" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

jeudi 30 décembre 2010

30, Djoudj: moins de pélicans nicheurs qu'en 2009

Ci-dessus: 2010 12 30 matin, le nichoir des pélicans blancs sur le marigot de Djoudj / Photo par Frédéric Bacuez


* Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD). Nichoir des pélicans, marigot de Djoudj -

MATIN-
Pleine saison nidificatrice pour les pélicans blancs du Djoudj ! D'innombrables poussins tout noirs, se confondant avec le socle qui les supporte, sont immergés au coeur de la masse de plusieurs milliers d'adultes, mais déjà plusieurs dizaines d'entre eux marchent et déambulent aux lisières de la colonie. Certains  ont déjà chuté au pied du tertre et ne pourront plus remonter la paroi abrupte, mourant de faim ou bientôt dévorés par les sauriens qui fréquentent les environs.
Après avoir rejoint les parages de leur site de nidification, fin octobre (cf. notule), les pélicans blancs ont pondu entre fin novembre et mi décembre sur l'îlot du Djoudj: délicatement posés sur les pieds palmés de leurs parents, 1 à parfois 6 oeufs, le plus souvent 2 n'ont donné à la vie en général qu'un seul poussin. A partir des 3e-8e jours, le tout premier duvet couvre rapidement le gros poussin d'un habit couleur de suie - c'est le cas, aujourd'hui. Les premières plumes apparaissent entre la 3e et la 4e semaine, puis toutes les plumes à 8 semaines. Les petits quittent le nid dès la 4e semaine - on en voit déjà, ce jour, à l'écart des adultes qui couvrent les plus jeunes poussins. Les pull forment peu à peu des crèches de 10 à 100 juvéniles bien blottis les uns contre les autres afin de faire masse contre les prédateurs qui rodent autour du nichoir: crocodiles, varans, chacals.






Ci-contre: saison 2010-2011
.

2010 12 30; sur le Djoudj, le nichoir des pélicans blancs, saison 2010-2011, seul le tertre principal est  occupé

Ci-dessous: saison 2009-2010.
2009 11 29; les trois  parties du nichoir sont occupées par 16 000 pélicans blancs !

/  Photos par Frédéric Bacuez


Il y a en moyenne 7 000 couples de pélicans blancs sur le 'nichoir de Djoudj'*1, et le nombre de poussins à la naissance est d'environ 5 000. Devant le spectacle féerique de l'îlot couvert de ces énormes palmipèdes, j'ai cependant la sensation qu'il y a moins de nicheurs qu'en 2007-2008, et assurément moins que l'an passé: il est vrai que le comptage annuel de janvier 2009 avait relevé le chiffre record de 16 000 individus dans les limites du parc national ! Cette saison, certaines parties du tertre restent inoccupées et la petite plate-forme voisine du grand nichoir ne supporte aucun pélican, à l'exception d'un cadavre de poussin. Rien d'inquiétant, sachant que nos pélicans, emblèmes du delta sénégalais*2, n'occupent le Djoudj pour y nicher que depuis 1976; qu'ils venaient de l'Aftout es Saheli mauritanien où ils nichaient plus ou moins régulièrement dans les années 60', dans des conditions plus difficiles qu'au Djoudj. Et surtout, les pélicans blancs commencent à nicher de plus en plus fréquemment dans le parc national du Diawling limitrophe, à quelques tire d'ailes. Et reprennent aussi le chemin de l'Aftout où certains nichent irrégulièrement comme en 2003 et 2006. Il y a un an, fin novembre, un important regroupement sur une belle langue de terre au lac de khar, dans le parc national du Djoudj, m'avait fait imaginer que désormais il fallait s'attendre à de nouvelles tentatives de nidification hors le nichoir du seul marigot de Djoudj. On y est: outre la colonie du Banc d'Arguin, avec ses 3 800 couples (1997), et celle du Djoudj (9 366 individus comptés sur le nichoir en 2002 et 12 595 individus comptés sur tout le périmètre du parc national en 2004), les pélicans blancs du delta occupent de plus en souvent des lieux de pontes plus ou moins fructueuses, sur deux autres sites mauritaniens: le parc national du Diawling (par exemple en 1993 et 1995; et 1 400 nicheurs en 1999, avec 5 à 10 pélicans gris !) et dans l'Aftout es Saheli, plus au nord. Au Sénégal, les pélicans blancs se mêlent plus ou moins régulièrement aux pélicans gris pour nicher dans les colonies de Popenguine (Petite Côte), du Sine Saloum et de kalissaye (Casamance). Mais en Afrique de l'Ouest, outre le Banc d'Arguin (Mauritanie) et le Djoudj (Sénégal), le seul autre site de nidification annuel  - pour l'heure !- se trouve au Nigeria, sur le tertre du Wase Rock Bird Sanctuary (Etat du Plateau). Et les quelques milliers de couples reproducteurs du Djoudj, la plus importante colonie d'Afrique occidentale, pèsent peu au regard des 40 000 couples nicheurs du lac Rukwa, en Tanzanie (Afrique orientale) ! On ne fera pas la fine bouche, en partageant la remarque du célèbre ornithologue de Naurois qui disait dans les années 70' que 'nos' pélicans du Djoudj offraient probablement - un peu comme les flamants du lac Nakuru au kenya- " l'un des plus beaux spectacles que puisse offrir la nature". Un enchantement...

*1 8 500 couples nicheurs dans les années 80'; de 4 à 5 000 couples nicheurs entre 2000 et 2008
*2 On évalue la population totale de pélicans blancs dans le delta du fleuve Sénégal (Mauritanie et Sénégal) entre 20 et 40 000 individus (39 406 en 2004 01; 21 925 en 2006 01; 22 875 en 2007 01)

30, Djoudj: encore beaucoup (trop) d'eau, même pour un croco...

2010 12 30, marigot du Djoud (PNOD): crocodile du Nil et ses salades... / Photo par S. & N. Hosford pour Ornithondar

* ZIC de Djeuss et parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD) -


7h30-17h30, en véhicule 4x4 et chaloupe motorisée des communautés villageoises riveraines du PNOD.
Avec Stéphanie & Nigel et leurs trois "pintades": Clara-le-flamant-rose, Tom-le-bûcheron et Dylan-le-tribun-au-doigt-dressé, les deux Manneken-pis du marigot de Djoudj...

Temps: doux le matin, ciel plutôt gris; de plus en plus dégagé l'après-midi, soleil vif, à 34°; pas de vent.

Ci-contre: 2010 12 30, début d'embourbement vers le marigot de Khar (PNOD) / Photo par Frédéric Bacuez



Ci-dessous: à d., sur le marigot du Djoudj (PNOD), près de l'embarcadère, grands cormorans à poitrine blanche, cormorans africains, alcyon pie sur tamarix senegalensis immergé, et pélicans blancs non reproducteurs - à g., vol de grands cormorans à poitrine blanche et les trois espèces de phalacrocoracidés sur un arbre mort: anhingas, cormorans africains et grand cormoran 
/ Photos par Stéphanie Hosford pour Ornithondar


Ci-après: marigot du Djoudj (PNOD), dans une chaloupe des communautés villageoises riveraines du parc national; au loin, vol de pélicans blancs 
/ Photo par Frédéric Bacuez

Nota: après les fortes et tardives pluies de la mousson 2010 et l'importante crue du fleuve Sénégal qui a suivi, le parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD) a été bien submergé, cette année. Et longuement, au regard de l'abondance des marais, de la hauteur des eaux sur les marigots du Djoudj (cf. photo ci-contre) et du khar, de l'explosion végétative aux mares du Tantale et de Gainthe. Si l'eau bienfaitrice a retrouvé le lit des marigots, les plaines restent très humides sous l'écorce craquelée des alluvions (cf. photo ci-après). Et visiblement, après six mois de 'fermeture' au tourisme, le parc national n'a pas encore trouvé l'heur de rouvrir ses pistes... sans risque d'embourbement pour les véhicules, ni de réparer ses quelques miradors toujours aussi dangereux pour le (rare) visiteur qui ne se contente pas du seul nichoir des pélicans... Je ne suis pas certain qu'il faille quémander, même là, des subsides à des organisations internationales pour trouver pointes et marteau et replacer quelques tôles arrachées aux dits miradors par des vents de mousson qui ne soufflent plus depuis plus de trois mois... Pour en finir avec les 'impressions' humaines, c'est toujours la même surprise: beaucoup, vraiment beaucoup de fonctionnaires des Eaux & Forêts à l'embarcadère du Djoudj, sourcilleux sur le contrôle des tickets d'entrée et de pirogue, beaucoup moins pour (faire) nettoyer les lieux des nombreux sachets et autres rebuts humains qui jonchent la digue... Quant au(x) python(s) (python sebae) qui fréquentai(en)t les amas rocheux de l'embarcadère, notre piroguier villageois lache, cigarette aux lèvres: "il est parti, le python !". Ah oui, le fameux "parti là-bas, au loin" que j'entends sous les cieux d'Afrique depuis trente ans au fur et à mesure que disparait sa biodiversité ! J'ai compris... En effet, on a 'nettoyé' la berge, de ce coté-ci: plus d'arbuste, plus de buissons, plus d'herbes... Horizon dégagé ! Quant à la grande passion africaine pour le ciment, elle se vérifie même ici, au sein du "3e parc ornithologique mondial" - ouais ouais ouais... C'est  l'urgence de la nouvelle saison: les infrastructures du Commandement Central (diantre !) et même la rive du Gorom se parent - se barricadent ?- de longs murs d'enceinte gris. Après les alignements de pneus à l'entrée du "joyau" de l'Unesco, de plus en plus malmenés, place au béton ! Dans le parc national, toujours plus de boeufs en vadrouille, y compris dans la zone censée être l'ultime refuge d'improbables gazelles dorcas (gazella dorcas)... précédemment réintroduites. Au marais de Gainthe, le poste de surveillance semble sans surveillants, tandis qu'alentour panneaux et débris jonchent le sable... et que le marais est asphyxié par une énième regénerescence des salades d'eau...
Sans avoir eu le temps d'inspecter le Grand Lac et le lac de khar, on peut confirmer le net retour en force des dendrocygnes veufs (dendrocygna viduata, dont les effectifs avaient chuté dans la première moitié de la décennie), et la présence des canards souchets (anas clypeata) sur les petits marais saisonniers. Les contingents hivernants de barges à queue noire (limosa limosa) et de combattants variés (philomachus pugnax), bien que partout visibles, ne retrouvent toujours pas leurs considérables effectifs du siècle passé. En revanche, les trois espèces de cormorans (anhinga rufa, phalacrocorax carbo lucidus et phalacrocorax africanus, cf. photos ci-dessus) continuent de prospérer et sont, de loin, les grands oiseaux les plus fréquents au long du marigot de Djoudj et dans le ciel du parc national, nonobstant les inévitables pélicans blancs (pelecanus onocrotalus). L'impressionnante renaissance de leurs effectifs mauritaniens dans le parc national du Diawling, sur le Bell, au Banc d'Arguin, et dans l'Aftout es Saheli - à mettre en parallèle avec un bon travail de protection et de sensibilisation - y est probablement pour quelque chose.

 Au-delà des alluvions craquelants et percés par les sabots des phacochères, l'envol des dendrocygnes sur le Khar
2010 12 30 au PNOD / Photo par Frédéric Bacuez


OISEAUX / 72 espèces 'cochées', + 10 sp. exclusivement hors PNOD
MAMMIFÈRES / 2 espèces 'cochées'
REPTILES / 2 espèces vues
AUTRES / 3 espèces

Vu, dans les limites du PNOD:
  • Anhinga (roux) d'Afrique (anhinga rufa, african darter), nombreux / 
  • Grand cormoran à poitrine blanche (phalacrocorax carbo ssp. lucidus, white-breasted cormorant), innombrables - ce jour le plus commun des grands oiseaux d'eau au Djoudj / 
  • Cormoran africain (phalacrocorax africanus, long-tailed cormorant), très nombreux / 
  • Pélican blanc (pelecanus onocrotalus, great white pelican), plusieurs milliers d'adultes reproducteurs sur le nichoir et au moins 2000+ poussins visibles / 
  • Héron cendré (ardea cinerea, grey heron) / 
  • Héron pourpré (ardea purpurea, purple heron), quelques ind. [long du Djoudj] /
  • Bihoreau gris (nycticorax nycticorax, black-crowned night heron) [dans les dortoirs du marais de Gainthe] / 
  • Crabier chevelu (ardeola ralloides, squacco heron) / 
  • Aigrette (dimorphe) des récifs (egretta gularis, western reef egret) / 
  • Aigrette garzette (egretta garzetta, little egret) / 
  • Grande aigrette (egretta alba, great egret) / 
  • Tantale ibis (mycteria ibis, yellow-billed stork,), 1 ind. [marais de khar] + 1 ind. hors PNOD [vers Rône] / 
  • Cigogne noire (ciconia nigra, black stork), 1 seul ind. dans les ascendants avec les pélicans blancs [au-dessus de la plaine de Gainthe, cf. photo en haut de notule] / 
  • Spatule blanche (eurasienne, platalea leucorodia, european/eurasian spoonbill) / 
  • Spatule d'Afrique (platalea alba, african spoonbill), dont un groupe de 5+ ind. en train de labourer la vase / 
  • Ibis falcinelle (plegadis falcinellus, glossy ibis) / 
  • Ibis sacré (threskiornis aethiopica, sacred ibis) / 
  • Dendrocygne veuf (dendrocygna viduata, white-faced whistling duck) / 
  • Oie-armée de Gambie, 2 + 1 ind. (plectropterus gambensis, spur-winged goose) / 
  • Ouette d'Egypte (alopochen aegyptiaca, egyptian goose), 2 ind. / 
  • Canard souchet (anas clypeata, northern shoveler) / 
  • Sarcelle d'été (anas querquedula, garganey) / 
  • Pygargue vocifère (haliaeetus vocifer, african fish eagle) / 
  • Balbuzard pêcheur (pandion haliaetus, osprey) / 
  • Busard des roseaux (circus aeruginosus, eurasian marsh harrier) / 
  • Busard cendré (circus pygargus, montagu's harrier), 2 ind. / 
  • Aigle botté (hieraeetus pennatus, booted eagle), 1 - peut-être 2 ind. ? / 
  • Râle à bec jaune (marouette noire, amaurornis flavirostra, black crake) / 
  • Jacana à poitrine dorée (actophilornis africana, african jacana) / 
  • Grue couronnée noire, 1 seul  ind. (balearica pavonina, black crowned crane) / 
  • Échasse blanche (himantopus himantopus, black-winged stilt) / 
  • Glaréole à collier (glareola pratincola, collared pratincole) / 
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosus, spur-winged lapwing) / 
  • Gravelot pâtre (charadrius pecuarius, kittlitz's plover) / 
  • Petit gravelot (charadrius dubius, little ringed plover) / 
  • Barge à queue noire (limosa limosa, black-tailed godwit) / 
  • Bécasseau minute (calidris minuta, little stint) / 
  • Bécasseau cocorli (calidris ferruginea, curlew sandpiper) / 
  • Chevalier sylvain (tringa glareola, wood sandpiper) / 
  • Chevalier aboyeur (tringa nebularia, common greenshank) / 
  • Combattant varié (philomachus pugnax, ruff) / 
  • Chevalier guignette (actitis hypoleucos, common sandpiper) / 
  • Goéland railleur (larus genei, slender-billed gull) / 
  • Mouette à tête grise (larus cirrocephalus, grey-headed gull) / 
  • Sterne caugek (sterna sandvicensis, sandwich tern) / 
  • Sterne caspienne (sterna caspia, caspian tern) / 
  • Guifette leucoptère (chlidonias leucoptera, white-winged tern) / 
  • Guifette noire (chlidonias nigra, black tern) / 
  • Tourterelle pleureuse (streptopelia decipiens, african mourning dove) / 
  • Tourterelle maillée (streptopelia senegalensis, laughing dove) / 
  • Tourterelle masquée (oena capensis, namaqua dove) / 
  • Coucal du Sénégal (centropus senegalensis, Senegal coucal) / 
  • Coliou huppé (à nuque bleue, dit oiseau-souris, urocolius macrourus, blue-naped mousebird) / 
  • Martin-pêcheur huppé (alcedo cristata, malachite kingfisher), 1 + 1 ind. / 
  • Alcyon pie (ceryle rudis, pied kingfisher) / 
  • Guêpier de Perse (merops persicus, blue-cheeked bee-eater) / 
  • Guêpier nain (merops pusillus ssp. pusillus, little bee-eater) / 
  • Rollier d'Abyssinie (coracias abyssinicus, abyssinian roller) / 
  • Cochevis huppé (galerida cristata, crested lark) / 
  • Moinelette à oreillons blancs (eremopterix leucotis, chestnut-backed sparrow lark) / 
  • Hirondelle de rivage (riparia riparia, common sand martin) / 
  • Bergeronnette grise (motacilla albawhite wagtail) / 
  • Bergeronnette printanière (motacilla flava, yellow wagtail) / 
  • Traquet motteux (oenanthe oenanthe, northern wheatear) / 
  • Tarier pâtre africain (saxicola torquatus, african stonechat) / 
  • Fauvette passerinette (sylvia cantillans, subalpine warbler) / 
  • Pouillot véloce (phylloscopus collybita, common chiffchaff) / 
  • Prinia modeste (prinia subflava, tawny-flanked prinia) / 
  • Moineau doré (passer luteus, sudan golden sparrow) / 
  • Tisserin à tête noire (ploceus melanocephalus ssp. melanocephalus, black-headed weaver) / 
  • Travailleur à bec rouge (quelea quelea, red-billed quelea) / 
  • Amarante du Sénégal (lagonosticta senegala, red-billed firefinch) /
Vu, hors PNOD:
  • Héron strié (butorides striata, green-backed heron), 1 ind. / 
  • Ombrette africaine (scopus umbretta, hammerkop), 3 ind. / 
  • Milan noir (milvus migrans ssp. migrans, black kite), 1 ind.  / 
  • Gallinule poule d'eau (gallinula chloropus, common moorhen), 2 ind.  / 
  • Talève sultane (porphyrio porphyrio ssp. madagascariensis, (purple) african swamphen) / 
  • Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensis, Senegal thick-knee), 1 ind.  / 
  • Rhynchée peinte (rostratula benghalensis, greater painted-snipe), 2 ind. / 
  • Chevalier gambette (tringa totanus, common redshank) [mare entre Rawet et keur Moussa] / 
  • Hirondelle rustique (hirundo rustica, barn swallow), en chasse au ras du sol, un groupe de 80+ ind. [vers Rawet] / 
  • Buphage pique-boeuf à bec jaune (buphagus africanus, yellow-billed oxpecker), 1 ind. sur arbre [au dessus d'un troupeau de vaches, digue de Bango] /

2010 12 30 aprem' au PNOD: tantale ibis au milieu des dendrocygnes veufs / Photo par Frédéric Bacuez
AUTRES:
  • Chacal doré (canis aureus, common (golden) jackal), 3 - peut-être 4 ind. ? [en maraude devant le mirador du tantale, cf. photo ci-après à d.]
  • Phacochère commun (phacochoerus africanus, common warthog, cf. photo ci-dessous à g.), en tout: 47 ind. - dont ~10 en ZIC Djeuss. Également: 1 cadavre [près du poste écogarde de Gainthe, cf. photo ci-après à g.], et 1 crâne [bois du poste écogarde de Gainthe]
  • Crocodile du Nil (crocodylus niloticus, Nile crocodile), 2 ind. - dont 1 juvénile et 1 énorme adulte (cf. photo ci-dessous à d.) [à proximité du nichoir des pélicans, marigot de Djoudj]
  • Varan du Nil (varanus niloticus, Nile monitor), 3+ ind. - dont un à l'embarcadère du Djoudj (cf. photo ci-dessous au centre)
  • 'Poisson-chat'
  • Piéride veinée de brun
  • Néphile du Sénégal, nombreux juvéniles/immatures dans les toiles défaites [marais de Gainthe]

Ci-dessous: 2010 12 30 au parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD)
- En haut, de g. à d.: phacochère mâle à la sieste - varan du Nil à l'embarcadère du Djoudj - la curée des cormorans et des ardéidés
- En bas: à g., cadavre de phaco près du poste forestier de Gainthe - à d., chacal doré en maraude près du 'mirador du tantale'
/  Photos Frédéric Bacuez et Stéphanie Hosford pour Ornithondar


30, de Bango au Djoudj par le Djeuss sud

2010 12 30 matin, envol de dendrocygnes veufs au marais de Ndigué / Photo par Frédéric Bacuez

* De Bango au Djoudj, par le Lampsar et le Djeuss. Marais de Mboubeune, de Mberaye, de Ndigue -
MATIN-

samedi 25 décembre 2010

25, "petit matin bonne heure" sur les vasières du Lampsar

2010 12 25, 7h44 du matin, Lampsar de Noël... / © Photo par Frédéric Bacuez

* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -


MATIN, 7h20-8h, 19-20°-
A 7h30 sur les vasières (cf. photo ci-après), la majorité des bihoreaux gris (nycticorax nycticorax, black-crowned night heron) est déjà remontée dans les profondeurs de la mangrove. A cette heure, juste avant que les premiers rayons du soleil n'illuminent les palétuviers et les roselières du marigot, il y a encore ~30 bihoreaux, qui, les uns après les autres, quittent le bord de l'eau, marchent sur la vase et grimpent dans l'obscurité des blocs touffus pour s'y reposer. A presque 8h, il n'en reste que deux, puis plus aucun... jusqu'au soir vers 19h. Au coeur de l'hiver, au lever du jour, ils seront parfois plus de 200 réunis sur le même bout de vasière !

Un à un, en l'espace d'une demi-heure, 
les 200 bihoreaux gris auront délaissé la vase pour la pénombre des palétuviers


Ci -dessus: 7h28, bihoreaux gris et hérons cendrés sur les vasières 
/ © Photo par Frédéric Bacuez

Au long des vasières: 

  • Hérons cendrés (ardea cinerea, grey heron), 10+ ind. / 
  • Aigrettes garzettes (egretta garzetta, little egret), 3+ ind. / 
  • Aigrettes des récifs (egretta gularis, western reef egret), quelques ind. / 
  • Échasses blanches (himantopus himantopus, black-winged stilt), 11 ind. dont neuf ind. passeront d'une rive à l'autre avant de rejoindre brièvement la baie de Lampsar-bolong de Khaïgga (cf. photo ci-après) / 
  • Chevaliers aboyeurs (tringa nebularia, common greenshank) / 
  • Chevaliers guignettes (actitis hypoleucos, common sandpiper) /

Sur ma berge:

  • Vanneaux éperonnés (vanellus spinosus, spur-winged lapwing), 2 ind. transis... / 
  • Aigrette garzette, 1 ind. /
  • A 7h45, 1 pygargue vocifère (haliaeetus vociferafrican fish eagle) arrive du Lampsar 'doux' et rejoint les mangroves; on y entend aussitôt les vociférations d'usage...
  • Le balbuzard pêcheur (pandion haliaetus, osprey) du marigot fait déjà le tour de sa résidence hivernale... 
  • ... tandis que des dizaines de bergeronnettes sp. (motacilla sp.) traversent les airs pour rejoindre la plaine alluviale.

Ci-dessus: 7h46, vol d'échasses blanches au dessus de la baie du bolong de Khaïgga
/ © 
Photo par Frédéric Bacuez

Au dessus du marigot: 

Vols de sternes caspiennes (sterna caspia), sternes caugeks (sterna sandvicensis) et autres laridés à haute altitude [>Lampsar 'doux'] / Envols matinaux de moineaux dorés (passer luteus, sudan golden sparrow), de tisserins à tête noire (ploceus melanocephalus ssp. melanocephalus) et travailleurs à bec rouge (quelea quelea)
~9h, des vanneaux éperonnés (vanellus senegalensis) et des alcyons pies (ceryle rudis) très bruyants

Dans le jardin de Keur Lampsar:

10h40 puis ~12h, 1 mâle de pic goertan (dendropicos goertae, grey woodpecker) frappe vigoureusement l'écorce du flamboyant /
Entendu:
1 camaroptère à dos gris (camaroptera brachyura ssp. brevicaudata, grey-backed camaroptera) dans une haie de bougainvillées / Au dessus du jardin, le passage rapide de perruches à collier (psittacula kramerirose-ringed parakeet) [>caserne]

SOIR-
Net rafraîchissement, température ressentie: 18°

vendredi 24 décembre 2010

24, il paraît que c'est Noël...


Premier jour de l'hiver tropicalisé, sur la berge bangotine du Lampsar saumâtre, à marée basse. 
Sur les pirogues de leurs pères, les enfants 'pêchent' les oiseaux; à terre, les adultes en sont restés aux poissons... et regardent faire - des has been... 
Bango, 2010 12 21, 18h / © Photo par Frédéric Bacuez


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -

A mes innombrables visiteurs...
Je vous souhaite de joyeuses fêtes 
de fin d'année - Merry Christmas ! 
Sous la neige comme sur le sable blanc de l'Océan indien ! 
Ou sous les porte-voix des minarets...

- Frédéric Bacuez pour Ornithondar

24, un pygargue manque de se faire prendre au piège des petits braconniers

 2010 12 24, un pygargue vocifère se libère in extremis d'un filin qui lui entrave les serres... / © Photo par Frédéric Bacuez

* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -


MATIN-
10h, à marée basse: 
deux 'bucherons' sont entrés dans la mangrove par le bolong de Khaïgga. 
Toute la matinée, l'un d'eux fait la navette avec la digue, les épaules chargées de bois de palétuviers... 
interdits de coupe, bien entendu...


  • 1 pygargue vocifère (haliaeetus vocifer, african fish eagle) et 1 balbuzard pêcheur (pandion haliaetus, osprey) planent au dessus des palétuviers; un 2e balbuzard les y rejoints.
  • Devant les blocs de palétuviers: plusieurs chevaliers guignettes (actitis hypoleucos) et des alcyons pies (ceryle rudis) / 5 échasses blanches (himantopus himantopus, black-winged stilt) décollent [>lac de Bango ?]
  • 1 rollier d'Abyssinie (coracias abyssinicus, abyssinian roller) adulte en vol [mangroves>digue puis Bango]
  • A la pointe Thiolet: ~270 dendrocygnes veufs (dendrocygna viduata, cf. notule de 2010 12 23, 'Lampsar: le retour des dendrocygnes veufs')
  • Sur ma berge: 1 chevalier guignette (actitis hypoleucos) / 1 aigrette garzette  (egretta garzetta) / 1 aigrette des récifs (egretta gularis) / 1 bergeronnette grise (motacilla alba) / 1 bergeronnette printanière (motacilla flava ssp. flava, yellow wingtail), très claire - femelle adulte.
  • Au dessus du marigot: 3 goélands railleurs (larus genei, slender-billed gull) [>Lampsar 'doux'] / 1 sterne caspienne (sterna caspia, caspian tern) AR

APREM'-
  • Passage de quelques sternes caugeks (sterna sandvicensis) et sternes caspiennes (sterna caspia) / A peine plus de goélands bruns (larus fuscus), en altitude [delta>Lampsar 'doux']
  • 1 coucal du Sénégal (centropus senegalensisSenegal coucal) [premier bloc de palétuviers>prosopis de la digue]
  • 14h15, 1 pygargue vocifère (haliaeetus vocifer) et 2 pélicans gris (pelecanus rufescens, pink-backed pelican) cerclent au dessus du marigot / 6+ guêpiers de Perse (merops persicus, blue-cheeked bee-eater) chantant arrivent de Bango
  • 3 balbuzards pêcheurs (pandion haliaetus, osprey) au dessus du marigot ! le balbuzard qui hiverne vers Dakhar-Bango cercle au dessus du marigot; il est rejoint par deux autres sujets en provenance de Bango

SOIR, 17h30-
  • Sur la rive sud: 1 sterne caspienne (sterna caspiacaspian tern) longuement immobile sur une avancée sableuse, coté caserne, d'où les enfants braconnent régulièrement en lançant au large leur filins hameçonnés; bizarre, j'espère qu'elle n'a pas ingéré d'hameçon...
  • Sur la rive nord: 1 spatule blanche (d'Europe, platalea leucorodiaeuropean spoonbill) - la première à rendre visite aux berges du marigot, cet hiver -, balaie de son bec les eaux vaseuses de la marée basse, aux cotés de 2 aigrettes garzettes (egretta garzettalittle egret).











Ci-dessus: 2010 12 24, 17h04, un pygargue se prend les serres dans un fil hameçonné
Marigot de Lampsar /  © Photo par Frédéric Bacuez

Un pygargue vocifère se prend les serres dans un filin hameçonné 
- et s'en sort miraculeusement !

Au plus large du marigot, 1 grand pygargue vocifère (une femelle ? haliaeetus vocifer, african fish eagle) s'acharne à vouloir récupérer un poisson piégé par un hameçon au bout d'un très long filin de nylon relié aux racines des palétuviers rouges; l'aigle pêcheur finit par s'emmêler les serres dans le traquenard; il tournoie en rond sur plusieurs dizaines de mètres (cf. photo ci-dessous) et finit par tomber à l'eau où il reste immobile plusieurs minutes durant. L'eau réussit peut-être à délier le poisson et son filin, et le pygargue réussit à reprendre miraculeusement son envol. Sans demander son reste, le grand rapace regagne l'arrière des mangroves où je l'entends vociférer... A 18h25, comme chaque soir, le pygargue décolle des mangroves et va rejoindre les grands arbres du coté du Ranch de Bango. Ouf !

Additif 2010 12 25, 13h15: 
me voici rassuré, les 2 pygargues vocifères (haliaeetus vociferafrican fish eagle) qui fréquentent le marigot sont sains et saufs ! L'un d'eux cerclant vers les hauteurs en compagnie de 2 milans parasites (milvus migrans parasitus) réussit, par ses grands cris, à entraîner dans son sillage le second aigle - qui me semble être le mâle - qui délaisse enfin ses mangroves de Dakhar-Bango. A 18h35, la femelle abandonne les palétuviers de Thiolet pour le Lampsar 'doux' de la nuit, suivie à 18h40 du mâle (plus petit que la femelle)... Joyeux Noël à eux...

Ci-dessous: 2010 12 24, 18h10. Apprentis braconniers... 
Sur la rive bangotine du Lampsar /  © Photo par Frédéric Bacuez



jeudi 23 décembre 2010

21-24, Lampsar: le retour des dendrocygnes veufs

2010 12 23, 11h30; tandis que le Bou el Mogdad redescend le fleuve Sénégal vers l'île de Ndar, derrière la pointe  Thiolet, 
un grand cormoran à poitrine blanche amerrit sur le Lampsar / © Photo par Frédéric Bacuez

* Bango. Du delta au Lampsar d'eau douce -

MATIN, 11h30-
Comme chaque jeudi, le Bou el Mogdad traverse le delta au bout du Lampsar, redescendant le fleuve Sénégal vers son port d'attache, les quais de l'île de Ndar/Saint-Louis. Ce matin, longeant les mangroves de Thiolet, le bateau fait s'envoler des vasières de la péninsule de Thiolet les premiers rassemblements postnuptiaux des dendrocygnes veufs (dendrocygna viduata, white-faced whistling duck). Depuis le 21 décembre en effet, premier jour de l'hiver officiel, trois groupes de nos canards afrotropicaux ont réapparu dans le ciel du Lampsar. Le 24 décembre au matin, les ~270 dendrocygnes présents sur le pourtour de la pointe Thiolet ne cessent de s'élever puis de se reposer, pas encore familiarisés avec le passage des pirogues; les canards sont rejoints (vers 10h40) par une nouvelle troupe d'une vingtaine d'individus, venant de l'intérieur des terres via Bango. Les dendrocygnes veufs, parmi lesquels peuvent se trouver des dendrocygnes fauves (dendrocygna bicolor) et quelques canards casqués (sarkidiornis melanotos, cf. photo ci-dessous à g.) décollent des vasières deltaïques au crépuscule, vers 19h; ils s'élèvent vite vers l'altitude, presque à la verticale, avant de remonter le Lampsar en sifflant et de piquer sur les herbiers du Lampsar 'doux', notamment devant le Ranch de Bango, où ils passent la nuit à paturer. Au fur et à mesure que les mois d'hiver avancent, les dendrocygnes pourront atteindre à la passée le chiffre de 4 000 individus (cf. photos ci-après), rien que sur le Lampsar. C'est beau.

Certains hivers lampsariens, jusqu'à 4 000 dendros' à la passée...
















Ci-contre, les dendrocygnes... 
A d., à la pointe Thiolet, avec le photographe animalier Alain Fournier, 2009 02  
- A g., devant le lodge Thioubalo (Ranch de Bango), 2009 04 / © Photos par G. et F. Bacuez


MATIN-
  • 1 grand cormoran à poitrine blanche (phalacrocorax carbo ssp. lucidus, white-breasted cormorant, cf. photo en haut)
  • Les 2 pygargues vocifères (haliaeetus vocifer, african fish eagle) sont perchés sur un palétuvier à l'entrée du bolong de Dakhar-Bango

APREM'-
  • 13h, 1 goéland immature ressemblant fortement au goéland leucophée (larus michahellis, yellow-legged gull) cercle seul au dessus des eaux du marigot / 1 pélican gris (pelecanus rufescens, pink-backed pelican) barbote le long des palétuviers du marigot
  • 16h45, au delà de la baie de Lampsar-bolong de khaye: en vol de 'chasse' au dessus des palétuviers blancs, 1 busard des roseaux (circus aeruginosus, eurasian marsh harrier) et 1 balbuzard pêcheur (pandion haliaetus, osprey)
  • 1 pic goertan (dendropicos goertae, grey woodpecker) en vol ondulant [blocs de palétuviers>prosopis de la digue de Bango]

SOIR-
  • 18h55, premiers bihoreaux gris (nycticorax nycticorax, black-crowned night heron) à l'envol croassant / 19h05, premiers appels des oedicnèmes du Sénégal (burhinus senegalensis)

NUIT, pleine lune-
Entendu les échasses blanches (himantopus himantopus), longuement, au dessus du marigot et ses environs.

mercredi 22 décembre 2010

22, les balbuzards pêcheurs, depuis la pointe nord de Ndar

2010 12 22, 11h30 du matin; survolant le fleuve Sénégal, entre le quartier de Goxuumbacc et les filaos de Sal Sal, un balbuzard part pêcher en mer
/ © 
Photo par Frédéric Bacuez

* Saint-Louis/Ndar, depuis le Rond-point nord de l'île -

MATIN-
Depuis l'extrémité de l'île patrimoniale, sur le large bassin lagunaire qui relie le lit principal du fleuve Sénégal au Petit bras qui sépare l'île de la Langue de Barbarie:
2 balbuzards pêcheurs (pandion haliaetus, osprey) remontent le lit principal du fleuve Sénégal, survolent laborieusement le lagon contre le vent, entre la pointe nord de l'île de Ndar et l'île de Bop Thior, pour enjamber le cordon dunaire de la Langue de Barbarie, entre les dernières maisons de Goxuumbacc et le bosquet frontalier de filaos (cf. photo ci-après), pour rejoindre l'océan.

Nota: chaque hiver c'est le même rituel; plusieurs balbuzards font la navette entre fleuve et océan, par dessus les landes et sables de Sal Sal. Ils vont pêcher en mer, le plus souvent avec succès, rapidement. Ils font alors un grand cercle aérien pour distancer les sternes marines (pierregarins notamment, sterna hirundo) qui les poursuivent. Repassant par dessus les filaos qui bornent la frontière mauritanienne, nos invétérés piscivores vont généralement se poser au sol sur les îles Temesna qui font face à la pointe nord de Saint-Louis, pour y dévorer tranquillement leurs prises.

Sur l'eau:

  • 2 pélicans blancs (pelecanus onocrotalus) se laissent flotter au gré des eaux / 
  • Quelques cormorans africains (phalacrocorax africanus) / 
  • 2 balbuzards pêcheurs (pandion haliaetus, cf. ci-dessus) /
  • 15+ milans parasites (milvus parasitus) dans le ciel / 
  • Mouettes à tête grise (larus cirrocephalus ssp. poiiocephalus) / 
  • Quelques goélands bruns (larus fuscus) / 
  • 16+ sternes hansel (gelochelidon nilotica) [amont>aval du fleuve Sénégal] / 
  • 1 sterne caspienne (sterna caspia) suit une pirogue à moteur [aval>amont du fleuve] /
  • 2 corbeaux pies (corvus albus) / 

Sur l'île:

  • 8 colious huppés (urocolius macrourus) /
  • 1 bergeronnette grise (motacilla alba) / 
  • Innombrables martinets des maisons (apus affinis ssp. aerobates) /
  • Moineaux domestiques (passer domesticus ssp. indicus) / 
  • 1 amarante du Sénégal (lagonosticta senegala), mâle / 

Au-dessus du fleuve Sénégal et du pont Faidherbe: 

  • 1 pélican blanc cercle en altitude / 
  • Passage de sternes caspiennes /
  • Passage d'au moins 1 sterne royale (sterna maxima ssp. albididorsalis) [>aval] /

mardi 21 décembre 2010

21, une aigrette ardoisée sous son ombrelle

Une aigrette ardoisée et sa fameuse technique de pêche... 
Gambie 2006 04 / © Photo par Mike Pennington, pour African Bird Club

* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -

Temps: c'est officiellement l'hiver, bien réel plus au nord... Dans le delta du fleuve Sénégal, la douceur des températures est plutôt stable pour le moment, celles-ci font moins le yoyo que l'an passé ! La nuit descend timidement à 18°, remonte à 24° matin et soir, laissant au soleil d'après-midi, pendant deux heures, le soin de chauffer l'atmosphère de ses 31°. Pourvu que ça dure...

APREM'-

Premières marées basses d'importance: les vasières largement dégagées permettent de premiers rassemblements d'oiseaux devant les bosquets de palétuviers rouges: il y a sur la vase deux petits regroupements de mouettes à tête grise (larus cirrocephalus ssp. poiiocephalus), au repos, et au bord du marigot, trois chevaliers aboyeurs (tringa nebularia), deux sternes caspiennes (sterna caspia), des hérons cendrés (ardea cinerea), des aigrettes garzettes (egretta garzetta), des aigrettes des récifs (egretta gularis).
Deux gros poissons pris dans les filets se débattent vigoureusement dans le restant d'eau; les dizaines de milans parasites (milvus m. parasitus) qui arrivent aussitôt de la berge sud font rappliquer la pirogue des fils de pêcheurs pour récupérer les prises avant que les rapaces ne les éperonnent !
Après 16h, un enfant qui vient arracher de l'herbe dans la mangrove fait s'envoler 1 bihoreau gris (nycticorax nycticorax) qui se repose vite dans le coeur vert du bloc de palétuviers voisin, ainsi que 2 hérons pourprés (ardea purpurea) contraints de décoller un peu plus tôt que d'habitude.
1 héron strié (butorides striata) fait la navette entre le 'jardin' et les racines aériennes du premier bosquet de palétuviers qui bordent la baie de Lampsar-bolong de khaïgga.
Au milieu des sternes caspiennes et caugeks (sterna sandvicensis), et des milans parasites, 1 balbuzard pêcheur (pandion halietus, osprey) n'est pas bredouille: il s'éloigne vers les mangroves de palétuviers blancs pour manger le poisson qu'il tient dans les serres, dans le sens du vol.

SOIR, 18h-18h30-

2 anhingas (roux) d'Afrique (anhinga rufa, african darter) passent au dessus des mangroves [delta>Lampsar 'doux']
Au devant d'un bloc de palétuviers rouges, à proximité d'1 aigrette garzette et de 2 aigrettes des récifs qui toutes arpentent l'eau, 1 aigrette ardoisée (egretta ardesiaca, black heron) pêche en ouvrant et fermant les ailes au-dessus de la tête, comme une ombrelle (cf. photo ci-contre, dans le rond rouge). 

Ci-contre: aigrette ardoisée sous l'ombrelle de ses ailes (cf. cercle rouge) et pirogue d'enfants braconnant les sternes
2010 12 21 au soir / © photo par Frédéric Bacuez


Nota: l'aigrette ardoisée est la moins commune des 5 espèces d'egretta sp. du delta sénégalais. Y survit une petite population isolée des autres, que l'on retrouve au sud de la péninsule du Cap-Vert et sur le fleuve Niger au nord-est de Bamako. La quasi éradication des héronnières dans le bas-delta du fleuve, depuis les années '70 du siècle passé (à peine plus de 25 couples nicheurs d'egretta ardesiaca recensés entre 1961 et 1965; et seulement deux toutes petites colonies sur mangroves en 1969*!), a porté un coup fatal à la démographie de l'espèce dans notre région. A l'instar de la plupart des ardéidés et des grands échassiers visibles dans le delta, les aigrettes ardoisées sont des erratiques qui ne nichent plus qu'occasionnellement, si les conditions le permettent.... c'est à dire rarement... En 1980, un attroupement de 225 ind. est observé près de Saint-Louis*2; personnellement, j'ai pu observer un groupe moindre au marigot de Ndigue, quelques dizaines d'individus, à quelques kilomètres au sud du parc national du Djoudj, seul site avec le Diawling mauritanien voisin où quelques héronnières se maintiennent*3, et où les aigrettes ardoisées peuvent nicher.

*1 Cité par de Naurois
*2 1980 12 1, obs. par Poorter et al.
*3 4 à 5 héronnières au Djoudj (PNOD), dont une en lisière nord-ouest; et 4 au Diawling (PND), dont une sur le Bell, hors parc national

Ci-dessous: l'aigrette ardoisée et sa technique de pêche unique au monde... 
Lac Ziway, Ethiopie 2009 11 © Photos par Thomas Varto Nielsen, pour African Bird Club

dimanche 19 décembre 2010

19, le spectaculaire barbican fait le corbeau dans le flamboyant !

Ci-dessus: un barbican à poitrine rouge frappe à la fenêtre (sic) !
A Bango 
2008 10 12, 14h / © Courtesy photo par Eddy Graëff pour Ornithondar

* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -

APREM', 16h25-
Brièvement dans le flamboyant du jardin, 1 barbican à poitrine rouge (lybius dubiusbearded barbet) émet deux croassements dignes d'un corbeau - craowcraow !, avant de rejoindre l'intérieur du village. Au moins deux couples y habitent, à plus de 200 kilomètres au nord de leur limite de répartition (re)connue - officiellement pas au nord du 14°30 N ! C'est seulement la seconde fois que le spectaculaire barbu passe par mon jardin, alors qu'il est bien familier de certaines cours bangotines - peut-être moins exposées aux alizés salins ?

Nota: le barbican à poitrine rouge est un oiseau endémique de l'Afrique occidentale, dont l'aire de répartition ne dépasse pas à l'est les confins centrafricains, du sud sahélien (15°N) aux lisières de la forêt équatoriale. Au Sénégal, sa présence inattendue à Bango sur un petit périmètre est probablement le résultat d'une remontée de barbicans en provenance de la presqu'île du Cap-Vert via les Niayes côtières, à la faveur du regain des moussons depuis une quinzaine d'années. Remarquablement coloré (noir, rouge, blanc), l'oiseau trapu est aussi spectaculaire par ses yeux perpétuellement étonnés et par son bec disproportionné, jaune corne, bordé de longs poils bien visibles à faible distance (cf. photo ci-dessus). Qusiment jamais au sol, ce barbu (capitonidae) est un oiseau localisé (mais pas rare), affectionnant les savanes richement boisées: à Bango, la densité et la qualité des arbres, un fait quasiment unique dans la zone, a sans aucun doute permis une bonne installation de 'nos' drôles d'oiseaux. Et si quelques vénérables ficus ont eu l'heur de ne pas être mis à terre, il est probable que le frugivore s'y fera entendre par son vol ondulé bruyant et ses croassements de corbeau. A ne pas manquer !

Voir aussi les précédentes notules d'Ornithondar:
Des oiseaux qui agressent les vitres, 2009 12 18 - et vidéo par Eddy Graëff: http://www.youtube.com/watch?v=wbM-Q7j7BmM !
Barbicans à poitrine rouge à Bango: la preuve !, 2009 05 25
Quatre barbicans à poitrine rouge, ensemble à Bango, 2008 09 19

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