sont du meilleur goût, et peu erronées - ce qui était rare, à l'époque, ce qui l'est toujours d'ailleurs chez les écrivains 'tropicalistes' lorsqu'ils s'aventurent à décrire flore et faune du cru. Il est vrai qu'on attend toujours avec grande impatience des évocations sénégalaises (et africaines) de dame nature aussi dignes des Bosco, Giono, Genevoix, ou Sepulveda, ou des Japonais, ou des Caribéens -je le dis au cas où on 'bien' penserait en m'accusant de faire de la discrimination épidermique - pouah...... Hélas pour cette partie du continent absolument déconnectée de son environnement... Une question: a-t-on vu civilisation s'épanouir sans rien connaître de son environnement ?  Même pour identifier la toponymie du delta sénégalais il faudrait embaucher les plus fins limiers de la CIA ? Quant aux noms (en wolof, par exemple), des insectes, des plantes, des fleurs, des oiseaux, on reste sans voix devant tant d'obscurités. Comment est-ce possible de vivre sans terroir, juste en des lieux sur lesquels on prélève "jusqu'à fatigué" comme on dit 'ailleurs' ? Quelle tristesse...

Sur le début de la mousson - juin, en ce temps-là...:

" C'était bien un printemps - mais un printemps de là-bas, rapide, enfiévré, avec des odeurs énervantes, des lourdeurs d'orage.
C'était le retour des papillons, des oiseaux, de la vie; les colibris* avaient quitté leur robe grise pour reprendre leurs couleurs éclatantes de l'été.  Tout verdissait comme par enchantement; un peu d'ombre tiède et molle descendait maintenant des arbres feuillus sur le sol humide; les mimosas, fleuris à profusion, ressemblaient à d'énormes bouquets, à de grosses houppes roses ou orangées, dans lesquelles les colibris chantaient de toute petite voix douce, pareille à la voix des hirondelles qui jaseraient en sourdine; les lourds baobabs eux-mêmes avaient revêtu pour quelques jours un frais feuillage, d'un vert pâle et tendre... Dans la campagne, le sol s'était couvert de fleurs singulières, de graminées folles, de daturas aux larges calices odorants; et les ondées qui tombaient sur tout cela étaient chaudes et parfumées et, le soir, sur les hauts herbages nés de la veille dansaient en rond les lucioles éphémères, semblables à des étincelles de phosphore...
Et la nature s'était tant hâtée d'enfanter tout cela, qu'en huit jours elle avait tout donné. " (Le roman d'un spahi, pages 106-107)

* Il s'agit en fait de souïmangas, un genre africain de colibri (sud-américain)
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mercredi 14 juillet 2010

13-14, après l'averse, le concert des oiseaux


* Bango. Fleuve et nord du Sénégal -

"Enfin je m'en avise: il n'est pas de plus beau temps que l'orage"
- Ludwig Hohl, in 'Notes ou de la réconciliation non-prématurée', p. 239 / L'Âge d'Homme, Lausanne, 1989

Le 13 juillet au plus doux de la nuit (3h35 - 4h~), précédée d'un bref souffle de vent, une courte averse s'abat sur Bango et le delta sous les électriques luminescences d'un ciel en orage sans roulements de tambours... Toute la journée, quelques bruines gardent le gris au couvert. Le 14 juillet, avant que la France bafouée martyrisée ne disserte pendant quarante huit heures sur les gri-gri pluviométriques emportés dans leurs suites par une dizaine de satrapes françafricains et qui (n')ont donné au tout bitume parisien (que) 44 mm d'eau en 3 heures, notre chape de plomb à nous a tôt fait de faire oublier la pluie: on vit dans l'instant, aujourd'hui c'est ciel bleu agressif, piqueté de cumulus bas, moiteur et chaleur... Avec, ce matin,  juste une éclaircie électrique pour que  l'aquarium cathodique nous étourdisse  le temps d'un défilé lointain; et que s'émerveillent les masses du Cinquantenaire devant leurs syndiqués indépendants sous parapluie tricolore; après, juste après, couic ! retour au néant sidéral des immémoriaux temps ancestraux... Les Maîtres auront une pensée pour nous, très vite, depuis Genève. Les grandes vacances européennes de nos héros tropicaux commencent.

Ci-contre: le couvert est mis... Ciel de mousson sur le Lampsar / Photo par Frédéric Bacuez

- Fleuve Sénégal, du delta vers l'amont:
Saint-Louis, 9,7 mm / Bango, 11,9 mm (en 25 minutes...) / Podor, 51,1 mm / Matam, 58,8 mm (traces le 16 juillet) / Bakel, 144,8 mm, oui oui, 144,8 mm (et encore 28,0 mm le 16 juillet) !!!! Alors, Paris et son orage sur les 'honnêtes hommes', ma foi...
- Intérieur et Ferlo, d'ouest en est:
Louga, 3,8 mm / Linguere, 23,2 mm / Ranerou, 72,4 mm (+ 0,6 mm le 16 juillet)

2010 07 13, après l'averse:
MATIN-
Impressionnant concert aviaire matinal ! Dont:
Huppe fasciée / Perruches à collier / Souïmangas sp. / Coliou huppé / Pic goertan / Coucal du Sénégal / Barbion à front jaune / Barbican de Vieillot / Coucou didric
Entendu puis vu par deux fois dans le jardin: 1 camaroptère à dos gris, occupé à dénicher des petits papillons de nuit

SOIR-
18h45, 200- flamants nains tournent à basse altitude autour du delta avant de remonter le fleuve Sénégal; revus à 19h50 !
19h, 1 balbuzard pêcheur, immature estivant, arrive du Lampsar 'doux', gagne la passe de Thiolet avant de survoler les eaux au devant du bolong de Dakhar-Bango
2 choucadors à longue queue [digue>mangroves]
Au crépuscule, 2 faucons chicquera passent en criant au dessus du jardin [>arbres de la caserne]
Passage: toujours les hérons pourprés, 5 bihoreaux gris immatures, quelques aigrettes (dimorphes) des récifs - dont un vol de 8 ensemble [>delta]-, 1 grande aigrette, 1 aigrette garzette, quelques dendrocygnes veufs
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lundi 12 juillet 2010

12, deux phacos (é)perdus au pied de 'mon' mur !


* Bango. Marigot du Djeuss, coté saumâtre, et caserne -
MIDI-

A peine le dernier vautour disparu à la suite de ses congénères dans les lointains du Lampsar et du Djeuss (cf. notule suivante), deux Phacochères communs (Phacochoerus africanus, Common Warthog) hystériques sortis de je ne sais où sont bloqués dans l'impasse verte de 'ma plage', le groin et les sabots heurtés contre mon mur blanc ! Mince ! Ma chienne aboie, mon fiston rapplique, et nous voilà pendant quelques secondes au zoo de Vincennes, à regarder les pauvres bêtes comme dans la fosse, effarées. Les voici qu'elles - à première vue deux femelles, une mère et sa jeunette - se jettent à l'eau, contournent la grille du voisin (cf. photo ci-contre) et tentent de nager vers la digue où des gamins sur les pirogues les en dissuadent; les pauvres hères se hissent dans la cour de Robert le belge et replongent aussitôt à l'eau, poursuivies par une meute d'humains. Le plus vieux des animaux a compris, pour se libérer de l'hallali qui s'annonce, qu'il ne lui reste plus que la traversée du marigot pour rejoindre les mangroves salvatrices de la rive nord: ce qu'il fait bien, le mufle bien redressé hors de l'eau, avant de se faufiler entre les deux premiers blocs de palétuviers. 
Entre-temps, ma maisonnée est sortie sur la berge, pour mieux voir les phacos' dans leur fuite. Le second animal, plus jeune, ne suit pas son aînée dans la grande traversée du plan d'eau; il veut revenir par notre bout de berge verte sans même contourner le grillage immergé; il se débat dans les barbelés mais réussit à  traverser l'obstacle; je remonte dare dare derrière mon parapet comme s'il s'agissait d'une corrida d'Arles; mais mon chien aboie et avance vers le cochon qui n'hésite pas et charge: course poursuite autour d'une barrique dans les herbes vertes (cf. photo), ma chienne la queue entre les pattes... Camara, le gardien casamançais de Robert, sort du 'château' armé d'une planche et d'un coupe coupe, prêt à faire la fête au porcin; j'entends le Flamand, du haut de ses tourelles, qui hurle: "c'est bon, ça, c'est bon !"; juste le temps pour moi de crier d'épargner la pauvre bête qu'elle pousse dans l'eau tout son monde et un vieux pêcheur indifférent pour rentrer dans le quartier par une venelle d'accès au rivage. Mon fils la suit tandis que des ruelles proches montent des cris comme à Pampelune. Le phaco' rentre dans la caserne comme à l'abattoir, s'y fait illico matraqué à grands coups de fers. Et aussitôt conduit vers les cuisines (cf. photos ci-après).

Nota:
si les Phacochères étaient nombreux à l'abreuvoir sur les vasières de la rive nord du Djeuss, il y a encore une vingtaine d'années, et familiers de la forêt d'acacias qui enserre la caserne de Bango au seuil de l'Indépendance (dixit l'ami Haïdara), leur fréquentation des confins bangotins s'apparente plus de nos jours à des intrusions accidentelles ou désespérées pour rejoindre de nouveaux territoires. Le 'fraudeur' Seyni me dit qu'il en voit de temps à autre traverser à la nage le marigot, des mangroves de Thiolet aux berges voisines de la... caserne. L'an passé, Seyni et un autre contrebandier dans leur pirogue revenant des rivages maures en ont ainsi attrapé deux d'un coup, frappés à même l'eau tandis que les bêtes nageaient, éperonnés au crane et extirpés hors du Lampsar à grands coups d'une sorte de harpon. Seyni dit en riant: "j'ai été obligé de lancer le moteur pour pouvoir les rattraper, ils nagent vite !". Seyni, musulman comme tous ou presque les habitants du bled me dit qu'il les a vendus. Il n'y a pas de diabolique profit.


Ci-contre, de g. à d.: 
2010 07 12, un phaco' vient de se faire tuer dans l'enceinte de la caserne de Bango: "photos interdites !" / © Photos au téléphone portable par S. B. O. 


Ci-dessous: 
Phacochères à l'eau, avec Ouettes d'Egypte et Pélican blanc; 
parc national du Djoudj (PNOD), 2009 11 / Courtesy © photo par Eddy Graëff pour Saintlouisdusenegal.com et Ornithondar

12, ~45 gyps africains remontent vers les confins maures


* Par dessus Bango -

MIDI, 11h50-12h-
~45 gyps/vautours africains (gyps africanus, african white-backed vulture), adultes et juvéniles en une impressionnante colonne désordonnée et étirée sur une dizaine de minutes, remontent du sud vers le nord en relative altitude, sans grands efforts, aidés par les aspirateurs thermiques d'une journée chaude, moite, cristalline. Avec l'installation de la mousson, et la force des premières pluies, l'herbe pousse vite et remet d'aplomb le bétail domestique... Moins de carcasses à nettoyer dans les savanes soudano-guinéennes, dès lors, les charognards gagnent les confins sénégalo-mauritaniens où des boeufs, encore décharnés, sont susceptibles de trépasser avant le reverdissement du Sahel !

12, la tête d'un jeune python fraîchement décapité


* Bango. Lampsar, coté 'eau douce' -



Avant midi, on m'apporte bien enveloppée dans un vieux fichu, la tête tranchée d'un jeune python de Sebae (python sebae ssp. sebae), piégé aux aurores dans les filets sans échappatoire du Lampsar en eau douce. Encore un de ces nobles serpents mort pour le gain de quelques billets cfa... Au rythme du massacre, il n'y aura bientôt plus de boïdé sur le Lampsar, pour sûr: tôt ou tard un vague souvenir, comme pour tant d'autres vies naturelles en tant de lieux du nord sénégalais...

Ci-contre: 2010 07 12, tête de python guillotiné / Photo par Sidiki (tél. portable)


Voir aussi mes notules précédentes dont:
'Et encore un python de moins, un !', http://ornithondar.blogspot.com/2010/05/31-et-encore-un-python-de-moins-un.html

10-13, encore des flamants; et plein d'autres oiseaux !


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -

vendredi 9 juillet 2010

9, nuit à verse sur le nord du Sénégal


* Nord du Sénégal. Delta, fleuve Sénégal, Ferlo -


Hier soir, les amas verticaux qui escaladaient le ciel loin au sud avaient pris du relief coloré au couchant; j'avais deviné qu'il pleuvrait dans la nuit. Au delà de mes espérances car dans la nuit, presque toute la nuit, une longue et puissante averse est en effet tombée sur Saint-Louis et Bango (de 2h10 à ~6h15), le delta et tout le Sahel sénégalais. Encore une fois, la mousson ne fait pas (plus) dans la demi-mesure: après avoir inondé, dévasté et tué du Ghana au Liberia en juin, 'l'hivernage' semble, cette année encore, décupler sa puissance sur l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest; même sur nos confins présahariens, dans le delta du fleuve Sénégal, l'une des régions les moins arrosées des latitudes soudano-sahéliennes, la chaleur et l'humidité, les bourrasques et l'intensité pluvieuse semblent sans nuances: après sa troisième pluie - dont deux grosses averses !- d'une saison à peine commencée, Saint-Louis pulvérise ses records pluviométriques: au 9 juillet, 91,3 mm contre ses 9,3 mm habituels, soit +982% par rapport à sa moyenne normale !!! Dans la nature lessivée, les arbres ont été complètement délestés de leur poussière, les feuilles des palétuviers du Lampsar, lustrées !

Ci-contre: première grande pluie de mousson à Tewaka, Burkina Faso / 1993 06 7, photo Frédéric Bacuez, DR

- Fleuve Sénégal, du delta vers l'amont:
Saint-Louis, 63,4 mm / Bango, 42,2 mm / Podor, 49,0 mm / Matam, 6,0 mm / Bakel, 18,0 mm
- Intérieur et Ferlo:
Louga, 46,9 mm / Linguere, 91,3 mm (maximum sénégalais du jour) / Ranerou, 52,5 mm

Nota 1: Dakar, 53,2 mm; toutes les stations du pays ont enregistré des chutes d'eau, en particulier dans le nord sahélien et dans le Sine Saloum.
Nota 2: toujours les bizarreries sénégalaises: pas de coupure électrique sous le sceau d'eau nocturne - en tout cas pas à Bango, enfin je crois; j'ai tout de même un peu dormi malgré mon inlassable plaisir puéril à regarder et écouter toutes les pluies d'Afrique. Je dis cela car on atteint désormais des records de délestage, depuis quelques semaines, dans ce pays à-vau-l'eau, tout particulièrement quand il n'y a pas la lumière d'un orage à l'horizon... Et ça dure, ça dure... Autrement plus durable que la bougie made in China quand nos électriciens au pif au mètre nous plongent parfois dans la nuit noire, nous incitant à de profondes réflexions sur le souhait d'illuminé(s) d'arrimer définitivement notre 'pirogue' (Sunugal) à la poupe des "Grands" qui font la pluie et le beau temps du monde...  Pendant ce temps-là, d'ailleurs, l'innombrable plèbe des agglomérats du petit pays perd patience - momentanément car les furia ne sont qu'éruptions spectaculaires sans lendemains , elle manifeste, comme chaque 'été', brûle des pneus et casse les agences Sénélec; à Dakar, à tous les coups; à Thiès; sur la petite Côte. Dans le nord, les marabouts ensorcellent bien leurs ouailles, on y est donc fatalistes...

Lire aussi: http://mali.blogs.liberation.fr/helsens/2010/07/le-grand-nettoyage.html
Et sur  'notre' mousson: http://www.futura-sciences.com/fr/doc/t/climatologie/d/quest-ce-que-la-mousson-africaine_590/c3/221/p1/


Ci-dessus: bitte d'amarrage sur les rives du Lampsar, au couchant / Photo par Frédéric Bacuez, DR

MATIN-
Bien après la pluie, les crapauds jaspés continuent de coasser à tue-tête, encore à 9h dans la matinée !
1 camaroptère à dos gris (camaroptera brachyura, grey-backed camaroptera - c'est un peu notre troglodyte mignon à nous !) se faufile dans les buissons de bougainvillées, en chantant aussi à gorge déployée
Toute la journée, allers et venues dans le ciel bangotin du coucou didric (chrysococcyx caprius, didric cuckoo), plein chant, tandis que les tisserins gendarmes (ploceus cucullatus, village weaver) continuent de pousser leurs crécelles rapeuses dans les arbres du jardin
NUIT du 9 au 10-
Une quinzaine de crapauds jaspés en goguette, partout dans le jardin; l'un d'eux s'est positionné sur le muret qui ceint le flamboyant et le palmier, et gobe tout ce qui passe; des limaces très sombres tracent leurs cheminements baveux sur les murs et le sable de la cour.
Toute la nuit, vacarme assourdissant des crapauds jaspés tout au long de la berge sud du marigot, en particulier vers les confins de la caserne
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9, aparté: 'Il a plu'; notules 'd'hivernage'


* Yémen / Sénégal -



" Il a plu toute la nuit
J'ai pensé à toi sous la fulgurance sulfureuse des ténèbres
La mer bavait sur les brisants des tuiles vertes,
la mer meuglante
Sous le tonnerre et la tornade,
nous gémissions sous l'Ange de la Mort
D'une longue plainte et si douce "


- Léopold Sédar Senghor, 'Lettres d'hivernage' (1973)


Ci-contre: 'La trajectoire de Léopold Sédar Senghor: du terroir à l'universel',
par Baïdy Dioum, préface de Pascal Bacuez * (université de Sanaa, Yémen), postface de Mwamba Cabakulu (université Gaston Berger de Saint-Louis-du-Sénégal),
éditions de L'Harmattan, Paris-Dakar 2010 07 5



* Lire aussi la notule de mon frère Pascal à:
http://swahili-tanzania.over-blog.com/article-leopold-sedar-senghor-52586560.html
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jeudi 8 juillet 2010

8, 200 flamants nains tournoient sur le delta


* Bango. Entre la passe de Thiolet et l'Île aux Bois -
SOIR-
18h15-18h35, vingt minutes durant, près de 200 flamants nains (phoeniconaias minor, lesser flamingo), d'abord en trois groupes puis en un seul vol compact, tournent à basse altitude au dessus du delta du fleuve Sénégal, depuis le débouché du Lampsar, entre la passe de Thiolet et la pointe sud de l'Île aux Bois, avant de disparaître du coté mauritanien, au delà des cases de Thiong.

Ci-dessous: vol de 80 flamants nains remontant le fleuve Sénégal, devant l'Île aux Bois
/ 2010 02, courtesy photo François Marmeys pour Ornithondar, DR


Egalement: un vol de 25+ limicoles sp. (waders sp.) non identifiés (trop loin) en déplacement N>S par dessus la pointe et la passe de Thiolet / Un autre vol crépusculaire au ras de l'eau du marigot [>delta] de ~15 limicoles sp. non identifiés - pris par surprise !
Toujours: nombreux passages crépusculaires [E>O] de hérons pourprés (ardea purpurea, purple heron), surtout, ainsi que de grandes aigrettes, quelques aigrettes des récifs, hérons gardeboeufs, crabiers chevelus; et les alcyons pies, bien entendu...
Quelques dendrocygnes veufs, seuls, par deux ou en très petits groupes [E>O]
Insolite: aucun guêpier, ce soir !!! Mais un probable cratérope brun (turdoides sp., babbler sp.) en déplacement au dessus du marigot, vers la caserne [E>O]; et une roussette paillée (eidolon helvum, straw-coloured fruit bat) bien avant les ultimes lueurs du jour [SO>NE]

lundi 5 juillet 2010

4-5, 32 hérons pourprés à l'envol du soir


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -
SOIR et CRÉPUSCULE, 18h05-20h15-
A la passée du soir, presque toujours dans le sens amont du Lampsar-delta du fleuve Sénégal:
Prédominance du héron pourpré (ardea purpurea) et du cormoran africain (phalacrocorax africanus)

- Héron pourpré:

20+ entre 19h45 et 20h15 le 2010 07 4
32 entre 18h20 -passage du premier héron-  et 20h10 le 2010 07 5
Décompte: 1 (18h20) + 1 + 1 (18h45) + 1 + 1 + 1 + 1 (19h20) + 1 + 1 + 2 + 1 + 1 + 2 (19h40) + 1 + 2 + 1 + 1 + 2 + 2 (19h50) + 3 + 1 + 1 (20h) + 2 + 1 - le seul dans une direction O>SE (20h10)
- Cormoran africain:

Outre de nombreux ind. seuls, 24 avec sternes hansel + groupes non comptés + 46 avec quelques crabiers chevelus + 13


Grand cormoran à poitrine blanche, 1 brièvement nage à 18h20 [dans la baie de Lampsar-bolong de Khaye], 1 + 1 en vol au ras de l'eau à 18h40 [<]  / Bihoreau gris, 1 à 20h, puis 1 quelques minutes plus tard [Lampsar 'doux'>mangroves de Lampsar 'saumâtre'] / Héron cendré, 1 le 2010 07 4 au crépuscule [<] / Crabier chevelu, quelques, dont 2 ensemble [<] / Talève sultane, 1 + 1 à l'envol crépusculaire le 2010 07 4 [mangroves et herbiers>typhaies de Lampsar 'eau douce'] / Tantale ibis, 2 en vol rasant les mangroves le 2010 07 4 au soir [<] / Grande aigrette, nombreuses, souvent en petits groupes de 2, 3 ou 4 à 5 dont 5 avec 1 aigrette des récifs [<] / Aigrette des récifs, 2 [<] / Aigrette ardoisée (dit 'héron noir'), un vol de 8 ind. le 2010 07 4 (~20h) au dessus des palétuviers [<], première observation sur le marigot / Héron gardeboeuf, essentiellement en solitaires / Dendrocygne veuf, de 1 ind. à un vol de 10 ind. au dessus de la maison le 2010 07 4 et un autre vol de 10 le 2010 07 5 [<] + 2 +  3 en ligne + un vol de 10 descendant le fleuve Sénégal à 19h20 [N>S] + 1 + 9 [<]  / Mouette à tête grise, les seuls oiseaux à voler dans les deux sens du Lampsar [<>] / Guifette noire, estivantes en petits groupes [<] dont 5 puis 3 le 2010 07 4 aux dernières lueurs + 6 à haute altitude le 2010 07 5 (18h40) + 5 + 9 au ras de l'eau (19h55) [<], et un important vol avec quelques virevoltes au loin sur le fleuve Sénégal [N>S] / Echasse blanche, 3 au dessus du fleuve Sénégal [N>S] et 1 + 2 [Lampsar 'doux'>delta] / Sterne hansel, quelques, parfois avec cormorans africains, + 2 + 4 + 7 / Pigeon roussard, petits groupes [<] / Guêpier de Perse, dispersés, se rassemblent au dessus du quartier à partir de 18h40 / Buphage piqueboeuf à bec jaune, 2 arrivent des plaines alluviales tandis que les bovins par la digue des deux Lampsar sont de retour dans le village /
En stationnement sur le Lampsar 'saumâtre': juste 1 héron cendré, rejoint par 1 autre à 19h20 [typhaies du Lampsar 'doux'>mangroves de Lampsar 'saumâtre'] / 1 grande aigrette / 1 crabier chevelu [mangroves]
A 19h05, 1 hirondelle rustique, juvénile estivante vient boire au marigot / A 19h20, 1 splendide martinet noir en estivage (de belle taille, mais pour une fois à basse altitude !) chasse les insectes avec 4 guêpiers de Perse, contre le vent, juste au dessus de moi / Entendu et vu 1 oedicnème du Sénégal en vol au dessus du marigot [baie>digue]
3 choucadors à longue queue passent au dessus du jardin [>caserne]
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