" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

mercredi 30 novembre 2011

Aparté: Paris, il n'y a pas de hasard...

* Paris. Le balbuzard café/The osprey café -


Ci-dessus: 2011 11 30, Paris by night, par pur hasard... mais il n'y a pas de hasard !... / Photo par Inno

jeudi 17 novembre 2011

17, un barbican à poitrine rouge, 2km au nord de Louga

Ci-dessus: barbican à poitrine rouge / Courtesy photo par John Wright pour Wrightswanderings

* RN2, Saint-Louis-Dakar -

Notamment vu:
  1. Flamant rose (phoenicurus roseus, greater flamingo), quelques [lagon de la vallée deltaïque] / 
  2. Héron garde-boeufs (bubulcus ibis, cattle egret) / 
  3. Vautour charognard (ex percnoptère brun, necrosyrtes monachus, hooded vulture), 3 ind. en rares solitaires [aux portes des villes provinciales] / 
  4. Vautour (gyps) africain (gyps africanus, african white-backed vulture), ~10 ind. cerclant, peut-être avec quelques vautours charognards [au seuil de Ndande] + 2+ ind. planant [vers 'Ravin des voleurs', sud de Thiès] / 
  5. Milan parasite (à bec jaune, milvus parasitus, yellow-billed kite) / 
  6. Milan noir (milvus migrans ssp. migrans, black kite) / 
  7. Balbuzard pêcheur (pandion haliaetus, osprey), 1 ind. en vol N>S, suivi d'un milan [aux portes de Tivaouane, après 17h] / 
  8. Elanion blanc (elanus caeruleus, black-shouldered kite), 1 ind. déloge d'un baobab deux choucadors à ventre roux [entrée de la rocade de Thiès] / 
  9. Vanneau éperonné (vanellus spinosus, spur-winged lapwing) / 
  10. Bécasseau minute (calidris minuta, little stint) [sur lagons de la vallée deltaïque] / 
  11. Pigeon roussard (de Guinée, columba guinea, speclked pigeon) / 
  12. Tourterelle maillée (streptopelia senegalensis, laughing dove) / 
  13. Tourterelle masquée (oena capensis, namaqua dove) / 
  14. Rollier d'Abyssinie (coracias abyssinicus, abyssinian roller), 10+ ind. (un seul juvénile observé) dont deux ind. côte à côte sur fil de poteau / 
  15. Rollier varié (coracias naevius, rufous-crowned roller), quelques à partir de Mekhé en allant vers le sud / 
  16. Martin-chasseur sp. (Halcyon sp.kingfisher sp.) / 
  17. Calao à bec rouge (tockus erythrorhynchus ssp. kempi, western red-billed hornbill) / 
  18. Calao à bec noir (tockus nasutus, african grey hornbill) / 
  19. Barbican à poitrine rouge (lybius dubius, bearded barbet), 1 ind. [à ~2km au nord de Louga] / 
  20. Martinet des maisons (apus affinis, little swift) / 
  21. Martinet des palmes (cypsiurus parvus ssp. parvus, african palm swift) /
  22. Choucador à longue queue (lamprotornis caudatus, long-tailed glossy starling) / 
  23. Choucador à oreillons bleus (lamprotornis chalybaeus ssp. chalybaeus, greater blue-eared starling) / 
  24. Choucador à ventre roux (lamprotornis pulcher, chestnut-bellied starling) / 
  25. Corbeau pie (corvus albus, pied crow), dont grand nombre à partir de Thiès, et surtout banlieues de la péninsule dakaroise / 
  26. Piacpiac africain (ptilostomus afer, piapiac), un groupe de ~10- ind. sur buisson /

2011 11 17, un lybius dubius à é2kilomètres au nord-ouest de la ville de Louga
/ Carte Ornithondar et Google Earth

vendredi 11 novembre 2011

11, le clairon des grues couronnées


Ci-dessus: 2011 11 11 18h30, deux grues couronnées s'envolent de leur marais de gagnage, Todé / Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

* Du marigot de Khant aux marais de Todé -

11, l'étang de Toddé, un reposoir dans l'écrin du soir

Ci-dessus: 2011 11 11 18h, guêpier de Perse, bouquets d'euphorbes au-dessus de l'étang de Toddé, au couchant 
© Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

* 'lac' de Toddé et environs -

SOIR-
Le 'lac' de Toddé est une grande étendue d'eau saisonnière, récemment constituée sur le site d'un ancien village peuhl qui avait rejoint les banlieues de Saint-Louis bien avant la formation de l'étang. C'est probablement une rupture dans les berges de la rivière Ngalam, juste au sud du lac, qui en est accidentellement à l'origine. On le voit: il n'y a pas encore d'invasion par les végétaux aquatiques, qui assèchent et asphyxient les plans d'eau partout dans le delta du fleuve depuis que les anciennes remontées saisonnières des eaux marines sont bloquées par les barrages, les digues et les vannes. Plus fortement qu'ailleurs en Afrique, ces aménagements ont modifié la biodiversité et les paysages d'antan.
En cette saison post-mousson, l'eau peu profonde mais bien étale permet d'accueillir quelques troupes d'oiseaux qui utilisent les espaces dégagés de l'étang pour s'y reposer. Pas moins de 200 spatules blanches (platalea leucorodia), des dizaines de sternes caspiennes (sterna caspia) et une foultitude d'échassiers et de limicoles (avec une majorité de bécasseaux minutes, calidris minuta) y stationnent plus qu'ils ne s'y nourrissent (cf. photo en bas à g.): l'étang n'est pas encore très riche en poissons comme en micro vie aquatique. Avec l'hiver, quelques canards souchets migrants (anas clypeata) y barbottent cependant, remuant les fonds à l'aide de leur bec comme celui des spatules. Des bécassines (gallinuga gallinuga) immobiles en lisière du plan d'eau, dans le rideau d'herbes aquatiques, croient souvent qu'on ne les voit pas, avant de partir en vrombe à quelques mètres de nous. Beaucoup moins de balbuzards pêcheurs (pandion haliaetus) et de busards (circus sp.) qu'au marigot de Khant voisin mais il est évident que Toddé sert de reposoir utile en cas de dérangement au Khant - et vice et versa. Depuis les deux collines dunaires qui enchassent l'étang, boisées de vénérables euphorbes, de quelques acacias et salvadora persica en bon état, le panorama au coucher du soleil a quelque chose d'apaisant comme l'air du soir venu de l'océan, réconfortant (cf. photo ci-après).


Ci-dessous: 2011 11 11 vers 18h, l'étang de Todé vu depuis la colline sud-est.
En bas: à g., 2011 11 11 18h, spatules blanches et sternes caspiennes au reposoir de Toddé - à d., 2011 10 30, Cheikh Aïdara devant l'étang de Toddé.
/ © Photos par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

3 & 11, Leri la Galloise est-elle parmi les balbus du Khant ?


Ci-dessus: 2011 11 11, marigot de Khant. Balbuzard faisant le 'saint-esprit' au-dessus du marais / Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

* Ngaye-Mengueye Boye.
'Aire du Patrimoine régional' et zone amodiée de chasse (ZAC) des Trois-Marigots: marigot de Khant et dépression de Todé -

Ci-contre: Leri tout juste baguée par l'ornithologue Roy Dennis, 2011 07 Cors Dyfi reserve
/ Courtesy photo par Emyr Evans pour le Dyfi Osprey Project

Une première depuis 400 ans sur la Dyfi !

Depuis la fin d'octobre, Ornithondar correspond avec Janine Pannett, du Dyfi Osprey Project (Projet Balbuzard de Dyfi), au sein de la Réserve naturelle de Cors Dyfi, Pays de Galles, Royaume Uni. Cet échange est dû à la présence 'hivernale' dans notre delta sénégalais d'un jeune balbuzard femelle, issue d'une couvée de trois poussins, deux mâles et une femelle, prénommée Leri, née le 1er mai 2011. Une ponte seulement trois années après le retour naturel des parents, Monty et Nora (née en 2008, en Écosse, et dont c'est sans doute la première couvée), juste attirés par la construction par les Hommes d'une aire artificielle pour faciliter leur installation définitive. Une première qui a créé l'événement au Pays de Galles (il y a même une équipe de rugby qui s'appelle 'The ospreys' !), et un extraordinaire engouement populaire - qui ne peut être qu'incompris sous nos latitudes bien loin d'être sorties de la seule 'prédation'... Cela faisait plus de 400 ans qu'un balbuzard pêcheur n'était plus né dans l'estuaire de la Dyfi !

Dulas, Einion et Leri, enfants de Monty et Nora 

Dernière à venir au monde, Leri (oeuf le 1er mai, éclosion le 7 juin) a effectué son premier vol le 3 août, âgée de 57 jours. 11 jours après, sa mère Nora partait déjà pour sa migration postnuptiale vers l'Afrique tropicale, le 14 août. Les frères de Leri, Einion et Dulas prennent la route africaine pour la première fois, le premier le 31 août, le second le 12 septembre. Comme Leri, qui suit son aîné ce même jour. Einion passe le premier hiver de ses deux ou trois années sous les tropiques,  entre la lagune de Somone et le delta du Sine Saloum, tandis que Dulas opte pour les berges marécageuses du fleuve Gambie, un peu plus au sud à l'intérieur des terres. Leri entre au Sénégal précisément à la confluence des trois frontières, malo-mauritano-sénégalaise, un peu au sud de Sélibali: le 4 octobre, elle vole plein ouest/nord-ouest à quelques kilomètres au sud de Bakel. Le 6 octobre, elle pénètre dans le bas-delta du fleuve Sénégal, par le Ndiambour au nord de Louga.

Leri, du Lampsar aux Trois-Marigots













Ci-contre: Leri, été 2011 avant sa première migration vers l'Afrique.

/ Courtesy photo Dyfi Osprey Project, Pays de Galles, Grande-Bretagne


Voir, sur Facebook:
http://www.facebook.com/dyfiospreyproject?sk=wall&filter=2
Lire, sur le blog du Dyfi Osprey Project:
http://www.dyfiospreyproject.com/blog/2011/11/leris-dilemma
http://www.dyfiospreyproject.com/blog/2011/11/news-from-africa
http://www.dyfiospreyproject.com/blog/2011/11/bad-news-for-leri
http://dyfiospreyproject.com/blog/2011/11/is-leri-in-trouble
Et toute l'histoire de Leri depuis le début: http://dyfiospreyproject.com/blog/category/leri

Au marigot de Khant

Le 3 novembre dernier, Cheikh Aïdara et moi-même avions déjà parcouru les berges nord du marigot (cf. notule: http://ornithondar.blogspot.com/2011/11/3-les-oiseaux-de-mengueye-et-tode-trois.html), à la recherche de Leri ou de tout balbuzard bagué et/ou porteur d'antenne satellitaire. En vain. Même si nous avions observé une huitaine de balbuzards pêcheurs, pour la plupart juvéniles/immatures ou subadultes. Une semaine après, retour sur les lieux de la 'disparition' de Leri... c'est à dire dans le marigot lui-même !
Vu de la colline la plus proche, le marigot de Khant parait tout de même un spot de seconde catégorie pour un balbuzard qui aime survoler les vastes plans d'eau dégagés (fleuves, lacs, barrages, estuaires et même l'océan) pour identifier ses proies, et plonger le plus souvent dans de grands fracas d'eau sur le poisson saisi par les serres. Or, à Khant, 90% du marigot, une dépression nord-ouest/sud-est longue de plusieurs kilomètres et large de 600 à 800 mètres, sont envahis par des herbes saisonnières - qui finiront en paille vite dégradée en cours de saison sèche, comme l'eau évaporée ou retournée sous la vase durcie et ridée-, au milieu desquelles tentent de s'épanouir des nénuphars. Il y a en son milieu, cependant, un chenal à peine plus profond que l'étale de la mousson: 25 à 30 cm de profondeur contre 10 à 20 cm dans les herbes aquatiques. Quelques touffes de typhas australis végètent et ont du mal à prospérer dès que la salinisation fait son oeuvre, avec la sécheresse. Par çi par là, des buissons de tamarix senegalensis, et même quelques acacias niloticas morts de trop d'humidité, parsèment le marigot et sont autant de perchoirs pour les ardéidés et... les balbuzards.


 16.02817 - 16.37967, au milieu du marigot

Du 24 au 30 octobre, les signaux GPS de Leri étaient visiblement  'perturbés', donnant certes des positions géographiques exactes mais des déplacements du rapace ou très lents ou très rapides, avec des hauteurs de vols totalement farfelues ! Il n'empêche que le séjour de Leri au Khant s'est organisé autour du point 16.02817-16.37967, soit au centre-sud du marigot, avec des déplacements en étoile, probablement pour des vols de pêche dans les eaux libres de cette partie du lac. Et quelques stationnements au sol sur les rives asséchées du lac, en zones bien dégagées, pour dépecer et manger ses proies. Une virée aux portes de Mengueye Boye, sur l'autre rive du marigot, amène Leri dans les haies d'euphorbes qui clôturent les champs de l'hivernage - la mousson ouest africaine.

Ci-après: positions GPS de Leri au marigot de Khant, 24-30 octobre 2011 / Courtesy Janine Pannett, Dyfi Osprey Project

Ornithondar se jette à l'eau (de Khant)

Pour rejoindre la zone de Leri, il faut traverser plusieurs dizaines de mètres d'herbes hautes de 0,50 à 1 mètre dans une eau haute de 10 à 25 cm. Vers le milieu du marigot, des plans à peine plus profonds (25-35 cm d'eau vite vaseuse) sont dégagés et à l'évidence peuplés de poissons-chats et autres silures, tous de taille modeste. De rares touffes de typhas australis peinent ici à survivre à la salinisation des sols quand la sécheresse fera disparaître l'eau. Les buissons épars de tamarix servent de perchoirs et de refuges nocturnes pour les hérons (cendrés et pourprés) et... les balbuzards pêcheurs. Autour des bosquets, de nombreuses petites plumes et duvets des rapaces flottent, repoussés vers les herbes immergées; ils attestent de la violence des chocs quand les balbuzards plongent dans ces trous d'eau. Pas de passages humains, ni de bétail; pas de lignes de pêche et leurs hameçons, pas de pièges, même anciens. Quelques trouées de phacochères. Et, surtout, près d'un acacia nilotica vitrifié par le regain humide de ces dernières années, fortement maculé des fientes de rapaces, il y a des herbages renversés en deux endroits, parsemés de quelques excréments: à coup sûr les couches d'un python de Seba. On imagine difficilement que le serpent, même vorace et agile, ait pu  attraper un balbuzard inexpérimenté, perché sur son arbuste de la nuit...
Des herbes immergées, une grue couronnée s'envole en 'trompettant'; des oies-armées de Gambie - une troupe de juvéniles et un groupe d'adultes- font de même, lourdement. Soudain, au zénith, juste au-dessus de nos têtes, dix cigognes noires planent sereinement du sud vers le nord du marigot: il y a de la magie dans l'air... Les lieux sont calmes, il n'y a guère de doute: si Leri ne donne plus de signe de vie depuis quinze jours, cela ne peut venir que d'un défaut de son appareillage; ou plus prosaïquement d'une défaillance physique voire d'une prédation animale. A moins que le harnachement d'une quarantaine de grammes soit tombé, par accident, lors d'un plongeon ou d'un accrochage avec les branches d'un tamarix senegalensis. On ne saura peut-être jamais. Sauf dans deux ou trois ans, à la fin du printemps 2013 ou 2014, du coté de l'estuaire de la Dyfi, au Pays de Galles, si Leri a le bonheur d'y retourner après son long périple sous nos tropiques dangereuses; pour, à son tour, donner naissance à une nouvelle génération d'aventuriers. Parmi les plus majestueux oiseaux au monde. Hope...*

* Lire sur le site du Dyfi Osprey Project: http://www.dyfiospreyproject.com/blog/2011/11/leris-dilemma



Ci-dessus: Cheikh Aïdara et Frédéric inspectent le marigot de Khant. Sur l'autre berge, au loin, le château d'eau de Ngaye et la grande mosquée de Mengueye Boye / Photos par Rozenn Le Roux pour Ornithondar


Ci-dessus: en quête de Leri, à midi au milieu du marigot de Khant / Photos par Rozenn Le Roux pour Ornithondar
Ci-dessous: sortie de bain... sous 38° ! / Photos par Rozenn Le Roux pour Ornithondar



Une huitaine de balbuzards au Khant


Si le 3 novembre nous avions dénombré et identifié au moins 6 balbuzards sur cette partie du marigot de Khant (au sud de la piste-digue qui le traverse pour rallier Ngaye et Mengueye Boye), ainsi que 2 à 3 ind. au-dessus du chenal qui relie le lac à la rivière Ngalam, ce 11 novembre nous en avons comptabilisé 5 à 6 ind. au Khant ainsi qu'1 ind. au sol près du chenal. Dans les parages, lors de nos deux passages en surplomb du 'lac' de Todé, 1 balbuzard survolait le large plan d'eau; le 11 au soir, 1 balbuzard a cerclé au-dessus de nos têtes, à faible altitude, entre les deux dépressions aquatiques; et 1 ultime individu a été observé au crépuscule, remontant le Ngalam en provenance du pont de Ndiaowdoune. Une grande majorité des effectifs hivernant ici était constituée de juvéniles de première année, quelques-uns paraissant un peu plus âgés, des immatures de deuxième ou troisième année. Au moins  un sujet était un adulte - ou un subadulte. Nous n'avons pas été en mesure d'identifier une quelconque bague, même bleue (Ecosse et Pays de Galles) ! Pour ma part, je me convainc d'avoir peut-être aperçu, le 3 novembre dernier, une antenne à l'épaule d'un balbuzard virant rapidement au ras des arbres du lien entre le marigot et le Ngalam (cf. notule: http://ornithondar.blogspot.com/2011/11/3-les-oiseaux-de-mengueye-et-tode-trois.html).

Des balbus immortalisés


Ci-dessus: 2011 11 11 matin, marigot de Khant. Traquet motteux et balbuzard pêcheur.
Ci-dessous: 2011 11 11, balbuzards pêcheurs au marigot de Khant - cherchez le traquet motteux, l'oedicnème du Sénégal, deux sternes caspiennes (dont une juvénile), deux vanneaux éperonnés agressifs; et les nids de tisserins à tête noire.
/ Photos par Rozenn Le Roux pour Ornithondar
















11, Khant: un second circaète Jean-Le-Blanc dans le ciel deltaïque


Ci-dessus: 2011 11 11 vers 13h, circaète Jean-Le-Blanc non bagué, en plumage usé de juvénile / Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

* Marigot de Khant (Trois-Marigots) -

MIDI-

Lire aussi: http://www.wildphoto.it/Mellone-STeagle-detour-JAB.pdf

11, le coliou huppé, un oiseau emblématique du Sahel


Ci-dessus: 2011 11 11, envol d'une troupe de colious huppés, adultes et juvéniles (queue courte) / Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

* Alentours du marigot de Khant (Trois-Marigots) -

Les clichés ont la vie dure: combien de mes visiteurs sont à tous les coups étonnés de voir ici autant de végétation, même rabougrie, au seuil du Sahara; l'idée tenace, caricaturale, toujours binaire (chaud = sec et réciproquement; vase craquelée = sécheresse = famine, ah ah...), voudrait que les confins du Sahel ('le rivage', en langue arabe) soient désespéremment vides, à sec, balayés par les vents de sable au milieu desquels de squelettiques silhouettes seraient en errance perpétuelle. Des horizons mortifères. D'ailleurs, avec la sécheresse en Somalie, par un tour de prestidigitation facile c'est toute l'Afrique qui se trouve aussitôt assoiffée, chez nos chers commentateurs parisiens du monde. Ils devraient savoir que le seul Sahel ouest-africain héberge trois des plus importantes zones humides du continent, indispensables pour des millions d'oiseaux migrateurs d'Europe: le delta du fleuve Sénégal (Mauritanie-Sénégal), le delta intérieur du fleuve Niger (Mali) et le complexe lac Tchad-Logone (Tchad-Cameroun). Ou faire un tour au Cameroun et au Gabon, sur l'équateur tumultueux;  et imaginer en février à Ouagadougou, dans l'air vicié par la pollution et les brouillards orangés de l'harmattan, que quelques mois plus tard la capitale burkinabè, pas le coin le plus arrosé de la planète, recueillera tout de même 200 mm de pluie de plus que la capitale française... Bref...
Le Sahel se caractérise certes par la durée de sa saison sèche, par la brièveté de sa saison des pluies (des flux de mousson en bout de course...), irrégulières et peu abondantes, mais c'est d'abord sa biodiversité qui le définit: plus que les arbres, c'est le tapis herbacé et la richesse de ses espèces, malheureusement très menacées, qui le symbolisent au mieux. Autres emblèmes: quelques espèces d'oiseaux permettent à coup sûr de savoir qu'on est au Sahel; le coliou huppé (à nuque bleue, urocolius macrourus, blue-naped mousebird) en est le parfait exemple. L'aire de répartition de cet étrange oiseau cendré épouse parfaitement, d'ailleurs, la zone bioclimatique dite sahélienne, avec des remontées le long de la côte atlantique vers l'Adrar mauritanien, et à l'intérieur vers l'Adrar des Ifoghas (Mali), le massif du Termit et l'Aïr (Niger). Les colious sont endémiques de l'Afrique subsaharienne.


Ci-dessus: 2011 11 11. Colious huppés et pie-grièche à tête rousse sur les rives du marigot de Khant
/ Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

On entend d'abord ses plaintes avant de l'apercevoir passant en petites troupes  sifflantes, en vol direct, rapide. Le coliou huppé n'est jamais très loin d'un village où il aime les jardins et les grands arbres torturés dont il escalade les branches avec une agilité époustouflante. Son nom anglais annonce la couleur: 'l'oiseau souris' (mousebird), non seulement pour sa robe mais aussi pour sa façon de courir sur les branches, et d'en faire parfois le tour complet, tête à l'envers, huppe pendante, bien accroché à l'écorce par des serres très puissantes. Un régal que les voir... 

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