" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

vendredi 26 août 2016

26, dans la plaine alluviale, culblancs et sylvains, sylvains et culblancs ! / Episode 2

Grégarisme d'échassiers:
Tantales ibis majoritairement immatures, Spatules blanches eurasiennes et Spatule d'Afrique, Hérons cendrés, Grande aigrette et Aigrettes garzettes
Plaine alluviale du Sénégal 2016 08 26, 10h19 / © Photo par Frédéric Bacuez

* Marais du Djeuss & plaine alluviale du Sénégal par les digues, jusqu'à la gonakeraie inondable-

7h50-~14h40-
A pied. Avec Jean-Marie Dupart (pour partie)
Temps: l'assommoir ! 33°, ressenti 36° au minimum... Et cette saleté de cocotte minute qui vous écrase de son étuve dès le milieu de la matinée, sous le cagnard, malgré les nuages eux-mêmes sans relief tant ils sont étouffés d'humidité chaude... Pouah !

Suite à: Dans la plaine alluviale, petite crue précoce et migrateurs à tire-larigot / Episode 1, in Ornithondar 2016 08 23

Le niveau du fleuve Sénégal a sensiblement baissé. La vraie-fausse crue limoneuse fut donc brève, et peu fournie, n'envahissant que les terrains sous le niveau des berges. Les records de pluies tombées en juin et surtout juillet sur l'Afrique de l'ouest à l'exception faite du Sénégal sont à l'origine de cette montée des eaux; le barrage de Diama a été contraint d'ouvrir momentanément les vannes pour laisser passer le trop plein. S'il ne pleut pas dans les quinze jours qui viennent, ici et surtout en amont, il n'y aura pas de crue normale, et la catastrophe qui plane sur les pâturages, certes verts mais rabougris, au tapis herbacé clairsemé, promet d'une année calamiteuse pour les éleveurs, et donc pour la nature. Les arbres, pardon les arbustes vont en prendre plein la tronche, pour pallier le manque de combustibles, et d'aliments pour le pléthorique cheptel du pays...

Ci-dessous, de g. à d.:
le marais du Djeuss rive droite (8h19) - le fleuve Sénégal et la plaine de crue survolée par Ceryle rudis (8h29) - la gonakeraie inondable (11h52) 
2016 08 26 / © Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les photos pour agrandir -

Culblanc et Sylvain - les cousins occupent le terrain !

Dans la plaine alluviale, le vert est mis; même avec parcimonie il prend des atours printaniers - Eh oui, c'est l'hivernage, ha ha ha ! Des herbiers émergeront très vite les massettes tandis que mares et cuvettes se rempliront d'alevins et de crabes. Trois jours après notre dernière visite, les effectifs de limicoles du Paléarctique ont sensiblement évolué: des 8 espèces observées ce jour, les Courlis corlieux et les Chevaliers guignettes sont moins nombreux car avec la marée descendante et la fin de la crue, ils retournent dare dare sur les rives du grand fleuve. Ou poursuivent leur route. En revanche, nette augmentation du nombre de Chevaliers culblanc (tringa ochropus) et de Chevaliers sylvain (tringa glareola), avec toujours une domination des premiers sur les seconds. Ensuite, à l'automne, les culblancs déserteront peu à peu le cadre limité de notre vallée pour gagner la partie sud du pays, autrement plus hospitalière; alors que les sylvains resteront ici, moins exigeants sans doute quant à la qualité du milieu, se satisfaisant plus volontiers de biotopes dégradés que leurs cousins. Pour l'heure, les cousins sont partout, ensemble sans conflit apparent, s'envolant comme une volée de moineaux à notre approche !

Nichées précoces en Arctique, migration postnuptiale avancée ?

Le 15 août dernier sur le site du Technopôle, à Dakar, Bram Piot notait de son coté une prédominance du Combattant varié (calidris pugnax) et du Chevalier sylvain. Notre camarade confirmait ainsi les observations septentrionales d'Ornithondar, à l'exception faite du Chevalier culblanc, encore rare au sud du bas-delta sénégalo-mauritanien - je l'explique ci-dessus, même si le 7 août notre collègue de la capitale en avait dénombré dix (10), toujours sur les lagons du Technopôle. Même comportement pour le Chevalier aboyeur (tringa nebularia), très dispersé sur l'ensemble du domaine car peu sujet au grégarisme avant la fin de l'hiver et les regroupements prénuptiaux. Comme les Culblancs, il prend son temps avant de gagner et dépasser le symbolique 15e parallèle... Quant aux Courlis corlieux (numenius phaeopus), ils sont toujours aussi fidèles et nombreux, ici - comme chaque année avant tous les autres... Maintenant, si les conditions pluviométriques et donc alimentaires ne s'améliorent pas, il est évident que les limicoles qui hivernent ou stationnent traditionnellement pendant quelques semaines sur nos sites sahéliens prendront la voie du sud... précocement. Sur la Petite Côte, et même dans la péninsule du Cap Vert avec son sceau d'eau de 60 mm versé le 17 août dernier (cumul pluviométrique de 175 mm depuis le 20 juillet, sur la capitale-station de Yoff), les conditions de la mousson sont relativement bonnes; les pluies ont été plutôt généreuses sur le Sine Saloum, principal site sénégalais pour l'hivernage des limicoles paléarctiques. En revanche, au vu de mes observations des dix dernières années dans la plaine de crue du fleuve Sénégal, je ne note pas d'augmentation spectaculaire ni d'arrivée précoce du nombre de limicoles, cette année. Peut-être en effet chez les petits Chevaliers (ochropus et glareola), mais la configuration des sites due à la très mauvaise pluviométrie oblige les oiseaux à se retrouver plus massivement autour des mêmes mares. L'ami Ludwig Lucker fait bien de nous signaler qu'"en Norvège arctique, [les] nichées [se sont faites] fin mai au lieu de mi-fin juin." [commentaire à Senegal Wildlife, 2016 08 18]. Cela devrait, et doit sans doute accélérer le processus des arrivées subsahariennes: cette fois, si les limis migrateurs le peuvent, en passant outre notre basse vallée assoiffée...

Pouillot véloce: oui, là en effet il s'agit d'une migration précoce !

Comme le 23 août, ce sont les passereaux migrateurs qui occupent mon attention. Bien heureux d'observer ce splendide adulte de Rossignol philomèle (luscinia m. megarhynchos)* qui passe de tamaris en tamaris, au seuil de la vaste plaine de crue. Puis un non moins parfait adulte de Pouillot fitis (phylloscopus t. trochilus), dans son plumage jaune de la race ouest-européenne trochilus. Et, surtout, venant illustrer les propos rapportés de mon ami Lutz (ci-dessus), un Pouillot véloce (phylloscopus c. collybita) s'en prenant vertement à un Pouillot fitis ! Pour le coup, oui, celui-là est un précurseur, et il ne doit pas être le seul de son espèce. Je suis intimement persuadé qu'il y en avait déjà, dans les bordures boisées des digues, le 23 août dernier... Normalement le Pouillot véloce n'envahit le nord du Sénégal qu'à partir de la mi-septembre: l'espèce a donc trois semaines d'avance sur l'agenda ! Celui qui agressait le Fitis m'a semblé très gris, sur le dessus et à la tête (pas de liseré jaunâtre), uniformément terne et rondouillard, paraissant encore plus foncé dans la frondaison ombreuse du petit prosopis: un sujet ("grey individual", Borrow dixit) des lointains nordiques, de type abietinus ? A noter que le conflit risque de devenir récurrent, entre Pouillot véloce et Pouillot fitis, sous ces latitudes: si le premier ne peut que bénéficier de l'augmentation des strates buissonnantes, de type tamarix senegalensis, le second va souffrir du rapetissement des arbres, année après année, dont les représentants de plus de cinq mètres de haut deviennent littéralement des raretés, systématiquement coupés par les charbonniers, contraignant Trochilus, qui affectionne la canopée et les frondaisons, à fréquenter aux passages migratoires (il n'hiverne pas ici) les mêmes strates que Collybita, dans les étages inférieurs, les arbustes et les buissons - chasse gardée, âprement défendue !

* Décidément, comme le 23 août dernier, encore un Rossignol dans la haie de bougainvillées pleureurs du jardin bangotin, ce 26 en fin d'après-midi !

Gonakeraie maltraitée, les passereaux migrateurs passent vite leur chemin...

Je pousse l'inventaire jusqu'à la malheureuse gonakeraie (acacia nilotica) en ripisylve au pied et au bout de la digue. Malheureuse car malmenée par les bûcherons et leurs clones charbonniers, depuis cinq ans, au point qu'elle a perdu beaucoup de sa superbe, et de la richesse qui m'avait enchanté au tout début de mon séjour bangotin. Le supplice infligé au naturaliste par l'empreinte anthropique dévastatrice et surtout quasi généralisée, ici comme dans toute l'Afrique de l'ouest, est inénarrable: il faut le voir, aller sur le terrain, marcher et... constater, pour comprendre ce qu'il en est - à condition de savoir ce qui était, et pourrait être... Hélas, chez le Francophone, ces choses-là... Puis percevoir le désastre à venir. Ou l'indigence d'existences dans ces régions totalement altérées, dévitalisées, promises à la plus grande vulgarité. Le bosquet inondable fait peine à voir, et devient très compliqué à parcourir tant les branchages et les épines encombrent le cheminement. Parce que les arbres deviennent aussi très petits, très bas. Des rejets qui tentent désespérément d'émerger des souches tronçonnées au plus près du sol, histoire d'offrir encore moins de chance de survie aux gonakiers, et maintenant aux vieux tamaris, peu survivront à la prochaine sécheresse saisonnière, et au manque de pluies actuel. On s'en fout ! Les bipèdes massacrent les arbres pour trois francs six sous, ils gaspillent des tonnes de branchages pour un tronc rouge qui fera de l'excellent charbon parfumé... pour le tiep, et le thé ! L'Ataya civilisationnel (mais importé, concept et arômes) !

Ci-dessus:
la gonakeraie, toujours plus en coupe (dé)réglée, toujours plus rikiki...
2016 08 26, 11h50+ / © Photos par Frédéric Bacuez

Du coup, la gonakeraie semble désertée, alors qu'elle est traditionnellement un haut lieu de fréquentation par les passereaux migrateurs. La 'forêt', très faiblement inondée, ne fait vivre que les omniprésents Tisserins à tête noire (ploceus melanocephalus), en pleine période hystérique de la reproduction. Une femelle de Pririt du Sénégal (batis senegalensis), un couple de Prinias modestes (prinia s. subflava) - c'est tout. Et un Alecto à bec blanc (bubalornis albirostris, il est en effet en tenue nuptiale), tout seul, à gueuler on ne sait après qui: où sont ses congénères ? Pas de nid collectif, par ici ! Bon... L'habituel Engoulevent à longue queue (caprimulgus c. climacurus) qui virevolte, le même Lièvre des buissons (lepus microtis) qui détale, aussi - tous deux des experts du slalom en sous-bois ! Heureusement, il y a cet extraordinaire Mégaderme à ailes orangées* (lavia frons, yellow-winged bat, cf. photo en bas de notule et ICI sur Ornithondar), un incroyable chiroptère des savanes africaines, si vivement et si singulièrement coloré que même immobile dans le sous-bois suspendu à son arbrisseau pour la journée, il reste visible de loin ! Il me fixe du regard tandis qu'une mouche profite de l'aubaine pour se désaltérer à la commissure d'un œil... Je déteste emmerder les animaux, a fortiori la chauve-souris aux ailes d'or, je sais que je viens la réveiller après sa nuit de chasse - je m'éclipse donc au plus vite...

* Voir sur Ornithondar:
Un Mégaderme à ailes orangées dans les palétuviers, 2012 12 27
Et ICI, la découverte d'un sujet mort (et sec !), toujours accroché à son arbrisseau, dans la même zone qu'aujourd'hui, avec Jérémy Calvo, 2016 02 29

Le bonheur est dans le pré... et dans le ciel, malgré l'étuve

Au-delà de la ripisylve, il reste un bas-fond que les barbares d'Eiffage n'ont pas irrémédiablement saccagé pour leur Canal de décharge pharaonique, même si cette cuvette était encore boisée, il y a deux ans, autour d'un petit marigot aujourd'hui réduit à cette mare dérisoire (cf. photo ci-après). Au bord du trou d'eau, une troupe d'une quarantaine d'échassiers subit avec philosophie l'oeuvre des Hommes, et le cagnard du jour. La trentaine de Tantales ibis (mycteria ibis) qui font ici le pied de grue ont tous les âges, avec une majorité de juvéniles et d'immatures, prouvant encore une fois que notre Cigogne locale se porte mieux qu'il y a quelques années. Un miracle sénégalais (la héronnière du Canal du Crocodile ?) peut-être renforcé par par la montée en puissance des sites ornithologiques coté mauritanien du fleuve (car le bas-delta, c'est des deux cotés, pardi !)...
Aux heures chaudes - même si toutes les heures sont chaudes, et moites, d'août au 15 octobre !-, il faut comme toujours lever les yeux, s'aveugler dans le ciel blanchâtre et impur des vapeurs d'humidité caniculaire, et y deviner les premiers Martinets noirs (apus a. apus) de saison... Car c'est l'heure des chasseurs solaires, et des voiliers: aujourd'hui, pas de Pélicans mais un Circaète Jean-Le-Blanc (circaetus gallicus) houspillé par une meute en migration de Milans noirs (milvus m. migrans) très remontés contre ce petit jeune qui s'est offert des vacances sous les tropiques tandis qu'eux devaient se taper tout le turbin de la migration, aller et retour, avec tous les risques liés à la circulation au-dessus des contrées stressées par les sataniques bipèdes...


Ci-dessous:
à g., Tantales ibis - mycteria ibis - à d., couple de Dendrocygnes veufs - dendrocygna viduata, dans la plaine de crue
dans la plaine alluviale, autour d'une mare, le repos des Tantales ibis juvéniles et immatures, avec des ardéidés
2016 08 26 / © Photos par Frédéric Bacuez

OISEAUX / 64 espèces cochées, 3 sp. entendues
MAMMIFÈRES / 2 espèces cochées
ODONATES et LEPIDOPTERES / 4+ espèces 
ORTHOPTÈRES / 1 espèce
CRUSTACÉS / 1 espèce

Vu:
  • Cormoran africain (microcarbo a. africanuslong-tailed cormorant), quelques ind., tous adultes
  • Bihoreau gris (nycticorax n. nycticoraxblack-crowned night-heron), 1 ind. ad. en vol [marais>mangrove] + 1 ind. ad. levé avec un Héron pourpré, au bord d'une mare en ripisylve à gonakiers
  • Héron strié (Blongios vert, Héron des mangroves, Héron à dos vert, butorides striata ssp. atricapillastriated heron), 1 ind. ad. en vol [coté plaine inondée] et 1 ind. juvénile de saison perché [coté marais]
  • Crabier chevelu (ardeola ralloidessquacco heron)
  • Gardeboeuf d'Afrique (bubulcus i. ibiscattle egret), 2 ind. dans un herbier [plaine inondée]
  • Aigrette à gorge blanche (egretta g. gulariswestern reef-egret), dont sujet en vol avec patte blessée, traînante [plaine alluviale]
  • Aigrette garzette (egretta g. garzettalittle egret), dont groupe de 10+ ind. avec cinq Aigrettes dimorphes, trois Hérons cendrés et autant de Cormorans africains, en train de pêcher collectivement sur un lagon saisonnier [plaine alluviale]
  • Grande aigrette (ardea alba ssp. melanorhynchoswestern great egret) [plaine alluviale]
  • Héron cendré (ardea c. cinereagrey heron), ici et là, et avec une troupe de Tantales ibis [plaine alluviale]
  • Héron pourpré (ardea p. purpureapurple heron), 2 ind. à l'envol [plaine alluviale] + 1 ind. levé avec un Bihoreau au bord d'une mare [ripisylve à gonakiers]
  • Tantale ibis (mycteria ibisyellow-billed stork), 28 ind. cerclent assez haut; retrouvés stationnés, avec quelques autres congénères plus des Spatules des deux espèces et des ardéidés, au bord d'une mare temporaire. L'écrasante majorité sont des juvéniles et immatures (cf. photos ci-dessous et en haut de notule) [plaine alluviale]
  • Spatule d'Afrique (platalea albaafrican spoonbill), 1 ind. en compagnie d'une troupe de Tantales ibis (cf. photo en haut de notule) [plaine alluviale]
  • Spatule blanche (d'Europe, platalea l. leucorodiaeurasian spoonbill), quelques ind. avec une troupe de Tantales ibis (cf. photo en haut de notule) [plaine alluviale]
  • Oie-armée de Gambie (plectropterus g. gambensisnorthern spur-winged goose), vol en ligne de 5 ind. de type femelles + 1 et 1 ind. + 1 ind. mâle solitaire dans un herbier [plaine alluviale]
  • Dendrocygne veuf (dendrocygna viduatawhite-faced whistling duck), ici et là le plus souvent par couple (cf. photo ci-dessous) mais aussi en petites bandes de -10 sujets (dont 6 sujets ensemble dans un herbier de la plaine alluviale)
  • Balbuzard pêcheur d'Eurasie (pandion h. haliaetuseurasian osprey), 1 ind. au loin: probablement toujours le même estivant juvénile, perché sur son arbre à la pointe sud de l'Île aux Bois [fleuve Sénégal]
  • Milan noir (milvus m. migransblack kite), ~ 6 à 8 ind. en migration pstnuptiale active, avec quelques Martinets noirs dans le ciel, en altitude au-dessus des rapaces. Deux sujets descendent et maraudent autour d'une tanne en eau autour de laquelle sont rassemblés Tantales et autres échassiers. Dans les nimbes, l'un d'eux houspille un peu plus tard un Circaète JLB juvénile et estivant (cf. photos ci-dessous) !
  • Circaète Jean-Le-Blanc (circaetus gallicusshort-toed snake-eagle), 1 ind. très pâle et sans collerette, houspillé dans le ciel par un Milan noir en migration (cf. photo ci-dessous): a du mal à s'en défaire et doit remonter vers le nord... de la plaine alluviale, du coté de la 'forêt' de Taba Tache (enfin, ce qu'il en reste...). Fort probable qu'il s'agisse plus d'un jeune sujet non reproducteur qui a estivé dans la zone que d'un premier migrateur d'automne (en général attendu au plus tôt début octobre) !
  • Marouette à bec jaune (Râle à bec jaune, zapornia flavirostrablack crake), en tout 3+ ind. [marais du Djeuss]
  • Talève d'Afrique (porphyrio madagascariensisafrican swamphen), 1 ind. grimpé dans un tamaris [marais du Djeuss]
  • Jacana à poitrine dorée (actophilornis africanusafrican jacana), en tout 5+ ind. [marais du Djeuss]
  • Échasse blanche (himantopus himantopusblack-winged stilt), 2 ind. - dont juvénile- sur tanne en eau, avec Chevaliers culblanc et sylvain et six Combattants variés [carrefour des digues] + 1 ind. en vol avec cinq Combattants variés [plaine alluviale]
  • Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensisSenegal thick-knee), 1 seul ind. vu (mais d'autres entendus) sur le site habituel [de l'ex parking Eiffage pris au marais]
  • Glaréole à collier (glareola pratincola ssp. fuelleborniafrican collared pratincole), 2 et 3 ind. observés de part et d'autre de la ripisylve à gonakiers, en vol (mais entendu d'autres sujets, au sol)
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosusspur-winged lapwing)
  • Courlis corlieu (numenius phaeopuswhimbrel)
  • Bécasseau minute (calidris minutalittle stint), très peu, en tout cas pas en troupe !
  • Combattant varié (calidris pugnaxruff), petit groupe de 6 ind. (trois ad., trois juvéniles) sur une tanne en eau [carrefour des deux digues] + quelques dizaines d'ind. moins regroupés que le 2016 08 23 [herbiers de la plaine alluviale]
  • Chevalier gambette (tringa t. totanuscommon redshank)
  • Chevalier aboyeur (tringa nebulariacommon greenshank)
  • Chevalier culblanc (tringa ochropus, green sandpiper), limicole paléarctique n° 1 
  • Chevalier sylvain (tringa glareola, wood sandpiper), limicole paléarctique n°2 
  • Chevalier guignette (actitis hypoleucoscommon sandpiper), en tout 2 ind. observés
  • Goéland railleur (chroicocephalus geneislender-billed gull), 1 ind. [lagon saisonnier dans la plaine de crue]
  • Sterne hansel (gelochelidon n. niloticagull-billed tern), seul laridé commun sur la plaine alluviale, surtout sur ses parties inondées par la crue: nidification possible sur deux sites...
  • Tourtelette d'Abyssinie (turtur abyssinicusblack-billed wood-dove), 1 ind. levé
  • Tourterelle masquée (Tourterelle à masque de fer, oena c. capensisNamaqua dove), très peu, en vol passant
  • Tourterelle pleureuse (streptopelia decipiens ssp. shelleyi, -Nigermourning collared-dove), peu
  • Engoulevent à longue queue (caprimulgus c. climacuruslong-tailed nightjar), 1 ind. femelle levé en ripisylve: vu la configuration physique des lieux, et la touffeur, pas envie de le déranger plus, pas envie surtout de me fatiguer...
  • Martinet des maisons d'Afrique de l'ouest (apus affinis ssp. aerobateswest african little swift)
  • Martinet noir (apus a. apuscommon swift), quelques ind. en altitude chassant à la verticale des Milans - j'en observe au moins 3 ind. dans les jumelles
  • Martin-pêcheur huppé (corythornis cristatus ssp. galeritaMalachite kingfisher), au total 6 ind. hyperactifs (cf. photo ci-dessous) !
  • Martin-pêcheur pie (ceryle r. rudispied kingfisher), 1 ind. [marais du Djeuss] + 3 ind. habituels [de l'ex parking Eiffage pris au marais] + 1 ind. [plaine alluviale inondée, cf. photo ci-dessus]
  • Guêpier nain (merops p. pusilluslittle bee-eater), sujets juvéniles ! (cf. photo ci-dessous)
  • Guêpier de Perse de l'ouest (merops persicus ssp. chrysoconoswestern blue-cheeked bee-eater), quelques ind. ici et là, et groupe de 5 sujets à même le sol de la piste-digue [n°2]
  • Cochevis huppé du Sénégal (galerida cristata ssp. senegallensis, -Senegalcrested lark)
  • Bulbul des jardins (pycnonotus barbatus ssp. inornatusgarden bulbul), 3+ ind. se poursuivent dans les parages du 'camp saisonnier' des pêcheurs Thioubalo (actuellement déserté) [plaine inondée]
  • Rossignol philomèle (luscinia m. megarhynchos, common nightingale), 1 ind. (ad. a priori) migrateur postnuptial stationné (cf. mauvaise photo ci-dessous), progresse de tamaris en tamaris [dans la plaine alluviale partiellement inondée]
  • Tarier d'Afrique (saxicola torquatus ssp. moptanus, african stonechat), 1 ind. mâle à la cime  d'un tamarix senegalensis (+ 1 ind. ?, plus loin encore !) [au loin dans la plaine alluviale]
  • Rousserolle effarvatte (acrocephalus s. scirpaceus, eurasian reed-warbler) / Rousserolle africaine (acrocephalus baeticatus, african reed warbler), 1 ind. furtif en bord de marais dans les tamaris
  • Hypolaïs polyglotte (hippolais polyglotta, melodious warbler), 1 ind. migrateur postnuptial stationné [digue n°2]
  • Pouillot fitis (phylloscopus t. trochilus et t. acredulanorthern/willow warbler), 3 à 4 ind. - dont sujet ad. probablement de la race ouest-européenne trochilus, visitant avec méticulosité plusieurs tamarix senegalensis immergés (cf. photo ci-dessous), dont un arbuste qui supporte un Martin-pêcheur huppé
  • Pouillot véloce scandinave (phylloscopus collybita ssp. abietinus, -scandinavian- common chiffchaff), 1 ind. migrateur postnuptial précoce, agresse un Pouillot fitis !
  • Cisticole (roussâtre) du Nil (cisticola -galactotes- marginatus ssp. amphilectuswinding cisticola), 1 ind. perché + 1 ind. en vol + 1 ind. mâle chanteur [marais du Djeuss]
  • Cisticole des joncs (du Nigeria, cisticola juncidis ssp. uropygialisnigerian zitting cisticolafan-tailed cisticola), au moins 1 + 1 ind. en démonstration territoriale...
  • Prinia aquatique (à ventre blanc, prinia fluviatilisriver prinia), plusieurs ind. dont deux cc locaux bien observés
  • Prinia modeste (prinia s. subflavatawny-flanked prinia), cc local en ripisylve à gonakiers (cf. photo ci-dessous)
  • Pririt/Batis du Sénégal (Gobemouche soyeux du Sénégal, batis senegalensis, Senegal batis), 1 ind. femelle probable immature ou subadulte, en ripisylve à gonakiers
  • Alecto à bec blanc (bubalornis albirostris, white-billed buffalo-weaver), tiens, 1 ind. seul, criard et en plumage nuptial, dans un arbre de la ripisylve à gonakiers ! 
  • Tisserin à tête noire (ploceus melanocephalus ssp., black-headed weaver), nombreux ind. à faire ou refaire des nids... Mâles nuptiaux en parade... Les femelles se rapprochent, curieuses, attentives... (cf. photos ci-dessous)
  • Travailleur à bec rouge (quelea queleared-billed quelea), en faible nombre
  • Euplecte franciscain (euplectes f. franciscanus, northern red bishop), en tout 2 ind. mâles en plumage nuptial (cf. photos ci-dessous) [plaine alluviale]
  • Euplecte vorabé (euplectes a. afer, yellow-crowned bishop), omniprésent: en tout 11+ ind. mâles nuptiaux avec leur harem [marais du Djeuss et mares de la plaine alluviale au pied de la digue n°2]
  • Estrildidé sp. indéterminée

Entendu: Blongios africain (ixobrychus minutus ssp. payesii, -africanlittle bittern), 1 ind. [marais du Djeuss] / Pygargue vocifère (haliaeetus vociferafrican fish-eagle) / Marouette à bec jaune (zapornia flavirostra) / Rousserolle des cannes (acrocephalus rufescens ssp. senegalensis, -Senegalgreater swamp-warbler), 1 ind. [coté mangrove-bolong de Kaïgga] + 1 ind. relativement proche, impossible à voir [marais du Djeuss] / Cisticole (roussâtre) du Nil (cisticola -galactotes- marginatus ssp. amphilectus), 3 ind. / Prinia modeste (prinia s. subflava) [digue n°2] / Prinia aquatique (à ventre blanc, prinia fluviatilis),  dont 1 ind. [coté mangrove-bolong de Kaïgga] /

Ci-dessous, de g. à d. et de haut en bas:
Milan noir hivernant et Circaète Jean-Le-Blanc estivant font palabre...
Tantale ibis juvénile et Milan noir adulte en migration active
Pouillot fitis ssp. trochilus et Rossignol philomèle, adultes dans tamarix senegalensis
Euplectes franciscains, mâles nuptiaux et chanteur
Tisserins à tête noire, femelles et mâles en plumage nuptial et en parade (à g.)
Prinia modeste - Martin-pêcheur huppé - Guêpier nain juvénile
Plaine alluviale du Sénégal 2016 08 26 / © Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les photos pour agrandir -

AUTRES:
  • Lièvre des buissons (lepus microtisafrican savanna hare), 1 ind. levé dans la ripisylve
  • Mégaderme à ailes orangées (lavia fronsyellow-winged bat), 1 ind. suspendu dans la ripisylve; me regarde fixement, les yeux grand ouverts alors qu'une mouche s'y désaltère (cf. photo ci-dessous) !
Boutis de Phacochères communs (phacochoerus africanus) [ripisylve à gonakiers en bord de mares]
  • (petit) Monarque d'Afrique (danaus chrysippus ssp. chrysippuscommon plain tigerlesser wandererqueen butterfly, 'african queen')
  • Mylothris chloris (common western dotted border), dont nombreux sujets dans la ripisylve à gonakiers
  • Brachythémis à ailes barrées (brachythemis leucostictabanded groundling)
  • Libellules sp., avec batailles aériennes !
  • Criquet pèlerin, 1 ind.
  • Crabe de palétuvier
Ci-dessous:
Mégaderme à ailes orangées - lavia frons, dans la gonakeraie en bordure de la plaine alluviale
2016 08 26, 11h44 / © Photo par Frédéric Bacuez


2016 08 24-
* Vers le Ranch de Bango-

MATIN/MIDI-
A pied. Avec Jean-Marie Dupart. Et nos salutations à Gatien Dardenne... 
Temps: 33°; ressenti... 44° ! Indice UV, 11 - l'étuve plombée !

Vu (liste non exhaustive):
  1. Pélican blanc (pelecanus onocrotalus, great white pelican), 2 ind. en vol passant
  2. Pygargue vocifère (haliaeetus vociferafrican fish-eagle), 1 ind. rejoint le bosquet d'eucalyptus riverain du Djeuss
  3. Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensisSenegal thick-knee), 1 ind. dans un champ en jachère
  4. Vanneau éperonné (vanellus spinosusspur-winged lapwing), cc local particulièrement désobligeant par son agressivité hargneuse ! 
  5. Tourterelle maillée (spilopelia s. senegalensis, laughing dove), cc sur le fil 
  6. Perruche à collier (psittacula k. krameri, rose-ringed parakeet), 1 ind. bavarde dans son arbre habituel (nid cavernicole quelque part ?) avant de s'envoler
  7. Touraco gris (crinifer piscator, western grey plantain-eater), 1 ind. perché sur le fil ! [piste du Ranch]
  8. Martin-chasseur strié (halcyon c. chelicuti, striped kingfisher), 1 ind. chanteur à la cime d'un prosopis 
  9. Guêpier à gorge blanche (merops albicollis, white-throated bee-eater), 1 + 4 ind.

AUTRES:
  1. Varan du Nil (varanus niloticus, Nile monitor), 1 ind. surpris...
  1. Mylothris chloris (common western dotted border), dont en nombre dans la ripisylve à gonakiers

mercredi 24 août 2016

23, dans la plaine alluviale, petite crue précoce et migrateurs à tire-larigot / Episode 1

Ci-dessus:
en haut, Hypolaïs polyglotte, immature ou en plumage d'automne, et libellule sp. (13h54)
en bas, vol de Combattants variés en mue postnuptiale (15h59)
Digues et plaine alluviale du fleuve Sénégal, 2016 08 23 aprem' / © Photos par Frédéric Bacuez


* Marais du Djeuss & plaine alluviale du Sénégal par les digues -

APREM', 13h40-18h55-
A pied.
Temps: 32° à 14h, 31° à 18h... Malgré les nuages: indice UV 12... "Temps très chaud, humide et légèrement venteux". Ah oui, trois gouttes et demie, hier soir, entre 18h20 et... 18h20; mais grosses, les trois gouttes !

Ci-contre: la vieille digue [n°2] à travers la plaine alluviale, 2016 08 23 17h09 / © Photo par Frédéric Bacuez



Une crue du fleuve a eu lieu précocement, cette année ! Tant mieux, car ce n'est pas avec ce qu'il est tombé sur cette miséreuse vallée (92 mm en trois mois !) que nos oiseaux migrateurs vont se requinquer après la traversée du Sahara... Car cette fois, la migration paléarctique postnuptiale (passereaux et limicoles pour le moment) a touché nos rivages (Sahel, en arabe) et commencé d'accompagner une première invasion de la plaine par l'eau limoneuse qui s'échappe du lit sénégalais. Les choses de la nature sont si bien faites, sans la vanité et l'immixtion progressiste des Hommes.

Cette crue inattendue, on la doit à la fois aux remontées de la brèche, suite aux forts coefficients de marée, et surtout aux belles averses tombées loin en amont du long fleuve. La mousson a déversé des quantités de pluies particulièrement conséquentes, pour cet hivernage, sur les contreforts maliens et guinéens. Tant et si bien qu'avec les cumuls de juin et surtout juillet l'écoulement des eaux a déjà atteint le bas-delta sénégalais, plusieurs semaines avant l'heure. Le barrage de Diama a probablement été contraint d'ouvrir quelques vannes. Car, même si le mois d'août, théoriquement le plus arrosé dans toute l'Afrique occidentale soudano-sahélienne, s'avère plus chiche que juillet et devrait charger moins de limon, on pourrait s'attendre à un regain de la mousson dans les tout derniers jours d'août et surtout en début septembre. Et donc à une seconde crue. Dont acte.

Voir quelques photos: ICI sur ma page Facebook, en accès public

La digue à travers la plaine de Biffeche...
A gauche, la plaine de crue et le fleuve Sénégal - A droite, après le marais, les tannes...
2016 08 23 aprem' / © Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les photos pour agrandir -

A défaut de pluie, c'est le fleuve qui apporte la vie et en sauve, des vies: cette crue précoce (qui tire à sa fin) et les limons qui se déversent dans la plaine alluviale permettent aux oiseaux au long cours de trouver quelques centimètres d'eau pour faire trempette, se reprendre et se restaurer... Pour le moment, ce sont des tâches d'eau et de verdure qui parsèment la plaine; il faut du temps et beaucoup d'eau argileuse pour remonter les bolongs et les rus avant de se déverser dans les dépressions, les tannes, les herbiers et les mares. Les oiseaux se contentent de ce que le fleuve leur offre: les Dendrocygnes veufs (dendrocygna viduata) ressemblent enfin à des Dendrocygnes fauves, ils vont par paires même si leur grégarisme reprend vite le dessus; quelques Oies-armées de Gambie (plectropterus gambensis) sont au pâturage; les ardéidés rappliquent de l'intérieur pour occuper les meilleurs postes avant le festin à venir. A ce petit jeu ce sont les Hérons cendrés (ardea cinerea) qui sont aux premières loges. Les gros bouffeurs - Pélicans, Cigognes... arriveront plus tard, d'ici et d'Europe pour les curées d'automne, quand le poisson abonde, l'alevin se ramasse à la pelle et qu'il suffit d'ouvrir le bec puis faire l'épuisette...

Couple de Dendrocygnes veufs - dendrocygna viduata, et Chevalier aboyeur - tringa nebularia
dans la plaine alluviale soumise au début de la crue du fleuve Sénégal
2016 08 23, 15h45 / © Photo par Frédéric Bacuez

Avec la crue, les premiers afflux de limicoles

Dix (10) espèces de limicoles du Paléarctique ont été observées dans la plaine de crue, ce jour: Courlis corlieu, Combattant varié, Chevalier aboyeur, Chevalier gambette, Chevalier culblanc, Chevalier sylvain, Chevalier guignette, quelques premiers représentants du Bécasseau minute et du Grand gravelot, ainsi qu'un seul et unique Bécasseau cocorli. Deux troupes de Combattants variés (calidris pugnaxruff) occupent dès lors un herbier marécageux dans lesquels ils ont habitude de stationner jusqu'en décembre, au moins. Les Combattants, les mâles d'abord, sont parmi les premiers limicoles à arriver dans le bas-delta, dès la mi-juillet. Les Courlis corlieux (phaeopus numenius, whimbrel), s'ils ne sont pas en route vers le sud, occupent bien la plaine du coté fleuve; il y en a même du coté des tannes, et même un autre sur la digue ! Ceux-là apparaissent dans le ciel sénégalais comme les Combattants, mais avec nettement moins de discrétion: on les entend plus qu'on les voit, en juillet, quand ils passent en formation en direction du sud avec force cris.

7 à 15 jours d'avance pour les passereaux migrateurs postnuptiaux de début septembre

L'intérêt du jour, plus que les limicoles dans la plaine inondable, c'est à la vérité la migration postnuptiale des passereaux paléarctiques. Et surtout l'arrivée précoce et la présence (en transit alimentaire) de certaines espèces généralement attendues début septembre. Cette avant-garde est encore peu fournie mais riche d'espèces: dans les alignements arbustifs qui jalonnent le bas-coté des digues, pas moins de 7 espèces du Paléarctique identifiées, dont les précurseurs en terre africaine progressent de prosopis en tamarix, s'éternisent volontiers dans un conocarpus erectus (Palétuvier gris) ou dans un salvadora persica. Il y a, par ordre décroissant (par le nombre observé): Pouillot de Bonelli, Hypolaïs polyglottePouillot fitis*1Gobemouche noir, plus un représentant de Rousserolle effarvatte, de Fauvette grisette, de Gobemouche gris. A l'exception de la Fauvette et de l'Hypolaïs, dans les temps*, les autres ont une bonne semaine d'avance sur l'agenda (Pouillot de Bonelli, Gobemouche gris, Gobemouche noir) voire au moins quinze jours (Rousserolle effarvatte, Pouillot fitis). Pour les premiers Pouillots véloces, il faudra attendre la mi septembre, au plus tôt. En revanche et bizarrement, pas vu de Phragmite des joncs, dont les premiers hivernants devraient arriver autour du 19 août... Il faut dire que le marais du Djeuss bangotin est si densément végétal, cette année, qu'on peine à y déceler quelque résident afrotropical autrement que par les cris et chants* (présence - auditive- avérée de Rousserolle africaine, outre les habituelles Rousserolle des cannes, Cisticole roussâtre du Nil, Cisticole des joncs, Prinia aquatique, Euplecte vorabé)...

*1 A noter que ces Pouillots fitis, aux parotiques presque aussi sombres que celles du Pouillot véloce et à la coloration générale plus terne ou grisâtre que les fitis qui arriveront plus tard, sont des sujets d'Europe du nord (Fennoscandie) de la race acredula ou apparentée/intermédiaire trochilus-acredula. Chez les passereaux comme chez les limicoles européens à large distribution, les populations les plus septentrionales sont les premières à prendre la voie des airs, après la reproduction, et donc à atteindre le Sahel. Bien avant leurs cousines de l'Europe tempérée, atlantique et/ou méditerranéenne. Dans la même configuration: le Gobemouche noir et le Gobemouche gris, dont les représentants ibériques et marocains viennent nous saluer autrement plus tardivement et brièvement que leurs cousins de la taïga....

*2 Dans les temps aussi, en tout cas pour l'avant-garde, un Rossignol philomèle (luscinia m. megarhynchos, common nightingale) dans mon jardin, cherchant à accéder à l'abreuvoir, ce 24 août vers 14h. Peut-être celui du 26 avril dernier qui avait presque clôturé la migration prénuptiale, n'ayant pas oublié ce point d'eau, à coup sur l'un des rarissimes à disposition à des kilomètres à la ronde - hormis ceux des Sénégaulois ndar ndar qui ont la même bienveillance que moi pour ces (autres) transfuges...: qui sait ?

OISEAUX / 64 espèces cochées, 4 sp. entendues
MAMMIFÈRES / 1 espèce cochée
REPTILES / 1 espèce
AUTRES / 6+ espèces

Vu:
  • Pélican gris (pelecanus rufescenspink-backed pelican), 1 ind. solitaire en vol plané, gagne la plaine de crue
  • Cormoran africain (microcarbo a. africanuslong-tailed cormorant), uniquement des ind. adultes + 1 ind. transportant des matériaux dans le bec
  • Anhinga roux d'Afrique (anhinga rufa, african darter), 1 ind. ad. mâle perché
  • Bihoreau gris (nycticorax n. nycticoraxblack-crowned night-heron), 1 + 1 + 2 ind. ad., en plumage frais
  • Blongios africain (ixobrychus minutus ssp. payesii, -africanlittle bittern), 1 ind., le sujet habituel, en vol [mangrove>marais du Djeuss]
  • Héron strié (Blongios vert, Héron des mangroves, Héron à dos vert, butorides striata ssp. atricapillastriated heron), 2 ind. ad. se (pour)suivant + 1 ind. + 1 ind.
  • Crabier chevelu (ardeola ralloidessquacco heron), assez nombreux ind. le plus souvent dans les herbiers peu élevés
  • Aigrette à gorge blanche (egretta g. gulariswestern reef-egret)
  • Aigrette garzette (egretta g. garzettalittle egret)
  • Grande aigrette (ardea alba ssp. melanorhynchoswestern great egret), dont sujets arrivant de l'intérieur des terres dans la plaine de crue
  • Héron cendré (ardea c. cinereagrey heron), plusieurs ind. (~20 ind. en tout) - en légère augmentation d'effectif, désormais
  • Héron pourpré (ardea p. purpureapurple heron), 1 ind. immature [marais du Djeuss] + envol d'1 ind. ad., superbe dans son plumage frais ! [marais du Djeuss]
  • Tantale ibis (mycteria ibisyellow-billed stork), 1 ind. 
  • Spatule d'Afrique (platalea alba, african spoonbill), 1 ind. en vol au loin
  • Oie-armée de Gambie (plectropterus g. gambensisnorthern spur-winged goose), 1 + 1 ind. et 2 ind. ad. dans herbier [plaine alluviale de crue]
  • Dendrocygne veuf (dendrocygna viduatawhite-faced whistling duck), partout où les herbiers ont reverdi, le plus souvent par paire/couple, parfois en petites troupes - jusqu'à 7 ind. à l'envol et 20+ ind. dispersés dans un herbier [plaine alluviale de crue]
  • Pygargue vocifère (haliaeetus vociferafrican fish-eagle), 1 + 1 ind.
  • Elanion blanc (elanus c. caeruleusblack-shouldered kite), 1 ind. effectuant d'interminables vols stationnaires, au loin [entre rizières et Djeuss]
  • Milan d'Afrique à bec jaune (Milan parasite, milvus aegyptius ssp. parasitus, yellow-billed kite), 1 ind. au-dessus du marais [du Djeuss]
  • Faucon à cou roux (falco chicquera, red-necked falcon), couple local perché, ad. côte à côte au coeur d'un bosquet buissonnant de tamarix senegalensis... en compagnie d'un groupe de singes patas !
  • Marouette à bec jaune (Râle à bec jaune, zapornia flavirostrablack crake), 1 ind. ad. [marais du Djeuss] + 1 ind. ad. traversant la piste-digue [n°1]
  • Talève d'Afrique (porphyrio madagascariensisafrican swamphen), 1 ind. ad. perché sur tamarix senegalensis [marais du Djeuss très encombré par les herbages]
  • Jacana à poitrine dorée (actophilornis africanusafrican jacana), dont 5 ind. à l'envol [marais du Djeuss]
  • Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensisSenegal thick-knee), cc local habituel [ex parking Eiffage pris au marais du Djeuss] + 5 ind. faisant trempette dans l'eau [de la plaine de crue]
  • Grand gravelot (charadrius h. hiaticulacommon ringed plover), encore très peu, pour le moment (en tout cas peu visibles)
  • Vanneau (caronculé) du Sénégal (vanellus s. senegallus, -africanwattled lapwing), 1 ind. + 1 ind.
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosusspur-winged lapwing)
  • Courlis corlieu (numenius phaeopuswhimbrel), vu plusieurs ind. (~10 ind.), entendu de nombreux ! + groupe de 6 ind. en migration active NO>SE (17h10) + 1 ind. sur tanne + 1 ind. carrément sur la digue [n°2] !
  • Bécasseau minute (calidris minutalittle stint), les premiers hivernants arrivent, en toute petites troupes pour le moment: de 2/3 à -10 ind. par groupe
  • Bécasseau cocorli (calidris ferrugineacurlew sandpiper), 1 ind. migrateur postnuptial, à l'envol (croupion blanc très visible !)
  • Combattant varié (calidris pugnaxruff), 1 ind. solitaire avec un Chevalier sylvain et un Chevalier culblanc [tanne en eau au carrefour des deux digues] + troupe de 30+ puis ~65 ind. migrateurs postnuptiaux stationnés dans les herbiers, dont mâle en mue postnuptiale [plaine alluviale]
  • Chevalier gambette (tringa t. totanuscommon redshank), quelques ind. y compris sujet ad. avec sujet juvénile
  • Chevalier aboyeur (tringa nebulariacommon greenshank), quelques ind. dont deux sujets juvéniles
  • Chevalier culblanc (tringa ochropus, green sandpiper), encore un tout petit plus présent que les sylvains - ça ne durera plus ! Dont 3 ind. avec 1 Sylvain, en vol...
  • Chevalier sylvain (tringa glareola, wood sandpiper), plusieurs ind.
  • Chevalier guignette (actitis hypoleucoscommon sandpiper), 1 + 1 ind. + 2 ind. + 1 + 1 ind. + 1 ind. en vol + 1 ind.
  • Sterne hansel (gelochelidon n. niloticagull-billed tern), dizaines d'ind. en vol ou au sol, surtout dans la plaine alluviale de crue
  • Tourtelette d'Abyssinie (turtur abyssinicusblack-billed wood-dove), seulement 1 + 1 ind.
  • Tourterelle masquée (Tourterelle à masque de fer, oena c. capensisNamaqua dove), seulement 1 ind.
  • Tourterelle maillée (spilopelia/streptopelia s. senegalensislaughing dove)
  • Pigeon roussard (de Guinée, columba guineaspeckled pigeon), en nombre - par troupes passantes [plaine>agglomérations urbaines]
  • Tourterelle pleureuse (streptopelia decipiens ssp. shelleyi, -Nigermourning collared-dove)
  • Coucal du Sénégal (centropus s. senegalensisSenegal coucal), 1 ind. traverse la piste-digue [n°1] + 1 ind. [jardins bangotins près de la digue vannée]
  • Martinet des maisons d'Afrique de l'ouest (apus affinis ssp. aerobateswest african little swift), dizaines d'ind. en train de chasser
  • Martin-pêcheur huppé (corythornis cristatus ssp. galeritaMalachite kingfisher), 1 ind. en vol passant et chantant [digue n°2] + 1 ind., la huppe dans le vent, perché sur un jeune palétuvier au bord du bolong de Kaïgga (cf. photo ci-dessous)
  • Martin-pêcheur pie (ceryle r. rudispied kingfisher), 2 à 4 ind. [marais du Djeuss] + 3 ind. sur casemate [ex parking Eiffage] + 2 ind. + sujets habituels de la baie du Kaïgga
  • Guêpier de Perse de l'ouest (merops persicus ssp. chrysoconoswestern blue-cheeked bee-eater), 3 ind. chassant au-dessus du quartier + dizaines d'ind. évoluant au-dessus du marais comme de la plaine en eau
  • Rollier d'Abyssinie (coracias abyssinicusabyssinian roller), 1 ind. ad., coté tannes [de la digue n°2]
  • Cochevis huppé du Sénégal (galerida cristata ssp. senegallensis, -Senegalcrested lark)
  • Rousserolle effarvatte (acrocephalus scirpaceus, eurasian reed-warbler), 1 ind. migrateur postnuptial stationné [alignement arbustif de la digue n°2]
  • Hypolaïs polyglotte (hippolais polyglotta, melodious warbler), en tout quatre migrateurs postnuptiaux stationnés, beaucoup plus pâles qu'au passage prénuptial à moins qu'il s'agisse, pour certains, de juvéniles - 1 ind. + 1 ind. migrateur postnuptial stationné dans une 'ronde' de Pouillots véloces et de Bonelli + 1 ind. + 1 ind. [alignements arbustif des  digues n°1 et n°2]
  • Pouillot sp. (phylloscopus sp.), 1 ind. de grande taille + 1 ind. à la poitrine très brune [alignement arbustif de la digue n°2]
  • Pouillot fitis (phylloscopus trochilus ssp. acredula ?, -northernwillow warbler), au moins 3 ind. migrateurs postnuptiaux en mue, stationnés. Les sujets, plus gris que leurs homologues d'Europe de l'ouest tempérée, nous arrivent probablement de Fennoscandie et sont de la race acredula ou intermédiaire acredula/trochilus [alignement arbustif de la digue n°2]
  • Pouillot de Bonelli (rhadina bonelli, western Bonelli's warbler), ~5 ind. en tout, migrateurs pstnuptiaux stationnés [alignements arbustif des  digues n°1 et n°2]
  • Fauvette grisette (curruca c. communiscommon whitethroat), 1 ind. furtif - migratrice postnuptiale stationnée [alignement arbustif de la digue n°2]
  • Cisticole des joncs (du Nigeria, cisticola juncidis ssp. uropygialisnigerian zitting cisticolafan-tailed cisticola), nombreux ind. en période nuptiale, territoriales, plus entendues que vues, à part 1 ind. qui tourne ostensiblement au-dessus de moi !
  • Prinia aquatique (à ventre blanc, prinia fluviatilisriver prinia), 1+ ind. [marais du Djeuss et mangrove de Kaïgga]
  • Prinia modeste (prinia s. subflavatawny-flanked prinia), ~3 ind. [digue n°2]
  • Gobemouche gris (muscicapa s. striata, spotted flycatcher), 1 ind., migrateur postnuptial stationné (18h30), chassant au sol dans l'herbe rase du bord de marais avant de remonter dans son arbre [palétuvier riverain du bolong de Kaïgga]
  • Gobemouche noir (ficedula hypoleuca ssp., pied flycatcher ssp.), 1 + 1 ind., migrateurs postnuptiaux stationnés [alignement de prosopis de la digue n°1]
  • Souïmanga à poitrine rouge (chalcomitra s. senegalensisscarlet-chested sunbird), mâles chanteurs obsessionnels !
  • Tisserin à tête noire (ploceus melanocephalus ssp., black-headed weaver), mâles nuptiaux très occupés à bâtir des nids avec de l'herbe verte toute fraîche, ou à en retaper l'entrée - du coup les nids sont jaunes et verts !
  • Euplecte franciscain (euplectes franciscanus, northern red bishop), enfin 1 ind. mâle nuptial ! [digue n°2 arborée]
  • Euplecte vorabé (euplectes afer, yellow-crowned bishop), plusieurs ind. désormais en groupe avec mâle dominant et... mâles dominés ! [marais du Djeuss]

Entendu:
Pygargue vocifère (haliaeetus vocifer) / Courlis corlieu (numenius phaeopus) / Courlis cendré (numenius arquata ssp. orientaliseurasian curlew), 1 ind. ?? / Rousserolle des cannes (acrocephalus rufescens ssp. senegalensis, -Senegalgreater swamp-warbler), 1 ind. [coté mangrove de la digue] + 2 ind. [coté marais de la digue, toujours sur les mêmes postes de chant] / Cisticole (roussâtre) du Nil (cisticola -galactotes- marginatus ssp. amphilectuswinding cisticola), 1+ ind. [marais du Djeuss] / Prinia modeste (prinia s. subflava), 1 ind. + 2 ind. [digue n°2] / Pririt/Batis du Sénégal (Gobemouche soyeux du Sénégal, batis senegalensis, Senegal batis) /

* Paludicole sp. indéterminée, 2 ind. chanteurs dans les herbiers [marais du Djeuss], près mais impossible à voir ! En écoutant attentivement sur Xeno-canto chacune des espèces liées à nos marais (beaucoup enregistrées par l'ami Bram Piot !), il s'agirait bien d'un duo de la Rousserolle africaine (acrocephalus baeticatus ssp. guiersi ?, western african reed warbler)

Des passereaux paléarctiques précurseurs et précoces
Des limicoles à point nommé avec la crue fluviale qui inonde la plaine

Ci-dessous, de haut en bas et de g. à d.:
Hypolaïs polyglotte et Pouillot de Bonelli intrigués...
Gobemouches noirs stationnés avant reprise de leur migration vers la ceinture forestière pré-guinéenne
Gobemouche noir et Hypolaïs polyglotte
Pouillots fitis en mue été/automne  
Hypolaïs polyglotte (juvénile ?) et Pouillot de Bonelli 
Euplectes vorabés, mâles et femelles
Martin-pêcheurs pie (mâle et femelle) et Martin-pêcheur huppé
Tisserin à tête noire, mâle nuptial construisant le nid de madame
Combattant varié - Chevalier sylvain - Courlis corlieu
Marais du Djeuss rive droite et bordures des digues dans la plaine alluviale du fleuve Sénégal, 2016 08 23 / © Photos par Frédéric Bacuez
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AUTRES:

  • Patas 'singe rouge' (erythrocebus pataspatas monkey), groupe familial de ~10/12 ind. dont deux mères à l'enfant porté. Au moins quatre d'entre eux grimpent dans un bosquet de tamarix senegalensis, et perchent... aux cotés d'un couple de Faucons à cou roux ! (16h50, cf. photos en bas de notule) [plaine alluviale]
  • Varan du Nil (varanus niloticus, Nile monitor), 1 ind. ad. ou subad. + 2 ind. juvéniles traversant la piste-digue [de la plaine de crue au marais du Djeuss]
  • Crabe de palétuvier
  • Protoptère, encore des sujets desséchés jetés au beau milieu de la digue... A proximité, la nasse de fers prohibée... Une autre à la digue-vannée sur le Djeuss... Pffff...
  • (petit) Monarque d'Afrique (danaus chrysippus ssp. chrysippuscommon plain tigerlesser wandererqueen butterfly, 'african queen'), peu
  • Mylothris chloris (common western dotted border), 2 + 2 + 2 ind.
  • Brachythémis à ailes barrées (brachythemis leucostictabanded groundling), en augmentation saisonnière
  • Libellules et agrions sp.
Ci-dessous:
les Patas de la plaine alluviale, 
avec petit au ventre (à d.); avec Faucons à cou roux dans le tamaris (au centre); avec la colonne humaine et bigarrée sur la digue du 'canal de décharge' (à g.)...
Plaine de crue du Sénégal 2016 08 23, ~16h50 / © Photos par Frédéric Bacuez
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