" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

mardi 30 novembre 2010

29-30, Biagio le circaète d'Italie (Part.4), vers les Six Forages


* Nord du Sénégal, Sahel. Réserve sylvo-pastorale des Six Forages -

Migrations des rapaces - Progetto Biancone / Projet Circaète (Ugo Mellone pour le Parc naturel Gallipoli-Cognato, Italie, avec l'Observatoire de la Faune de la Région de Basilicate, Italie, et l'Université d'Alicante, Espagne), Partie sahélienne-Episode 4.

Biagio, notre circaète Jean-Le-Blanc (circaetus gallicus, short-toed eagle, culubrera europa, biancone) venu d'Italie avec son GPS sur le dos vagabonde dans le Sahel sénégalais. Ugo Mellone, en charge du suivi de Biagio, m'écrit : "unfortunally Biagio is always moving !" En effet, s'éloignant peu à peu vers l'est, notre circaète ne s'est pas attardé dans la (virtuelle) réserve sylvo-pastorale de Mpal-Merinaghene (cf. notule de 2010 11 26, 'Biagio, un circaète d'Italie dans le Ndiambour', Episode 3). En franchissant la vallée fossile du Ferlo tout au sud du lac de Guier, le rapace est entré dans les immensités steppiques du koya, intégralement dédiées depuis des lustres à l'élevage extensif des bovins. C'est le pays des éleveurs peuhls, aux arbres chétifs, épars, au-dessus d'un couvert herbeux très aléatoire, dépendant de la bonne ou de la mauvaise pluviométrie de la mousson: cette année, le tapis herbacé est excellent, exceptionnellement riche. Ce 30 novembre au soir, Biagio stationne dans la réserve sylvo-pastorale des Six Forages*: 16.05133°N -14.69917°E, à 200 km à vol d'oiseau à l'est de Saint-Louis; au nord-ouest de l'important abreuvoir de Téssékré (particulièrement visible sur Google Earth, avec ses multiples sentes bovines qui convergent vers l'immense cercle dénudé, piétiné par les milliers de zébus et autres taurins quotidiens !); au sud-est aussi de l'ancienne station biologique de Fété-Olé* (20 km au sud du forage de Takti, cf. ci-après).

A la fin des années 60' du siècle passé (juillet 1969 - février 1972), la station biologique de Fété-Olé (dépendant de la station ornithologique de Richard-Toll, sous la houlette de l'ornithologue G. Morel, de l'ex ORSTOM, actuel IRD) a mené dans la réserve sylvo-pastorale des Six Forages un inventaire de sa biodiversité *. Outre 108 espèces d'oiseaux, les biologistes y avaient recensé 34 espèces de mammifères sauvages, essentiellement des rongeurs - et 5 espèces domestiques -, 19 espèces de termites, 5 espèces d'amphibiens, et 13 espèces de reptiles: 3 de lézards, 2 de tortues, et seulement 3 de serpents dont la fréquente couleuvre sifflante des sables (psammophis sibilans, cf. photo ci-dessous à droite) ! Une biodiversité pas très riche, à la vérité, due à un environnement difficile et 'alimentairement' pauvre.

Lire: 'Recherches écologiques sur une savane sahélienne du Ferlo septentrional, Sénégal', par G. & M.Y. Morel: http://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/doc34-07/21554.pdf

Ci-dessous: à g., Biagio, dans la réserve sylvo-pastorale des Six Forages - à d., une couleuvre sifflante traverse la piste, région du lac de Guier / 2009 04, photo par Gérard Bacuez



Nota: la couleuvre sifflante (psammophis sibilans, 1,50 m de long en général, cf. photo ci-dessus à d.) est, avec le rare psammophis sudanensis et le commun psammophis elegans (cf. notule de 2010 10 29, 'Un psammophis elegans de 2 m dans la cour !'), l'un des quatre psammophis ('couleuvres des sables') du Sahel sénégalais. Plus inféodée que ses parentes aux zones les plus sèches de la steppe arbustive, la couleuvre sifflante est la proie favorite du varan des savanes (varanus exanthematicus) et des trois espèces de circaètes que l'on peut rencontrer dans la région: le circaète brun (circaetus cinereus), le circaète de Beaudouin (circaetus beaudouini), tous deux résidents afrotropicaux, et notre hivernant le circaète Jean-Le-Blanc. Colubridé très actif le jour, souvent rencontré, c'est aussi un serpent* difficile à attraper: dotée d'une vue excellente, cette couleuvre vindicative mord facilement, mais son venin n'est pas dangereux pour l'Homme. Biagio n'en a cure, c'est un spécialiste pour capturer la sibilans, et c'est lui qui siffle, à tous les coups !

* Lire aussi: 'La population de serpents décline rapidement à l'échelle mondiale',
http://www.goodplanet.info/Contenu/Depeche/La-population-de-serpents-decline-rapidement-a-l-echelle-mondiale/(theme)/298

30, la rosée, et un tout tout petit air nordique


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -



Ci-dessus: 2010 11 30 après la rosée du matin, pêcheurs sur le Lampsar saumâtre / Photo par Frédéric Bacuez

MATIN-
Nous y voilà: le roulis fracassant de l'Atlantique s'entend jusqu'à Bango - six  kilomètres à vol d'oiseau des dunes côtières ! Il charrie aussi un petit air nordique, un tout petit air marin, de ciel bleu profond, d'ombres et de lumières tranchées, d'humidités salines, de premiers alizés encore frileux. Et une forte rosée, ce matin. Le froid européen et la pluie marocaine - 178 mm entre le 29 et le 30 novembre sur Casablanca *1 !- ne franchiront pas le Sahara, évidemment, nous n'en gardons que l'esprit, hi hi... Il n'en reste pas moins que notre hiver tropicalisé devient de plus en plus très tropicalisé, en effet: les nuits s'adoucissent, certes, mais la chaleur humide fait toujours de la résistance, entre midi et seize heures: quand on sait que les températures ont pulvérisé les +15°... au Groenland *2, ces jours-ci, on comprend mieux pourquoi notre Sahel continue de bouillir, toujours plus chaud *3 !
Avec les virevoltes d'Eole, c'est aussi la salinisation du bas delta du fleuve Sénégal qui a commencé: du coup, les poissons d'eau douce libérés par les ouvertures du barrage de Diama et les vannes des petits ouvrages comme celui de la digue bangotine sur le Lampsar, meurent en grand nombre au milieu des plastiques du jour (cf. photos ci-dessous)... tandis qu'à quelques mètres du rivage, des milliers de petits poissons résistants à l'eau saumâtre, eux, vont prospérer; enfin, ceux qui échapperont aux razzias humaines.

*1 Au moins 28 morts. Voir les spectaculaires vidéos des inondations:
*2 Et un automne anormalement chaud sur l'est de la Méditerranée et le Proche-Orient: 30° sur le château d'eau libanais, à sec, dont les feux de forêts n'ont pas droit au battage médiatique qu'a connu l'incendie du parc national israélien du Mont Carmel.
*3 L'organisation météorologique mondiale est formelle: 2010 sera l'année la plus chaude depuis les premiers relevés de 1850; l'Afrique, l'Asie et une partie de l'Arctique sont les plus touchés par l'inexorable ébullition.
 
Ci-dessous: 2010 11 30 en fin d'après-midi, poissons morts sur la berge bangotine du Lampsar / Photos par Frédéric Bacuez

 
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dimanche 28 novembre 2010

11 et 28, scandaleux ! Le dispensaire jette ses médicaments au bord de l'eau !


* Bango. Sur la digue au bord du bolong de khaye -


En catimini, dans la nuit du 11 au 12 novembre, 'on' avait mis le feu à un tas de médicaments périmés et autres produits de santé usagés, jetés dans l'obscurité à la sortie nord de Bango, sur la digue-piste au bord du bolong de khaye qui alimente le marigot piscicole du Lampsar. Toute la nuit, les bouteilles et autres emballages avaient explosé dans le petit brasier vite allumé et qui n'avait pas tout consumé... Un pêcheur rencontré sur place le 13 novembre au matin me confiait que c'est le dispensaire de Bango, en effet tout proche, qui se débarrasse aussi légèrement de ce stock. Rebelote ce dimanche matin: au zénith de midi, on entend les sourdes explosions des emballages d'un nouveau dépôt, au même endroit, tandis que passent, juste devant, les boeufs, les charrettes chargées de typhas ou de balles de riz, et les enfants oisifs qui traînent toujours du coté de la digue.

Ci-contre: 2010 11 13 (d.) et 17 (g.), médicaments et produits pharmaceutiques laissés à la nature... / Photos par Frédéric Bacuez

Nota:
Entre la caserne qui fait sa vidange dans le marigot, les habitants qui prennent le plan d'eau pour un grand recycleur, les collecteurs d'ordures qui n'ont pas trouvé mieux que de transformer la digue séparant les deux Lampsar en décharge, les femmes et autres fillettes qui font la lessive et lavent les plats à grand renfort de savon juste à coté, dans le Lampsar 'doux' qui est aussi le réservoir de Saint-Louis, les pêcheurs qui abandonnent leurs filets percés de nylon chinois à portée de bras, n'importe où, et tout ce beau monde qui se lave, boit, joue et fait tous ses rituels dans les mêmes eaux dans l'indifférence générale des "élites" locales et autres "décideurs" - et pire, la résignation fataliste des adultes mâles très responsables !-, on se dit, ma foi, que le menu fretin obsessionnellement pêché par tous avant même de devenir grand pourrait être de temps à autre ausculté par un laboratoire: on se mettrait peut-être à élever alors quelques volailles, dans le patelin, au lieu de laisser la multitude enfantine hameçonner sternes et cormorans ! Tiens, le poulet: une denrée rarissime, par ici... Comme le poisson, bientôt. Et les oiseaux, in fine.

Lire aussi:
http://www.goodplanet.info/Contenu/Depeche/L-Afrique-va-echouer-a-remplir-les-objectifs-du-millenaire-sur-l-eau/(theme)/2102
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samedi 27 novembre 2010

27, 150 milans cerclent au dessus des prosopis


* Bango. Marigot de Lampsar et delta du fleuve Sénégal -


MATIN, ~8h-
'Ma plage': 2 bergeronnettes grises sur la berge + 1 chevalier guignette
Passage d'1 goéland leucophée (larus cachinnans, yellow-legged gull) en plumage hivernal[delta>Lampsar 'doux']
MIDI, 12h30-13h-
Des centaines de pélicans blancs (pelecanus onocrotalus, great white pelican) tournoient dans les ascendants au dessus du fleuve Sénégal, entre Diawas coté mauritanien et les mangroves de Roup coté sénégalais. Une huitaine d'autres décollent des rives mauritaniennes, au sud de Thiong, et s'élèvent au dessus du delta; un groupe de 150+ cercle progressivement vers le débouché du Lampsar et la caserne de Bango. Des prosopis de l'enceinte militaire, une nuée de 150- milans parasites (milvus migrans parasitus, yellow-billed kite) à son tour s'élance vers les spirales de vent ascensionnel (cf. photo ci-dessous). 1 pygargue vocifère (haliaeetus vocifer, african fish eagle) qui plane au dessus du marigot est rejoint par l'un des milans et repoussé par le charognard.



Ci-dessus: 2010 11 27 midi, 150 milans parasites à bec jaune planent au dessus de la caserne de Bango et du delta / Photo par Frédéric Bacuez
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vendredi 26 novembre 2010

26, Biagio, un circaète d'Italie (Part.3) dans le Ndiambour


* Nord du Sénégal. Réserve sylvo-pastorale de Mpal-Merinaghene -

Migrations des rapaces - Progetto Biancone / Projet Circaète (Ugo Mellone pour le Parc naturel Gallipoli-Cognato, Italie, avec l'Observatoire de la Faune de la Région de Basilicate, Italie, et l'Université d'Alicante, Espagne), Partie sahélienne-
Episode 3.

Cette semaine, Biagio le circaète Jean-Le-Blanc (circaetus gallicus, short-toed eagle, culebrera europea, biancone) venu d'Italie avec son GPS sur le dos (cf. http://www.parcogallipolicognato.it/ita/web/nav.asp?nav=130 et mes notules de 2010 11 5 et 11 21) a vagabondé dans les steppes arborées à mi chemin du lac de Guier et des dépressions du delta sénégalais (Ndiaël et Trois-Marigots). Après avoir stationné sur les rives du Gorom naissant (16.42583°N -15.87733°E, cf. notule précédente de 2010 11 21), aux confins  des grandes surfaces rizicoles et sucrières (ouest, nord et nord-est) de la région de Rosso et Richard-Toll, Biagio a nonchalamment vagabondé vers le sud, par-dessus la réserve du Ndiaël, et même franchi le 16° Est, au sud de Yamané. Le voici désormais au seuil du Ndiambour, dans la réserve sylvo-pastorale de Mpal-Merinaghene (16.01950°N -16.06467°E, cf.carte et photos ci-après), un grand mot - et un triangle irréel sur une carte, cf. ci-contre - pour évoquer une zone de contact champs de céréales et brousses relictuelles d'arbres rabougris, acacias sp.et balanites pour l'essentiel.

Ci-dessous: 2010 01 27, circaetus gallicus survolant les steppes du Djoudj (PNOD) / Courtesy photo par François Marmeys pour Ornithondar

Ci-dessus: réserve sylvo-pastorale de Mpal-Merinaghene:
à g., steppe à acacias sp. et balanites aegyptiaca (sump, en langue wolof) - à d., près du lac de Guier / 2009 04 14, photos Gérard Bacuez
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mardi 23 novembre 2010

23, un pygargue fait trempette dans le marigot


* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -

SOIR, 18h-19h-
Nota: les vasières devant les mangroves de palétuviers peinent à se dégager, même à marée basse. Ce matin, du limon a encore fait une intrusion dans le marigot, s'arrêtant au débouché du bolong de Dakhar-Bango.

Sur les vasières:
1 pygargue vocifère (haliaeetus vocifer, african fish eagle) est resté plus d'une demi-heure au bord de l'eau, les pattes dans l'eau, à boire de temps à autre. Vers 18h30, le second 'aigle pêcheur' arrive, au ras de l'eau, le bout des ailes relevé, avant de se poser au faîte d'un bosquet de palétuviers rouges, en arrière de la vasière. Les deux rapaces se mettent aussitôt à vociférer dans le jour finissant.
A distance, sur la vase:
10- chevaliers aboyeurs (tringa nebularia), presque tous en duo pour pêcher / 6+ échasses blanches (himantopus himantopus) / 3+ aigrettes garzettes / 8+ hérons cendrés, immatures et subadultes - dont 2 se bagarrent brièvement  / Chevaliers guignettes / Vanneaux éperonnés / Tourterelles pleureuses, elles aussi à l'abreuvoir / 2 + 1 martins-pêcheurs huppés (alcedo cristata) filant au ras de l'eau [>palétuviers] / 5+ alcyons pies / Bergeronnettes grises /
5 bihoreaux gris, uniquement des immatures, apparaissent l'un après l'autre au pied des racines aériennes d'un bloc de palétuviers, aux cotés de 4 aigrettes des récifs et de 2 chevaliers aboyeurs

Ci-dessus: pygargue vocifère au Djoudj (PNOD), 2010 02 18 / Courtesy photo par François Marmeys pour Ornithondar, DR

1 balbuzard pêcheur (pandion haliaetus, osprey) en vol [caserne>Lampsar 'doux', par la berge sud du marigot]
18h35: comme chaque soir, un des 2 pygargues en partance vers l'intérieur par-dessus les eucalyptus du jardin rebrousse chemin et refait un dernier tour du marigot par la berge sud. Je le vois, dans la moire crépusculaire toute orangée, raser les eaux et s'élever avec un gros poisson. Il retourne donc dans la mangrove déguster... son dîner. A 18h40, les 2 rapaces crient une dernière fois.
18h35: 1 bihoreau gris en vol [>caserne]
19h: ~10 bihoreaux gris (nycticorax nycticorax, black-crowned night heron) croassent et tournoient à faible altitude autour du marigot.
Passage d'1 engoulevent à longue queue (caprimulgus climacurus, long-tailed nightjar); puis premiers cris des oedicnèmes du Sénégal (burhinus senegalensis, senegal thick-knee).

Ci-dessous: 2010 11 20, crépuscule rougissant sur le Lampsar limoneux / Photo par Frédéric Bacuez


NUIT, pleine lune-
Nombreux croassements de bihoreaux gris et cris des échasses blanches au long des deux Lampsar

Autour de minuit, dans mon jardin: je dérange 1 chouette effraie (tyto alba) qui surveillait depuis les hauts murs voisins un jeune rat géant de Gambie (cricetomys gambianus, gambian giant pouched rat) en train de finir les assiettes des chats... A mon approche, l'omnivore, qui n'avait probablement pas vu le rapace, se réfugie dans les parterres de fleurs;  tandis que l'effraie me passait dans le dos, le rat pousse un cri comme un chuintement... d'effraie, et file droit devant jusqu'au premier trou refuge !
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23, aparté: 'La vie sur terre', anachronisme du cinéma contemporain


* Au Sahel, la vie sur terre -


En ce début d'hiver sahélien, c'est avec un plaisir nostalgique que j'ai revu hier soir à la télé *2 'La vie sur terre'*1, le second film d'Abderrahmane Sissako, prélude au magistral 'Heremakono, en attendant le bonheur', Etalon de Yenenga au Festival panafricain de cinéma de Ouagadougou (Fespaco 2002). Dans 'La vie sur terre', le cinéaste mauritano-malien - mon réalisateur préféré au sud du Sahara- pose un regard mélancolique sur son village natal du delta intérieur du fleuve Niger (Mali), Sokolo. Musicalement servi par Franz Schubert, Salif keïta et Anouar Brahem - que du bonheur !-, le moyen métrage fait déambuler le réalisateur dans les ruelles du village, baignées des lumières d'harmattan si typiques du Sahel. Avec de superbes panoramiques des enfants dans les rizières tâchant de faire fuir les fameux 'mange-mil', travailleurs à bec rouge (quelea quelea) et autres euplectes franciscains (euplectes franciscanus) - une belle image d'un mâle en plumage nuptial. Comme dans les casiers rizicoles de nos plaines deltaïques du Lampsar, actuellement, du coté de Mboubeune et Taba Tache.


Ci-dessus: couverture américaine du DVD - l'affiche française du film est calamiteuse ! Avec Abderrahmane Sissako et Nana Baby

Ci-dessous: vol de travailleurs à bec rouge sur les rizières du fleuve Sénégal / 2007 11 6, courtesy photo par Fanny Feray


*1 'La vie sur terre / Life on earth', un film de Abderrahmane Sissako (Mali 1998, 61 mn)
*2 Sur Canal Horizons: Canal+Cinema, les 22 11 à 20h05 et 27 11 à 6h20; sur Canal+, les 28 11 à 2h35 et 29 11 à 15h15 TU
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23, les filets déchirés et les plastiques émiettés tuent


* Bango. Les deux Lampsar -


Drame mortel dans les eaux douces du Lampsar, du coté de la digue qui sépare les deux marigots: la nuit dernière, un homme s'y est noyé, les mains empêtrées dans les mailles d'un filet de pêche abandonné à la nature aquatique. Après 33 ans d'absence de son village natal de Bango, l'homme était revenu de Touba, la ville sainte des Mourides où l'on ne marche guère dans l'eau, et accompagnait un pêcheur local dans sa collecte noctambule. Une fin stupide, révoltante car évitable...


Ci-contre: Abdoulaye et le filet de pêche récupéré du jour
/ 2010 11 5, photo par Frédéric Bacuez


Ces filets de nylon peu résistant 'made in China' traînent partout, désormais. Nos grands pêcheurs d'eau douce s'en débarrassent sur place dès que les mailles fragiles se déchirent. Les enfants du village, qui ont le droit de tromper le sinistre ennui dans lequel on les laisse croupir, ramassent ces bouts de filets et s'en servent comme épuisettes ramasse tout. Dès que le jeu lasse, ou quand le soir tombe, les fouillis de nylon sont jetés à l'eau ou délaissés sur la vase des marigots. Pièges passifs pour les petits poissons, et les crabes que l'on ne mange pas mais que les... filles adorent démembrer ou piétiner. Pièges traîtres pour les oiseaux des vasières, aussi. J'observe régulièrement des aigrettes, des échasses blanches et même des spatules d'Europe blessées par ces fils de nylon qui accrochent les petites pattes frêles.


Ci-dessus: 2010 11 22 midi, poissons et sacs plastiques sur les rives du Lampsar / Photo par Frédéric Bacuez

Quant aux plastiques - bouteilles, pots, emballages divers et tous les sachets gratuits !-, ils envahissent les moindres recoins du pays, désormais. A Bango, toute la berge sud du Lampsar en est jonchée, peu à peu avalés ou recouverts par les marées. A l'occasion de l'Aïd, mes voisins ont fait leur nettoyage annuel de leur bout de rivage: avec mon râteau, ils ont réuni tout ce que l'intérieur du quartier vient jeter devant leur maison, puis creusé un grand trou dans la vase... Ni vu ni connu, le problème est sous la gadoue... Je ne serai pas plus rassuré quand on me dit, par ces temps de nivellement et de relativisme forcenés, qu'ailleurs c'est pareil. Alors, si c'est pareil ailleurs, 'y a plus qu'à tuer ses jours et ses nuits à louer dieux et prophètes... Le monde entier est défiguré par le plastique, et ça ne crée aucune révolte ! C'est accepté, et de plus en plus perçu comme inéluctable, comme 'patrimoine' mondial et de l'humanité et de la nature ! Il y a longtemps que je suis convaincu qu'il s'agit là du plus grand fléau de notre siècle, qui n'affole pas parce qu'en effet les lobbies du pétrole veillent à la non information. Lorsque j'explique aux pêcheurs du Lampsar que le plastique nourrit désormais en partie leurs poissons, ils me regardent comme si j'étais un extra terrestre: réellement contaminés, de plus en plus souvent atteints de malformations, ces petits poissons mangent comme quatre... mais ne grossissent plus ! Il suffit de prélever dans les sables ou dans les eaux de la région de Saint-Louis pour vite comprendre: une quantité de minuscules points de couleur parmi les grains naturels: le plastique désintégré s'est introduit dans la chaîne de vie, y compris alimentaire. On commence à peine à découvrir que le plastique, en particules invisibles à l'oeil nu, est entré dans le corps humain; certains troubles hormonaux y seraient directement liés.

* En prélude à un film-documentaire qui sortira en avril 2011, les autrichiens Werner Boote et Gerhard Pretting publient la somme de leurs enquêtes sur cette invasion mondiale par le plastique dans un livre choc: 'Plastic planet, la face cachée des matières synthétiques', éditions Actes Sud 2010.

Lire aussi:

http://www.goodplanet.info/Contenu/Depeche/L-Afrique-va-echouer-a-remplir-les-objectifs-du-millenaire-sur-l-eau/(theme)/2102

lundi 22 novembre 2010

22, l'aigrette, les petits poissons et les Hommes


* Bango. marigot de Lampsar, coté limoneux -


APREM'-
C'est un automne poissonneux: grâce à l'abondance des pluies de mousson, aux lâchers d'eau du vaste réservoir du Lampsar 'doux', aux mangroves de palétuviers qui continuent de s'étendre et sont autant de nurseries pour la petite faune; ce sera donc un début d'hiver très favorable aux oiseaux - dont les cormorans africains, ou les ardéidés (cf. photos ci-dessous) qui ont choisi d'y passer les mois à venir. Une saison généreuse encore avec les Hommes qui, par tous les moyens, se hâtent d'attraper tout ce qu'ils peuvent, y compris les plus petits poissons, dans une anarchie à courte vue qui en dit toujours long sur les imprévoyances locales.

- Ci-dessus: 2010 11 22 aprem', une aigrette (dimorphe) des récifs (egretta gularis, western reef egret) ne sait plus où donner du bec... mais tient à garder pour elle toute seule la divine multiplication des poissons ! /
- Ci-dessous: 2010 11 15 aprem', une aigrette garzette (egretta garzetta, little egret) arpente le rivage bangotin du Lampsar
/ Photos par Frédéric Bacuez


- Ci-dessous: 2010 11 24 8h55, pêcheurs matinaux sur le Lampsar / Photo par Frédéric Bacuez

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dimanche 21 novembre 2010

21, Biagio le circaète d'Italie est au Sénégal (Part.2)


* Nord du Sénégal, au sud de Rosso, quelque part au bord de la route nationale N2 -

Migrations des rapaces - Progetto Biancone/ Projet Circaète (Ugo Mellone pour le Parc naturel Gallipoli-Cognato, Italie, avec l'Observatoire de la Faune de la Région de Basilicate, Italie, et l'Université d'Alicante, Espagne), Partie sahélienne-Épisode 2

Nota bene: afin de ne pas tenter les djnoun en armes, toujours aux aguets dans les sables et les marais, le suivi satellitaire de Biagio via Google Earth a été prudemment suspendu le 6 novembre (cf. précédente notule sur Biagio, 2010 11 5).  Il ne reprendra qu'à l'occasion de la migration prénuptiale du circaète, au printemps. Les positions GPS sont toujours relevées, mais avec les mêmes précautions celles des 19-20 et 20-21 novembre, les dernières qu'Ugo m'a communiquées, ne sont insérées dans cette notule qu'avec un petit décalage de quelques jours.

Biagio est au Sénégal, dans le delta du fleuve - à ~85 km au nord-est de Saint-Louis !

L'hiver de Biagio, le circaète italien suivi par satellite depuis fin septembre (cf. notule de 2010 11 5, Part.1), se poursuit au Sahel. Durant quinze jours (31 10 - 15 11), Biagio a vagabondé dans les dunes du Trarza mauritanien, reverdies par une mousson exceptionnelle. Après avoir stationné aux confins non inondés de l'Aftout Es Saheli, près de la côte atlantique, notre circaète Jean-Le-Blanc (circaetus gallicus, short-toed eagle, culebrera europea, biancone) a sans doute abondamment profité d'une nature pré saharienne ragaillardie par les vagues de pluies qui, en septembre, sont tombées bien au-delà du 17°N - la limite nord des quartiers d'hiver de circaetus gallicus. Le long ruban de goudron qui remonte du sud-est vers le nord-ouest, depuis le fleuve Sénégal vers Nouakchott est encore un repère que Biagio utilise pour ses déplacements d'automne. En reprenant sa route vers le sud, Biagio a passé la nuit du 14 au 15 novembre au nord-est de Dara (16.65400°N -16.07833°E), toujours en Mauritanie, à quelques encablures cette fois des plaines alluviales du fleuve Sénégal, toujours en terrains secs et sablonneux, mais à peu de distance des dépressions humides.
Hier, Ugo Mellone*, le maître d'oeuvre de l'opération de suivi par GPS m'a signalé que notre circaète est désormais 'sénégalais': Biagio a passé les nuits des 19-20 et 20-21 novembre à quelques encablures de la route nationale N2 Rosso-Saint-Louis, sur les deux rives du marigot naissant du Gorom (16.42800°N -15.87800°E pour la nuit du 19 au 20 novembre; et 16.42583°N -15.87733°E pour la nuit du 20 au 21 novembre). A la croisée des chemins: au nord-est, les immenses plantations de canne à sucre; au nord/nord-ouest, les casiers rizicoles; à l'est/sud-est, le lac de Guiers; à l'ouest, par les méandres du Gorom, les plaines du Djeuss et le parc national du Djoudj (PNOD); au sud/sud-est, la dépression de la 'réserve naturelle' du Ndiaël: Biagio a l'embarras du choix. Je miserais volontiers sur une excursion vers le Ndiaël pour cette semaine ! Les paris sont ouverts !

* Ugo Mellone (parc naturel régional de Gallipoli-Cognato et des Dolomites lucaniennes, Italie), chargé du suivi migratoire de deux circaetus gallicus - projet circaète/progetto biancone:
http://www.parcogallipolicognato.it/ita/web/nav.asp?nav=130 et http://www.wildphoto.it/Agostini-colonizzazioneJRR.pdf 
Également:  http://www.wildphoto.it/mellone 

Ci-dessous: 2010 01 27, circaète Jean-Le-Blanc - immature- au Djoudj (PNOD) / Courtesy photo par François Marmeys pour Ornithondar, DR

mercredi 17 novembre 2010

17, sous les gonakiers de la ripisylve marécageuse

2010 11 17, ripisylve à acacias niloticas et tamarix senegalensis saisonnièrement inondée / © Photo par Frédéric Bacuez

* Plaine alluviale, digue n°2. Sous-bois inondé de la ripisylve d'acacias niloticas -

6h10-18h30. Seul, à pied.
Temps: nettement plus 'frais' que le 17 novembre - vent quasi nul mais plein nord.  

Ci-contre: 2010 11 17 17h20, jour déclinant sur la digue n°2, au milieu de la plaine alluviale, une aigrette des récifs passe. Au loin, peu à peu la digue se boise pour s'évanouir enfin dans une riche ripisylve à niloticas
© Photo par Frédéric Bacuez

OISEAUX / 86 espèces vues, dont 31 sp. en ripisylve; et 5 entendues
MAMMIFÈRES / 3 espèces vues
AUTRES / 4 espèces vues


Nouveauté:
torcol fourmilier
Espèces phares du jour: Chouette effraie, grue couronnée, pririt du Sénégal / Chacal doré





Vu:
  • Cormoran africain / 
  • Grand cormoran à poitrine blanche / 
  • Pélican blanc / 
  • Héron cendré / 
  • Héron pourpré / 
  • Bihoreau gris / 
  • Crabier chevelu / 
  • Héron gardeboeuf / 
  • Aigrette des récifs / 
  • Aigrette garzette / 
  • Aigrette intermédiaire / 
  • Grande aigrette / 
  • Héron strié / 
  • Tantale ibis / 
  • Spatule blanche d'Europe / 
  • Oie-armée de Gambie / 
  • Pygargue vocifère / 
  • Balbuzard pêcheur / 
  • Milan noir / 
  • Busard des roseaux / 
  • Elanion blanc, 1 / 
  • Faucon crécerelle, 1 / 
  • Francolin à double éperon / 
  • Grue couronnée, 2 + 2 (+ 1) / 
  • Oedicnème du Sénégal / 
  • Bécassine des marais / 
  • Vanneau éperonné / 
  • Grand gravelot / 
  • Courlis corlieu, 1 / 
  • Chevalier culblanc / 
  • Chevalier sylvain / 
  • Chevalier guignette / 
  • Chevalier aboyeur / 
  • Combattant varié, 1 / 
  • Sterne hansel / 
  • Sterne caspienne / 
  • Pigeon roussard de Guinée / 
  • Tourterelle pleureuse / 
  • Tourterelle masquée / 
  • Tourtelette d'Abyssinie / 
  • Coucal du Sénégal / 
  • Chouette effraie, 1 /
  • Engoulevent à longue queue / 
  • Coliou huppé / 
  • Martin-pêcheur huppé / 
  • Alcyon pie / 
  • Martin-chasseur à tête grise, 1 / 
  • Guêpier nain / 
  • Guêpier de Perse / 
  • Rollier d'Abyssinie / 
  • Huppe fasciée, 1 / 
  • Calao à bec rouge / 
  • Barbican de Vieillot, 1 / 
  • Pic goertan, 1 vu (1 ou 2 entendus) / 
  • Torcol fourmilier, 1 + 1 / 
  • Cochevis huppé / 
  • Moinelette à oreillons blancs / 
  • Hirondelle de rivage / 
  • Bergeronnette grise / 
  • Bergeronnette printanière / 
  • Rougequeue à front blanc / 
  • Agrobate roux, 1 / 
  • Traquet motteux / 
  • Phragmite des joncs / 
  • Hypolaïs obscure / 
  • Fauvette grisette /
  • Fauvette passerinette / 
  • Pouillot de Bonelli / 
  • Pouillot véloce / 
  • Erémomèle à croupion jaune, 1 / 
  • Crombec sitelle, 1 / 
  • Prinia modeste / 
  • Cisticole des joncs / 
  • Pririt du Sénégal, 2 + 1 / 
  • Cratérope fauve, 1 / 
  • Souïmanga, 1 / 
  • Pie-grièche à tête rousse / 
  • Tchagra à tête noire, 1 / 
  • Tisserin à tête noire / 
  • Travailleur à bec rouge / 
  • Euplecte franciscain, 1 mâle en plumage nuptial / 
  • Bengali zébré, dont 1 au nid / 
  • Astrild-caille à face noire / 
  • Amarante du Sénégal / 
  • Capucin bec-d'argent, 2 / 
  • Combassou du Sénégal, 1 mâle et 1 femelle ensemble /
Entendu (et pas vu): 
Râle à bec jaune / Talève sultane / Camaroptère à dos gris / Cisticole roussâtre / Gonolek de Barbarie /

Dont, en ripisylve et ses lisières:
Crabier chevelu / Héron strié / Faucon crécerelle / Francolin à double éperon / Chevalier culblanc / Chevalier sylvain / Tourterelle pleureuse / Tourterelle masquée / Tourtelette d'Abyssinie / Coucal du Sénégal / Engoulevent à longue queue / Martin-pêcheur huppé / Rollier d'Abyssinie / Calao à bec rouge / Barbican de Vieillot / Pic goertan / Rougequeue à front blanc / Hypolaïs obscure / Fauvette grisette / Fauvette passerinette / Pouillot de Bonelli / Pouillot véloce / Crombec sitelle / Prinia modeste / Pririt du Sénégal / Souïmanga / Tchagra à tête noire / Tisserin à tête noire / Travailleur à bec rouge / Bengali zébré / Amarante du Sénégal /

AUTRES:

  • Chacal doré, 2 / 
  • Lièvre à oreilles de lapin, 1 / 
  • Patas, ~45 dont 3 mères avec petits sous le ventre /
  • Acanthodactyle rugueux, 1 /
  • Grenouille occipitale / 
  • Périophtalme atlantique /
  • Néphile du Sénégal /

17, le doucereux chant du tchagra à tête noire


* Ripisylve à gonakiers -



Ci-dessus: à g., xeno-canto de tchagra senegalus, parc national kruger, république d'Afrique du Sud / Enregistrement par Don Jones
- à d., tchagra senegalus au parc national des Deux Balé, Burkina Faso / Photo par Yvan Perre pour African Bird Club


Sans confusion aucune, c'est l'un des chants les plus mélancoliques des brousses d'Afrique (écouter ci-dessus); des plus puissants, des plus envoûtants aussi. Et je ne vous dis pas ce qu'il en est quand un couple, le matin et le soir, se juche sur un buisson et de concert se met à chanter ! Toute la journée, la mélodie m'a escorté dans ma promenade entre savane arborée et ripisylve d'acacias niloticas. Au matin, recherchant son émetteur, un tchagra à tête noire (téléphone tchagra, tchagra senegalus, black-crowned tchagra), dans une petite savane herbeuse et arborée (son habitat de prédilection, cf. photo ci-après), c'est grâce à lui que j'ai pu découvrir sur un tout petit périmètre: un torcol fourmilier (jynx torquilla), une chouette effraie (tyto alba), une huppe fasciée (upupa epops) et, enfin, le tchagra chanteur voletant d'un petit arbre à l'autre, sa large queue typiquement ouverte en éventail. Assis dans les herbes jaunissantes, j'ai réussi à observer l'oiseau dans son lamento pendant une dizaine de minutes... avant que, las de se faire tout petit à trois ou quatre mètres de moi, un francolin (francolinus/pternistis bicalcaratus) ne s'envole brutalement; non sans  laisser quelques plumes duveteuses accrochées aux épis ! A son tour le tchagra - le moins furtif des tchagras africains - gagnait le couvert de la forêt-galerie proche, où je partais, ça tombait bien, me protéger du zénith ardent.

Appartenant à la famille des laniidae, celle des pies-grièches, le tchagra à tête noire est l'un des trois représentants ouest-africains des six espèces de tchagras du continent. Il est le seul à avoir une distribution large, fréquentant toutes sortes de milieux relativement ouverts avec une préférence pour les savanes parsemées de buissons et petits arbres. Une sous-espèce très voisine habite le Maghreb - oiseau phare du parc national de l'oued Massa, au Maroc-, dans les forêts de chênes-liège, les arganeraies, les taillis d'euphorbes, les dunes côtières à génévriers de Phénicie. Comme toutes les pies-grièches, le tchagra est un redoutable chasseur de sauteriaux - très nombreux dans les plaines alluviales, cette année -, qu'il saisit au sol en sautillant.

Ci-dessous: 2010 11 17, 10h45, savane herbeuse et arborée, à proximité de la ripisylve de gonakiers (à d.) / Photo par Frédéric Bacuez

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17, le pririt, endémique d'Afrique de l'Ouest


* Ripisylve à gonakiers -




Ce jour dans la ripisylve à gonakiers (acacia nilotica), des pririts du Sénégal, un oiseau endémique d'Afrique occidentale - exclusivement du sud mauritanien au Cameroun, avec une présence dans l'Aïr nigérien: un couple (mâle - cf. photo ci-dessous - et femelle) puis une femelle, dans les hautes branches des arbres - en tout début de floraison.


Ci-dessus: 2010 11 17 14h, pririt du Sénégal mâle dans les acacias niloticas de la ripisylve / Photo par Frédéric Bacuez

Le pririt du Sénégal (ex gobemouche soyeux du Sénégal, ex batis du Sénégal; batis senegalensis, senegal batis) est un petit oiseau que j'entends d'abord avant de l'observer fréquemment dans la ripisylve d'acacias niloticas. Très remuant, en perpétuel babillage - un cliquetis d'insecte -, le pririt cherche les petits insectes dont il se nourrit dans la canopée d'arbres de belle taille si possible. Il est rare de ne pas le voir en couple, mâle (collerette noire) et femelle (collerette et bavoir roux) tous deux affairés, jamais en place, difficiles à suivre du regard même si les pririts ne sont pas bien farouches. Leurs yeux brillants et jaunes vifs leur donnent un air clownesque du plus bel effet ! De plus, leur agitation bavarde attire immanquablement autour d'eux une multitude d'autres oiseaux qui profitent du charivari pour gober plus facilement, peut-être, des insectes en fuite ! Dès que les pririts changent de voûte feuillue, et c'est fréquent, pouillots, hypolaïs, travailleurs et tisserins semblent les suivre comme entraînés dans une ronde hystérique.

Ci-dessous: à g., pririt du Sénégal femelle - à d., pririt du Sénégal mâle
/ Fouta Djalon, Guinée 2006 10. Photo par Craig Evenhouse pour African Bird Club

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17, un hivernant rare: le torcol fourmilier


* Plaines alluviales, entre Sénégal et Lampsar -

Partout, sur ses quartiers d'hiver et d'été, voilà  un oiseau rarement observé ! Combien d'amoureux de la nature aimeraient en voir un, ne serait-ce qu'une fois, même brièvement ! Son plumage mimétique, sa discrétion, certaines de ses caractéristiques comportementales en font un oiseau mythique chez les ornithologues. J'ai souvent pensé à lui, souvent scruté les branches des arbres pour tenter d'en voir un, immobile, rigide, le cou tendu vers l'avant, un peu comme un phasme ! En vain; jusqu'alors...

Ci-dessus: baguage de torcol fourmilier au Djoudj (PNOD), 1993 02

/ Photo par Peter Dedicoat, pour African Bird Club, DR

En ce jour de l'Aïd, c'est pourtant 2 torcols fourmiliers (jynx torquilla, eurasian wryneck, cf. photo ci-dessus), sur deux sites différents de la plaine, que j'ai eu la chance d'observer, pour la première fois de ma vie: le premier était au sol à gratter le sable dur à l'aide de ses griffes avant (disposition typique des pics - qu'il n'est pas vraiment bien que rattaché à la famille des picidés: deux doigts griffés vers l'avant, deux vers l'arrière !) à la recherche de fourmis, ses mets préférés. Puis, à 18h dans le jour déclinant, sur un tamarix senegalensis *1 bordant la digue des marais du Lampsar, un second torcol se déplaçant d'un arbuste à l'autre d'un vol légèrement ondulé - encore une fois, un peu comme un pic... dont il est le seul migrateur au long cours.

Nota: un plumage complexe totalement adapté au mimétisme, rappelant celui d'une bécasse des bois; une langue déroulante et gluante comme celle du caméléon, complètement façonnée pour capturer les fourmis y compris dans les anfractuosités des arbres et les trous dans le sable; son chant de petit rapace, puissant mais difficile à localiser, parfois émis sur ses quartiers d'hiver africains; son maintien immobile et quasi horizontal comme un phasme ou une religieuse, tendu vers l'avant; un cou capable d'amusantes contorsions - d'où le nom de 'torcol'- comme certains hiboux; et des sifflements de serpent quand il se sent en danger, dressant vigoureusement les plumes de son crane (cf. photo ci-dessus): tel est le torcol fourmilier, cet oiseau singulier à peine plus gros qu'une pie-grièche.
Le torcol fourmilier est un oiseau nicheur - répandu mais peu fréquent - d'une grande partie de l'Eurasie *2, où seuls quelques individus restent en hiver, sur le pourtour méditerranéen - parfois dans le sud de la France *3, en Corse, mais essentiellement en Espagne, Algérie et Tunisie. La plupart migrent en fait vers l'Afrique tropicale, surtout en zones de savanes arborées: si de petits effectifs hivernent tout au long de la vallée du fleuve Sénégal, l'essentiel des oiseaux se retrouve, avec une répartition fort disparate, entre octobre et mars - et parfois jusque fin avril voire début mai *4 - de la Sénégambie à l'Ethiopie et l'ouest kenyan.

*1 Dans ses principaux bastions résidentiels de la Méditerranée, le torcol fourmilier fréquente surtout les ripisylves à tamarix (cf. Cortes & Dominguez 1997)
*2 Oiseau de l'année 2007 en Suisse: http://www.birdlife.ch/f/pdf/Poster_Torcol.pdf
*3 Voir aussi la notule -et des photos de notre oiseau- dans le joli  'Jardin de Lucie', février 2010: http://lejardindelucie.blogspot.com/2010/02/torcol-fourmilier-hivernant-rare.html
*4 Lors de leur retour printanier vers le Bassin méditerranéen, plusieurs torcols entendus au Maroc entre le 22 et le 29 mai 2006 dans les forêts du Moyen-Atlas (dans les cédraies vers le lieu-dit 'Cèdre-Gouraud' et dans les bosquets d'aubépines près de l'aguelmane Afennourir), alors que la date de leur ultime passage prénuptial était jusqu'alors le 12 mai (in Bulletin de Go-South, F. Cuzin, T. Thomas, L. Chillasse, juin 2007)  
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17, une effraie des clochers pour l'Aïd !

2010 11 17 9h30 du matin: cherchez l'effraie... surveillant son territoire de chasse en lisière des grandes typhaies / Photo par Frédéric Bacuez

* Plaine alluviale, à l'est de la ripisylve: lisières du grand marais de Taba Tache -

MATIN, 9h30-
J'étais occupé à retrouver le torcol fourmilier (jynx torquilla) dérangé dans sa quête de fourmis (Lire ICI sur Ornithondar); à trouver aussi le tchagra à tête noire (tchagra senegalusLire ICI sur Ornithondar) qui emplissait l'air cristallin de son puissant chant mélancolique - pour moi, l'un des plus doucereux qui soit ! J'avais donc pris du recul dans l'eau du marais pour inspecter cette petite galerie d'acacias riveraine sans avoir remarqué que j'étais observé avec grande curiosité, depuis un bon moment ! Une (chouette) effraie (des clochers, tyto alba ssp. affinis, african barn owl), exposée au soleil au beau milieu de la matinée, tranquille, dodelinait de la tête et s'épouillait de temps à autre le plumage sans rien perdre de mes contorsions dans la vase du marécage - ce qui visiblement l'intriguait beaucoup...

Ci-contre: 2010 11 17 matin, effraie des clochers de la sous-espèce subsaharienne affinis / Photo par Frédéric Bacuez


Nota: la chouette effraie (des clochers) est le rapace nocturne*1 le plus commun aux alentours du fleuve Sénégal et dans le delta. Sa densité est même, sur certaines zones, assez élevée: l'observateur attentif ne devrait pas la manquer, et à tous les coups l'entendre chuinter, la nuit. Peu farouche, curieuse, pas discrète pour un sou, l'effraie fréquente tous les milieux du nord sénégalais, dans les villes et villages où abondent les petits rongeurs - et même dans les campements saisonniers de pêcheurs ou les casemates des casiers rizicoles; l'effraie est souvent entendue, la nuit, et visible, le jour, dans les plaines inondables du fleuve Sénégal, à la condition qu'il y ait à portée d'ailes des bosquets ou rangées d'arbres pour y reposer*2. Elle fréquente régulièrement les touffes de palétuviers du Lampsar, où je l'entends longuement siffler avant ses rondes chasseresses de la nuit; je l'ai même aperçue installée à la proue d'une pirogue amarrée à Bango, une nuit de pleine lune ! Elle ne sort pas très tôt (en général après 22h) mais peut poursuivre ses pérégrinations jusqu'au lever du soleil. Le 19 novembre au matin, juchée dans le flamboyant de mon jardin, elle a réveillé la maisonnée à 6h10, cinq minutes avant l'appel du muezzin !

*1 Les autres rapaces nocturnes du delta (Walo et Diéri): 
  • Hibou des marais (hibou brachyote, asio flammeus), hivernant rare / 
  • Petit-duc scops d'Europe (otus scops), hivernant assez commun à assez rare / 
  • Petit-duc à face blanche (ptilopsis leucotis)*3, résident afrotropical, localement répandu mais moins fréquent au nord que dans la partie sud du pays / 
  • Grand-duc de Verreaux (bubo lacteus), résident afrotropical, localement assez commun à commun (Ndiaël et Trois-Marigots) - les deux dernières espèces ne fréquentant pas normalement le Walo, c'est à dire les basses terres deltaïques
*2 Lire sur Ornithondar2010/02/27, une effraie pas effrayée
*3 Lire aussi sur Ornithondar: 2009/04/25, parenthèse dakaroise: petit-duc à face blanche

17, gag: 2 chacals 'jouent' avec 2 grues couronnées !


* Plaine alluviale du fleuve Sénégal -

Au petit MATIN-

Ci-dessus: 2010 11 1er, 7h45; deux chacals dorés trottinent dans la plaine alluviale, le long du fleuve Sénégal / Photo par Frédéric Bacuez
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mardi 16 novembre 2010

16, aparté: ailleurs, c'était l'Aïd Al-kébir


* Saint-Louis-du-Sénégal -


Ci-dessus: 2010 11 16 matin, île de Ndar, pointe nord face à la Langue de Barbarie, Saint-Louis-du-Sénégal; un dernier toilettage au shampoing pour le mouton sacrificiel de demain / Photo par Frédéric Bacuez

Jour de fête pour tous ou presque les musulmans de la vaste Umma mahométane, c'était aujourd'hui l'Aïd Al-kébir, "la grande fête" de l'Islam - Aïd-Al-Adha, et le sacrifice rituel du mouton d'Ibrahima - ou de la chèvre. Mais à l'inverse du Burkina Faso ou de la Côte d'Ivoire qui communient - et festoient !- ce jour au diapason de leurs frères en religion, ce sera demain au Sénégal - mais aussi au Mali* et en Guinée, au Maroc et même en Inde !-, ne me demandez pas pourquoi, c'est probablement trop érudit pour y entendre raison. L'Aïd tropicalisé s'appelle chez nous, ici et dans toute l'Afrique de l'ouest, la Tabaski, mais c'est kif kif. Peut-être pour faire oublier que l'Islam, au même titre que le Christianisme, est une importation civilisationnelle: ce sont les déferlantes berbères qui ont essaimé la foi arabique au sud du Sahara, et l'Aïd est encore appelé chez eux Tafaska. Aujourd'hui, en adepte de l'Islam "pur" - c'est pas moi qui l'appelle comme ça !,  je souhaite donc une bonne fête aux premiers qui ont vu la lune le samedi 6 novembre de l'an 1431 de l'Hégire, la semaine dernière, à tous mes camarades algériens et tous leurs orientaux, sans oublier, évidemment, les ouailles françaises et de Navarre qui auront demain, à leur tour et après digestion, une petite prière affectueuse pour nous autres, qui n'avons pas vu la lune ce jour-là... Ou pas voulu la voir...  
Une bonne nouvelle: l'ovin est cette année abondant, gorgé d'herbes vertes - gloire aux cieux !, et beaucoup moins cher que les années précédentes. A voir les encombrements bêlants aux portes des cimetières monothéistes de Sor, ce matin, débordant devant le 'village artisanal' et jusque la corniche du fleuve, on veut bien le croire. A moins que l'acheteur sénégalais ne se fasse, malgré lui, plus rare.

* Lire les deux notules de Thierry Helsens sur son blog:  http://mali.blogs.liberation.fr/helsens/2010/11/tout-est-calme.html
et http://mali.blogs.liberation.fr/helsens/2010/11/br%C3%A8ves-de-tabaski.html


Ci-dessous: 2010 11 16 midi, sur les berges bangotines du Lampsar, dernier toilettage avant sacrifice / Photo par Frédéric Bacuez

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lundi 15 novembre 2010

15, 250 pélicans blancs à la pointe Thiolet


* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux, jusqu'à la pointe Thiolet -


MATIN-
Sur le marigot: 1 pygargue vocifère (haliaeetus vocifer) en vol / Alcyons pies / 1 chevalier guignette / Tourterelles pleureuses / Tourterelles maillées / Travailleurs à bec rouge (quelea quelea), passages groupés / Cormorans africains / Quelques sternes sp. /
11h20, sur la rive nord du marigot:
1 échasse blanche (himantopus himantopus, black-winged stilt), immature / Cormorans africains / Quelques petits limicoles sp. /
250- pélicans blancs (pelecanus onocrotalus, great white pelican) non reproducteurs - les nicheurs ont déjà rejoint leur îlot nichoir du Djoudj (cf. notule de 2010 )- stationnent à la pointe Thiolet, coté marigot de Lampsar (cf. photo ci-dessous)


Ci-dessus: 2010 11 15 11h30, au bout du Lampsar, 250 pélicans blancs reposent sur les rives de la pointe Thiolet, indifférents aux passages des pirogues / Photo par Frédéric Bacuez

SOIR, renaissance de faibles alizés-
Quelques rares sternes caspiennes (sterna caspia, caspian tern)
NUIT, 21h, demi-lune-
Entendu passer les flamants roses (phoenicopterus roseus, greater flamingo), "konk konk konk !"...
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vendredi 12 novembre 2010

12, les plaines alluviales sous le vent d'est


* Lampsar et fleuve Sénégal +
Plaines alluviales, bolong et forêt de Taba Tache - Ripisylve à gonakiers - marais et digues n°2 et 1 -


7h15 - 19h. Mixte: en pirogue (7h15-8h15) et à pied
Avec: Matthieu Cupillard, et Emmanuel Cosson (GCP*, France)


Ci-contre: 2010 11 12 9h30 du matin,  Matthieu et Manu dans les plaines alluviales du Sénégal / Photo par Frédéric Bacuez


Temps: très (trop !) doux sur le fleuve, au petit matin; puis ensoleillement intense, vent d'est très asséchant, évaporation d'humidité étouffante... Bref, une journée climatiquement 'pourrie', éprouvante... même en bain d'eau boueuse !
Fleuve toujours en hautes eaux limoneuses. Plaine alluviale toujours verte, baisse sensible des eaux de débordement, assèchement de certaines zones herbeuses en cours, avec premières remontées salines. Ripisylve toujours inondée par les résurgences d'eau douce, nombreuses nymphaea des deux espèces en floraison. Certains mimosae en début de floraison.

OISEAUX / 81 espèces vues, 1 entendue
MAMMIFÈRES / 2 espèces vues
SAURIENS / 1 espèce vue
AUTRES / ~11 espèces observées


Nouveautés: hibou petit-duc scops d'Europe, engoulevent d'Europe, ombrette africaine
Espèces phares du jour: cigogne noire, grue couronnée, courvite de Temminck, rhynchée peinte

Ci-dessous: 2010 11 12 8h50 du matin, vols de grues couronnées, de tantales ibis et de spatules blanches d'Europe au dessus des plaines alluviales du fleuve Sénégal
/ Courtesy photos par Emmanuel Cosson, DR




















Vu:
Cormoran africain (phalacrocorax africanus, long-tailed cormorant), partout en déplacement matinal au-dessus du fleuve Sénégal / Grand cormoran à poitrine blanche (phalacrocorax carbo ssp. lucidus, white-breasted cormorant), un vol groupé sur le delta /
Pélican blanc (pelecanus onocrotalus, great white pelican), deux vols au loin dans les ascendants de midi au dessus du fleuve Sénégal coté mauritanien, un de ~40, l'autre de 87+; puis à 16h, très bas au dessus du fleuve, un impressionnant vol étiré [N>S] de 400+ ind., les uns derrière les autres; ~200 d'entre eux se posent au milieu de la plaine, au sec, en un compact reposoir derrière lequel passera un troupeau de boeufs (cf. photo ci-après) / Pélican gris (pelecanus rufescens, pink-backed pelican), 8 à 10 puis 3 puis 13 [fleuve Sénégal], soit ~25 ind. /
Héron cendré (ardea cinerea, grey heron) / Héron pourpré (ardea purpurea, purple heron), deux vols matinaux au dessus du fleuve Sénégal, ~15 / Crabier chevelu (ardeola ralloides, squacco heron), surtout de part et d'autre de la digue n°2, dont 3 ensemble à l'envol / Aigrette des récifs (egretta gularis, western reef egret), dont des immatures / Héron strié (butorides striata, green-backed heron), 1 [marigot proche de la ripisylve] + 1 ind., perché au faîte d'un acacia, qui s'envole [digue n°2] + 3 ensemble à l'envol [roselière de digue n°2] / Héron gardeboeufs (bubulcus ibis, cattle egret) / Aigrette garzette (egretta garzetta, little egret) / Grande aigrette (egretta alba, great egret) / Aigrette intermédiaire (egretta intermedia, intermediate egret) /
Ombrette africaine (scopus umbretta, hamerkop), 1 pêchant dans l'eau stagnant sous la berge de terre protégeant les rizières de Taba Tache, effarouchant les autres oiseaux à l'envol (!? - probablement peu habitués à cet oiseau mangeur de batraciens, probablement rarissime dans le bas-delta mais tellement commun dans les pays de l'intérieur, plutôt en zone soudanienne et soudano-sahélienne) /
Tantale ibis (mycteria ibis, yellow-billed stork), 1 immature puis 6 en vol [autour de l'embouchure du bolong de Taba Tache] / Cigogne noire (ciconia nigra, black stork), 1 en vol par-dessus le fleuve Sénégal [plaines du Sénégal>Mauritanie] / Spatule blanche d'Europe (platalea leucorodia, european spoonbill), nombreuses en vol au matin (entre 8h et 10h+) puis rien jusqu'au soir: quelques unes en vol, dont 3 vers le Lampsar / Ibis falcinelle (plegadis falcinellus, glossy ibis), 2 [plaine alluviale] + 4 [plaine rizicole], en vol du soir S>N  /
Oie-armée de Gambie (plectropterus gambensis, spur-winged goose), un vol de 16 au-dessus du fleuve Sénégal [Mauritanie>plaines alluviales sénégalaises], retrouvées en pâture la tête émergeant de temps à autre des herbes de la pénéplaine, avant envol (17 ind.); 4 ind. en vol à 17h30 [Lampsar, >O] /
Pygargue vocifère (haliaeetus vocifer, african fish eagle), 1 adulte perché [coté mauritanien] et 2 immatures se suivant [au-dessus de la plaine, ripisylve à gonakiers>embouchure bolong de Taba Tache] / Balbuzard pêcheur (pandion haliaetus, osprey), ~10, dont 8 (immatures et 3 adultes) sur les rives du fleuve Sénégal, coté sénégalais comme mauritanien; et 1 adulte planant au-dessus de la 'forêt' de Taba Tache, peut-être le même au-dessus du marigot proche de la ripisylve / Milan noir (milvus migrans migrans, black kite), solitaires en vol [deux rives et plaines] / Milan parasite (à bec jaune, milvus migrans parasitus, yellow-billed kite), berges bangotines et 1+ sur nid [mangroves de pointe Thiolet coté fleuve Sénégal, où quelques milans parasites ont élu domicile depuis un an] / Busard des roseaux (circus aeruginosus, eurasian marsh harrier), quelques ind. en vol de chasse au-dessus des herbes de la plaine alluviale, mâles et femelles et 1 juvénile/immature; et 1 qui lève crabiers et aigrettes / Faucon crécerelle (falco tinnunculus ssp. non identifiée, common kestrel), 1 en chasse [en limite de steppe arborée et plaine herbeuse inondée] /
Francolin à double éperon (francolinus bicalcaratus, double-spurred francolin), quelques - 1 bien vu- courant en lisière nord de la 'forêt' de Taba Tache / Râle à bec jaune (marouette noire, amaurornis flavirostra, black crake), entendu, 1 entraperçu et 1 bien vu en vol bref avant de disparaitre dans les roselières /
Grue couronnée (balearica pavonina ssp. pavonina, black crowned crane), 9, en vol d'abord au dessus du fleuve Sénégal (4 + 3) en direction des plaines alluviales coté sénégalais, puis retour vers la Mauritanie avec force 'trompettes' (7 + 2); revu 2 à l'envol lointain au-dessus du fleuve Sénégal, coté mauritanien (après 17h30) /
Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensis, senegal thick-knee), plusieurs sur berges du fleuve Sénégal au matin, 1 en vol et 2 à découvert, au sec entre berge du fleuve Sénégal et début des herbes de la plaine inondée / Rhynchée peinte (rostratula benghalensis, greater painted-snipe), 2 à l'envol, mâle et femelle [marais à l'est de la digue n°2] / Courvite de Temminck (cursorius temminckii, temminck's courser), 4 en terrain sec et salin, avec quelques touffes d'herbes, près de 2 vanellus senegallus / Vanneau éperonné [en particulier à l'est de la digue n°2] / Vanneau (caronculé) du Sénégal (vanellus senegallus, african wattled lapwing), 2 avec quatre cursorius + 2 [digue n°2] /
Grand gravelot (charadrius hiaticula, common ringed plover), un vol de 5 ind. au-dessus des 'chotts' proches des rizières de Taba Tache + un envol de 15 ind. [marais à l'est de la digue n°2] / Gravelot pâtre (charadrius pecuarius, kittlitz's plover), 1 [idem] / Barge rousse (limosa lapponica, bar-tailed godwit), 2 [idem] / Courlis corlieu (numenius phaeopus, whimbrel), 10- [vase des berges du fleuve Sénégal, coté mauritanien surtout] / Pluvier argenté (pluvialis squatarola, grey plover), 7 à 8 en vol avec des philomachus pugnax  [fleuve Sénégal coté mauritanien] / Combattant varié (philomachus pugnax, ruff), 5 à 6 en vol au milieu de pluvialis squatarola [fleuve Sénégal coté mauritanien] / Chevalier culblanc (tringa ochropus, green sandpiper), quelques / Chevalier sylvain (tringa glareola, wood sandpiper), dont 4 ensemble [sur marais en cours d'évaporation] / Chevalier guignette (actitis hypoleucos, common sandpiper), partout / Chevalier gambette (tringa totanus, common redshank), 1 en vol criant descendant le bolong de Taba Tache / Chevalier aboyeur (tringa nebularia, common greenshank), partout, nombreux /
Sterne hansel (gelochelidon nilotica, gull-billed tern), dont plusieurs en chasse au-dessus de la plaine alluviale / Sterne caugek (sterna sandvicensis, sandwich tern) / Sterne caspienne (sterna caspia, caspian tern) /
Pigeon roussard de Guinée (columba guinea, speckled pigeon), 1 + 7 + 2, en vol S>N / Tourterelle pleureuse (streptopelia decipiens, african mourning dove) / Tourterelle masquée (oena capensis, namaqua dove), nombreuses /
(Hibou) petit-duc scops (d'Europe, otus scops, european scops owl), 1 au repos presque au sol sur branche très basse, levé à deux reprises - par Manu puis Fred-, particulièrement houspillé par les tisserins et tous les petits oiseaux du sous-bois [ripisylve à acacias niloticas immergés] /
Engoulevent d'Europe (caprimulgus europaeus, european nightjar), 1 à coté d'1 otus scops et à proximité de familles de caprimulgus climacurus [sous-bois de ripisylve à gonakiers dégradée, les pieds dans l'eau] / Engoulevent à longue queue (caprimulgus climacurus, long-tailed nightjar), 1 femelle puis 1 mâle levés, et quelques ind. proches [ripisylve de digue n°2] + ~8 à l'envol groupé du soir (~18h40) au pied est de la digue n°2 [à proximité du croisement des deux digues] + 1 en chasse au-dessus du bolong de khaye (18H50) /
Martin-pêcheur huppé (alcedo cristata, malachite kingfisher), 1 en vol [marais à l'est de la digue n°2 et de sa ripisylve] / Alcyon pie (ceryle rudis, pied kingfisher), quelques-uns / Guêpier nain (merops pusillus ssp. pusillus, little bee-eater), ubiquiste / Guêpier de Perse (merops persicus, blue-cheeked bee-eater), un vol de 7 en chasse contre le vent [au-dessus de la plaine alluviale] puis quelques ind. / Rollier d'Abyssinie (coracias abyssinicus, abyssinian roller), 1 en lisière d'un terrain sec occupé par deux vanellus senegallus et quatre cursorius / Calao à bec rouge (tockus erythrorhynchus ssp. kempi, western red-billed hornbill), 1 [lisière de la steppe arborée de Taba Tache] /
Cochevis huppé (galerida cristata ssp. senegallensis, crested lark), en nombre, partout / Moinelette à oreillons blancs (eremopterix leucotis, chestnut-backed sparrow lark), notamment en terrain déboisé, sec et salinisé 'au pied' de la 'forêt' de Taba Tache /
Hirondelle de rivage (riparia riparia, common sand martin), un vol unique de 10+ ind. remontant la steppe de Taba Tache à basse altitude, à l'heure la plus caniculaire du jour / Bergeronnette grise (motacilla albawhite wagtail), moins nombreuses en plaine herbacée que les motacilla flava, plusieurs vols du soir (à partir de 18h) en direction de leurs dortoirs nocturnes [S>N] / Bergeronnette printanière (motacilla flava, yellow wagtail), surtout dans les parties herbeuses et humides de la plaine alluviale, vols du soir (à partir de 18h) en direction de leurs dortoirs nocturnes [S>N] /
Traquet motteux (oenanthe oenanthe, northern wheatear), plusieurs dont 2 ensemble ['au pied' de la 'forêt' de Taba Tache] / Tarier pâtre d'Afrique (saxicola torquatus moptanus, african stonechat), 1 observé par Manu /
Hypolaïs polyglotte (hippolais polyglotta, melodious warbler), entendu et observé par Manu / Hypolaïs obscure (hippolais opaca, western olivaceous warbler) / Fauvette passerinette (sylvia cantillans, subalpine warbler), peu nombreuses pour le moment / Pouillot véloce (phylloscopus collybita, common chiffchaff) / Crombec sitelle (sylvietta brachyura, northern crombec), 1 bien vue par deux fois / Prinia modeste (prinia subflava, tawny-flanked prinia, cf. aussi notule de 2010 11 11) / Cisticole des joncs (cisticola juncidis, zitting cisticola), dont 1 bien observée en vol typique, ascensionnel et chantant contre le vent [lisière de 'forêt' de Taba Tache et plaine herbeuse] /
Pie-grièche à tête rousse (lanius senator, woodchat shrike), ~8 /
Tisserin à tête noire (ploceus melanocephalus ssp. melanocephalus) / Travailleur à bec rouge (quelea quelea, red-billed quelea), essentiellement en bandes plus ou moins importantes, avec des ploceus / Euplecte franciscain (euplectes franciscanus, northern red bishop), encore 1 mâle en plumage nuptial (perdure tardivement cette année !) [bolong de Taba Tache] / Bengali zébré (sporaeginthus subflavus, zebra waxbill), dont 4 bien observés au milieu de touffes d'herbes en terrain sec  / Astrild-caille à face noire (ortygospiza atricollis, african/black-faced quailfinch), outre la plaine herbeuse humide, également en terrain sec à tapis herbacé très dégradé, avec moinelettes et cochevis / Amarante du Sénégal (lagonosticta senegala, red-billed firefinch), 1 mâle + un couple mâle et femelle [ripisylve de digue n°2] / Capucin bec-d'argent (euodice cantans, african silverbill), 2 /
Et un vol important de limicoles non identifiés, au loin
Entendu: cisticole roussâtre (cisticola galactotes) / Fauvettes sp. et hypolaïs sp. / Blongios nain (ixobrychus minutus) ?

Ci-dessous: 2010 11 12 soir, 18h; ~200 pélicans blancs rassemblés dans la plaine alluviale mais au sec, en un compact reposoir pour la nuit, derrière lequel passe un troupeau de boeufs, le long du fleuve Sénégal. Hors champ, à proximité, un singe patas observe la scène, assis sur une branche basse d'un acacia tandis que deux balbuzards au sol dépècent leurs proies.
/ Courtesy photos par Emmanuel Cosson, DR




- Patas 'singe rouge' (cercopithecus patas, patas monkey), quelques guetteurs perchés dans des acacias en limite de la plaine inondée, et même assis sur le 'parasol' de trois des arbres - troupe vue deux fois-, + 1 adulte mâle solitaire assis sur une branche basse à proximité d'un grand reposoir de pélicans blancs
- Roussette paillée (eidolon helvum, straw-coloured fruit bat), 1 au crépuscule (18h55, au-dessus de Bango)
Traces: Genette commune / Mangouste ichneumon / Chacal doré / Civette d'Afrique / Phacochère commun /

- Varan du Nil (varanus niloticus, nile monitor), au moins 3 plongeant à l'eau, dont 1 d'une branche d'arbre [digue n°2]
- Périophtalme atlantique / Grenouille occipitale, 1 en plein milieu du fleuve Sénégal [tête émergée à la proue de la pirogue !] / Crabe de palétuvier /
- Néphile du Sénégal / Cétoine sp. / Libellules sp. / Brachythémis à ailes barrées /  Papillons sp. /
1 très gros poisson mort / 1 cadavre de bovin entamé par les asticots (cf. notule de 2010 11 12, 'Morte plaine...')

* Docteur en biologie animale, directeur du Groupe Chiroptères de Provence (GCP):
http://www.gcprovence.org/

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