" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

lundi 18 mai 2015

16-18, bébé huppe pointe le bout du bec hors de la loge natale !

2015 05 16, Bango 11h20, l'une des toutes premières 'émergences'  hors de sa loge natale d'un oisillon 'euro-africain'  de huppes fasciées d'ici et de là-bas !
 / © Photo par Frédéric Bacuez

* Bango. Impasse Gustave Pelloux -

Les aventures d'un couple mixte de huppes fasciées 
upupa epops epops (Europe) x upupa epops senegalensis (Afrique occidentale), suite...
En rappel sur Ornithondar, les précédents épisodes:
Il y a de la couvée en perspective chez les huppes..., 2014 01 23
événement: huppes sénégalaise x européenne = couple mixte, 2014 02 1
'Oasis' de Bango: huppes mixtes et barbicans au rendez-vous, 2015 03 9

Quelle aventure, en effet ! Enfin ! Après trois années d'observations patientes et attentives (et attentionnées), il est vrai interrompues à chaque fois au mauvais moment par les irrépressibles lubies voyageuses d'Ornithondar, nous pouvons certifier depuis le 16 mai 2015 qu'un appariement de huppes fasciées de deux sous-espèces (races) différentes peut non seulement durer dans le temps (trois ans au moins dans ce cas précis !) mais aussi engendrer une progéniture que nous décrirons, pour la compréhension humaine, de métissée... Les ornithologues à cheval sur leurs principes terminologiques appelleront ça de l'hybridation - comme il s'en produit tout le temps, partout, chez un certain nombre d'oiseaux, bien que marginalement au regard de la totalité des espèces animales vivant sur cette planète.
Depuis trois jours donc, la frimousse déjà décidée d'un(e) petit(e) métis(se) passe beaucoup de temps au balcon de sa loge natale creusée dans un vénérable prosopis: comme le diamètre de l'orifice ne laisse passer que la tête d'une seule huppe à la fois, on ne peut savoir jusqu'à l'envol définitif si la nichée (de 5 à 8 œufs en moyenne) a laissé éclore plusieurs pulli. Pour l'heure, l'oisillon que l'on voit émerger attend impatiemment sa ration journalière de larves, surtout, d'araignées et même de blattes; mais qu'on ne s'y trompe pas: c'est surtout ce nouveau monde lumineux qui retient toute l'attention du/des huppillon(s); la tête dodeline à droite et à gauche, se penche pour regarder au-dessus et au-dessous mais rentre vite dans la loge ténébreuse comme le coucou de nos horloges, à la moindre anormalité... Et, déjà, nous sommes à l'évidence de ces anormalités, nous, bipèdes... Alors que le souïmanga (chalcomitra s. senegalensis) qui vient aussi admirer le nouvel enfant, ou l'agame (agama agama) qui arpente l'écorce autour de la cavité n'ont pas l'heur d'effrayer le petit "messager d'amour"* - qui connaît déjà son statut, son aura dans le monde des oiseaux, et au-delà, dans l'univers des poètes et des mystiques humains.

* Huppe - poésie, mystique et Islam... Lire sur Ornithondar:

Le Simorg / Acrylique et crayons, par Inno, © 2008





















Nota - quelques chiffres pour bien suivre le calendrier:
Saison reproductrice: mi-février à début mai en Afrique du nord, probablement à partir de fin janvier dans notre bas-delta sénégalais
4/5 à 8/9 oeufs, rarement jusqu'à 10/12 oeufs, pondus à un jour d'intervalle chaque
L'incubation dure de 15/16 à 18 jours, exclusivement par la femelle
La période de nidification dure de 24/26 à 28/32 jours
Les éclosions, comme la ponte, sont asynchrones (soit en moyenne durant 5 à 9 jours)
Les pulli demeurent au nid après éclosion durant 20 à 26 jours
La femelle protège ses oisillons au nid pendant les 9 à 14 premiers jours
La crête des huppillons apparaît au 15e jour
Les oisillons sont visibles à l'entrée de la loge entre le 20e et le 24e jour après leur naissance
Premier envol entre le 26e et le 29e jour


Acte I, 21 février-21 mars - 
Dans les temps: tout a l'air de fonctionner, dans le couple...

Photo n° 1- Avec tout de même un mois de décalage par rapport à l'an passé, nos célèbres huppes fasciées de deux races différentes (upupa epops epops, une femelle d'Europe, et upupa epops senegalensis, un mâle d'Afrique de l'ouest) s'acoquinent à nouveau, en cette fin de février 2015. Le 20 de ce mois, le couple a bientôt achevé son rapprochement saisonnier: monsieur pupule à souhait et fait des offrandes alimentaires à madame (cf. photo ci-dessous, le mâle africain est à droite, la femelle européenne à gauche), exclusivement des larves d'insectes qu'il va déterrer des sables après les avoir intensément sondés à l'aide de son bec arqué. Jusqu'au moins le 26 février, le couple est le plus souvent observé ensemble; les 21 et 22 février, madame a visité la même loge que l'an passé. La cavité creusée dans le vénérable prosopis avait été (jadis) forée par d'autres, probablement des pics goertan, dendropicos goertae. A la fin du mois, madame demeure dans la loge de plus en plus souvent, durablement; monsieur lui donne la becquée tantôt à l'extérieur, sur la branche sciée qui domine la cavité quand la femelle sort du trou pour quelques étirements, tantôt directement à l'entrée de ce qui est en passe d'être le nid de toutes les promesses.

Photos n°2 à n°4- Le 21 mars, soit un mois après les échanges de nourriture nuptiaux entre les deux partenaires huppés, madame epops est particulièrement visible, hyperactive: toute la journée elle entre et sort de la loge; dans l'après-midi, on peut la voir agrippée à l'écorce du prosopis, au seuil de la loge, comme si elle donnait à manger à des oisillons tout juste nés... 

2015 02 20, 18h15. Parade nuptiale: le mâle senegalensis (à d.) donne la becquée à la femelle epops / © Photo par Frédéric Bacuez
2015 03 21 12h. La femelle epops entre... / © Photo par Frédéric Bacuez
... et sort (pas toujours aisément) de la loge... 2015 03 21 12h  / © Photo par Frédéric Bacuez
2015 03 21, 16h. La femelle epops donne-t-elle à manger à des oisillons ? / © Photo par Frédéric Bacuez
Acte II, 22 mars-24 mars - 
Échec de la nichée: bien des questions et d'incertaines hypothèses

Photos n°5 et n°6- Patatras ! Dès le 22 mars, nous voyons bien qu'il y a comme un hic chez nos voisins huppés... Il semble que madame epops ait pris la clé des champs, ou la poudre d'escampette - allez savoir pourquoi ? Nul signe de sa présence dans les alentours: serait-elle au fond de sa loge en train de nourrir et protéger ses oisillons ? On sait qu'après l'éclosion, qui a probablement eu lieu entre le 18 et le 21 mars, les nouveaux-nés restent au fond de la loge natale durant 20 à 26 jours, protégés au nid par la femelle pendant une période qui va de 9 à 14 jours. Ce qui nous trouble néanmoins, c'est de voir le mâle senegalensis comme affolé, avec des proies dans le bec qu'il ne parvient pas à donner à l'entrée de la loge - qui ne répond plus, en quelque sorte... Pendant trois jours (22-24 mars), on peut voir le mâle désorienté, ne comprenant visiblement pas ce qui se passe, ce qui s'est passé; il est farouche, s'enfuit prestement à la moindre de nos apparitions, même lointaines, fait de nombreux allers et retours, toujours avec des 'aliments' dans le bec dont il ne sait à l'évidence plus que faire. Il se perche souvent à l'écart du prosopis, la larve capturée pendante au bout du bec (cf. photo ci-dessous). 

Qu'a-t-il pu bien se passer, entre le 21 et le 24 mars ? Le 22 mars, nous n'avons rien remarqué de particulier car nous n'avons pas vraiment pu observer la vie intime de nos voisins huppés... Quant au 23 mars, hélas, Ornithondar et ses collaborateurs étaient à Sal-Sal, loin de l'impasse Gustave Pelloux (Voir ICI)... Une chose est certaine - la suite des événements, avec une nouvelle nichée menée à terme, le confirmera vite-, c'est que cette couvée a échoué, et très vite après l'éclosion. Pour expliquer le fiasco, les hypothèses ne manquent pas:
  • une prédation animale ? Bien que quatre chats traînent leur instinct chasseur dans le périmètre (on a même vu un jeune mâle grimper jusqu'aux plus hautes branches de l'arbre qui abrite la loge, entraîné vers les cimes par deux coucals provocateurs... et stratégiques...), il nous paraît peu vraisemblable que les félins aient pu déloger les pulli de leur antre. Plusieurs raisons à cela: dès leur naissance, les petites huppes sont dotées d'une arme défensive radicale, leur odeur ! Leur glande uropygienne produit d'abord un fluide particulièrement malodorant, qui rend la loge inhospitalière pour tout intrus qui voudrait prendre la place; de plus, dès le 6e jour de leur existence, les pulli sont capables de se retourner et projeter leurs fientes sur tout prédateur qui tenterait de pénétrer dans la loge; last but not least, très tôt ils savent imiter le sifflement du serpent, appuyé de coups de bec, pour éloigner l'importun qui insisterait... La forteresse natale, bien qu''à portée de mains', est pour ces raisons assez inexpugnable !
  • une prédation humaine ? Si les jeunes Sénégalais n'ont pas la fièvre destructrice de leurs confrères ouest-africains (Maliens, Burkinabè, Ivoiriens entre autres, dont chaque enfant ne peut se déplacer sans son lance-pierres), ils sont nombreux, comme souvent en terres d'Islam mais aussi d'Asies, à vouloir coûte que coûte domestiquer, élever, bref s'approprier un oiseau sauvage... Le jeune homme qui balaye les sables du jardin a récemment tenu à me montrer combien il aimait, comme moi, les oiseaux, me présentant une caisse en carton dans laquelle il avait disposé deux tourtereaux (streptopelia senegalensis) dénichés au bout de la ruelle. Sur mes conseils, et ceux du vieux maçon qui travaille à surélever une bâtisse de la propriété, il avait relâché les deux oisillons que leur mère eut tôt fait de récupérer dans l'arbre voisin... L'oiseleur n'aurait-t-il pas profité de notre absence du 23 mars pour déloger les petites huppes ? Le 25 mars à Bango, un autre jeune homme tentait de vendre un pélican blanc (pelecanus onocrotalus) à un Toubab résident du village, c'est tout dire... L'offre, la demande, l'argent encore et toujours... 
  • une mort naturelle ? Il faut déjà savoir que le taux de réussite de la reproduction est de 53% chez les huppes fasciées. Bref, une chance sur deux qu'une nichée parvienne à son terme ! On ne connaît pas les causes de cette productivité aléatoire: la cause de notre insuccès n'est pas, ici à Bango, la rareté alimentaire, loin s'en faut; le périmètre regorge de proies (en particulier de larves de cétoines et de ténébrions puisées au fond des sols sablonneux, mais aussi de libellules et d'agrions, de grillons et de cigales, de blattes, de fourmis, des adultes et des larves de mouches, d'araignées, de cloportes, de mille-pattes voire des petits lézards comme les tarentes et les acanthodactyles). Il est possible que l'échec soit imputable ici à une éclosion trop précoce; à une mauvaise ventilation de la loge; à une surchauffe liée à un changement brutal des températures; ou tout simplement à une difficulté de croisement génétique - il ne faut pas oublier que le couple mixte d'une huppe d'origine européenne et d'une huppe locale reste une anormalité de la nature, une étrangeté voire une première mondiale...

2015 03 26, 17h40. Le mâle senegalensis ne sait plus trop que faire de ses aliments... / © Photo par Frédéric Bacuez 
2015 03 28, 11h. Le chagrin... du mâle senegalensis / © Photo par Frédéric Bacuez

Interlude, 25 mars-31 mars - 
Rebelote, ça pupule grâve ! Et madame epops revient au bercail...

Photo n°6 et n°7- Après le drame, monsieur huppe senegalensis se remet très vite à pupuler. D'abord avec des proies au bout du bec, puis sans. Comme à chaque démonstration nuptiale, il prend place dès le 25 mars sur le perchoir (une branche rompue) qui surplombe l'entrée de la loge, inspire longuement pour faire gonfler sa poitrine avant d'expirer, bec entrouvert, et lancer à la cantonade son fameux hoop-oop-oop, sourd mais audible à distance (cf. photo ci-dessous). Le chanteur reste néanmoins très farouche, inquiet, sur le qui-vive. On peut le voir s'approcher de l'entrée de la loge à plusieurs reprises, sans aliment, rejetant la tête en arrière dès lors que l'oiseau se rend compte que nulle vie ne répond depuis la pénombre du tronc (cf. photo ci-dessus)... Le 28 mars, dernière tentative: on peut le voir agrippé à l'entrée de la loge, avec un aliment au bec, en vain: personne, aucune femelle pour saisir la proie tendue. Mais qu'est-il donc advenu aussi de la femelle epops ?

Photo n°8- Le 31 mars, ô miracle ! La femelle epops est là, revenue de sa fuite, de sa fugue ! Peu après midi, la voici perchée sur le perchoir préféré du couple, regardant attentivement alentour, surtout au sol (cf. photo ci-dessous). Très vite, le mâle la rejoint et lui donne la becquée - comme si nous étions revenus en janvier et février, aux temps des premiers amours de saison... Dans les heures qui suivent, les pupulements de monsieur senegalensis comme par enchantement s'estompent puis disparaissent: sa dulcinée est de retour à la maison !

2015 03 25, 12h10. La huppe mâle senegalensis pupule à nouveau / © Photo par Frédéric Bacuez
2015 03 31, 12h10. Le retour de la huppe femelle epops / © Photo par Frédéric Bacuez

Acte III, 2 avril-26 avril - 
Deuxième nichée: on est aussi anxieux que le toupet de monsieur est en bataille...

Photos n° 9 à n° 12- C'est reparti pour un marathon nourricier ! Le 2 avril en fin de journée, on peut voir le couple s'activer autour de l'entrée de la loge: la femelle entre et sort du trou; le duo transporte des aliments (18h55). Dans les jours qui suivent, le calme est revenu: la femelle est à l'évidence en train de pondre puis de couver au fond de la loge car seul le mâle est observé transportant des aliments (essentiellement des larves) qu'il tend dans la pénombre de la cavité, agrippé à l'écorce du prosopis. Dans sa volonté de bien faire, il s'est même accroché la huppe dans l'étroit orifice pour tendre ses proies à la femelle qui ne quitte plus la loge; du coup, une plume duveteuse pend à l'arrière de son casque comme un toupet à l'envers: notre père attentionné a l'air fin, avec sa coiffe ébouriffée (cf. photo n° 11 ci-dessous)... 
Du 11 au 25 avril, le couple passe l'essentiel de la journée à convoyer de la nourriture vers la loge: plus les jours passent, moins la femelle reste à l'intérieur et participe tout autant que le mâle à rechercher la nourriture puis l'acheminer vers le nid. Si maman entre et sort de la loge à sa guise - même si elle doit, pour ce faire, se faire mince !-, papa n'y entre jamais - formellement prohibé par maman qui fait confiance à son homme mais veille au grain... A partir du 17 avril, les larves sont complétées voire remplacées par des araignées et autres proies du genre. Le 21 avril, le mâle vient sonder les sables de notre jardinet, près des mange-mil (moineaux dorés, tisserins sp.). A partir du 26 avril, le couple est régulièrement vu veiller à quelques mètres de la loge, sur des perchoirs jusqu'alors peu fréquentés: conifère, bougainvillées, flamboyant, portique de balançoire, corde à linge... De là, les huppes croassent fréquemment, comme pour inciter leur(s) rejeton(s) à pointer le bout du bec hors de la loge native... Ces croassements sont beaucoup plus soutenus quand une chatte vient faire la sieste dans les feuilles mortes au pied d'un jeune arbre (à partir du 28 avril); l'une après l'autre, les huppes viennent se poster et rouspéter à l'aplomb du félin, qui n'en continue pas moins de roupiller (vu les 7 et 8 mai, cf. photo n° 13 ci-après)...

2015 04 8, 12h25. La huppe mâle senegalensis transporte de la nourriture / © Photo par Frédéric Bacuez
2015 04 12, 17h05. Le mâle senegalensis apporte des aliments à la femelle epops restée dans la loge / © Photo par Frédéric Bacuez
2015 04 24, 17h55. Le mâle senegalensis tend la nourriture à la femelle epops - qui garde les oisillons / © Photo par Frédéric Bacuez
2015 04 24, 17h55. La femelle huppe epops garde la 'maisonnée'... / © Photo par Frédéric Bacuez

Épilogue, 26 avril-18 mai - 
Eurêka ! Une bouille extatique au balcon !

Photos n° 13 à n° 16- A la fin du mois d'avril, tout particulièrement en fin de journée, les aller et retour entre les sites d'alimentation et la loge sont incessants. Début mai, le nourrissage a déjà commencé à sept heures du matin ! Entre chaque ration, les huppes croassent depuis les perchoirs environnants du prosopis qui abrite la loge. La femelle est au bord de l'épuisement - pardon, du burn -out...: on la voit de plus en plus souvent s'assoupir, notamment sur la corde à sécher le linge - même avec une larve vivante maintenue entre les mandibules du bec (cf. photos n° 13 à n° 16)...

Photos n° 17 à n° 22- Le 16 mai à 11h20, enfin, l'heureux événement: une frimousse apparaît à l'entrée de la loge: c'est un oisillon du couple mixte euro-africain, donc un(e) petit(e) méti(se) ! A vrai dire, il faudrait voir les ailes pour se rendre compte qui du père ou de la mère a imprimé sa marque au(x) nouveau(x)-né(s) ? Pour l'heure, c'est la même trombine rigolarde et extatique commune à tous les bébés huppes qui vient à la lumière du monde, due aux babines crème et rosâtres qui soulignent la commissure des mandibules. L'oisillon dodeline de la tête pour regarder alentour, au-dessus, au-dessous, à droite et à gauche, rentrant prestement dans l'obscurité du nid dès qu'un bruit ou un mouvement sont perceptibles par le petit chose... 
Jusqu'à notre départ du 18 mai, les parents donnent dès lors la becquée à l'oisillon qui apparaît bec grand ouvert à l'entrée de la loge. Ils en sont parfois réduits à faire du quasi vol stationnaire pour distribuer la nourriture tant la voracité du petit empêche les adultes de s'accrocher à l'écorce de l'arbre (cf. photos en bas de notule)...

2015 05 7, 8h50. La huppe femelle epops râle au dessus d'un chat endormi / © Photo par Frédéric Bacuez
2015 05 10, 17h. La huppe femelle epops est fatiguée ! / © Photo par Frédéric Bacuez
2015 05 10, 17h05. La huppe femelle epops se gratte sans jamais faire tomber les plats ! / © Photo par Frédéric Bacuez
2015 05 13, 14h50. La femelle epops invite de plus en plus ses petits à sortir la tête hors de la loge / © Photo par Frédéric Bacuez
2015 05 16, 11h20. Coucou, c'est moi, le huppillon epops x senegalensis ! / © Photo par Frédéric Bacuez
2015 05 16, 11h20. Au seuil du monde... Babines juvéniles à l'entrée de la loge natale / © Photo par Frédéric Bacuez
2015 05 17, 11h.  Huppe juvénile epops x senegalensis et 'papa' / © Photo par Frédéric Bacuez
2015 05 17, 11H05. 'Papa' senegalensis va donner la becquée à 'huppillon' epops x senegalensis / © Photo par Frédéric Bacuez
2015 05 17, 11H05. 'Papa' senegalensis donne la becquée à 'huppillon' epops x senegalensis / © Photo par Frédéric Bacuez
2015 05 16, 11h25. Les babines juvéniles d'une huppe epops x senegalensis ! / © Photo par Frédéric Bacuez

A savoir sur les huppes fasciées:
Lire Migraction.net/ La huppe fasciée

dimanche 17 mai 2015

17, quatre outardes de Savile, quatre courvites de Temminck


Ci-dessus: 2015 05 17 en fin de journée dans les Trois-Marigots...
A g., mâle d'outarde de Savile - A d., courvite de Temminck - Ci-dessous, outarde de Savile, mâle 
/ © Photos par Frédéric Bacuez

2015 05 17 19h, outarde de Savile derrière un acacia seyal, à l'orient du marigot de Khant nord, Trois-Marigots / © Photo par Frédéric Bacuez

* Aire communautaire des Trois-Marigots: 
replat interdunaire entre les marigots de Khant et de N'Guisset; zone cynégétique et 'H' du N'Galam inter-marigots-

APREM', 17h15-19h30-
En véhicule 4x4. Avec Alix & Daniel Mignot.
Temps: stable mais ciel relativement laiteux en raison de l'augmentation hygrométrique; entrées maritimes de soirée.

Tournée d'inspection vespérale dans les Trois-Marigots, essentiellement sur le cordon dunaire et le replat arboré qui séparent le marigot de Khant nord du N'Galam au confluent du marigot de N'Guisset. Comme partout en Afrique subsaharienne, c'est à cette heure que les noctambules du crépuscule font leurs premiers pas hors des taillis de massettes et des broussailles, et des abris sous salvadora persica... C'est le temps des promeneurs du jour finissant: courvites de Temminck (cursorius temminckii), outardes de Savile (lophotis savilei), oedicnèmes (burhinus senegalensis et capensis), vanneaux éperonnés (vanellus spinosus) et caronculés (vanellus senegallus); et des phacochères qui trottinent tranquillement vers l'abreuvoir. C'est aussi le moment des premiers mouvements des canards, avant la 'passée' du soir: dans les vastes prairies vertes et humides que nous appelons le H, là où la courbe du N'Galam relie le marigot de N'Guisset à celui de Ndiassew, les nuées de dendrocygnes veufs (dendrocygna viduata) au milieu desquels se dissimulent au regard les dendrocygnes fauves (dendrocygna bicolor), s'ébrouent, s'agitent, s'élèvent sur quelques dizaines de mètres avant de se reposer: le grand sifflement du vagabondage nocturne est pour bientôt !

Seulement deux espèces paléarctiques: place aux afrotropicaux !

Les guêpiers à gorge blanche (merops albicollis) ne perdent pas de temps ! A peine arrivés des tropiques guinéennes, les voilà déjà en pleine parade... Tout excités, alignés sur les branches des arbustes, ils ouvrent largement les ailes (cf. photo ci-après) et crient à tue-tête en direction de leurs voisins qui font de même: un vrai leumbeul* ! En cette mi-mai, le monde des oiseaux devient exclusivement afrotropical: sur les 46 espèces recensées ce soir, seules deux étaient des paléarctiques: quelques hirondelles rustiques (hirundo rustica) qui traînent encore en remontant vers le nord; et une hypolaïs polyglotte (hippolais polyglotta) passant d'arbre en arbre, dans le sens sud-nord - évidemment... A bientôt de les revoir...

* Version torride du sabar, danse d'origine Sérère connue pour sa charge sensuelle démonstrative...

OISEAUX / 44 espèces cochées, 2 sp. entendues
MAMMIFÈRES / 4 espèces cochées

Vu:
  • Cormoran africain (phalacrocorax africanus ssp. africanuslong-tailed cormorant), au moins une vingtaine d'ind. perchés ['H' entre N'Galam et prairies]
  • Anhinga (roux) d'Afrique (anhinga rufaafrican darter), 1 ind. en vol ['H' sud] + 1 ind. perché avec les cormorans africains [entre N'Galam et prairies du 'H' sud]
  • Crabier chevelu (ardeola ralloides, squacco heron)
  • Aigrette garzette (egretta garzettalittle egret)
  • Aigrette intermédiaire (egretta intermedia, intermediate egret), quelques ind. [prairies humides du 'H' sud]
  • Grande aigrette (egretta alba ssp. melanorhynchosgreat egret), 15+ ind. [prairies du 'H' sud, cf. photo ci-dessous]
  • Héron cendré (ardea cinereagrey heron), 6+ ind. ensemble mais bien d'autres têtes émergeant des herbiers [prairies du 'H' sud, cf. photos ci-dessous]
  • Héron pourpré (ardea purpureapurple heron), 1 ind. [près du N'Galam, 'H' sud]
  • Canard à bosse (sarkidiornis m. melanotosknob-billed duck), 2 ind. solitaires [prairies du 'H' sud, cf. photos ci-dessous]
  • Oie-armée de Gambie (plectropterus gambensisspur-winged goose), 1 ind. solitaire [prairies humides du 'H' sud]
  • Dendrocygne fauve (dendrocygna bicolorfulvous whistling duck), au moins 80 à 120 ind. disséminés au milieu des veufs au repos (cf. photos ci-dessous) [prairies humides du 'H' sud]
  • Dendrocygne veuf (dendrocygna viduatawhite-faced whistling duck), probablement 2 000 ind. dans les prairies humides du 'H' sud (cf. photos ci-dessous) [au virage du N'Galam avec le marigot de N'Diassew]
  • Pygargue vocifère (haliaeetus vocifer, african fish eagle), 1 ind. à la courbe du N'Galam au sud du marigot de N'guisset + 1 ind. vers les prairies inondables ['H' sud]
  • Francolin à double éperon (francolinus b. bicalcaratusdouble-spurred francolin), 1 ind. [ZIC après digue de Tylla] + 2 ind. venant boire en bordure de l'immense prairie humide ['H' sud]
  • Râle à bec jaune (amaurornis flavirostra, black crake), 1 ind. sur les prairies humides ['H' sud]
  • Talève sultane (porphyrio porphyrio ssp. madagascariensisafrican swamphen) [digue de Tylla]
  • Jacana à poitrine dorée (actophilornis africanusafrican jacana), 30+ ind. sur la prairie humide (cf. photos ci-dessous) ['H' sud]
  • Outarde de Savile (lophotis savileiSavile's bustard), 1 ind. de sexe indéterminé, en fuite [interdunaire entre marigot de Khant nord et marigot de N'Guisset] + 2 ind. (cc) sur site habituel - un petit bosquet clair (cf. photo en haut de notule à g.) [ZIC 'H' sud] + 1 ind. mâle en compagnie d'un vanneau caronculé, d'un oedicnème du Sénégal et d'un calao à bec rouge (cf. photo ci-dessus) [19h, boisements orientaux du marigot de Khant nord]
  • Échasse blanche (himantopus himantopus, black-winged stilt), quelques ind. [prairies humides du 'H' sud]
  • Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensisSenegal thick-knee), au moins 4 ind. sur les prairies humides et 2 ind. en bordure sèche des prairies (cf. photos ci-dessous) ['H' sud] + 1 en compagnie de vanneaux 2 sp. [ZIC 'H' sud] + 1 ind. avec un calao à bec rouge, un vanneau caronculé et une outarde ! [boisements orientaux du marigot de Khant nord, cf. photo en haut de notule]
  • Courvite de Temminck (cursorius temminckii, Temminck's cursor), 4 ind. en brousse sèche (cf. photos en haut de notule à d. et ci-dessous) [ZIC 'H' sud], avec des vanneaux éperonnés
  • Gravelot pâtre (charadrius p. pecuarius, Kittlitz's plover), 1 ind. [prairies du 'H' sud] + 4 ind. au sortir des prairies humides (cf. photo ci-dessous) ['H' sud]
  • Vanneau (caronculé) du Sénégal (vanellus s. senegallusafrican wattled lapwing), 17 ind. en tout - dont 4 ind. et 3 ind. en poursuite [cordon dunaire à l'est du marigot de Khant nord] + 2 + 1 ind. + 2 et 1 ind. [interdunaire entre marigot de Khant nord et marigot de N'Guisset, cf. photo ci-dessous] + 2 et 1 ind. en compagnie de vanneaux éperonnés [ZIC 'H' sud] + 1 ind. avec une outarde, un oedicnème et un calao à bec rouge [boisements orientaux du marigot de Khant nord]
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosus, spur-winged lapwing), dont des ind. en compagnie de courvites de Temminck
  • Ganga à ventre brun (pterocles exustus, chestnut-bellied sandgrouse), 1 ind. seul, femelle au sol avant envol (cf. photo ci-dessous) [interdunaire entre marigot de Khant nord et marigot de N'Guisset] + 2 ind. femelles près des prairies inondables (cf. photo ci-dessous, ind. en vol) ['H' sud]
  • Tourtelette d'Abyssinie (turtur afer, black-billed wood dove), 1+ ind. [interdunaire entre marigot de Khant nord et marigot de N'Guisset]
  • Tourterelle masquée (oena capensis sspcapensisNamaqua dove)
  • Tourterelle maillée (streptopelia senegalensis ssp. senegalensis, laughing dove), dont groupe de ~12 ind. au reposoir sur un salvadora persica [ZIC sud 'H' sud] avec quelques tourterelles pleureuses et un calao à bec rouge
  • Pigeon roussard (de Guinée, columba guinea, speckled pigeon), dizaines d'ind. à l'abreuvoir parmi les canards [prairies humides du 'H' sud]
  • Tourterelle pleureuse (streptopelia senegalensis ssp. senegalensis, laughing dove), quelques ind.
  • Alcyon pie (ceryle r. rudispied kingfisher)
  • Guêpier nain (merops pusilluslittle bee-eater)
  • Guêpier à gorge blanche (merops albicollis, white-throated bee-eater), 1 + 4 ind. en parade nuptiale (cf. photo ci-dessous) [interdunaire entre marigot de Khant nord et marigot de N'Guisset] + 1 ind. (cf. photo ci-dessous) [ZIC rive est N'Guisset] + quelques ind. ['H' sud] + 1 ind. ad. perché près des outardes ['H' sud] + cc perché [carrefour piste Khant et GDS]
  • Coliou huppé (à nuque bleue, urocolius m. macrourusblue-naped mousebird), vol de 8-10 ind. [cordon dunaire à l'est du marigot de Khant nord]
  • Huppe fasciée d'Afrique de l'ouest (upupa epops ssp. senegalensis, west african hoopoe), 1 ind. [ZIC rive est N'Guisset]
  • Calao à bec rouge (tockus kempiwestern red-billed hornbill), 2 + 1 ind. [marigot de Khant nord, brousse orientale] + 1 ind. avec des 'mange-mil' [interdunaire entre marigot de Khant nord et marigot de N'Guisset] + 1 au reposoir avec des tourterelles sur un salvadora persica [ZIC sud 'H' sud] + 1 ind. en compagnie d'une outarde, d'un vanneau caronculé et d'un oedicnème [boisements orientaux du marigot de Khant nord]
  • Calao à bec noir (tockus nasutus, african grey hornbill), 1 ind. en vol
  • Cochevis huppé (galerida cristata ssp. senegallensiscrested lark)
  • Hirondelle rustique (hirundo rustica, barn swallow), toujours quelques ind., en fin de journée
  • Hypolaïs polyglotte (hippolais polyglotta, melodious warbler), 1 ind. volant d'acacia en acacia, S>N [marigot de Khant nord, brousse orientale]
  • Souïmanga à longue queue (cinnyris pulchellus, beautiful sunbird), 1+ ind. mâle [marigot de Khant nord, brousse orientale]
  • Moineau doré (passer luteusSudan golden sparrow)
  • Tisserin à tête noire (ploceus melanocephalus ssp. capitalisblack-headed weaver)
  • Travailleur à bec rouge (quelea quelea, red-billed quelea)
Entendu:
Martin-chasseur strié (halcyon chelicuti, striped kingfisher), 1 chanteur / Brubru africain (nilaus a. aferbrubru), 1 ind. ['H' sud] /

Ci-dessous, de haut en bas et de g. à d.: 2015 05 17 en fin de journée dans les Trois-Marigots...
Vanneau caronculé du Sénégal - Guêpiers à gorge blanche, parade nuptiale - Guêpier à gorge blanche, adulte
Oedicnèmes du Sénégal et ganga à ventre brun, femelle
Gravelot pâtre - Courvite de Temminck - Ganga à ventre brun à l'envol
Dendrocygnes veufs et dendrocygnes fauves - Grandes aigrettes, anatidés et divers oiseaux d'eau - Phacochères à l'abreuvoir
/ Photos par Frédéric Bacuez
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AUTRES:
  • Phacochère commun (phacochoerus africanuscommon warthog), 4 ind. bien roussâtres (cf. photos ci-dessous) ! ['H' sud] + 7 ind. [prairies du 'H'], au milieu des canards (cf. photo galerie ci-dessus en bas à d.)
  • Patas 'singe rouge' (erythrocebus pataspatas monkey), 2 et 3 ind. en fuite [marigot de Khant nord partie sèche sans herbages]
  • Lièvre des buissons (à oreilles de lapin, de Crawshay, lepus saxatilisscrub hare), 1 ind. pas trop farouche [à l'ouest du marigot de N'Guisset, à proximité des berges défrichées pour le sacro-saint oignon 'surproductif']
  • Écureuil terrestre du Sénégal (xerus erythropusstriped ground squirrel), 1 ind. [marigot de Khant nord, brousse orientale] + 1 ind. [interdunaire entre marigot de Khant nord et marigot de N'Guisset] + 1 ind. [à l'ouest du marigot de N'Guisset, à proximité des berges cultivées en oignons]

Ci-dessous: 2015 05 17 en fin d'après-midi dans la zone cynégétique des Trois-Marigots...
Trois phacochères rouquins !
/ © Photos par Frédéric Bacuez
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17, tour du Djeuss: Rhynchées peintes, Spatules d'Europe et d'Afrique

2015 05 17 16h, couple de rhynchées peintes dans les herbiers du Djeuss 'doux' / © Photo par Frédéric Bacuez

* Retenue du Djeuss, par la digue bangotine et la route de Diama -

APREM', 16h-17h05 -
En véhicule 4x4. avec Alix & Daniel Mignot.
Temps: stable, avec un ciel légèrement laiteux suite au renforcement hygrométrique de ces derniers jours - accompagné d'entrées maritimes du matin et de fin de journée

OISEAUX / 37 espèces cochées
REPTILES / 1 espèce cochée

Vu:
  • Pélican gris (pelecanus rufescens, pink-backed pelican), 2 ind. nagent devant les bosquets de palétuviers [mangrove de Bango coté Djeuss 'saumâtre']
  • Pélican blanc (pelecanus onocrotalus, great white pelican), 78 ind. en déplacement nord>sud [par-dessus la plaine rizicole de Bango/Mboubeune et le réservoir du Djeuss] 
  • Cormoran africain (phalacrocorax africanus, long-tailed cormorant)
  • Ouette d'Egypte (alopochen aegyptiaca, egyptian goose), 2 ind. dans les nouveaux casiers rizicoles [de Mboubeune]
  • Crabier chevelu (ardeola ralloides, squacco heron), dont quelques ind. dans une curée
  • Héron garde-boeuf (bubulcus ibiscattle egret)
  • Aigrette garzette (egretta garzettalittle egret), dont quelques ind. dans une curée (cf. photos en bas de notule)
  • Grande aigrette (egretta garzettalittle egret), dont plusieurs ind. (15+ ind.)dans une curée (cf. photos en bas de notule)
  • Aigrette intermédiaire (egretta intermedia, intermediate egret), quelques ind. (~10 ind.) dans une curée (cf. photos en bas de notule)
  • Héron cendré (ardea cinereagrey heron), dont 2 ind. immatures dans les herbiers
  • Héron pourpré (ardea purpurea, purple heron), dont 1 ind. immature dans les herbiers (cf. photo ci-dessous)
  • Tantale ibis (mycteria ibis, yellow-billed stork), 4 à 5 ind. immatures dans une curée menée par des spatules européennes et africaines (cf. photos en bas de notule)
  • Ibis falcinelle (plegadis falcinellusglossy ibis), en tout 3 ind. solitaires dans les herbiers 
  • Spatule d'Afrique (platalea alba, african spoonbill), 30+ ind. avec une cinquantaine de spatules d'Europe pour une curée printanière (cf. photos en bas de notule)
  • Spatule blanche (platalea leucorodia, eurasian spoonbill), 50+ ind. majoritairement immatures - dont au moins quatre sujets bagués !- dans une curée mélangeant quatre espèces d'ardéidés et des spatules d'Afrique (cf. photos en bas de notule)
  • Dendrocygne veuf (dendrocygna viduatawhite faced whistling duck), petits groupes plus ou moins d'importance (de 2 à ~25 ind.) un peu partout sur les herbiers, en train de fouiller la vase (16h+)
  • Busard des roseaux (circus aeruginosus, western marsh harrier), 1 ind. femelle immature/subadulte poursuivi par deux à trois vanneaux éperonnés
  • Râle à bec jaune (amaurornis flavirostra, black crake)
  • Gallinule poule-d'eau (gallinula chloropus, common moorhen), 1 ind.
  • Talève sultane (porphyrio porphyrio ssp. madagascariensis, african swamphen), plusieurs ind. au gagnage de fin d'après-midi (16h+)
  • Jacana à poitrine dorée (actophilornis africanus, african jacana)
  • Échasse blanche (himantopus himantopus, black-winged stilt), dont 1 ind. dans les nouveaux casiers rizicoles [de Mboubeune]
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosusspur-winged lapwing)
  • Rhynchée peinte (rostratula b. benghalensis, greater-painted-snipe), 2 ind en cc (femelle et mâle) en compagnie de deux dendrocygnes veufs [herbiers du Djeuss] + 1 ind. mâle [marais au pied de digue] (cf. photos ci-dessous et en haut de notule)
  • Mouette à tête grise (larus cirrocephalus ssp. poiiocephalusgrey-headed gull), vol passant de ~20 ind. [amont>aval] + 50+ ind. au repos dans les herbiers [du Djeuss 'doux']
  • Coucal du Sénégal (centropus senegalensisSenegal coucal), 1 ind.
  • Calao à bec noir (tockus nasutus, african grey hornbill), 1 ind. subadulte
  • Alcyon pie (ceryle r. rudis, pied kingfisher)
  • Guêpier nain (merops p. pusilluslittle bee-eater
  • Guêpier à gorge blanche (merops albicolliswhite-throated bee-eater), quelques ind. sur les arbustes le long de la digue de Mboubeune
  • Cochevis huppé (galerida cristata ssp. senegallensiscrested lark)
  • Cisticole roussâtre (cisticola galactotes ssp. amphilectus, winding cisticola), 1+ ind. aperçu
  • Prinia modeste (prinia subflava, tawny-flanked prinia), 1 ind. en vol, d'arbuste en arbuste [digue]
  • Gobemouche noir (ficedula hypoleuca, pied flycatcher), 1 ind. migrateur prénuptial stationné dans la ripsylve arbustive de la digue coté marais du Djeuss 'doux' [Lire aussi ICI sur Ornithondar]
  • Souïmanga à longue queue (cinnyris pulchellus, beautiful sunbird), assez nombreux avec poursuites nuptiales et territoriales
  • Choucador à oreillons bleus (lamprotornis c. chalybaeus, greater blue-eared starling), 1 ind.
  • Tisserin à tête noire (ploceus melanocephalus ssp. capitalisblack-headed weaver)
Entendu:
Cisticole roussâtre (cisticola galactotes ssp. amphilectus) /

Rhynchée peinte: 
pour une fois chez les oiseaux, c'est madame qui porte les couleurs - et la culotte !

A quelques encablures de la digue-barrage de Bango en pleine refondation, un couple de rhynchées peintes (rostratula b. benghalensis) parvient à se dissimuler à notre regard pendant quelques minutes, quasiment au pied de la piste, dans les herbiers du Lampsar... Les deux limicoles finissent par rejoindre, quelques mètres plus loin dans le marais, un autre duo, celui-là de dendrocygnes veufs (dendrocygna viduata) au premier pacage du soir... Un troisième sujet sera observé un peu plus loin, en contrebas de la digue qui mène vers Mboubeune.
Les rhynchées peintes sont des limicoles afro-asiatiques à large distribution. Sa présence dans le nord du Sénégal est circonscrite à la basse et à la moyenne vallée du Sénégal, depuis l'île à Morphil en amont du fleuve jusqu'au seuil du Gandiolais à l'aval, en incluant le lac de Guiers, le Ndiaël et les Trois-Marigots. Cette enclave est séparée de l'aire de répartition globale de l'espèce qui court d'ouest en est, en gros des Niayes de Dakar à l'Erythrée. L'espèce étant vagabonde, on peut envisager que les rhynchées peuvent sans difficulté échanger avec le gros des troupes qui stationne au sud du 15e parallèle. Dans la vallée du fleuve Sénégal, les oiseaux sont tributaires de la qualité plus que de la quantité des eaux, dans lesquelles elles se nourrissent d'insectes mais aussi de mollusques, de vers et de graines de céréales (riz sauvage comme domestique) ou de graminées des marais. Jusqu'à ces derniers mois, avant la dernière saison des pluies calamiteuse et surtout avant les travaux hydrauliques qui refaçonnent toute la vallée, le marais de N'Digué, sur la piste qui mène au parc national du Djoudj, était probablement le meilleur spot deltaïque pour observer plusieurs dizaines de ces rhynchées peintes: souvent, elles restaient à l'ombre des tamarix senegalensis, à l'endroit le plus improbable du site, coté villageois, près d'une mare vite à sec, au milieu des immondices et des détritus volatiles...

Cet étrange limicole a quelque chose des bécassines paléarctiques quand il s'immobilise en pariant sur son mimétisme pour ne pas être repéré, et de la bécasse des bois européenne quand il s'envole pattes pendantes pour se reposer quelques mètres plus loin. Mais c'est son dimorphisme sexuel qui en fait un cas original chez les oiseaux: au contraire de très nombreuses espèces, c'est la femelle qui arbore les couleurs chatoyantes - vert, jaune, blanc et rouille (cf. photo en haut de notule, ind. à droite de l'image) ! Le mâle est de la même facture, mais en version terne, et sa taille est plus réduite. C'est aussi la femelle qui dirige les opérations amoureuses: c'est elle qui parade, tente d'attirer le regard de ces garçons dont elle use et abuse le plus souvent, en particulier dans les régions où les densités de rhynchées ne sont pas élevées - ce qui est le cas dans le nord-ouest du Sénégal: à peine conquis son amant, les affaires faites la voilà déjà à la poursuite d'un autre gogo ! Polyandrie, sexualité débridée: notre séductrice volage confie même la couvaison de ses œufs au géniteur d'oisillons qui ne connaîtront même pas leur mère, le plus souvent, déjà envolée vers d'autres conquêtes...

Polyandrie, sexualité débridée: 
notre séductrice volage confie même ses œufs au reproducteur passager
 - déjà abandonné, vite cocufié:
il aura à charge et la couvaison et l'élevage des oisillons de la mère indigne 


Lire: Rostratula benghalensis, in BirdLife International et Rhynchée peinte, in Oiseaux-birds.com

Ci-dessous: 2015 05 17 après 16h dans les herbiers du Lampsar 'doux'...
Rhynchée peinte, mâle - Duo de dendrocygnes veufs et autre mâle de rhynchée peinte dissimulée
Envol d'un héron pourpré immature - Couple de dendrocygnes veufs et postérieur de vache
/ © Photos par Frédéric Bacuez



Les spatules africaines et européennes ensemble pour la curée  

Là où le Lampsar se divise en deux branches - le Ngalam et le Djeuss-, un vaste marécage malheureusement envahi par les typhaies s'étale jusqu'à la route de Diama. Au pied de la voie surélevée, le marais encore ouvert résiste à la poussée invasive des roseaux, autorisant une plus grande diversité d'oiseaux que dans les massettes trop denses. Cet après-midi, cent cinquante échassiers arpentent le périmètre, groupés et têtes baissées, pour piller de concert les herbiers visiblement riches de proies: tous réunis dans une même pêche collective, des aigrettes (grande, intermédiaire, garzette), des crabiers chevelus (ardeola ralloides), quelques tantales ibis (mycteria ibis) et surtout des dizaines de spatules blanches d'Europe (platalea leucorodia) et spatules d'Afrique (platalea alba) gloussent de contentement et s'effarouchent involontairement, créant momentanément un début d'envol vite reposé avant que l'avancée et le piétinement de ces centaines de pattes ne reprennent le carnage qu'on appelle fort à propos une curée... Difficilement visibles dans les herbes, les pattes de quelques spatules blanches portent des bagues-en-veux-tu-en-voilà ! Au moins trois sujets, d'une cohorte essentiellement formée d'immatures (spatules mais aussi les tantales ibis), arborent fièrement ces bagues et drapeaux colorés (cf. photos ci-dessous). L'écrasante majorité des spatules blanches (eurasiennes) sont des non reproducteurs qui vont estiver dans notre bas-delta jusqu'à la prochaine migration prénuptiale du printemps 2016.

En rappel sur Ornithondar: la curée dans la plaine de Biffeche, 1 / 2013 12 62 / 2013 12 123 / 2013 12 16

Ci-dessous: 2015 05 17 aprem', une curée collective sur un marais du Lampsar, entre Djeuss et Ngalam...
Grandes aigrettes, aigrettes intermédiaires, aigrettes garzettes, crabiers chevelus, tantales ibis immatures, spatules d'Afrique et spatules blanches - dont des baguées !
/  © Photos par Frédéric Bacuez



AUTRES:
  • Varan du Nil (varanus niloticus, Nile monitor), 1 ind. de taille relativement modeste

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