" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

jeudi 30 juin 2016

30, 'hivernage 2016': une première ondée sur la vallée

* Sahel du Sénégal -

Ce matin, premières gouttes de pluie sur le bas-delta du Sénégal: un peu plus de 3 mm sur les rives du Djeuss, un affluent du fleuve; et 2,8 mm à la station météorologique de Saint-Louis. La rumeur nous rapporte que le ciel aurait été plus généreux (dans l'idée locale que l'on se fait d'un ciel généreux...) vers Diama et à Dagana. Au final cependant, ce fut partout une ondée, et seulement des traces, ou rien, dans la moyenne vallée à l'est du lac de Guier. Plus que la pluie, ce sont l'humidité et la rosée du matin, et la touffeur qui en découle, qui font patienter dame nature. En excitant les oiseaux !

Suivre (presque) en direct:
Infoclimat.fr/climatologie mensuelle/juin/2016/Saint-Louis-du-Sénégal
ANACIM, agence nationale de l'aviation et de la météorologie, Sénégal
Lire:
cnrabambey.sn/Résultats des prévisions de l’hivernage 2016 pour le Sénégal, in Centre national de recherches agronomiques, Institut sénégalais de recherches agicoles (CNRA-ISRA), 2016 05 23
Agrhymet/Prévisions climatiques saisonnières 2016 en Afrique soudano-sahélienne, in Agrhymet/CILSS 2016 05 20
Et: Les 'Saltigués' prédisent un 'hivernage' pluvieux, in Le Soleil (Sénégal) 2016 06 6

Ci-contre: il pleut(vine) sur l'oasis bangotine... 2016 06 30, 10h10 / © Photo par Frédéric Bacuez


Pluies dans le Sahel stricto sensu, du sud-est au nord-ouest du Sénégal:
Matam, traces / Linguere, 1,4 mm / Louga, 3,3 mm / Saint-Louis, 2,8 mm /

Ci-dessous: 
 'Hivernage 2016', progression de la pluviométrie du 22 au 29 juin 2016
2016 06 22-29 / Courtesy © cartographie ANACIM


mardi 28 juin 2016

28, un bois de prosopis africana aux mains des charbonniers

Camouflée par un rideau de tamarix senegalensis, la ripisylve de prosopis africana
2016 06 28, 17h30 / © Photo par Frédéric Bacuez

* Entre Bango et Sanar-

APREM', 15h50-19h15-
A pied.
Temps: cet après-midi, 28/30° et 79/89% d'humidité, avec quelques remontées de nuages par le littoral...

Camouflé derrière plusieurs rideaux de tamaris (tamarix senegalensis), un vieux boisement de prosopis africana est longtemps resté inviolé. Protégé des bûcherons parce qu'à l'abri derrière des barbelés délimitant un vaste domaine agricole aujourd'hui en friche, délaissé. En plusieurs endroits, les clôtures ont été enfoncées, écrasées, offrant un passage au bétail domestique comme aux bipèdes; et même à des charrettes. Comme toujours en Afrique, il n'en fallait pas plus pour que le pillage s'organise aussitôt... Il en est des sanctuaires naturels, au sein d'une réserve cynégétique ou d'un parc national comme des périmètres agricoles ou industriels: au moindre relâchement, dès que la surveillance et la gestion démissionnent, les hordes humaines envahissent les sites et les mettent illico presto en coupe réglée. Parfois, dans les pays pas (encore) aspirés par la spirale autodestructrice et suicidaire que connaissent nombre de contrées, cela prend l'aspect plus discret, parfois négocié, d'intérêts partagés, pour un pillage plus subtil...

On ne touche pas au sacro-saint charbon de bois !

Ici dans le nord du Sénégal, dès qu'il y a un boisement, même relictuel, souvent déjà squelettique, il y a un charbonnier qui s'y cache ! Depuis dix ans que j'arpente la basse vallée du fleuve, il suffit que j'entre dans un sous-bois voire une savane arborée plus dense que d'autres pour qu'immanquablement j'y trouve des bûcherons en action, une charrette ramassant son stock, une ou plusieurs meules en activité, un cercle noirci encore fumant, et des amas de branchages partout, en lieu et place des arbres disparus, abandonnés in situ au point que parfois on ne peut même plus se frayer un chemin ! La demande en charbon est forte, au Sénégal, de plus en plus pressante. L'explosion démographique n'arrange rien. Il en faut pour le rituel ataya (la cérémonie du thé), sans lequel une journée socialisée est un fiasco absolu. Il en faut pour cuisiner, aussi, car c'est connu, le tiepboudiene est autrement meilleur mijoté avec du charbon de bois qu'avec des branchettes de bois ou du gaz. Et, argument imparable, ça coûte(rait) moins cher au porte-monnaie !

Les choses ne risquent pas de changer. Cela fait soixante ans que l'état sénégalais tous régimes confondus se désintéresse de la question. Hors les slogans; son goût immodéré pour la réunionnite (sic) aiguë; et sa passion pour les grands machins qui dépassent ses capacités financières, les 'Projets' qui finissent dans les sables, tôt ou tard. Il en sera ainsi de la Muraille verte (cf. ci-après), un concept fumeux comme l'était le brouillon et mégalomaniaque président Wade, obsessionnellement hors-sol: un concept qui a échoué partout, y compris dans des pays autrement plus argentés comme l'Algérie ou la Chine. Coupez, tronçonnez, dessouchez tous les arbres isolés qui restent, les buissons et les taillis de tamaris y compris, finissez-en avec les ultimes arbres dignes de ce nom, on replante une bande verte, panafricaine et publicitaire large de 15 kilomètres au maximum, ça suffira et stoppera net l'avancée 'mécanique' du désert, autre concept trompeur qui déresponsabilise l'Homme, c'est préférable. Et vive le charbon de bois ! Car hélas, tous les observateurs attentifs et honnêtes l'ont démontré: l'aridification et la désertification sont autant le fait de l'Homme, voire de plus en plus le fait de l'Homme, que les sécheresses cycliques qui frappent l'Afrique, tous les trente ans au Sahel (un cycle plutôt sec succédant à un cycle plutôt humide). La désertification se fait de manière concentrique, de l'intérieur d'un périmètre environnemental encore relativement équilibré: au milieu, la fermette ou le hameau s'agrandissent, leur bétail explose, les familles font des enfants en-veux-tu-en-voilà; il faut du bois, toujours plus de bois, pour tout et n'importe quoi, le processus est enclenché, le cercle dévastateur s'élargit et se propage comme des métastases, rejoignant d'autres éclaircissements du couvert végétal et ainsi de suite... Quant au satané bétail, qu'on élève comme il y a mille ans, mais avec soins vétérinaires et accès à l'eau toute l'année, il suit le mouvement et devient vite pléthorique - signe de richesse !-, il anéantit toujours plus tôt en saison sèche le tapis herbacé, avalant tout ce qui pourrait sortir de terre/sable, en particulier d'éventuelles jeunes pousses d'arbres. Il faut parcourir la brousse du Sahel pour s'en rendre compte, et se dire que le futur est bien hypothéqué: il n'y a pas de rejets ou de repousses qui tiennent au-delà de quelques mois. Aussi dramatique naturellement qu'artificiellement: l'écrasante majorité des replantations à grand renfort de spectacle et d'argent gaspillé, organisés à chaque saison des pluies dans tous les états sahéliens, sont peines et 'distractions' perdues... Pas d'entretien, pas de surveillance, les espèces sont souvent inadaptées, plantées trop tard aussi, et in fine impitoyablement bouffées par chèvres vaches moutons !









Obtusions culturelles...

La réalité du terrain laisse sans voix - et sans espoir: nos "braves" bûcherons, nos "vaillants" charbonniers scient la branche sur laquelle ils s’assoient, si si ! Quand ils coupent, ils tuent ! Ce ne sont pas des forestiers, des bûcherons au sens où nous l'entendons chez nous, ce ne sont que des prédateurs ! On prend tout - enfin tout ce qui peut faire du charbon, du bon charbon odorant ! Le reste, les branches, branchettes, brindilles et feuilles, et les souches tronçonnées au plus court, ça reste sur place, inutilisé. Ne laisser aucune chance à l'arbre de reprendre, surtout pas ! Ou alors quand la souche daigne reverdir, ô miracle, les animaux domestiques ont tôt fait de brouter les rejets, une fois, deux fois et c'est mort ! Ou alors c'est la longue saison sèche, l'assèchement des sols, le tarissement de la mare ou du bas-fond voisin qui anéantissent toute espérance. Et il en est ainsi chaque jour, ici. Franchement, je ne crois pas avoir fait une seule sortie de terrain sans avoir entendu la cognée au loin, ou senti le fumet de la meule, ou croisé un chargement de bois ! En revanche, pas une seule rencontre d'agents de l'état menant leur lutte héroïque (et intraitable) contre la coupe abusive ! Et nous sommes au Sahel, dans un des milieux les plus fragiles au monde, dont on ne cesse de dire (en ville et à l'étranger) que son déboisement crée la désertification et prépare les catastrophes à venir ! Irresponsables et suicidaires. Pour ne pas fâcher. Clientèle électorale oblige. Ne pas enclencher de programme de substitution ou de réduction de l'emprise humaine sur le bois et les herbages (à la Sankara). Ni de contraintes. Ne surtout pas libérer son génie créateur, ça c'est has been... Forêts villageoises, Forêts classées, Aires communautaires en cogestion, Zones sylvo-pastorales, au diable ces organisations spatiales d'autrefois, aujourd'hui c'est l'émergence - partout, et n'importe comment ! Laisser prospérer les magouilles, les petits arrangements, la corruption administrative, la mainmise des chefs villageois sur ce juteux commerce du charbon de bois. Ne sortir sur le terrain, en grande tenue de combat, que si et seulement si c'est financé... par d'autres: des experts, une ONG, une association de chasseurs (sic)... Surtout pas d'autonomie, clamer son indépendance mais ne jamais la pratiquer ni l'imposer, aux autres et (surtout) aux siens, que ça plaise ou pas. Mais parader dans les colloques, les ateliers de réflexion et les 'activités' où le ridicule le dispute au puéril, médiatisées à peu de frais. Sans oublier de (faire) déclencher le plan perdiémite, et se gargariser d'autosatisfaction. Discourir. Puis mendier, pardon, vanter le partenariat, la coopération exemplaire, "le donner et le recevoir" (sic !). Bla bla bla. Vivement le prochain cycle sec, ça va faire mal ! Si l'inévitable catastrophe pouvait bousculer le petit train-train de l'onirisme au charbon de bois et à l'obtusion culturelle...

Ci-dessous:
un bosquet de vieux prosopis à la (dé)coupe !
Domaine agricole de la SCL 2016 06 28 / © Photos par Frédéric Bacuez






Cette fois, même pas un seul retardataire du Paléarctique; que des afrotropicaux !
- c'est le temps de l'hivernage, la mousson ouest-africaine...

OISEAUX / 43 + 1 espèces cochées, 6 sp. entendues
MAMMIFÈRES / 1 espèce cochée
REPTILES / 1 espèce
AUTRES / 4+ espèces

Vu:
  • Gardebœuf d'Afrique (Héron garde-boeuf, bubulcus i. ibis, western cattle egret), plusieurs ind., dans les casiers rizicoles [de Sanar] et avec les chevaux pâturant sur les friches [SCL] 
  • Aigrette garzette (egretta g. garzettalittle egret), 2+ ind. [casiers rizicoles de Sanar]
  • Grande aigrette (ardea alba ssp. melanorhynchoswestern great egret), 2 ind. [bas-fond de Sanar]
  • Dendrocygne veuf (dendrocygna viduatawhite-faced whistling duck), 2 ind. arrivant sur les rizières [bas-fond de Sanar]
  • Milan d'Afrique à bec jaune (Milan parasite, milvus aegyptius ssp. parasitus, yellow-billed kite), 6 ind. locaux dont sujets n mue (plus quelques nids dans eucalyptus et filaos riverains [de la SCL]) + 2 ind.
  • Francolin à double éperon (pternistis b. bicalcaratusdouble-spurred francolin), plusieurs ind. dont des immatures
  • Échasse blanche (himantopus himantopusblack-winged stilt), 3 ind. là où il reste de l'eau [marigot de Sanar]
  • Vanneau (caronculé) du Sénégal (vanellus s. senegallus, -africanwattled lapwing), 3 ind. en vol [bassin rizicole de Sanar]
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosusspur-winged lapwing)
  • Goéland railleur (chroicocephalus geneislender-billed gull), 2 + 1 ind. en vol passant
  • Sterne hansel (gelochelidon n. niloticagull-billed tern), 2 ind. en vol d'altitude - dont sujet avec proie dans le bec
  • Tourtelette d'Abyssinie (turtur abyssinicusblack-billed wood-dove), plusieurs ind.
  • Tourterelle masquée (Tourterelle à masque de fer, oena c. capensisNamaqua dove), peu
  • Tourterelle maillée (spilopelia/streptopelia s. senegalensislaughing dove)
  • Pigeon roussard (de Guinée, columba guineaspeckled pigeon), quelques ind. en vol passant
  • Perruche à collier (psittacula k. kramerirose-ringed parakeet), 1 + 2 + 1 + 1 + 1 + 5 + 1  + 1 ind. - dont deux juvéniles
  • Touraco gris (crinifer piscatorwestern grey plantain-eater), 2 + 2 ind., bruyants - cc locaux, dont duo (pour)suivi par une perruche à collier
  • Coucal du Sénégal (centropus s. senegalensisSenegal coucal)
  • Martinet des maisons d'Afrique de l'ouest (apus affinis ssp. aerobateswest african little swift), 2 ind. chassant (19h) [Ranch de Bango]
  • Martin-chasseur à tête grise (halcyon l. leucocephala, grey-headed kingfisher), 1 à 2 ind. + 1 ind.[lisières SCL]
  • Guêpier nain (merops p. pusilluslittle bee-eater)
  • Guêpier à gorge blanche (merops albicollis, white-throated bee-eater), dont quelques ind. en compagnie de Guêpiers de Perse
  • Guêpier de Perse de l'ouest (merops persicus ssp. chrysoconoswestern blue-cheeked bee-eater), groupe familial de 5 à 6 ind.
  • Coliou huppé (à nuque bleue, 'oiseau-souris', urocolius m. macrourusblue-naped mousebird), 1 seul ind. !
  • Calao occidental (à bec rouge, tockus kempiwestern red-billed hornbill), dont ind. chanteur
  • Pic goertan (mesopicos ex dendropicos goertae, grey woodpecker), 3 ind. en vol, dont sujet criant - peut-être cc avec juvénile [friches SCL]
  • Cochevis huppé du Sénégal (galerida cristata ssp. senegallensis, -Senegalcrested lark), quelques cc formés
  • Bulbul des jardins (pycnonotus barbatus ssp. inornatusgarden bulbul), 3 + 1 ind.
  • Crombec sitelle (sylvietta b. brachyuranorthern crombec), 1 ind.
  • Camaroptère à dos gris (camaroptera b. brevicaudatagrey-backed camaroptera), 1 à 2 ind.
  • Cisticole des joncs (du Nigeria, cisticola juncidis ssp. uropygialisnigerian zitting cisticolafan-tailed cisticola), 1 + 1 ind. [berges du bas-fond rizicole de Sanar]
  • Pririt/Batis du Sénégal (Gobemouche soyeux du Sénégal, batis senegalensis, Senegal batis), 1 ind. mâle ad. chanteur + cc en poursuite (nuptiale ?) + 1 ind.
  • Souïmanga à longue queue (cinnyris p. pulchellusbeautiful sunbird), vu et surtout entendu
  • Gonolek de Barbarie (laniarius b.barbaruscommon gonolekyellow-crowned gonolek), 1 ind. en sous-bois [ripisylve à prosopis]
  • Moineau domestique (passer domesticus ssp. indicus, -indianhouse sparrow)
  • Moineau doré (passer luteusSudan golden sparrow)
  • Tisserin vitellin (masqué, ploceus v. vitellinusvitelline masked-weaver), en plumage nuptial
  • Tisserin à tête noire (ploceus m. melanocephalus, black-headed weaver), en plumage nuptial
  • Amarante (commun) à bec rouge (du Sénégal, lagonosticta s. senegalared-billed firefinch)
  • Bengali zébré (amandava s. subflavazebra waxbill), 1+ et 1+ ind.
  • Capucin bec-d'argent (euodice c. cantans, african silverbillmauritanian silverbill), troupe de 10+ ind. près d'un bas-fond de massettes sèches [SCL]
  • Combassou du Sénégal (vidua c. chalybeatavillage indigobird), 1 ind.
  • Serin à croupion blanc du Sénégal (crithagra leucopygia ssp. riggenbachi, Senegal white-rumped seedeater), 2 à 4 ind. - en cc

Et 1 oiseau en vol, de type érémomèle (du Sénégal, eremomela pusilla)

Ci-dessous, de haut en bas et de g. à d.:
Martin-chasseur à tête grise - Les friches de la Société de cultures légumières (SCL) - Guêpier nain sur les barbelés du Ranch de Bango
Guêpier nain et son abeille - Serin à croupion blanc dans un balanites aegyptiaca
2016 06 28 aprem' / © Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les photos pour agrandir -




Entendu;
Francolin à double éperon (pternistis b. bicalcaratus) / Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensisSenegal thick-knee) / Glaréole à collier (glareola pratincola ssp. fuellebornicollared pratincole Guêpier de Perse de l'ouest (merops persicus ssp. chrysoconos) / Guêpier à gorge blanche (merops albicollis) / Huppe fasciée d'Afrique de l'ouest (Huppe du Sénégal, upupa -epopssenegalensis ssp. senegalensiswestern african hoopoe), 1 ind., chanteur local / Pic goertan (mesopicos goertae), 1 ind. tambourinant [ripisylve à prosopis] / Camaroptère à dos gris (camaroptera b. brevicaudata), 1 ind. [ripisylve à prosopis] / Cisticole (roussâtre) du Nil (cisticola -galactotes- marginatus ssp. amphilectuswinding cisticola) / Souïmanga à longue queue (cinnyris p. pulchellus) / Choucador à longue queue (lamprotornis caudatuslong-tailed glossy-starling) [Ranch de Bango] /

AUTRES:

  • Lièvre des buissons (à oreilles de lapin, de Crawshay, lepus saxatilisscrub hare), 1 ind. levé
Un terrier de grande taille, un terrier de taille moindre, des abris et couches sous massettes sèches...
8 'trophées' de phacochères communs (phacochoerus africanus), jetés dans la nature avec leur lot de cartouches vides... [du Ranch de Bango, certifié 'écolo', évidemment !]

  • Agame variable (des colons, agama agamarainbow lizard), 1 ind. en course éperdue vers l'arbre le plus proche !
  • (petit) Monarque d'Afrique (danaus chrysippus ssp. chrysippuscommon plain tigerlesser wandererqueen butterfly, 'african queen'), quelques ind. 
  • Papillon de Vinson (Voilier des citronniers, papilio d. demodocuscitrus swallowtailcitrus butterflyorange dogChristmas butterfly), 1 ind.
  • Mylothris chloris (common western dotted border), le papillon le plus abondant, soudainement !
  • Libellules et agrions divers, nombre en augmentation saisonnière...

Ci-dessous:
huit trophées de Phacochères... au rebut !
Au large du Ranch de Bango, 2016 06 28 / © Photo par Frédéric Bacuez

lundi 27 juin 2016

27, rarement vu: un Turnix d'Afrique près du Canal de décharge

Turnix d'Afrique - turnix sylvaticus ssp. lepurana
2016 06 27 / Courtesy © photo par Daniel Mignot pour Ornithondar

* Canal de décharge, vers Mboubeune -

APREM'-
Encore un joli coup de nos camarades Alix & Daniel, hier soir ! Près du Canal de décharge, dans les environs du village de Mboubeune en fin de journée: un Turnix d'Afrique (turnix sylvaticus ssp. lepuranawest-african small buttonquail) est pour une fois à découvert - ce qui est événement fort rare... Le petit chose (14-16 cm !) "ne s'est résigné à l'envol qu'après s'être tapi à plusieurs reprises", nous explique Daniel. Étrange de trouver ici, dans ce milieu récemment chamboulé par un chantier de creusement d'un canal d'évacuation des eaux, toutes les eaux, de la vallée rizicole... Je crois me souvenir qu'il y avait, dans le coin, de nombreux buissons de salicornes et des touffes de tamaris, et quelques tannes... S'agirait-il d'un oiseau de saison ? Ou d'un sujet ayant quitté les dunes de Nguinor, de l'autre coté de la route de Diama, pour venir boire au canal ? Mystère... Et belle coche !

Nota 1: peu de mentions du Turnix, dans notre vallée du Sénégal... Rien d'anormal, c'est partout le même constat, l'oiseau est d'une discrétion légendaire. Et de plus en plus rare, très affecté par les remembrements agricoles qui laissent peu de place à ce que l'oiseau privilégie: les terrains secs parsemés de buissons - palmiers nains et asphodèles, au nord du Sahara. Et les zones de cultures traditionnelles, avec un faible pour les champs de citrouilles - en zone méditerranéenne. Car au sud du Sahara, cela n'étonnera pas, on ne sait pas grand chose des mœurs et habitudes de la race lepurana du Turnix mugissant. Il aurait un faible pour les dunes littorales buissonnantes, à euphorbia basalmifera par exemple, avec au creux des carrés de cultures légumières... On imagine que le Gandiolais, la Grande Côte ou le pourtour du lac de Guier seraient de bons endroits pour l'y débusquer. Pour notre part, si Ornithondar n'a jamais pu voir la petite caille ici au Sénégal, nous avons eu la chance de lever son cousin le Turnix de Meiffren (Turnix à ailes blanches, ortyxelos meiffrenii, african lark buttonquail), une fois, dans le Toddé limitrophe des Trois-Marigots.

Nota 2: chez le Turnix d'Afrique, il en va comme chez la Rhynchée peinte (rostratula benghalensis): c'est madame qui porte la culotte ! Plus colorée que le mâle, avec un plumage paraît-il plus contrasté, dame Turnix dirige aussi les opérations de la reproduction: c'est elle qui drague, c'est elle qui peut prendre plusieurs amants en même temps, à l'un ou plusieurs d'entre d'eux qu'elle confie le soin de couver ses œufs, souvent deux à trois couvées d'un coup ! Et c'est toujours elle, aussi territoriale qu'un garçon, qui pousse ce cri typique, sourd et portant loin comme une corne de brume, à l'aube ou au crépuscule: ouh ouh ouh ! Impressionnant, venant d'une si petite bête !*

Lire:
Billets Turnix sylvaticus sur MaghrebOrnitho
* Sources:
Oiseaux.net/turnix mugissant

jeudi 23 juin 2016

23, de mal en pis sur la Grande Côte, cimetière de la biodiversité


Ci-dessus:
à g., restes découpés d'un Dauphin commun à bec court - delphinus delphis - à d., jeune Tortue caouanne - loggerhead turtle, perforée par l'hélice d'un moteur (de pirogue)
2016 06 sur la Grande Côte / Courtesy © photos par Wim Mullié, droits réservés
Voir d'autres photos de l'inventaire: ICI sur African Aquatic Conservation Fund

* Grande Côte, de Dakar à Saint-Louis-du-Sénégal -

2016 06 20-23-

Comme un rituel, en hommage posthume aux victimes de l'écocide en cours... Nouvel inventaire morbide sur l'estran de la Grande Côte, de Dakar à Saint-Louis-du-Sénégal. Du 20 au 23 juin 2016, Wim C. Mullié avec Lucy Keith Diagne pour l'African Aquatic Conservation Fund et Abdel Kader Diagne pour l'African Chelonian Institute ont dénombré et tenté d'identifier les restes de cétacés et de tortues marines échoués sur les quelque 185 kilomètres de la plage qui court de Dakar-Thongor au parc national de la Langue de Barbarie, juste au sud de Saint-Louis-du-Sénégal. Comme nos amis le disent pudiquement, "les nouvelles ne sont pas bonnes..." L'hécatombe continue et s’aggrave, dans le silence assourdissant, et complice, de nous tous: citoyens de ce pays et d'ailleurs, personnel politique et intellectuel, fonctionnaires de l'Environnement qui n'en peuvent mais, et les innombrables pêcheurs qui détruisent et gaspillent leur gagne-pain, leur mer à tous !

The most sea turtle and cetaceans carcasses in a single survey so far. "
- Lucy K. Diagne, African Aquatic Conservation Fund

Près de 200 kilomètres d'échouages de tout et n'importe quoi ! La Grande Côte, exposée plein nord-ouest, c'est le dépotoir et le cimetière de tout ce que l'Atlantique rejette sur le rivage comme une vomissure. Du Sénégal, certes, mais aussi de la haute mer via les courants. Les plastiques, évidemment, en quantité qui dépasse désormais tout entendement. Voilà aussi, parmi les déchets dont l'Homme ne sait plus que faire, des dizaines de pièges à octopodes (poulpes, octopus sp.) rapportés par la houle. "Des milliers et des milliers de Maquereaux". Un bon millier de Diodons (poisson porc-épic, porcupine fish). Des ossements de Baleines (type megaptera ?, whale sp.). Neuf Marsouins communs (phoconea phoconea, harbor porpoise) dont au moins un nouveau né. De nombreux juvéniles de Tortues vertes (chelonia mydas, green turtle). Une carcasse de Tortue luth (dermochelys coriacea, leatherback sea turtle). Une jeune Tortue caouane (caretta caretta, loggerhead turtle), morte de ses blessures comme plusieurs Dauphins de Risso (grampus griseus, Risso's dolphin). Un inventaire qui n'a rien, hélas, d'une poétique énumération à la Prévert... ou d'un comptage d'oiseaux vivants par Ornithondar !

Des restes trouvés de tortues marines et de cétacés sur la plage, Wim Mullié et ses collègues ont recensé:

2016 06 20-23:
  • 35 tortues marines, de 4 espèces différentes
  • 31 cétacés, de 5 espèces différentes

2014 07 22-25:
  • 36 tortues marines (47 ind. estimés), de 4 espèces différentes
  • 26 cétacés 

Restes...
Au PC du parc national de la Langue de Barbarie (PNLB) 2016 01 15, 15h20 / © Photo par Frédéric Bacuez


Les vaillants et braves pêcheurs sénégalais, 
aussi coupables que les autres pillards de la mer !

Sur la base des premiers constats et dans l'attente d'un énième rapport sur les causes de ce grand gaspillage, Wim et les siens nous suggèrent en filigrane quelques pistes, pour expliquer la mort de ces espèces marines - à nous d'interpréter les prudences scientifiques: il y a des dauphins découpés, dont seules la tête et la queue ont été rejetées à la mer... A coté des ossements indéchiffrables des grands cétacés, la majorité des delphinidés ont été affreusement blessés, tronçonnés, dépecés - "butchered" ! Idem pour certaines tortues: cadavre rejeté sur l'estran, mutilé par l'hélice d'une pirogue; dorsale arrachée à la bête pour en conserver seulement et discrètement la chair - pas vu pas pris ! Cette fois la dorsale a été rejetée à l'eau, d'autres fois elle est conservée pour la vente aux imbéciles de touristes. Tonnes de poissons rejetés à la mer: la pirogue dégorge (Maquereaux); ou alors les prises ne sont pas consommées (Diodons) par les Sénégalais - qui ont des techniques de pêche aberrantes mais le palais en revanche exigeant ! Quant aux jeunes Marsouin et Tortues vertes, comme la Tortue luth, la noyade dans les filets dérivants a toutes les chances d'être la cause de leur abandon tragique sur l'estran sénégalais.


" (...) captures up to 15 turtles 
during a fishing trip frequently occurs. "
- Témoignage d'un pêcheur sénégalais (cf. ci-dessous)

En 2016 comme en 2015 et 2014... 
" The causes of death are often difficult to determine without detailed necropsy, but several individuals found showed signs ofhuman consumption. The shell of Leatherback turtle was removed, probably for collection. All these individuals were probably victims of fisheries bycatch. The owner of a Yoff based pirogue, fishing with purse seines off West Africa, told us that captures up to 15 turtles during a fishing trip frequently occurs. As these are well appreciated by consumers, they are then unloaded and sold in the fishing ports where boats landed, whereas cetaceans were said to be thrown overboard. "
- Wim Mullié, Abdoulaye Djiba, Abdelkader Diagne, in African Sea Turtle Newsletter n°3, 2015


A la suite, sur l'estran mauritanien: 

Voir des photos de l'inventaire 2016: ICI sur African Aquatic Conservation Fund et, pour 2015, ICI sur African Chelonian Institute (pages Facebook en accès libre)

Lire: 
par Wim C. Mullié, Abdoulaye Djiba, Abdelkader Diagne, in African Sea Turtle Newsletter n°3, 2015
par Mamadou Diallo & Justine Dossa, WWF Wampo et PRCM, 2012 11

mardi 21 juin 2016

21, dans l'arrière Gandiolais: un Coucou jacobin alias 'rainbird' !

Coucou jacobin - clamator jacobinus ssp. pica, adulte probable mâle
Arrière-pays du Gandiolais 2016 06 21, 18h11 / © Photo par Frédéric Bacuez

* Arrière-pays du Gandiolais -

APREM', 16h-19h35-
En véhicule 4x4. Avec Alix & Daniel Mignot
Temps: 36°, seule journée très chaude de la semaine... Taux d'humidité, 53%; vents de mousson du SE, 24 km/h, au contact des alizés faiblissants NO, 10km/h... Entrées maritimes en fin de journée

En fin d'après-midi dans une jungle d'épineux, un oiseau noir et blanc comme une pie européenne à la longue queue étagée se déplace maladroitement sur la canopée des arbustes. C'est un Coucou de la famille des Clamators (Coucou jacobin, Coucou de Levaillant, Coucou-geai). Mais oui, il s'agit du moins répandu des trois sus-cités, ici à l'extrémité nord-ouest de sa distribution géographique africaine: un Coucou jacobin (clamator jacobinus ssp. picanorthern pied crested cuckoo) ! A l'échelle mondiale, ce cuculidé n'est pas un oiseau rare, encore moins une espèce menacée, bien au contraire: l'espèce est spécifiquement afro-asiatique, précisément subsaharienne et du sous-continent-indien. Au Sri-Lanka et en Inde, il est si fameux, quasi mythifié, qu'on l'y appelle l'oiseau-de-la-pluie, 'rainbird' (Voir ICI)... Car c'est un migrateur inter-tropical qui, en se déplaçant saisonnièrement vers le nord avec le Front de convergence intertropical, vient annoncer l'arrivée de la mousson. Comme le font dans l'Afrique occidentale le Coucou didric (chrysococcyx caprius) et quelques espèces de Guêpiers (merops albicollis et merops hirundineus), ou le Calao à bec noir (tockus nasutus) qui nous quitte massivement avec le reflux des pluies. Un phénomène bien connu des agriculteurs des latitudes soudaniennes à parcs arborés (karité, néré) et champs de céréales et/ou de tubercules (mil rouge, sorgho, petit mil, niébé, arachides, patate douce, igname, taro).

Rainbird et chenilles chevelues

A l'instar de ses cousins indiens, et des autres cuculidés afrotropicaux, le Coucou jacobin est un symbole de l'hivernage, la mousson ouest-africaine. Il atteint nos confins pré-sahariens du bas-delta à la mi-juin et ne monte guère plus haut, la limite nord étant le Chot Tboul littoral et le Diawling fluvial, en Mauritanie limitrophe. Il affectionne tout particulièrement les zones de broussailles, les petites brousses arbustives d'épines et de lianes - lorsque nous l'avons trouvé, notre oiseau était à l'endroit parfait ! Le renforcement du taux d'hygrométrie et l'apparition des chenilles chevelues sont les préalables à son arrivée sur nos marges sahéliennes et atlantiques: c'est le cas ce soir, le Coucou inspecte le fouillis végétal et en extirpe au moins une, de ces chenilles velues ! Peu farouche, en plus - ce qui, de la part d'un Coucou, est une quasi anomalie !-, le Jacobin tout occupé à chercher sa pitance puis à clamer son arrivée... C'est un signe encourageant: à notre connaissance il n'y a pas encore de reproduction confirmée au Sénégal (et en Gambie), à l'exception peut-être de la région de Kidira et de la Falémé, à la frontière malienne (in Borrow & Demey, 2011).

Et un Coucou didric chante à tue-tête

Un peu plus tôt, au pied du cordon dunaire planté de quelques arbres splendides, c'est un Coucou didric (chrysococcyx caprius, Diederik cuckoo) qui chante à la cantonade. Difficile à discerner, vert sur vert dans la frondaison des acacias depuis lesquels il appelle inlassablement sa promise, encore en route. Il en est des Coucous et des afrotropicaux voyageurs comme de tous les oiseaux migrateurs: les mâles précèdent les femelles, histoire de préparer le terrain, de s'approprier la meilleure place, de chant, d'alimentation, pour anéantir la concurrence et trouver grâce auprès de la compagne à venir... 

Parasitisme sahélien

Le Coucou jacobin se reproduit pendant la saison des pluies - "en Afrique occidentale, la saison se déroule de mai à juillet"*. Il n'en reste pas moins un Coucou, donc un parasite invétéré... Aux autres le soin de faire éclore ses jolis œufs bleutés ! Coté mauritanien, il semble que notre oiseau a une préférence pour le nid du Cratérope fauve (argya fulva ex turdoides fulva ssp. buchanani); du coté sénégalais, il choisirait celui du Cratérope brun (turdoides plebejus ssp. platycirca), accessoirement du Cratérope à tête noire (turdoides reinwardtii), mais il trouvera plus aisément comme hôte le plus classique et commun Bulbul des jardins (pycnonotus barbatus ssp. inornatus). Le Coucou didric quant à lui sera plus tardif que son cousin; il attendra l'installation des pluies pour parasiter les couvées du Tisserin (ploceus sp.), dont certaines espèces sont particulièrement nombreuses dans la vallée du fleuve Sénégal. Pour le moment, il s'égosille !

* Sources:
Oiseaux.net/Coucou.jacobin


Un Coucou jacobin dans le Gandiolais, 2016 06 21:
" Scarce intra-african migrant [in Senegambia, ndlr.]
No confirmed breeding in Senegambia. "
- Nik Borrow & Ron Demey
In Birds of Senegal and The Gambia, Helm Field Guides, Christopher Helm ed., Londres 2011

Ci-dessous:
Coucou jacobin - clamator jacobinus ssp. pica (18h10), et Coucou didric - chrysococcyx caprius, chanteur (17h25)
Arrière-pays du Gandiolais 2016 06 21 soir / © Photos par Frédéric Bacuez (coucou jacobin) et courtesy © par Daniel Mignot (coucou didric)



Ci-dessous:
Coucou didric à Ouagadougou, Burkina Faso, parc forestier urbain Bangr' Weoogo
2010 05 23 / © Enregistrement sonore par Bram Piot pour Xeno-Canto


OISEAUX / 53 espèces cochées, 4 sp. entendues
MAMMIFÈRES / 2 espèces cochées
REPTILES / 1 espèce

Oiseaux du jour:
Courvite isabelle / Courvite de Temminck / Coucou jacobin / Coucou didric

Vu:
  • Pélican blanc (pelecanus onocrotalusgreat white pelican), groupe de deux dizaines d'ind. sur un îlot, cerné(s) de déchets plastiques [marigot de Khor, Saint-Louis]
  • Pélican gris (pelecanus rufescenspink-backed pelican), 33 ind. cerclant au loin [à la verticale du marigot de Gueumbeul amont] + 1 ind. [Bountou Baat coté RSG]
  • Cormoran africain (microcarbo a. africanuslong-tailed cormorant) [Bountou Baat]
  • Gardebœuf d'Afrique (Héron garde-boeuf, bubulcus i. ibis, western cattle egret)
  • Grande aigrette (ardea alba ssp. melanorhynchoswestern great egret), 2 ind. de part et d'autre du pont [de Bountou Baat]
  • Héron cendré (ardea c. cinereagrey heron), 1 ind. [Bountou Baat hors RSG]
  • Spatule blanche (d'Europe, platalea l. leucorodiaeurasian spoonbill), dizaines d'ind. sur la lagune, immatures estivants, avec des flamants roses [réserve spéciale de Gueumbeul, RSG]
  • Flamant rose (phoenicopterus roseusgreat flamingo), 3 ind. [Leybar coté fleuve] + dizaines d'ind. au loin sur la lagune, estivants immatures [réserve spéciale de Gueumbeul, RSG]
  • Pygargue vocifère (haliaeetus vociferafrican fish-eagle), 1 ind. juvénile houspillé par une Sterne hansel [au-dessus de Gueumbeul, RSG nord]
  • Vautour africain (gyps africanus, african white-backed vulture), 1 (à 2) ind. (cf. photo ci-dessous) [arrière-pays du Gandiolais]
  • Francolin à double éperon (pternistis b. bicalcaratusdouble-spurred francolin), 1 ind. en vol se repose au milieu des buissons de tamaris [au pied de la dune du baobab]
  • Échasse blanche (himantopus himantopusblack-winged stilt), 1 ind. vu par Daniel [Bountou Baat]
  • Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensisSenegal thick-knee), 2 ind. vus par Daniel
  • Courvite de Temminck (cursorius temminckii, Temminck's courser), 1 ind. adulte en compagnie intime d'un Courvite isabelle (déjà hier, cf. ICI sur Ornithondar) + 1 ind. ad.
  • Courvite isabelle (cursorius cursor cursor, cream-coloured courser), 1 ind. subadulte en compagnie intime d'un Courvite de Temminck (déjà hier, cf. ICI sur Ornithondar). S'envolent ensemble au loin. (cf. photo ci-dessous)
  • Vanneau (caronculé) du Sénégal (vanellus s. senegallus, -africanwattled lapwing), 1 ind. + 2 ind. [au pied des dunes] + 1 + 2 ind. + 1 ind. + 1 ind.
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosusspur-winged lapwing), plusieurs ind. [Gueumbeul-Gandiolais]
  • Sterne caspienne (hydroprogne caspiacaspian tern), 1 ind. en vol [Bountou Baat]
  • Sterne hansel (gelochelidon n. niloticagull-billed tern), 1 ind. houspille un jeune pygargue vocifère [au-dessus de Gueumbeul, RSG nord]
  • Sterne naine d'Afrique (sternula albifrons ssp. guineae, west african little tern), plusieurs ind. [Leybar, y compris chassant au milieu des déchets derrière le poste de Police]
  • Ganga à ventre brun/châtain (Ganga sénégalais, pterocles e. exustuschestnut-bellied sandgrouse), 4 ind. - deux cc, près des Courvites sp. (cf. photo ci-dessous)
  • Tourtelette d'Abyssinie (turtur abyssinicusblack-billed wood-dove) [Gueumbeul] [Gandiolais] [arrière pays du Gandiolais]
  • Tourterelle masquée (Tourterelle à masque de fer, oena c. capensisNamaqua dove)
  • Tourterelle maillée (spilopelia/streptopelia s. senegalensislaughing dove)
  • Pigeon roussard (de Guinée, columba guineaspeckled pigeon), nombreux ind. au sol en train de glaner
  • Coucou jacobin (clamator ex oxylophus jacobinus ssp. pica, northern pied crested cuckoo, jacobin cuckoo), 1 ind. adulte (probable mâle, cf. photo ci-dessus et en haut de notule) en train de chasser (vu avec une chenille velue dans le bec) de cime en cime d'arbuste, puis de chanter
  • Coucou didric (chrysococcyx caprius, Didric / Dideric / Diederik cuckoo), 1 ind. mâle adulte, chanteur (cf. photo ci-dessus) [cordon dunaire]
  • Martin-chasseur strié (halcyon c. chelicutistriped kingfisher), 1 à 2 ind. chassant sur le sable de la pente dunaire à partir d'un acacia et d'un tamarinier 
  • Guêpier à gorge blanche (merops albicollis, white-throated bee-eater), ici et là... (cf. photo ci-dessous)
  • Guêpier d'Orient (merops orientalis ssp. viridissimuslittle green bee-eater), 1 ind. sur les barbelés de la réserve spéciale [de Gueumbeul, RSG] + ici et là...
  • Coliou huppé (à nuque bleue, 'oiseau-souris', urocolius m. macrourusblue-naped mousebird)
  • Rollier d'Abyssinie (coracias abyssinicusabyssinian roller), 1 ind. [baobab du cordon dunaire] + 1 ind. habituel dans un champ en jachère
  • Huppe fasciée d'Afrique de l'ouest (Huppe du Sénégal, upupa  epops ssp. senegalensiswestern african hoopoe), au total 4 ind. - dont cc en poursuite 
  • Calao occidental (à bec rouge, tockus kempiwestern red-billed hornbill), assez nombreux, en couples territoriaux
  • Calao à bec noir (tockus n. nasutusafrican grey hornbill), 1 ind. ad., à proximité de calaos à bec rouge au sol
  • Cochevis huppé du Sénégal (galerida cristata ssp. senegallensis, -Senegalcrested lark)
  • Bulbul des jardins (pycnonotus barbatus ssp. inornatusgarden bulbul), 2 + 1 ind.
  • Agrobate mineur (cercotrichas m. minorafrican scrub-robin), au total 4 ind.
  • Agrobate podobé (cercotrichas p. podobeblack scrub-robin), au total 3 ind.
  • Camaroptère à dos gris (camaroptera b. brevicaudatagrey-backed camaroptera), 1 ind. 
  • Souïmanga à longue queue (cinnyris p. pulchellusbeautiful sunbird)
  • Souïmanga à poitrine rouge (chalcomitra s. senegalensisscarlet-chested sunbird)
  • Gonolek de Barbarie (laniarius b.barbaruscommon gonolekyellow-crowned gonolek), 1 ind. dans des euphorbes (+ 1 ind. entendu au pied du cordon dunaire)
  • Corbeau pie (corvus albuspied crow), 2 ind. en vol [village de Gueumbeul]
  • Choucador à oreillons bleus (lamprotornis c. chalybaeusgreater blue-eared glossy-starling), quelques ind. semblent occuper des nids d'alectos dans un vénérable baobab [dune]
  • Choucador à longue queue (lamprotornis caudatuslong-tailed glossy-starling), plusieurs individus semblent occuper des nids d'alectos dans un vénérable baobab [dune]
  • Choucador à ventre roux (lamprotornis pulcherchestnut-bellied starling)
  • Piqueboeuf à bec jaune (buphagus a. africanusyellow-billed oxpecker), 2 ind. perchés sur un baobab bourgeonnant (cf. photo ci-dessous) [dune]
  • Moineau doré (passer luteusSudan golden sparrow)
  • Alecto à bec blanc (bubalornis albirostris, white-billed buffalo-weaver)
  • Tisserin vitellin (masqué, ploceus v. vitellinusvitelline masked-weaver), superbes ind. en plumage nuptial de saison !
  • Tisserin à tête noire (ploceus m. melanocephalus, black-headed weaver), en plumage nuptial de saison
  • Cordonbleu à joues rouges (uraeginthus b. bengalus, red-cheeked cordonbleu), 2+ ind. [cordon dunaire]

Entendu:
Outarde de Savile (lophotis savilei, Savile's bustard),  6+ ind., entendus parfois de loin - dont trois sujets sur un même périmètre / Perruche à collier (psittacula k. kramerirose-ringed parakeet) [cordon dunaire] / Coucou didric (chrysococcyx caprius), 1 ind. mâle ad. chanteur [cordon dunaire] Cisticole des joncs (du Nigeria, cisticola juncidis ssp. uropygialisnigerian zitting cisticolafan-tailed cisticola), 1 ind. [bas-fond végétal dans l'interdunaire intérieur] / Souïmanga à longue queue (cinnyris p. pulchellus) / Souïmanga à poitrine rouge (chalcomitra s. senegalensis) / Gonolek de Barbarie (laniarius b.barbarus), 1 ind. [pied du cordon dunaire] Brubru africain (nilaus a. aferbrubru), 1 [brousse] + 1 ind. [pied du cordon dunaire] /


Ci-dessous, de haut en bas et de g. à d.:
Guêpier à gorge blanche - Piqueboeuf à bec jaune sur baobab bourgeonnant
Courvite isabelle, subadulte - Vautour africain, adulte en mue - Ganga à ventre brun, femelle
Arrière-pays du Gandiolais 2016 06 21 aprem' / © Photos par Frédéric Bacuez




AUTRES:
  • Patas 'singe rouge' (erythrocebus pataspatas monkey), nombreux ind. - dont un mâle dominant (cf. photo ci-dessous)-, en vagabondage alimentaire (cinq groupes) !
  • Écureuil terrestre du Sénégal (xerus erythropusstriped ground squirrel), 1 ind. peu farouche
  • Agame variable (des colons, agama agamarainbow lizard), 1 ind. dans la brousse

Patas 'singe rouge' - erythrocebus patas, mâle adulte, chef de clan  !
Arrière-pays du Gandiolais 2016 06 21, 16h35 / © Photo par Frédéric Bacuez


* Pointe nord, Île de Ndar-

APREM', 15h20-15h50-

Vu:
  1. Pélican blanc (pelecanus onocrotalusgreat white pelican), 1 ind. en vol [sortie nord du Petit bras] + au moins une quinzaine d'ind. stationnés sur la berge [mangrove de Roup]
  2. Grand cormoran à poitrine blanche (phalacrocorax l. luciduswhite-breasted cormorant)
  3. Aigrette à gorge blanche (egretta g. gulariswestern reef-egret), 1 à 2 ind.
  4. Milan d'Afrique à bec jaune (Milan parasite, milvus aegyptius ssp. parasitus, yellow-billed kite)
  5. Goéland railleur (chroicocephalus geneislender-billed gull), un duo
  6. Mouette à tête grise (chroicocephalus cirrocephalus ssp. poiiocephalusafrican grey-headed gull)
  7. Sterne caspienne (hydroprogne caspiacaspian tern), quelques ind., tous juvéniles
  8. Sterne hansel (gelochelidon n. niloticagull-billed tern), 1 + 2 + 1 ind. 
  9. Guifette noire (chlidonias n. nigerblack tern), au moins 4 ind. en mue
  10. Pigeon roussard (de Guinée, columba guineaspeckled pigeon), 1 ind. traverse la baie au ras de l'eau [Pointe nord>îles Temesna]
  11. Martin-pêcheur pie (ceryle r. rudispied kingfisher), 3 ind.
  12. Martinet des maisons d'Afrique de l'ouest (apus affinis ssp. aerobateswest african little swift), dont deux cadavres pendus par des fils rapportés sous leur nid - et ce n'est pas la première fois !
  13. Corbeau pie (corvus albuspied crow), 1 ind. et nid installé sur le grand relais hertzien de la RTS + prise de bec violente avec un milan d'Afrique, qui doit fuir

21, une singulière 'amitié' entre un Courvite de Temminck et un Courvite isabelle, tandis que les Outardes de Savile chantent...

Courvite isabelle - cursorius cursor cursor, immature/subadulte: son ami de Temminck est à quelques mètres...
Arrière-pays du Gandiolais 2016 06 21, 18h50 / © Photo par Frédéric Bacuez

Ci-dessus:
à g., Courvite isabelle - cursorius cursor cursor, subadulte - à d., Courvite de Temminck - cursorius temminckii, adulte
Arrière-pays du Gandiolais 2016 06 21, 18h48 / © Photos par Frédéric Bacuez

* Arrière-pays du Gandiolais -

SOIR, 18h45, 2/2-
Avec Alix & Daniel Mignot

Suite à:
Dans le Gandiolais: une petite troupe mixte de Cursorius cursor subadultes et Cursorius temminckii adulte et juvénile, in Ornithondar 2016 06 20

Hier, Alix et Daniel Mignot nous faisaient part de leur découverte dans l'après-midi d'une petite troupe mixte associant des Courvites isabelles (cursorius cursor cursorcream-coloured courser) et des Courvites de Temminck (cursorius temminckiiTemminck's courser) dont au moins un juvénile émancipé (voir photo et notule ICI sur Ornithondar), sur les tannes asséchées de l'arrière-pays du Gandiolais. Mieux, leur surprise était grande d'observer d'insolites relations entre trois de ces Courvites: deux Isabelles et un Temminck. Alix et Daniel remarquaient surtout, avec étonnement et quelque imaginaire graveleux, un étrange ballet fait d'intérêt mutuel et même de complicité entre un tout jeune subadulte de cursorius cursor et un adulte de cursorius temminckii. Un troisième larron plus âgé, de Courvite isabelle, tentait de séparer les deux amis; en vain. En fin de journée du 20 juin, l'adulte Temminck continuait de suivre ostensiblement la/le jeune Isabelle, obnubilé, obstiné.

Avec le chant flûté de l'Outarde de Savile

Ce 21 juin en fin de journée, j'accompagne mes complices mais nous peinons à retrouver la troupe. Un adulte de vautour africain (gyps africanus, african white-backed vulture, bientôt sur Ornithondar) s'élève de temps à autre des bois nus et gris - il devient urgent que l'humidité, et inch'Allah la pluie reverdissent ces paysages désolés d'où tout tapis herbacé a été littéralement extirpé par le bétail pléthorique... En revanche, comme hier le chant saisonnier de l'Outarde de Savile (lophotis savilei, Savile's bustard) résonne dans la brousse et s'entend de loin ! Ce n'était pas encore le cas il y a une semaine. Pas moins de six à huit sifflets limpides, clairs, audibles même quand la voiture cahote hors-piste, y compris quand l'appel est émis à plusieurs centaines de mètres ! Rassurant quant à l'état de la population locale de l'ombrageux échassier.

Les amitiés particulières

Il est près de 18h45, les entrées maritimes affadissent la belle lumière de cette fin d'après-midi. La voiture de Daniel serpente entre les branchages et les buissons d'une zone dégradée. Au ralenti, aux aguets - sans doute l'influence d'ondes positives... Deux couples de Gangas à ventre brun (pterocles exustus, bientôt sur Ornithondar) refuseraient presque de s'écarter devant notre patrouille mécanisée. Tout près, eurêka ! Des Courvites ! Mieux, ce sont les deux amis Courvites qui nous tracassent tant - le/la Temminck expérimenté(e) et son/sa protégé(e) l'Isabelle inexpérimenté(e) (interprétation fantasmatique de l'Homme dominant). Aucun autre coureur dans les parages, ni cursor cursor ni cursor temminckii. Juste les deux compères, indissociables. Je le constate à mon tour avec stupéfaction: les deux oiseaux ne sont pas très farouches, beaucoup plus soucieux de la position géographique de l'autre que de la présence métallique de notre tank, à quelques mètres d'eux. Dès que l'un des Courvites prend ses pattes à son cou et cavale sur quelques mètres avant de stopper net, l'autre suit le mouvement et cherche à rattraper son alter-ego. Ainsi que le font traditionnellement ces deux espèces de Courvites, dès qu'ils s'immobilisent les deux oiseaux nous tournent le dos afin de rendre bien visible le masque contrasté de leur nuque - censé impressionner ou tromper l'éventuel importun, le prédateur... Le premier part à droite, le second vire aussi à droite. A gauche pour l'un, l'autre trottine vers la gauche ! A la fin, au bout de quelques minutes d'un extraordinaire duo synchronisé, les deux Courvites décollent à la suite et volent au loin, côte à côte dans les airs; pour se reposer à un ou deux kilomètres. Toujours ensemble.

Précédemment sur Ornithondar:

Ci-dessous:
Cursorius cursor cursor X Cursorius temminckii
l'amitié de deux Courvites d'espèce différente... 
Arrière-pays du Gandiolais 2016 06 21, 18h45-18h55 / © Photos par Frédéric Bacuez



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