" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

mardi 16 mai 2017

16, rarement documenté en Afrique de l'ouest: un nid d'Échasses blanches avec ses œufs, quatre !

Nid et quatre œufs d’Échasses blanches - Himantopus himantopus
tanne saline près du Gorom, parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD) 2017 05 16, 11h38 / © Photo par Frédéric Bacuez

* Basse vallée du fleuve Sénégal, 1/4.
Parc national du Djoudj (PNOD), près de la rivière Gorom -

MATIN, 11h35-11h45-
En véhicule de Senegalib'Tours, avec le chauffeur Morr
Avec Rozenn Le Roux, pour Le Petit Futé édition 2018
Et dans le PNOD, l'écogarde de service, aujourd'hui Yali Diop - c'est obligatoire, désormais...

Temps: 22-32°9h, 26° / 13h, 31° / Ciel laiteux, temps moite,plus tôt que d'habitude, hygrométrie 67%. UV, 12 extrême / Vent faible du NO, 20 km/h
Température maximale, 39° (1990) / Moyenne maximale, 28°
Température minimale, 18° (2006) / Moyenne minimale, 21°
Ces trente (30) dernières années, il a plu une (1) fois: 0,5 mm (2011)


Ci-contre: lagons saumâtres à l'entrée du parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD)
2017 05 16, 11h44 / © Photo par Frédéric Bacuez 


Suite (1/4) d'observations intéressantes à l'occasion d'un déplacement express dans la basse vallée du fleuve, du Djoudj à Gueumbeul en passant par le marais de Ndigué, la mare de Ross-Bethio et le Lampsar... En tant qu'accompagnateur, un tantinet paternaliste, de notre jeune amie Rozenn chargée d'une remise à jour du guide touristique Le Petit Futé, édition 2018.

Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD)-
Peu documenté: les Échasses blanches nichent, et ont pondu !

L'écogarde Yali Diop me confie et assure qu'hier, le 15 mai 2017, il a dénombré quinze (15) nids d’Échasses blanches (Himantopus himantopus, black-winged stilt) sur une tanne saumâtre au voisinage du Gorom. A ce qu'il me dit, plusieurs nids contiennent des pontes de deux, trois ou quatre œufs. Nous y faisons un bref arrêt (11h35-11h45), pour tenter d'observer les oiseaux, et la situation de cette reproduction peu observée car rarement aboutie sous nos latitudes - les jumelles suffisent amplement, c'est au bord immédiat de la piste. Pas aisé de trouver les petits tas végétaux coincés entre des tiges de massettes brûlées par l'extrême salinité du site, d'une blancheur aveuglante. Les Échasses ne sont pas en train d'incuber, elles arpentent les lagons ou stationnent sur la rive, de l'autre coté de la voie, attendant notre départ pour revenir. Quelques minutes pour trouver un nid visible, et tenter d'y déceler les signes (ou pas) d’une reproduction: banco ! En voilà un, de nid rudimentaire et pas bien large, fait de brisures de roseaux secs et de cristaux de sels rapportés, légèrement surélevé sur une touffe arasée, avec quatre œufs vert olive maculés de tâches brunâtres. Il me semble que cette ponte se situe dans le même créneau temporel que dans le Paléarctique occidental, là-bas de mi-mai à mi-juin, l'incubation de la ponte étant courte (avec la fournaise du sel et sous le soleil sahélien, ça ne peut pas traîner, ici, une éclosion !), environ vingt-cinq jours, effectuée par les deux parents avec force démonstrations lors des relais. On ne sait d'ailleurs toujours pas si les Échasses observées de (Avril)-Mai à Août-(Septembre) au Sénégal sont des oiseaux originaires des régions méditerranéennes qui estivent et peuvent se reproduire à l'occasion sous les latitudes subsahariennes; ou s'il s'agit de sujets authentiquement africains. La première hypothèse est, pour l'heure, la plus acceptable.

Nota 1: la nidification de l’Échasse blanche dans l'Afrique de l'ouest est rarement constatée. C'est probablement sur ce même site "de débordement" du Gorom qu'il y a tout juste trois ans Patrick Triplet (OMPO/SMBS, Somme-France) a lui-même observé et documenté la reproduction des Échasses, c'était le 12 Mai 2014 (cf. encadré ci-dessous)*. Trois nids avaient été dénombrés, dont un portait quatre œufs; "à moins de dix mètres de la piste", exactement comme le nôtre, ce 16 Mai 2017, et avec le même nombre d’œufs (en général quatre à cinq). Comme Patrick Triplet, nous sommes garés en double file, pas le temps, pas d'autonomie pour vérifier s'il y a bien ici quinze nids d’Échasses ! Et en Afrique subsaharienne, quand on a un 'guide' qui veut absolument expliquer ce qu'est un mirador (sic), un chauffeur qui est en train de vociférer au téléphone, et une journaliste qui collecte d'abord des adresses et compile les nouvelles tarifications, on se dit que la billebaude solitaire, à pied sous le cagnard, ça a du bon... Loin des parcs et réserves du cru, ça vaut mieux. Quant aux quinze nids d’Échasses, si Yali le dit, ma foi, il n'est pas de Marseille...

* Nidification de l’Échasse blanche (Himantopus himantopus) au parc national des oiseaux du Djoudj (Sénégal)
par Patrick Triplet, OMPO/SMBS - Abbeville (Somme, France), in Alauda, revue internationale d'ornithologie, 2014
Société d'études ornithologiques de France (SEOF), Museum National d'Histoire naturelle


1966-1990: près d'un quart de siècle 
pour confirmer la reproduction réussie
 d'Himantopus himantopus sous nos latitudes !


Nota 2: les preuves de nidification de l’Échasse blanche en Afrique occidentale se comptent sur les doigts des deux mains. Sauf nouvelles informations inconnues d'Ornithondar, elles proviennent seulement de deux pays: le Ghana et le Sénégal. L'unique compilation de ces données est due à notre ami François Baillon accompagné par Seydina Sylla, et elle date de 1990 (cf. lien ci-après). A la lecture du document (que François m'a opportunément envoyé et rappelé), on note que les tentatives de reproduction et les nids, ou les restes de coquilles brisées, sont rapportés exclusivement des mois de Juillet et Août (au Sénégal), de Mai et Juillet (au Ghana). Aucune donnée ne provient de la vallée du fleuve Sénégal et du Sahel proprement dit (in Roux & Morel, 1966). Nos trouvailles nordiques sont de Mai (2014, 2017) - et sont donc, toutes proportions gardées, de petits événements ornithologiques ! Les mentions par nos aînés proviennent toutes, sauf les deux du Ghana, du Sine Saloum, de la Petite Côte et du lac Retba sénégalais, à l'exception d'une observation de couple territorial et de brisures d’œuf faite par René de Naurois (oui oui, le célèbre résistant français et l'un de nos premiers grands ornithologues modernes au/du Sénégal !) dans les Niayes de Mboro, donc de la Grande Côte, en... 1969. Aucune donnée n'étant cependant venue prouver une reproduction d'Himantopus himantopus menée à terme - y compris en Juillet 1977, quand un nid avec deux œufs fut enfin découvert par Philippe Gowthorpe sur l'Île aux oiseaux, dans le parc national du Sine Saloum (PNSS) tandis qu'au Ghana de semblables observations étaient faites à la même époque par M.A. Macdonald (Juillet 1977, Mai 1978). Ou en Juillet 1985, quand un autre nid avec deux œufs est trouvé par Christophe Rothan au Lac Retba (Lac Rose), au nord de Dakar.
Il faut attendre 1988 et 1990 pour que Baillon & Sylla documentent la réussite d'au moins deux couvées ! Du Sine Saloum le 8 Septembre 1988, François écrit: "nous avons pu observer la présence d'un jeune non volant à proximité du nid, escorté par le mâle" (trois œufs, un poussin noté). Mais c'est encore dans les environs de la capitale sénégalaise, sur le lac Malika, que de mi-Juillet à mi-Septembre 1990 F. Baillon, S.I. Sylla et P.J. Dubois découvrent "huit nids" (Juillet) puis constatent, avec la présence in situ de six cent (600) Échasses blanches (Septembre) la nidification, l'incubation et l'éclosion de plusieurs pontes menées à leur terme - "le 14 Septembre 1990 (...), de nombreux jeunes sont présents", ouf !*...

* Source:
Nouvelles données sur la reproduction de l’Échasse blanche au Sénégal,
par François Baillon (IRD ex Orstom) & Seydina I. Sylla (DPN Sénégal), 1990


Nota 3: au coeur de la saison humide de 2016, précisément le 21 Août, dans le bas-fond de Sanar-Ngallèle Ornithondar avait observé "dans l'eau qui reste au fond de la cuvette [la mousson n'avait pas encore délivré de pluie significative, ndlr.] quatre jeunes Échasses blanches [qui] entourent un sujet adulte. Ces mois derniers, j'avais remarqué qu'un couple s'était installé sur un îlot et avait tout l'air d'y vouloir couver (période de reproduction connue: Mai, Juin, Juillet)... Bingo ?"*. Les oiseaux, bien que déjà débrouillards, quémandaient et poursuivaient volontiers l'adulte. Le 8 Avril de la même année, Daniel Nussbaumer et moi remarquions, et ce n'était pas la première fois pour Ornithondar sur ce site proche de Mbéraye, "deux sujets peut-être en train de nidifier à moins qu'ils ne soient qu'au repos (?)." Tout indiquait, le site choisi, légèrement surélevé, la position des oiseaux, que les échassiers étaient dans la configuration d'une nidification, en tout cas à venir. C'est d'ailleurs à partir de fin Mars et en Avril que j'ai souvent constaté ce simulacre ou ces tentatives de reproduction, dans le bas-delta sénégalais. Toujours à même le sol, cependant, alors que les reproductions avérées, successivement rapportées par François Baillon, Seydina Sylla (1988, 1990), Patrick Triplet (2014) et enfin Ornithondar (2017) étaient faites sur des monticules d'herbes rases et sèches, avec ou sans sel (cf. plus haut). Le 10 Avril 2015 déjà, sur un site immédiatement voisin de la vallée du Djeuss reconfigurée, les Mignot Alix & Daniel et moi-même constations similaires agissements, ou les premières velléités de plusieurs reproductions potentielles, sur des tumulus immergés d'une sablière artificielle et inondée: des Échasses se tenaient là, les unes couchées sur les îlots (chacune le sien), les autres attentives et fébriles à proximité...

A Dakar, notre camarade Bram Piot suit et photographie aussi les Échasses blanches locales dans leurs entreprises de reproduction sur le marais du Technopôle: le 18 Avril 2017, il note sur SenegalWildlife que "Black-winged Stilts seem to have started breeding again"; les 29 Avril et 1er Mai derniers il constate: "les Échasses blanches sont de plus en plus nombreuses à couver (...) sur l'un des nombreux îlots du plan 'ouest', derrière la Sonatel". Le 3 Juillet 2015, "Black-winged Stilts were particularly numerous (+700 !) with now a minimum of three occupied nests.". Le  6 Août, "there were of course loads and noisy Black-winged Stilts including several locally fledged young." Le 15 Août, l’Échasse y est "omniprésente et très bruyante, avec un effectif de plusieurs centaines (500 ?) dont plusieurs jeunes locaux." Le 1er Mai de 2015, "les Échasses blanches deviennent de plus en plus territoriales mais je doute qu'elles n'arrivent à nicher cette année vu que le niveau d'eau est bien plus élevé que l'année dernière lorsque le plan d'eau 'ouest' était en grande partie à sec." La crainte de Bram était fondée: François Baillon expliquait en 1990 que l’Échasse blanche avait, sous nos latitudes comme dans le monde méditerranéen et au vu de ses exigences dans la reproduction, beaucoup de difficultés à mener sa ponte jusqu'à l'éclosion... La prédation par d'autres oiseaux (le Vanneau éperonné, par exemple), par des mammifères en maraude (Mangoustes); le piétinement des nids par le bétail domestique; et les aléatoires niveaux d'eau (tantôt trop vite à sec, tantôt soudainement inondé) font que les pertes sont sans commune mesure avec celles d'autres oiseaux y compris limicoles. Ceci expliquant peut-être la grande rareté des observations d'une couvée d'Himantopus himantopus en Afrique l'ouest, soumise aux rudesses climatiques et à la violence des éléments, a fortiori dans sa partie sahélienne. Et ça ne va pas aller en s'améliorant. Nous sommes donc chanceux.

Sur Ornithondar:
Échasses, Shikras, Rolliers - jeunesses d'une saison !, 2016 08 21


Ci-dessus:
une notule de Patrick Triplet pour Alauda, revue internationale d'ornithologie, 2014
Société d'Etudes Ornithologiques de France (SEOF), Muséum National d'Histoire naturelle

Ci-dessous:
 Échasses blanches, sur le qui vive ou alarmante près du nid - Vanneau éperonné
Lagon saumâtre de la Station biologique du Djoudj, PNOD 2017 05 16, 11h38-11h42 / © Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les photos pour agrandir -

Trois Phacochères - Phacocherus africanus, traversent le Grand Lac totalement à sec 
PNOD 2017 05 16, 11h15 / © Photo par Frédéric Bacuez

* Vallée du Djeuss-sud, par Mbéraye & Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD). 
Marais de Ndigué // Embarcadère du Djoudj / Boucle de Gainthe-marigot de Khar / Grand Lac / Tannes et lagons de la Station biologique-Gorom / Hôtel du Djoudj -



~9h-~13h-
En véhicule de Senegalib'Tours, avec le chauffeur Morr
Avec Rozenn Le Roux, pour Le Petit Futé édition 2018
Pour le PNOD, trimbaler l'écogarde, aujourd'hui ce sera Yali Diop - et c'est obligatoire, désormais...

Ci-contre: hôtel du Djoudj, hors saison...
Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD) 2017 05 16, 12h37 / © Photo par Frédéric Bacuez


Parc national du Djoudj (PNOD)-
Nouveaux tarifs et écoguide pour tous ! Même pour le vrai faux-guide toubab sans carte professionnelle...

C'est désormais la règle, dans tous les parcs nationaux et réserves naturelles (ou spéciales !) du Sénégal, enfin à ce qu'il paraît: on n'y circule plus sans être chaperonné par un écogarde derechef promu écoguide, payant de surcroît. Je vous rassure: les Big Five ne sont pas de retour, et ne seront plus jamais de retour; déjà que les gazelles de Gainthe sont fantomatiques, peut-être un mirage... Le garde-chiourme n'est donc pas en armes, pour vous protéger contre les fauves; il y aurait de quoi faire des cartons, pourtant, avec tout le bétail de la région qui a pris ses quartiers dans le parc 'national' comme une pâture - il n'y a plus que là qu'il reste de l'herbe et des arbres ! 'Vont pas aller bouffer le sacro-saint riz, tout de même, ils s'empoisonneraient ! Bref... Et pourquoi pas un guide avec patente et tout son savoir, même empirique, hein ? Si cela peut permettre aux villages riverains des enclaves 'protégées' de gagner un peu de xalis pour se sentir concernés par ladite protection... C'était opportunément l'objectif, en laissant émerger les GIE d'écogardes (ou écoguides, maintenant). Il semble que dans le cas du parc national du Djoudj, quelques roublardises de touristes et de résidents passe-droits ont fini par énerver les autorités, et on les comprend volontiers. Les poussant à passer de guide suggéré à guide imposé. Difficile d'en savoir beaucoup plus sur les raisons objectives qui ont prévalu à cette décision. Une rocambolesque histoire de drones asiatiques (des Coréens ?) auraient été la goutte qui a fait déborder le vase... Les chinois s'étaient mis en tête de filmer le sanctuaire à l'aide de leurs joujoux sans en avoir averti qui de droit ni avoir réglé (cher) d'éventuelles autorisations sonnantes et trébuchantes... Il y eut, cela fait un moment, ces Phacochères poursuivis par nos-amis-les-chasseurs jusque dans le périmètre du parc national pour y être dessoudés (ou pas); soit, ceci est un malheureux incident bien prévisible - il n'y a plus de zone tampon entre le sanctuaire, 16 000 hectares exsangues, et les villages et périmètres rizicoles limitrophes, encore et toujours le riz... J'apprends enfin qu'un vrai faux-guide toubab sans le sou ni autres talents que ses sandales et son bagout a eu sa petite mésaventure avec les agents du parc national - pas la première, pas la dernière, en attendant le bouquet final ! Monsieur guide sans carte d'accréditation officielle de guide et en se croyant, depuis qu'il s'initie au jazz ndar ndar, dispensé de tous droits... de visite... Et pas qu'au Djoudj ! Palabre et amende à la charge de sa cliente ensorcelée par l'"agence de visites" "hors des sentiers battus" du pauvre hère comme seule l'Afrique peut les avoir aux basques, hélas. "C'est mon professeur !", s'exclame l'écogarde Yali - on ne pouffe pas de rire, s'il vous plaît !-, dont on ne sait si la confidence vise à flatter une hypothétique fibre épidermique, ou si elle est sincèrement naïve... Ce qui serait grave, mais logique tant, une fois de plus hélas, au pays des aveugles les borgnes sont (vite) rois (mais tombent aussi vite de leur piédestal)... Car, ici comme partout en Afrique noire francophone, le niveau des connaissances est si dramatiquement faible, il faut le vivre pour le croire, et ça ne s'arrange pas, que le plus ignorant des nôtres peut tromper tout son monde, il suffit d'avoir le culot et de se la jouer 'je suis des vôtres', en veillant tout de même à (sur)vivre dans une impasse européenne (sic) et à fricoter avec ces mauvais Blancs, enfin les Bons, pour en tirer une bien pathétique gloriole... ! L'imposture, si elle n'est pas argentée, avec force redistribution, ne dure qu'un temps, sous ces cieux, même pour un "baroudeur" (sic, lol)... Le mensonge à cet âge, sur soi-même, aux autres, rien ne m'afflige plus. Le sexagénaire comme un môme. On voit mal, dès lors, comment notre guide toubab va guider ses quelques touristes jusqu'à l'embarcadère-à-pélicans, en sus du chauffeur de taxi brinquebalant, s'il doit à son tour être guidé par un guide du terroir... Ah l'Afrique éternelle, des Noirs et de leurs Blancs en perdition...

Au Sénégal (et ailleurs en Afrique occidentale)
un écogarde monte dans votre véhicule en professeur et en ressort élève...
- Et jamais gêné d'avoir empoché tout de même son aumône

Le nôtre, d'écogarde, aujourd'hui, s'était mis en tête d'expliquer à ma journaliste ce qu'est un mirador... Si si ! Car amis lecteurs, le visiteur occidental vient au Djoudj, 160 km2 riquiqui mais "troisième parc ornithologique au monde" (fumisterie éhontée !) parce que chez lui il n'y a rien de toutes ces merveilles (émergentes) que cette Afrique-là montre à la face niaise et ébaubie du monde blanc... Sauf que s'il n'y avait pas nos oiseaux à nous, du Paléarctique, à part Njagabaar, le Pélican en langue wolof, de fin Octobre à fin Mars, il serait comme maintenant, en Mai, plutôt vide, le fameux sanctuaire... Il est vrai que des observatoires avec des appuis-coudes pour gens de 2m50, avec des volets qui vous claquent à la gueule, on n'a pas, chez nous; que nos hôtes "réfractaires à l'universel" (comme me répétait à l'envi, au Burkina Faso, l'ami Rinaldo, d'International Crisis Group) aillent voir ce qu'est un observatoire, costaud et spartiate comme aux temps des Soviets, chez les Polonais de Bialowieza, tiens ! Que le dernier chef d'oeuvre d'architecture du cru, deux saisons et tôt ou tard dans le marigot de Khar, une espèce de tour branlante en troncs d'eucalyptus vaut à lui seul le détour, et la photo ! Certains ont du s'en mettre quelques biftons dans la poche, tiens !...
Bref, le villageois Yali est à la peine, se laissant trimbaler, à deux doigts de piquer l'immanquable roupillon. Je dis souvent à mes camarades ornithologues, occidentaux, professionnels comme amateurs, qu'au Sénégal un écogarde monte dans votre véhicule en professeur et en ressort élève... Enfin, avec les vrais ornithophiles désormais contraints de se coltiner le brave bougre, ou l'un de ses clones, car ici comme dans le pays le tourisme c'est plutôt le style Fram, bedaine en avant et bob 'Ricard' sous le cagnard... Un choix de l'état sénégalais, qu'il faut assumer. Il envisagerait d'adopter une politique radicalement contraire qu'il ne le pourrait pas - trop tard, les places sont prises, y compris en Afrique: il eut fallu miser sur l'enseignement et la transmission obligatoire des savoirs, d'abord en ayant des passeurs compétents, c'était il y a longtemps. Faire son introspection collective, en finir avec l'onirisme échevelé et plutôt lire le niak Etounga-Manguelle que le local Sarr - pour ceux qui lisent autre chose que leur smartphone ! Travail de longue haleine vain, plus de l'époque, on est dans l'immédiateté, l'urgence, l'émergence, désormais. Vite et mal. Qu'importe si l'école sénégalaise est devenue l'une des pires du continent, y compris dans la formation de ses fonctionnaires... Il suffit de constater le nivellement des compétences, et des vocations, dans le petit monde de l'Environnement. Les cheveux blancs, comme les bibliothèques (virtuelles) s'en vont aller avec l'enthousiasme et les connaissances... Place au bizness ! Si nos brillantes intelligences du Ministère croient que les vrais ornithos étrangers qui connaissent, je les connais, vont se taper du guide ignorant pendant une journée, elles vont vite déchanter !
Que les beaufs-à-pélicans-j'aime-les-oiseaux-c'est-beau-c'est-coloré-et-c'est-gentil n'y voient que du feu, comme avec le Jean-Marie toubab - même niveau que les écoguides, je dirais même moins que certains, et s'ils acceptent de se faire bouffer leur pain, c'est leur problème-, ce n'est pas grave ! Gugusse 1er (comme je le surnomme) n'a pas les codes, les mots et encore moins la bienveillance des vrais ornithologues pour changer la face, même locale, de l'ornithologie. Combien même, "à la demande des lecteurs" (lol, sic) le voilà qu'il se met à la terminologie latine, évidemment erronée dès le premier jour, sur son site, enfin sa page FB... On ne va pas lui donner les adresses officielles et 'scientifiques', il s'y perdrait et perdrait ses sous, ni lui expliquer comment ça marche, la taxonomie et l'homologation d'une coche, ha ha ha ! 'Faut pas pousser, qu'il fasse son copier-coller et persévère à se mettre dans les traces d'autrui, en les camouflant à ses gogos, c'est déjà suffisant, on lui garde notre pitié, de Nouakchott à Mbour. Ce douloureux manque d'affection, ça doit être terrible, l'homme veut tellement être aimé, et reconnu de tous. La rouerie, les approximations, l'affabulation ne changent rien à la donne. Juste un gagne-pain comme un autre, une question de survie. Les ornithologues et la contrainte de leur encadrement, ça c'est une autre paire de manches, vouée à l'échec, au Djoudj ! Je doute que leur philosophie d'indépendance accepte le chaperon local sans qu'il n'y ait quelque clash, et de lourdes défections... La LPO, chez nous, pourrait confirmer mes propos: elle doit sans cesse composer avec l'orgueil, et un atavique goût pour la liberté de ses membres, scientifiques, collaborateurs, bénévoles... Pas toujours une mince affaire. Il restera à Saint-Louis Gugusse 1er, enfin seul, authentiquement et officiellement seul 'explorateur' de la contrée ! Car le bonhomme, lui, n'a pas cette fierté, il y va au culot, du coup des Tortues marines à celui de la Librairie, viré ici, remercié là, mais renaissant toujours tel un Phoenix, comme dans un rêve, le rêve d'une vie sans passé; et, le pire, c'est qu'il s'y croit, le loustic, vraiment, (presque) innocemment. Un enfant, disent les filles, toujours plus perspicaces que les hommes.

Additif:
Si j'ai bien compris les explications alambiquées des uns et des autres...
Entrée au PNOD: 5 000 F cfa par tête de pipe
Entrée d'une voiture: 10 000 F cfa
Ecoguide obligatoire: 6 000 F cfa
Pirogue du GIE pour l'accès au nichoir des Pélicans: 4 000 F cfa
Soit de 21 à 25 000 F cfa - 32 à 38 Euros la promenade. Sans compter l'éventuelle hôtellerie, roots ou décatie, et sa bouffe de classe patrimoniale...
Bienvenue ! Et bonne balade...

En comparaison, tarifs 2017 pour le Parc du Marquenterre (France), dans cette Baie de Somme qui fait beaucoup, et ce qu'elle peut, parmi tant d'autres donateurs, pour ce Djoudj-là...
http://www.baiedesomme.fr/lieu/2-1602-14-1-horaires-et-tarifs-parc-du-marquenterre
Ou, le plus ancien parc national au monde, le Yellowstone américain: 25 dollars par véhicule ou 12 dollars par personne à pied, soit 14 500 F cfa ou 7 000 F cfa...
Ou, le plus ancien parc national d'Afrique avec celui des Virungas (RDC), le Kruger sud-africain: de 132 à 264 Rands par personne étrangère soit de 5 900 à 11 800 F cfa par personne...
Quant à l'Ouganda, devenue en 2016 la première destination écotouristique du continent, il faut pouvoir, mais on en a pour son argent (jusqu'au renversement de l'autocrate et l'invasion des sanctuaires par la foule surpeuplée), et il faut croire que beaucoup en ont, des dollars pour l'Ouganda plus que du CFA pour le Sénégal et sa Teranga. Mon frangin m'écrit, depuis Kampala: "pour des étrangers non résidents, il faut compter entre 30 et 40 $ par jour (28 et 38 Euros), sans la voiture (10 $ si c'est une voiture locale, plus de 100 si c'est une voiture étrangère). Il y a un tarif spécial pour les singes: les Chimpanzés, entre 100 et 250 $; les Gorilles, entre 400 (en saison des pluies) et 600 $ la visite d'une heure (mais il faut marcher entre une et quatre heures pour les atteindre et se faire charger par un dos argenté)."
Il fallait oser... Le Sénégal l'a fait. Rencontrer des boeufs derrière chaque touffe de Sporobulus, croiser des Pélicans qui stationnent à l'année autour de Ndar; des Flamants roses et des Phacochères qu'on voit gratuitement ailleurs... Le pays se berce d'illusions, et n'en fait qu'à sa tête - c'est son identité, et son droit le plus absolu.

Ci-dessous:
Hôtel du Djoudj, hors saison(s)...
Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD) 2017 05 16 / © Photo par Frédéric Bacuez


Le Djoudj, toujours plus sous pression...

Il n'y a pas que les touristes qui tentent de doubler l'administration du parc national, le joyau patrimonial de l'UNESCO et de Ramsar... Les temps deviennent durs pour l'enclave, en milieu hostile, très hostile. Désaffection du tourisme. Incapacité à faire du domaine quelque chose qui ait de la gueule. Juste recevoir quelques subventions, de temps à autre, pour maintenir l'îlot-nichoir artificiel des Pélicans blancs (Pelecanus onocrotalus), la seule attraction en définitive qui permet au sanctuaire de vivoter. Le conservateur-en-chef a beau se démener, accorder des interviews pour tirer la sonnette d'alarme et, comme moi, dire tout le mal qu'il pense de cet impérialisme rizicole aux mains des étrangers (et des confréries), qui a irrémédiablement foutu en l'air la vallée et menace désormais la pérennité du tout petit noyau de nature et de biodiversité de la zone - rien n'y fait: c'est politique. Et anti-populaire que de critiquer l'aberration, aux portes du désert, quinze ans avant le prochain cycle trentenaire sec. La com' sait y faire et a bien fait les choses, comme pour l'autre qui met en coupe réglée les boisements d'Acacias de Diama et maintenant le premier des Trois-Marigots ! C'est pour donner du tra-vail ! Le tra-vail a bon dos pour se faire du blé, en ne respectant aucune règle environnementale (à part les certifications écolo-bio-développement durable dont on sait, avec Elise Lucet et un certain Cash Investigation sur la filière bois qu'elles sont bidon, et que ça s'achète, un label vert, autant qu'un permis de conduire en Afrique !)... Je ne sais pas où va le fameux troisième parc ornithologique au monde mais il y va, malgré lui, et aussi en partie avec lui... Cela fait des années que le sanctuaire se laisse envahir par le bétail pléthorique des villages riverains qui n'ont plus de pâturage depuis qu'on leur vend le mirage vert et... qu'ils sont fiers de manger la céréale patriotique (qui rapporte à d'autres quand même, sur leurs ventres). Des années que les braconniers pillent les lacs et marigots du patrimoine. De temps à autre, si les agents, peu soutenus par un état très lointain, interviennent, cela finit en jacqueries et en incendies... Avec la démographie explosive, la prédation des terres par les puissants, la situation va de mal en pis: la semaine dernière encore, c'est une équipée de pêcheurs hors la loi qui a été véhément interceptée, et ça ne s'est pas gentiment passé: du coup, les agents ont brûlé la pirogue des récalcitrants et exposé la relique en lisière de la steppe de Gainthe, pour l'exemple (cf. photo ci-dessous)... Au niveau de l’accueil, entre hôtel ruiniforme et bicoques administratives - ah, la guérite des taxes, c'est quelque chose !-, l'enclos qui servit jadis à la réintroduction des Gazelles à front roux (et Dorcas ?) dans la steppe de Gainthe, et où elles sont devenues aussi improbables que le dernier Lion abattu par un Bangotin peu après l'Indépendance, des dizaines et des dizaines de bovins sont parqués, ramassés dans le parc national et attendant que leurs propriétaires viennent les récupérer contre une amende... Hélas, on en a croisé quelques unes, ce ces calamités bovines, et du coté de Gainthe, au coeur du parc national, et du coté du lac de Khar, des "devenues sauvages" me dit innocemment Yali, notre écoguide... Et elles bouffent, elles bouffent, piétinent, tassent les sols, finissent prématurément les herbages - mais Dieu est grand, il fera bien pleuvoir... Ah oui, croisé une belle charrette pleine de bois morts, bien rouges pour du bois mort, ha ha ha... Allez, on croise les doigts, on y croit, ça va aller, les écogardes nous font des tas d'enfants, eux aussi...

Ci-dessous:
en haut, pirogue de braconniers-pêcheurs incendiée par les agents du parc national
en bordure de la steppe de Gainthe 2017 05 16, 10h15 / © Photo par Frédéric Bacuez
en bas, de g. à d., steppe et bois de Gainthe - barque de balade sur le marigot de Khar - les palissades d'un mirador, Grand Lac
Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD) 2017 05 16 matin / © Photos par Frédéric Bacuez [tél. Samsung]


OISEAUX / ~45 espèces, 3 sp. entendues
MAMMIFÈRES / 2 espèces

Vu (liste non exhaustive):

  • Pélican blanc (pelecanus onocrotalusgreat white pelican), quelques ind. nageant sur le marigot de Djoudj + grosse pompe au loin de quelques centaines d'ind. [au NE, vus depuis la grande digue du PNOD]
  • Pélican gris (pelecanus rufescenspink-backed pelican), 2 à 3 ind. [lagon de la Station biologique du PNOD]
  • Gardeboeuf d'Afrique (bubulcus i. ibiscattle egret)
  • Aigrette garzette (egretta g. garzettalittle egret), 1 ind. sur les lagons saumâtres [Station biologique du PNOD]
  • Grande aigrette (ardea alba ssp. melanorhynchoswestern great egret), quelques ind. à l'envol et en vol passant [marigot de Khar, PNOD] + 3 ind. [piste du Grand Lac]
  • Héron cendré (ardea c. cinereagrey heron), 1 ind. [marigot de Khar, PNOD]
  • Tantale ibis (mycteria ibisyellow-billed stork), 2 ind. cerclant derrière le marigot [de Khar, PNOD]
  • Flamant rose (Phoenicopterus roseusgreater flamingo), 3 ind. immatures sur le lagon saumâtre [Station biologique, à l'entrée du PNOD]
  • Ouette d'Egypte (alopochen aegyptiacaegyptian goose), 1 ind. sur la vase [marigot de Djoudj, PNOD]
  • Sarcidiorne à bosse (Canard à bosse, Canard sylvicole, sarkidiornis melanotosknob-billed duck, african comb duck), 6 ind. femelles en vol passant [marigot de Khar]
  • Oie-armée de Gambie (plectropterus g. gambensisnorthern spur-winged goose), quelques ind. sur les berges du marigot de Djoudj [vus depuis l'embarcadère, PNOD] et à l'envol [marigot de Khar, PNOD]
  • Dendrocygne veuf (dendrocygna viduatawhite-faced whistling duck), quelques dizaines d'ind. sur la vase [marigot de Djoudj] et sur le lagon saumâtre [Station biologique du PNOD]
  • Balbuzard pêcheur d'Eurasie (pandion h. haliaetuseurasian osprey), 1 ind. perché sur arbre riverain du marigot de Khar, berge sud [PNOD]
  • Pygargue vocifère (haliaeetus vociferafrican fish-eagle), 1 ind. ad. cercle à la verticale des tannes du Khar [vu depuis la grande digue]
  • Milan d'Afrique à bec jaune (Milan parasite, milvus aegyptius ssp. parasitus, yellow-billed kite)
  • Marouette à bec jaune (Râle à bec jaune, zapornia flavirostrablack crake)
  • Échasse blanche (himantopus himantopusblack-winged stilt), plusieurs ind. ici et là dans toute la basse vallée dès qu'il y a des tannes et des cuvettes en eau + dizaines d'ind. sur lacs, marigots et salines du parc national du Djoudj (PNOD) - dont sujets en train de nicher et couver (Lire et voir ci-dessus)
  • Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensisSenegal thick-knee), entendu puis vu 2 ind. se poursuivant [marigot de Djoudj, PNOD]
  • Glaréole à collier (glareola pratincola ssp. fuelleborniafrican collared pratincole), entendu puis vu 1+ ind. en vol passant [marigot de Khar, PNOD]
  • (Pluvier) grand-gravelot (charadrius h. hiaticulacommon ringed plover), quelques ind. ici et là [basse vallée et PNOD]
  • Gravelot pâtre (charadrius pecuarius, Kittlitz's plover), 1 ind. en vol passant [Grand Lac, PNOD]
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosusspur-winged lapwing), comme les Échasses, un peu partout à proximité de l'eau...
  • Bécasseau cocorli (calidris ferrugineacurlew sandpiper Near threatened/NR-Quasi menacésur la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées de disparition), 10+ ind. migrateurs prénuptiaux stationnés sur les lagons [de la Station biologique du PNOD]
  • Sterne hansel (gelochelidon n. niloticagull-billed tern), quelques ind. en vol passant [marigot de Khar, PNOD]
  • Sterne naine (sternula albifrons ssp., little tern ssp.), 1 ind. en train de pêcher [Khar, PNOD]
  • Guifette noire (chlidonias n. nigerblack tern),  au moins 1 ind. en vol passant S>N [marigot de Khar] + 2 ind. en vol au-dessus des lagons [Station biologique du PNOD]
  • Ganga à ventre brun/châtain (Ganga sénégalais, pterocles e. exustuschestnut-bellied sandgrouse), 2 ind. - cc, en bord de piste [boucle de Gainthe-Khar, PNOD]
  • Tourterelle masquée (Tourterelle à masque de fer, oena c. capensisNamaqua dove)
  • Tourterelle maillée (spilopelia/streptopelia s. senegalensislaughing dove)
  • Pigeon roussard (de Guinée, columba guineaspeckled pigeon), quelques ind. au repos dans les gonakiés riverains [du marigot de Khar, PNOD]
  • Tourterelle vineuse (streptopelia vinacea, vinaceous dove), au moins 2 ind. dans les gonakiés riverains [du marigot de Khar, PNOD]
  • Tourterelle pleureuse (streptopelia decipiens ssp. shelleyi, -Nigermourning collared-dove), plusieurs ind. au repos dans les gonakiés riverains [du marigot de Khar, PNOD]
  • Coucal du Sénégal (centropus s. senegalensisSenegal coucal), 1 ind. dans les filaos [hôtel et campement du Djoudj]
  • Effraie d'Afrique (tyto alba ssp. affinis, african barn owl), 1 ind. dans un filao [campement du Djoudj]
  • Martinet des palmes (cypsiurus p. parvusafrican palm swift), 2 ind. chassant au-dessus des arbres de Gainthe [PNOD]
  • Guêpier nain (merops p. pusilluslittle bee-eater), dont 2 ind. aux abords des lagons saumâtres [Station biologique du PNOD]
  • Guêpier à gorge blanche (merops albicolliswhite-throated bee-eater), 1 ind. [steppes de Gainthe] + 2 ind. sur Gonakié riverain [marigot de Khar] + quelques ind. [piste du Grand Lac] + arrivée de ~15 ind. migrateurs en provenance du sud, deux sujet se posant sur les fils pour se reprendre... [digue proche de la Station biologique du PNOD]
  • Guêpier de Perse de l'ouest (merops persicus ssp. chrysoconoswestern blue-cheeked bee-eater), 1 ind. ! Les voilà de retour ! [près de Gainthe, PNOD]
  • Cochevis huppé du Sénégal (galerida cristata ssp. senegallensis, -Senegalcrested lark)
  • Hirondelle de rivage (riparia r. ripariacommon sand martin), au moins 1 ind. volant au-dessus du Gorom [vers la Station biologique du PNOD]
  • Hirondelle rustique (hirundo r. rusticabarn swallow), quelques ind. ici et là [basse vallée]
  • Hirondelle de Guinée (hirundo l. lucidared-chested swallow), subrepticement vu (en roulant) 3+ ind. entrant et sortant sous l'ouvrage hydraulique [reliant le fleuve au marais de Ndigué] 
  • Crombec sitelle (sylvietta b. brachyuranorthern crombec), 1 ind. chanteur [ripisylve de Gainthe, PNOD]
  • Prinia aquatique (à ventre blanc, prinia fluviatilisriver prinia), 1 ind. en vol [marigot de Khar]
  • Tisserin à tête noire (ploceus melanocephalus ssp., black-headed weaver)

Entendu:
Coliou huppé (à nuque bleue, 'oiseau-souris', urocolius m. macrourusblue-naped mousebird) [hôtel et campement du Djoudj] / Pic goertan (mesopicos goertaegrey woodpecker), 1 ind. dans les grands arbres [campement du Djoudj, PNOD] / Prinia aquatique (prinia fluviatilis), entendue dans les lisières de la vaste Typhaie [grande digue du PNOD] / Cisticole (roussâtre) du Nil (cisticola -galactotes- marginatus ssp. amphilectuswinding cisticola), 1 ind. chanteur entendu sur la lisière de la grande Typhaie [derrière la grande digue à hauteur de la Station biologique] /


Ci-dessus:
Guêpiers à gorge blanche, migrateurs intra africains & Guêpier nain, résident
Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD) 2017 05 16 / © Photos par Frédéric Bacuez

 Les Guêpiers à gorge blanche, saisonnièrement à l'heure...
La Dame blanche, fidèle au rendez-vous...

Ci-dessous:
Effraie d'Afrique - Tyto alba ssp. affinis, dans un filao aux alentours de l'hôtel du Djoudj
2017 05 16, 12h43-12h50 / © Photos par Frédéric Bacuez

AUTRES:
  • Phacochère commun (phacochoerus africanuscommon warthog),  au total 26 sujets, exclusivement dans le PNOD (hors du réduit, le riz fait place nette) - dont 1 et 4 ind. [sur la berge nord du marigot de Djoudj] + 8 ind., la fameuse et toujours prolifique famille quasi domestique qui déambule en saison entre minibus, taxis et voitures autour de l'embarcadère [PNOD] + 1 ind. déambulant sur le marais asséché de Gainthe [PNOD] + 1 ind. [Khar, PNOD] + 1 ind. se frottant le cuir contre un pied de Tamarix senegalensis [zone du mirador du lac de Khar] + 3 et 2 ind. [Grand Lac à sec !] + 3 ind. dans les Sporoboles + 1 ind. [plaine du Grand Lac] + 1 ind. femelle en gestation [début de piste du Grand Lac]
  • Patas 'singe rouge' (erythrocebus pataspatas monkey), 1 ind. [zone du mirador du lac de Khar]

Ci-dessous:
Phacochères familiers à l'embarcadère du Djoudj (9h48-51) - Phacochères sur le Grand Lac asséché (11h15)
Phacochère commun - Phacochoerus africanus, dans la plaine du Grand Lac (11h20) 
Parc national (des oiseaux) du Djoudj (PNOD) 2017 05 16 matin / © Photos par Frédéric Bacuez
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mercredi 10 mai 2017

10, Trois-Marigots: la dépouille d'un Renard pâle - le canidé le moins documenté au monde...

Dépouille d'un petit canidé à grandes oreilles qui pourrait bien être un Renard pâle - Vulpes p. pallida
Trois-Marigots 2017 05 10, 14h27 / © Photo par Frédéric Bacuez [tél. Samsung]

* Aire communautaire patrimoniale des Trois-Marigots.
Cordons boisés entre Khant et N'Galam, vers Gaye -

APREM', 14h10-14h30-

Vers 14h15, aux heures chaudes et vaporeuses - aveuglantes. Dans la pente lourdement sablonneuse qui monte vers une fermette installée au sommet du cordon dunaire, les boisements sont denses: de petits Gommiers (Acacia senegal, Verek en langue wolof) au-dessus d'un sol littéralement jonché des bouses sèches des bovins - il y en a bien pour quelques grosses remorques, et une poignée d'hectares. Ici de pléthoriques troupeaux passent donc la nuit avant que de vadrouiller, le jour et à l'amble, entre le marigot de Khant et la rivière N'Galam. Nourris de je ne sais quoi tant le couvert herbacé n'est plus que débris épars et sables... Les bergers parcourent en chantonnant cordons, plats et replats, armés de leurs machettes pour émonder les arbres et en faire tomber le feuillage, et les épines, histoire de nourrir et maintenir l'aberrant cheptel en survie, pendant cette interminable période de soudure - trois mois au minimum, avant que les ondées jettent sur les ourlés sahéliens une moquette verte du plus bel effet. S'il pleut.

Un fumet pestilentiel. Suffocant comme l'air saturé de chaleur et des premières moiteurs d'une saison humide (ici) en avance... En Afrique soudanienne, il a déjà plu. Je cherche au milieu des bouses inodores et bonnes à flamber d'où provient cette odeur de mort. C'est vite trouvé: un cadavre de petit canidé gît au milieu des excréments et des pailles, recroquevillé, jambes par-dessus tête. Les muscles sont encore sur les os, secs et boucanés comme du kilichi nigérien. En y regardant de plus près, le nez pincé, tout de la dépouille indique qu'il s'agirait bien d'un Renard pâle (Vulpes pallida ssp. pallidaPale Fox, African Sand Fox, Pallid Fox): les poils encore au corps, même à la queue, pourtant fort dénudée; la longueur des pattes arrières; les grandes oreilles dont la fine membrane ne s'est pas encore désagrégée; et puis, surtout, la forme oblongue du crâne, encore plus allongé que celui d'un Renard roux ou d'un Fennec, mais peu ou prou comme celui du Renard famélique. Et la dentition, typique !

Mais pourquoi diable le petit noctambule est-il venu mourir ici, au milieu du troupeau domestique ? Plusieurs hypothèses, aucune certitude, au lecteur de se faire son opinion: le petit chien a été malencontreusement piétiné par les boeufs; des chiens domestiques, en pleine explosion démographique comme leurs bipèdes de maîtres, même ici dans les Trois-Marigots, lui ont fait la peau; le Goupil sahélien a été empoisonné, délibérément ou accidentellement, victime collatérale d'un appât au Furadan ou de tout autre produit criminel destiné aux ultimes prédateurs à quatre pattes - mais lesquels ? Ces Chacals devenus par ici fantomatiques qu'on appelle désormais Loups ? Ou le rôdeur s'est-il empoisonné tout seul en farfouillant dans les détritus, déchets et autres rebuts qu'on jette alentour de chaque maison, ferme, camp, village du pays - dégradables ou pas, y compris les bombes insecticides... ? Problème: ce renard, réputé être le canidé le moins connu au monde, n'est pas vraiment ce que les éradicateurs français appellent chez eux un 'nuisible', se nourrissant de petits animaux et fruits - oiseaux, rongeurs, reptiles, œufs, baies et melons sauvages... Sauf s'il commence à trouver goûteux et faciles les quelques gallinacés domestiques des campements peuhls qui se multiplient désormais sur tous les alignements dunaires entre chacun des trois Marigots... Le grand nombre de terriers inoccupés, à l'évidence abandonnés, qu'Ornithondar a répertorié ces derniers mois dans la majorité des cordons arborés, souvent au voisinage des installations humaines, peut inquiéter. Et rendre soupçonneux: Les Hommes, toujours et partout maléfiques...

Pour en savoir plus, lire et voir sur Ornithondar:


Renard pâle - Vulpes pallida ssp. pallida, mort ou vif...
Ci-dessous, de haut en bas:
au zénith, les bovidés rentrent de l'abreuvoir... 2017 05 10, 14h11
dépouille de Renard pâle au milieu des bouses et des pailles sèches... 2017 05 10, 14h23
crâne de Renard pâle rapporté du Troisième Marigot... 2016 11 17 & 12 1
dépouille de Renard pâle près de Gaye... 2017 05 10,, 14h27 
Renard pâle se grattant devant le tunnel d'une de ses chambres... 2016 01 31, 17h29
Aire communautaire patrimoniale des Trois-Marigots 2016-2017 / © Photos par Frédéric Bacuez

10, Journée mondiale des oiseaux migrateurs: arrivée intra-africaine des Guêpiers à gorge blanche et l'un des ultimes Paléarctiques prénuptiaux de passage, une Hypolaïs polyglotte

Guêpier à gorge blanche - Merops albicollis, à l'abreuvoir !
Mare du N'Galam 2017 05 10, 11h48 / © Photo par Frédéric Bacuez

* Aire communautaire patrimoniale des Trois-Marigots.
Berges du N'Galam à l'aval de Tylla et boisements dunaires adjacents -


5h15-16h55-
A pied
Temps: 20°-27°. Partiellement ensoleillé, UV 13, extrême 
- temps moite - beurk !, ciel laiteux et suspensions 'colorisantes', hygrométrie jusqu'à 87% ; vent d'ouest, 22 km/h
5h, 20°; 9h, 22°; 12h, 27°; 13h, 26°; (17h, 25°)
Température maximale, 38° (2007) / Maximale moyenne, 29°
Température minimale, 18° (1991) / Minimale moyenne, 21°

Ci-contre: World Migratory Bird Day 2017 ou Worldmigratorybirdday.org/
Il y a deux ans, le 9 Mai: pour la Journée mondiale des oiseaux migrateurs 2015, Ornithondar était dans le Ndiaël


"On peut aussi construire quelque chose de beau avec les pierres qui entravent le chemin."
- Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832)

Journée sur la berge du N'Galam à l'aval du village de Tylla jusqu'à hauteur de Gaye. Je n'ai pas visité ce secteur depuis quatre ou cinq années. Et je ne reconnais plus les lieux... Il y avait ici, à l'époque, de jolis boisements saisonnièrement immergés, autour de cuvettes de débordement de la rivière: il n'y a plus d'arbres, tout a été rasé, défriché. Mal, n'importe comment, anarchiquement - cela vous étonne ?-, pour en lieu et place y installer des ersatz de terrains maraîchers. Vastes comme la grenouille qui se voulait être un bœuf. Pour au final végéter avec un ou deux carrés d'oignons au milieu d'un capharnaüm invraisemblable de débris épars, de tuyaux démembrés, de moustiquaires déchirées traînant au sol, de bidons, de tissus, de nattes, et de barrières d'épineux en déroute... La plupart de ces champs sont délaissés, plus ou moins abandonnés, en friche. Avec, de plus en plus souvent au milieu du chantier, des chiens, qui aboient stupidement, grognent ou fuient, corde au cou, alors que vous essayez de trouver un chemin riverain du cours d'eau... Beh oui, parce que vous pensiez que même pour cela nos apprentis agriculteurs seraient cartésiens, ha ha ha ?! Chacun fait où bon lui semble, c'est ça, la Démocratie de l’Émergence ! Et l'initiative, l'entrepreneuriat, la liberté de créer son affaire, hein ?! Au bout de deux saisons, de guerre lasse les hommes lâchent leurs espoirs en cette terre ingrate; ça ne s'improvise pas, ces choses-là... Les gars sont déjà partis ailleurs, pour d'autres conquêtes, d'autres ravages; ce sont les femmes qui, moins prétentieuses, récupèrent de tout petits lopins pour y faire pousser quelques légumes afin d'agrémenter le riz, avec ou sans poisson. Car oui, il ne suffit pas d'avoir de l'eau à proximité, de creuser une rigole ou d'installer des bouts de raccords pour que le miracle fasse croître la fortune, comme chez le blanc Mikaël certifié vert responsable, au loin, au sud de Mengueye et sur la rive orientale du marigot de Khant-sud, avec force capitaux et techniques, usurpation des meilleures terres et gaspillage de l'eau sahélienne - puis tout exporter vers l'Europe ! Les nématodes vous bouffent tout, dans le sable même arrosé, si vous n'y déversez pas des litres et des litres de chimie - au nom de l’Émergence, même en aire patrimoniale, ha ha ha... On enfume le pays pour un gâchis toujours renouvelé. Certains s'y font, margoulins et autruches; d'autres, comme moi, finissent par avoir la nausée. Tous ces mensonges, ces tromperies, ces enfantillages, combien de temps encore ? Pour rien. A part le verbiage auto-satisfait des (pseudo) élites; le beurre des (investisseurs)-profiteurs. L'espérance des ouailles ahuries - pour ne pas dire autre chose. Et le bricolage de tous !

Our future is not their future... Hélas, quand on voit ça, la dévastation des rives du N'Galam et des Trois-Marigots, et puis le reste, la coupe effrénée des arbres sur les cordons dunaires (bientôt sur Ornithondar, on engrange, on engrange les documents...), d'année en année, sèche comme humide, on se dit qu'on va droit à la catastrophe, mais allègrement - l'é-mer-gen-ce ! Et tant pis pour toutes les autres vies de cette pauvre Terre ! Pas besoin d'être du GIEC pour vite comprendre notre désir de suicide collectif. Il suffit de sortir de son petit nid douillet, et de son confort mental, pour constater, et entrevoir ce qui les/nous attend. Puis se projeter dans vingt ou trente ans, avec l'emballement démographique bien plus important que prévu dont on tartine tous les organes spécialisés sans que jamais cela n'atteigne ni les mass-medias ni les politiques... Encore moins les classes moyennes ou/et émergentes, les dieux y veillent, et on a tant besoin d'elles pour faire tourner la machine, et engranger les profits. Il ne faut surtout pas encombrer les distractions. L'é-mer-gen-ce, qu'on vous martèle, à toutes les sauces ! Se gargariser d'onirisme et de malhonnêteté idéologique, cupide, nous tous en psychopathes mondialistes envoûtés.

Ci-dessous:
natures mortes...
Sur le N'Galam (10h24 & 9h59) et dans les dunes à Acacias (13h02), 
Lotus bleu (Nymphea caerulea) et gousse de Faux-Gommier (Acacia tortilis ssp. raddiana, Seinge en langue wolof) 
Trois-Marigots 2017 05 10 / © Photos par Frédéric Bacuez 


Ceux qui sont partis, ou clôturent la saison, et ceux qui arrivent...

Their future is our future... C'est aujourd'hui la Journée mondiale des oiseaux migrateurs - et pas celle des parcs nationaux, seulement fêtée au Québec... en septembre, n'en déplaise à Gugusse premier mytho' du cru, grand agitateur-récupérateur d'une Journée Portes Ouvertes au PNLB... Certains trouveront cette date inappropriée pour nos latitudes, c'est vrai. Le plus gros des troupes migratrices semble être passé, en tout cas dans la basse vallée du Sénégal, même si sur d'autres sites plus méridionaux nos camarades trouvaient, il y a quelques jours encore, que les 'retardataires' étaient cette année bien représentés. Même constat sur le littoral méditerranéen français où les arrivées massives en provenance d'Afrique commencent tout juste à se dessiner... Cependant, il ne faut jamais oublier que nous sommes ici entre deux flux, dans cet interface entre deux mondes, concernés (est-ce bien le mot juste ?) par deux phénomènes migratoires - on parle d'oiseaux: la migration paléarctique, postnuptiale et prénuptiale, des espèces vivant et nichant au nord du 21e parallèle, en Afrique du nord et en Eurasie, mais passant l'hiver au sud du Sahara; et la migration inter-tropicale des espèces africaines qui remontent sur les marges sahélo-sahariennes à la faveur des poussées de la mousson ouest-africaine (improprement appelée Hivernage), venue du Golfe de Guinée:

  • Du coté des migrateurs prénuptiaux (Paléarctiques). Première journée sans l'ombre d'une Hirondelle, pas plus rustique (hirundo rustica) que de rivage (riparia riparia) ! Ce ne sera pas ici leur Journée, donc... Des limicoles paléarctiques, une seule volée de Chevaliers aboyeurs (Tringa nebularia) et un Chevalier gambette (Tringa totanus), au-dessus du N'Galam... C'en est fini, évidemment, des Traquets motteux, Bergeronnettes printanières et autres Pies-grièches. Deux passereaux en queue de peloton, néanmoins: une Hypolais polyglotte (Hippolais polyglotta, Melodious Warbler), ouf... mais à 16h30, j'avais rangé mon matériel et attendais le ramassage, près de la digue de Mengueye - décidément ! Et ce qui pourrait bien être une Huppe fasciée eurasienne (Upupa e. epops) très en retard puisque son hivernage subsaharien s'achève en général début avril... L'identification des races eurasienne et africaine de la Huppe fasciée est très difficile tant que l'oiseau ne déploie pas les ailes, et ce spécimen me pose aujourd'hui problème: d'un coté j'en fais une huppe paléarctique, au regard des marques alaires blanches et noires sans rupture, du dos plus foncé, de la joue plus claire, et des quelques stries ventrales résolument absentes chez la sénégalaise... De l'autre, les plages immaculées sur les ailes sont bien blanches, à l'exception d'une petite nuance orangée; et la date me paraît bien tardive, en effet. Bref, si les ornithos perspicaces ont un avis, je suis preneur, évidemment, et ne prendrai pas ombrage d'une contradiction, mes limites objectives et l'exposition publique étant faites pour cela ! En tout cas, avec l'Hypolaïs polyglotte, j'aurai sauvé la/ma Journée et fait ce qu'on avait à faire: noter au moins UN oiseau migrateur en route vers le nord ! C'est pas facile, dèh...

En rappel sur Ornithondar:

Ci-dessous:
Huppe fasciée, eurasienne ou sénégalaise - Upupa epops epops ou senegalensis ?
Bord du N'Galam, Trois-Marigots 2017 05 10, 8h21 / © Photos par Frédéric Bacuez
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  • Du coté des migrateurs intra-africains (Afrotropicaux). Et les oiseaux migrateurs inter-tropicaux, me direz-vous ? Et bien, comme toujours, ce sont les Guêpiers à gorge blanche (Merops albicollis, White-throated Bee-Eater) qui ouvrent le bal des espèces spécifiques aux temps (plus) humides et, dans deux mois au mieux, brièvement pluvieux - des oiseaux qui remontent au nord du 14e parallèle parfois jusqu'aux confins chérifiens... Ceux-là, ils arrivent en fanfare ! Comme les deux autres espèces emblématiques de la saison, le Calao à bec noir (Tockus nasutus) puis le Coucou didric (Chrysococcyx caprius), tout aussi bruyants pour annoncer l'imminence, une imminence le plus souvent interminable, de la remontée attendue du Front Inter Tropical (FIT), courant d'air humide venant du Golfe de Guinée et poussant peu à peu les pluies, très lentement vers nos marges pré-sahariennes... Avec une installation réelle des précipitations, ici particulièrement parcimonieuses, courant Juillet (plutôt à la fin du mois, dans le bas-delta), voire Août... Les Calaos et les Coucous sont dans le bas-delta sénégalo-mauritanien en bout de course de leur migration; leur passage est donc plus une arrivée, peu visible dans le ciel: rien à voir avec Bamako et Ouagadougou, par exemple. Leur nidification d'été/de mousson confirmée dans notre zone ne dépasse pas le 17°N coté mauritanien, rapportée de la pointe sud-ouest du pays, combien même des Calaos à bec noir ont été observés jusqu'au 18°30'N. Quant au Coucou didric, sa présence est régulière sous les 17°30'N; plusieurs sujets ont cependant été observés et photographiés dans l'Adrar, et même récemment au-delà du 21e parallèle, ligne de démarcation imaginaire entre le monde afrotropical et le Paléarctique ! Les Guêpiers à gorge blanche, eux, atteignent tout de même Nouakchott (18°05'08''N) bien qu'ils n'ont pas été signalés nicher ni guère s'aventurer au-delà du 18°30'N (in Atlas des oiseaux de Mauritanie, par Peter Browne, 2016 03). La première donnée du Sahara marocain, dans l'Oued ed Dahab, date de 2013, première aussi pour le Paléarctique occidental. 

Pour le moment, les Guêpiers à gorge blanche ne sont pas encore vraiment du paysage... Dans quelques semaines, on ne les regardera même plus ! Mais ce 10 Mai, Journée mondiale des oiseaux migrateurs, ils sont mes premiers de l'année, au total vingt à vingt-cinq oiseaux (20-25). Les premiers éléments avaient déjà certainement rejoint des sites privilégiés de la vallée, comme les alentours du Ranch de Bango où bizarrement quelques sujets sont souvent cantonnés très précocement en saison: les 16 mars 2016 et 27 mars 2015, par exemple ! Aujourd'hui dans les Trois-Marigots, mes quatre premiers oiseaux sont déjà appariés, en tout cas en pleine poursuite (pré)nuptiale... Ensuite c'est une bande de quatre à six sujets (les mêmes ?) qui effectuent des acrobaties joyeuses pile poil devant ma pause casse-croûte, venant chacun son tour boire au vol - et faire quelques plats, histoire de se bien mouiller les plumes au passage !- sur une petite mare de débordement du N'Galam. L'après-midi dans les ondulations dunaires, ce sera un passage de douze (12) Guêpiers pour le coup en migration active, dans leurs ultimes kilomètres, puis encore quatre (4, toujours les mêmes du matin, qui poussent la remontée plus loin ?). Bienvenue à eux, bonne installation et heureuse reproduction - pour les six à sept prochains mois !

En rappel sur Ornithondar:

Ci-dessous:
Guêpiers à gorge blanche - Merops albicollis, à l'heure de boire...
Au bord du N'Galam, Trois-Marigots 2017 05 10, 11h48 (à g.) et 12h31 (à d.) / © Photos par Frédéric Bacuez


N'Galam, la rivière comme un marais luxuriant

Depuis que les gens de Tylla, Gaye et Mengueye ont pris d'assaut les berges du N'Galam pour y bricoler des champs d'oignons et de quelques légumes peu prolifiques, on peine à approcher le lit de la rivière. Les périmètres dévastés sont clôturés de barrières d'épineux et seuls quelques rares points d'accès, pour le bétail et les charrettes qui viennent puiser de l'eau permettent encore d'y venir observer les oiseaux ou contempler les étendues marécageuses. Je finis par trouver quelque chemin sablonneux pour enfin accéder à un bel espace dégagé, associant des prairies herbeuses inondées, quelques mares riveraines, et une vaste surface d'eau libre couverte de nénuphars... Ici et là des bosquets noyés de Tamarix senegalensis morts, et des typhaies qui profitent de la stabilisation artificielle des eaux pour prospérer et continuer leur conquête des Trois-Marigots... Mais que cette rivière comme un marais est luxuriante, et bruissante de vies...
Premier étonnement, c'est une surprise réconfortante: il y a bien plus de Talèves d'Allen (Porphyrio alleni) que je ne le pensais. Deux Blongios africains (Ixobrychus minutus ssp. payesii), aussi, laissent penser que la race subsaharienne du plus petit de nos Hérons est bien distribuée, ici, et peut-être même en augmentation, merci à l'extension des roselières... Un peu à l'amont de Gaye au milieu de la rivière qui s'est élargie à cet endroit, plus d'une vingtaine d'Anhingas roux d'Afrique (Anhinga rufa) perchent sur des Tamaris immergés, encadrés par deux rideaux de Typhas comme des paravents: pour deviner le reposoir, il faut grimper sur la dune, d'où on ne voit pourtant pas s'il s'agit d'un simple site de tranquillité, diurne et/ou nocturne, ou un nichoir. En tout cas,  dans la première moitié de la matinée les cormorans s'élèvent les uns après les autres et se dirigent sans doute vers les marigots de Ndiassew et de N'Guisset, en amont du N'Galam, pour pêcher.
Il faut toujours attendre un peu avant que le petit monde timoré des poules lacustres ressorte du couvert, où il se précipite dès qu'il y a le moindre dérangement, pour reprendre ses déambulations dans les herbiers et la végétation flottante. Gallinules poules-d'eau (Gallinula chloropus), Talèves d'Afrique (Porphyrio madagascariensis) et Marouettes à bec jaune (Zapornia flavirostra) sont de loin les espèces les plus visibles, les plus abondantes. Les Jacanas à poitrine dorée (Actophilornis africanus) souffrent peut-être de la fermeture progressive du paysage mais restent bien représentés. Mais pas moyen d'y déceler la présence d'une seule Gallinule africaine (Gallinula angulata)... Il faudrait voir en saison pluvieuse, bientôt, inch'Allah... Une fois que la passée du matin est achevée, ramenant Dendrocygnes veufs, Oies-armées et Sarcidiornes vers des reposoirs possibles au sud du N'Galam ou, ça je l'ai vérifié, sur le marais de Toddé, il ne reste dans cet enchevêtrement de végétation palustre que les Dendrocygnes fauves (Dendrocygna bicolor), qui se permettent de former de mini troupes de sept à quinze individus, sur un des sites bas-deltaïques où ils sont les mieux présents; et les fameuses et splendides Anserelles naines (Nettapus auritus), ah ces extraordinaires oies-naines, un bijou de la nature ! J'en observe longuement trois couples, sur ce parterre de nénuphars (Nymphea alba, Nymphea caerulea) indispensables à leur survie alimentaire... En revanche, comme ces inséparables canards ont besoin de reposer sur des branches et nidifient dans des trous d'arbres, je me dis souvent qu'avec l'abattage des derniers 'gros' arbres riverains, comment vont-ils faire (eux et tant d'autres cavernicoles, du Calao aux Pics en passant par les Barbions et les Perruches) pour pérenniser leur espèce ?... Bientôt sur la Liste rouge ?
Cette fois, c’en est bel et bien fini des babils et des protestations de nos paludicoles du Paléarctique... Parties, les Phragmites des joncs, les Rousserolles effarvattes et autres turdoïdes... Des locales, les Prinias aquatiques (Prinia fluviatilis) sont omniprésentes, j'observe une Cisticole roussâtre du Nil (cisticola -galactotes- marginatus ssp. amphilectus), pour une fois silencieuse; j'écoute deux Rousserolles des cannes (Acrocephalus rufescens ssp. senegalensis), qui profitent de l'absence saisonnière de leur rivale eurasienne la Rousserolle turdoïde pour emplir le silence du marais de leurs gloussements et onomatopées bien à elles ! Je tente d'identifier aussi, mais ce sera trop bref pour moi, ce qui pourrait bien être un appel puis un début de chant d'une Rousserolle africaine (Acrocephalus baeticatus, de ce type)... Ah, si Bram Piot décrochait un peu de son Technopôle dakarois et avait été là, ha ha ha...

Ci-dessous, de g. à d. et de haut en bas:
Couple d'Anserelles naines - Nettapus auritus (10h19) - Marouettes à bec jaune - Zapornia flavirostra (7h54)
au milieu des Lotus bleus (Nymphea caerulea) et des Nénuphars blanc (Nymphea alba)
Talève d'Allen - Porphyrio alleni (8h19) - Couple d'Anserelles naines - Nettapus auritus (10h17)
N'Galam à l'aval de Tylla 2017 05 10 / © Photos par Frédéric Bacuez

OISEAUX / 65 espèces cochées, 8 sp. entendues
MAMMIFÈRES / 5 + 3 espèces cochées
SAURIENS / 2 espèces
LÉPIDOPTÈRES / 1 espèce
ODONATES / 1 espèce

Vu:
  • Cormoran africain (microcarbo a. africanuslong-tailed cormorant), quelques ind., tous immatures [N'Galam]
  • Anhinga (roux) d'Afrique (anhinga r. rufaafrican darter), au moins deux dizaines d'ind. sur le secteur inventorié, au reposoir dans la végétation au milieu du N'Galam ou cerclant à la verticale
  • Blongios africain (ixobrychus minutus ssp. payesii, african little bittern), 1 ind. ad. mâle en vol, gagnant l'intérieur du N'Galam + 1 ind. femelle levé et gagnant la lisière d'une Typhaie où elle s'accroche quelques minutes à la tige d'un des roseaux [N'Galam]
  • Crabier chevelu (ardeola ralloidessquacco heron), plusieurs ind., toujours en plumage internuptial - avec quelques poursuites territoriales
  • Gardeboeuf d'Afrique (bubulcus i. ibiscattle egret), 2 ind. avec un âne blessé, nettoyé aussi par deux Piqueboeufs
  • Aigrette ardoisée (egretta ardesiacablack heron), 1 ind. perché à la cime d'un arbuste immergé mort + 1 ind. en vol passant [>amont N'Galam]
  • Héron cendré (ardea c. cinereagrey heron), 2 ind. en vol [>Khant] à l'aube + 1 ind. en vol [N'Galam]
  • Héron pourpré (ardea p. purpureapurple heron), 1 ind. levé, se repose assez vite en bordure de typhaie [N'Galam]
  • Sarcidiorne à bosse (Canard à bosse, Canard sylvicole, sarkidiornis melanotosknob-billed duck, african comb duck), des passages comptabilisés: 2 + 26 + 6 + 2 + 8 + 36 ind. + ~15 ind. au milieu d'une passée d'Oies-armées [N'Galam] (puis 26 ind. en vol N'Galam>Khant])
  • Oie-armée de Gambie (plectropterus g. gambensisnorthern spur-winged goose), 4 + 2 ind. + passée d'une troupe de 80+ ind. mêlant Oies des deux sexes, majoritaires, et Sarcidiornes [N'Galam]
  • Dendrocygne fauve (dendrocygna bicolorfulvous whistling-duck), 10 + 3 + 6 + 7 ind. en vol passant [N'Galam]
  • Dendrocygne veuf (dendrocygna viduatawhite-faced whistling duck), des centaines d'ind. - l'essentiel de la passée entre Trois-Marigots et les reposoirs diurnes de Toddé et au-delà, entre 5h55 et 6h20 + centaines d'ind. en vol régulièrement dans la matinée dans le sens des 2e et 3e marigots vers l'aval du N'Galam
  • Anserelle naine (nettapus auritusafrican pygmy goose), sur le site inventorié: 6 ind. tous en couple, sur une partie sans roseaux et couverte de Nympheas de deux sp. [N'Galam]
  • Pygargue vocifère (haliaeetus vociferafrican fish-eagle), d'abord entendu puis enfin vu 1 ind. ad. s'élevant de la rive orientale (la mieux arborée) [du N'Galam] puis 1 ind. (le même ?) à la cime plate de l'arbre le plus haut dans cette brousse inter-dunaire (le même Tamarinier sur lequel reposait un cc, le 2017 04 20), bientôt délogé par une troupe de Patas qui en fait l'ascension et s'y installe... [inter-dunaire N'Galam-Khant]
  • Francolin à double éperon (pternistis b. bicalcaratusdouble-spurred francolin), ind. entendus dès l'aube puis au bord du N'Galam + 1 ind. vu
  • Marouette à bec jaune (Râle à bec jaune, zapornia flavirostrablack crake), omniprésente [sur le N'Galam et rives]
  • Gallinule poule-d'eau (gallinula chloropus, common moorhen), des dizaines d'ind. dans l'abondante végétation palustre [du N'Galam], ad. et imm/juv. 
  • Talève d'Allen (porphyrio alleniAllen's gallinule), bien plus abondante que je le pensais... Plusieurs dizaines d'ind. [N'Galam]
  • Talève d'Afrique (porphyrio madagascariensisafrican swamphen), omniprésente [sur le N'Galam], ad. et imm. prédominants
  • Jacana à poitrine dorée (actophilornis africanusafrican jacana), commun [sur le N'Galam]
  • Échasse blanche (himantopus himantopusblack-winged stilt), 26 ind. en vol remontant le N'Galam vers les deux Marigots
  • Oedicnème tachard (burhinus capensis ssp. maculosusspotted thick-knee), 1 ind. délogé de l'ombre... Pas content ! [brousse inter-dunaire N'Galam-Khant]
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosusspur-winged lapwing)
  • Chevalier gambette (tringa t. totanuscommon redshank), 1 ind. en vol passant [N'Galam]
  • Chevalier aboyeur (tringa nebulariacommon greenshank), 6 ind. en vol groupé et passant [N'Galam]
  • Ganga à ventre brun/châtain (Ganga sénégalais, pterocles e. exustuschestnut-bellied sandgrouse), 4 ind. ayant bu au milieu du N'Galam s'élèvent et regagnent les cordons avec force cris gutturaux... (10h15) + 1 ind. vient boire sur la rive et repart rapidement (10h35) (levé 5 ind. dans l'après-midi dans l'interd-dunaire)
  • Tourtelette d'Abyssinie (turtur abyssinicusblack-billed wood-dove), 1 ind. !
  • Tourterelle masquée (Tourterelle à masque de fer, oena c. capensisNamaqua dove)
  • Tourterelle maillée (spilopelia/streptopelia s. senegalensislaughing dove)
  • Tourterelle vineuse (streptopelia vinacea, vinaceous dove)
  • Tourterelle pleureuse (streptopelia decipiens ssp. shelleyi, -Nigermourning collared-dove)
  • Coucal du Sénégal (centropus s. senegalensisSenegal coucal), 2 ind. + 2 ind., vus + 1 ind. entendu + 3 ind. - il y a de la cour de deux messieurs à une dame, là-dedans, dans ce champ en friche...
  • Engoulevent à longue queue (caprimulgus c. climacuruslong-tailed nightjar), au total 3 ind. entendus avant le point du jour et à l'aube [cordons dunaires entre Khant et N'Galam] + 1 ind. femelle levé des tas de branchages et épineux [bords du N'Galam]
  • Martin-pêcheur huppé (corythornis cristatus ssp. galeritaMalachite kingfisher), 1 ind. en vol passant [N'Galam]
  • Martin-pêcheur pie (ceryle r. rudispied kingfisher), 1 seul ind. [N'Galam]
  • Guêpier nain (merops p. pusilluslittle bee-eater), quelques ind., souvent dans les champs pris aux berges boisées et dont on se demande s'ils sont fonctionnels ou abandonnés; ou transformés en décharge (déjà) !
  • Guêpier à gorge blanche (merops albicollis, white-throated bee-eater), d'abord entendu leurs cris caractéristiques (première fois cette année), vu 4 ind. se poursuivant d'arbre en arbre, déjà par paire puis 4 à 6 ind. venant juste devant moi boire sur une petite mare et y faire trempette en même temps (de grands clacs sur l'eau !) + 12 ind. en vol passant S>N + 4 ind. en vol S>N [brousse inter-dunaire]
  • Coliou huppé (à nuque bleue, 'oiseau-souris', urocolius m. macrourusblue-naped mousebird)
  • Rollier d'Abyssinie (coracias abyssinicusabyssinian roller), 1 ind. + 1 ind., ad.
  • Huppe fasciée d'Eurasie (upupa e. epopseurasian hoopoe), 1 ind. migrateur prénuptial retardataire stationné [bords du N'Galam]
  • Calao occidental (à bec rouge, tockus kempiwestern red-billed hornbill), 1 ind. + 1 ind. + 1 ind. - décidément pas très nombreux...
  • Cochevis huppé du Sénégal (galerida cristata ssp. senegallensis, -Senegalcrested lark)
  • Hirondelle de rivage (riparia r. ripariacommon sand martin)
  • Hirondelle rustique (hirundo r. rusticabarn swallow)
  • Agrobate podobé (cercotrichas p. podobeblack scrub-robin), 2 ind. - cc local, et réclamations d'oisillons dans le petit bosquet riverain [du N'Galam]
  • Hypolaïs polyglotte (hippolais polyglotta, melodious warbler), 1 ind. à 16h30, d'arbre en arbre pour manger, migrateur prénuptial [Khant-nord]
  • Crombec sitelle (sylvietta b. brachyuranorthern crombec), 1 ind. dérangé par les intempestifs Guêpiers à gorge blanche ! [berge du N'Galam] + 1 ind. sur un baobab
  • Camaroptère à dos gris (camaroptera b. brevicaudatagrey-backed camaroptera), 1 ind. dans une clôture de champ de 'n'importe quoi', faite d'épineux morts à dominance de Balanites aegyptiaca
  • Cisticole (roussâtre) du Nil (cisticola -galactotes- marginatus ssp. amphilectuswinding cisticola), 1 ind. [bord du N'Galam]
  • Cisticole des joncs (du Nigeria, cisticola juncidis ssp. uropygialisnigerian zitting cisticolafan-tailed cisticola), quelques ind. [exclusivement sur les berges du N'Galam]
  • Prinia modeste (prinia s. subflavatawny-flanked prinia), entendu puis vu 2+ ind. dans l'enchevêtrement des Tamaris [Khant-nord]
  • Prinia aquatique (à ventre blanc, prinia fluviatilisriver prinia), surtout entendu puis 1 ind. + 2 ind. - cc local
  • Pririt/Batis du Sénégal (Gobemouche soyeux du Sénégal, batis senegalensis, Senegal batis), 1 ind. mâle ad. + 1 ind. mâle ad. + 1 ind. mâle ad. [tous dans la brousse interd-dunaire N'Galam-Khant]
  • Souïmanga à longue queue (cinnyris p. pulchellusbeautiful sunbird), 1 ind. mâle ad. nuptial en vol passant [N'Galam] + 1 ind. [brousse inter-dunaire]
  • Tchagra à tête noire (tchagra s. senegalusblack-crowned tchagra), d'abord entendu puis vu: 1 ind. [boisements proches du N'Galam]
  • Corbeau pie (corvus albuspied crow), 1 ind. en vol passant [Khant-nord]
  • Choucador à ventre roux (lamprotornis pulcher, chestnut-bellied starling), 8 ind. en vol
  • Piqueboeuf à bec jaune (buphagus a. africanusyellow-billed oxpecker), 4 ind. autour d'un groupe de huit ânes dont deux anillons - deux de ces Buphages très occupés sur un âne malade et probablement parasité par des vers sous la peau... Les oiseaux nettoient tout particulièrement une plaie à vif [N'Galam]
  • Moineau doré (passer luteusSudan golden sparrow)
  • Alecto à bec blanc (bubalornis albirostris, white-billed buffalo-weaver), 6 ind. en vol passant [berge du N'Galam]
  • Tisserin gendarme (ploceus c. cucullatus, village weaver), ~12 ind. avec trois Coucals, autour d'un sceau dans un champ plus ou moins abandonné... Les oiseaux sont en mue prénuptiale, cependant moins avancée que chez les Tisserins à tête noire [bords du N'Galam]
  • Tisserin à tête noire (ploceus melanocephalus ssp., black-headed weaver), désormais en mue prénuptiale très avancée voire en plumage nuptial achevé ou quasi achevé pour beaucoup
  • Travailleur à bec rouge (quelea queleared-billed quelea)
  • Euplecte vorabé (euplectes a. afer, yellow-crowned vorabé), toujours pas vu de mâle en livrée nuptiale... [N'Galam]
  • Amarante (commun) à bec rouge (du Sénégal, lagonosticta s. senegalared-billed firefinch), deux petits clans familiaux dont un à l'abreuvoir [rives du N'Galam]
  • Bengali zébré (amandava s. subflavazebra waxbill), petites bandes passantes, à l'abreuvoir et/ou au gagnage
  • Serin à croupion blanc (crithagra leucopygia ssp. riggenbachi, Senegal white-rumped seedeater), 2 ind. au sol [bords du N'Galam]

Derrière le rideau des massettes...

Ci-dessus, de g. à d. et de haut en bas:
couple d'Anserelles naines - Nettapus auritus, au milieu de Nympheas sp. (10h19)
volées de Dendrocygnes veufs - Dendrocygna viduata (10h37) - d'Oies-armées de Gambie - Plectropterus gambensis (8h09) et de Sarcidiornes à bosse - Sarkidiornis melanotos (10h04), mâles
Aigrette ardoisée - Egretta ardesiaca (7h04) - Tourterelle masquée - Oena capensis (7h06), immature - Anhinga roux d'Afrique - Anhinga rufa (11h10), mâle
Jacana à poitrine dorée - Actophilornis africanus (12h14) - Piqueboeufs à bec jaune, Gardeboeufs d'Afrique et Marouette à bec jaune auprès d'un âne parasité - Buphagus africanus, Bubulcus ibis, Zapornia flavirostra (11h04) - l'envol du Blongios d'Afrique - Ixobrychus minutus ssp. payesii (8h37)
Talèves d'Afrique - Porphyrio madagascariensis (8h38 & 7h20), adultes - Marouettes à bec jaune - Zapornia flavirostra (7h23) 
L'envol d'une Talève d'Afrique - Porphyrio madagascariensis (9h32)
Sur le N'galam entre Tylla et Gaye 2017 05 10 / © Photos par Frédéric Bacuez
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Sur le N'Galam dans les Trois-Marigots, 
sur sa berge occidentale et dans les cordons arborés

Ci-dessous, de g. à d. et de haut en bas:
Bengalis zébrés - Amandava s. subflava (11h14-15) - Serin à croupion blanc - Crithagra leucopygia ssp. riggenbachi (10h46), au point d'eau
Couple de Tourterelles pleureuses - Streptopelia decipiens ssp. shelleyi, et Marouette à bec jaune - Zapornia flavirostra (8h17) - Tourterelle masquée - Oena capensis (12h09), mâle ad. à l'abreuvoir - Cisticole des joncs (du Nigeria) - Cisticola juncidis ssp. uropygialis (9h)
Cisticole roussâtre du Nil - cisticola -galactotes- marginatus ssp. amphilectus (10h45) - Agrobates podobé - Cercotrichas podobe (10h59 & 9h47)
Cochevis huppé du Sénégal - Galerida cristata ssp. senegallensis (12h23) - Coucal du Sénégal - Centropus senegalensis  et Tisserins gendarmes - Ploceus cucullatus - (10h48) - Oedicnème tachard -  Burhinus capensis ssp. maculosus (13h05)
Pririt du Sénégal - Batis senegalensis (14h32)
Berges et cordons dunaires du N'Galam à l'aval de Tylla 2017 05 10 / © Photos par Frédéric Bacuez
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Entendu:
Outarde de Savile (lophotis savileiSavile's bustard), un total de quatre sujets - 1 ind. à 5h55, pas le même cri habituel [cordons dunaires entre Khant et N'Galam] + 1 ind. entendu plusieurs fois (probable ind. vu le 2017 04 20) [cordon dunaire le plus proche du N'Galam] + 1 ind. entendu dans la brousse inter-dunaire + 1 ind. entendu dans les boisements denses à Acacias [du Khant-nord] / Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensisSenegal thick-knee), à proximité du N'Galam / Glaréole à collier (glareola pratincola ssp. fuelleborni, african collared pratincole), entendu 2+ à 16h05 [lit du Khant] / Martin-chasseur strié (halcyon c. chelicutistriped kingfisher), 2 ind. au point du jour [cordons dunaires entre Khant et N'Galam] + 1 ind. à proximité d'une fermette d'éleveurs [cordon dunaire Khant-nord] / Pic goertan (mesopicos goertaegrey woodpecker), 1 ind. [brousse inter-dunaire] + 1 ind. dans les boisements denses à Acacias [du Khant-nord] / Rousserolle sp. ind. mais possiblement africaine (acrocephalus baeticatus), 1 ind., appel et chant dans un parterre de Typhas [au milieu du N'Galam] / Rousserolle des cannes (acrocephalus rufescens ssp. senegalensis, -Senegalgreater swamp-warbler), 1 ind. + 1 ind. sur deux sites différents [roselières du N'Galam] / Brubru africain (nilaus a. aferbrubru), 1 ind. [brousse inter-dunaire] + 1 ind. dans les boisements denses à Acacias [du Khant-nord] /

Ci-dessous:
le Tamarinier - Tamarindus indica est très demandé...
Pygargue vocifère - Haliaeetus vocifer (13h19) puis Patas - Erythrocebus patas (13h49)
Cordons dunaires entre N'Galam et Khant 2017 05 10 / © Photos par Frédéric Bacuez

AUTRES:

  • Phacochère commun (phacochoerus africanuscommon warthog), 3 ind., petites femelles puis 1 ind. femelle ad., tout près de moi dans le labyrinthe de Tamarix senegalensis [du Khant-nord]
  • Patas 'singe rouge' (erythrocebus pataspatas monkey), 8+ ind. à l'assaut d'un Tamarinier d'où ils délogent un Pygargue vocifère...
  • Lièvre des savanes (lepus - microtis - victoriae, african savanna hare), 1 ind. [replat interdunaire] + 1 ind. [bords dévastés du N'Galam]+ 1 ind. [brousse inter-dunaire N'Galam-Khant]
  • Écureuil terrestre du Sénégal (xerus erythropusstriped ground squirrel), au total 2 ind. - dont une femelle ad. vient tourner autour de mon aire de pique-nique (cf. photo ci-dessous)... Tout comme un Rat roussard... Et des Chèvres...
  • Rat roussard du Nil (arvicanthis niloticusafrican grass rat), 1 ind. aux alentours de mon aire de pique-nique... Se redresse parfois et hume ! Brièvement en compagnie d'un Acanthodactyle du Sénégal [bords du N'Galam] + 1 ind. délogé d'un pied de baobab [inter-dunaire]

Un cadavre de Renard pâle (Voir ICI sur Ornithondar)
Deux groupes de terriers (Vulpes pallida) abandonnés + 1 terrier probable de Felis silvestris libyca
Fèces fruitées de Patas... [Khant-nord]

  • Acanthodactyle du Sénégal (acanthodactylus senegalensisSenegal fringe-toed lizard), 1 ind. en compagnie d'un Rat roussard [berge du N'Galam]
  • Agame variable (des colons, agama agamarainbow lizard), 1 + 1 ind.
  • (petit) Monarque d'Afrique (danaus chrysippus ssp. chrysippuscommon plain tigerlesser wandererqueen butterfly, 'african queen'), quelques ind. au bord du N'Galam, par deux...
  • Brachythémis à ailes barrées (brachythemis leucostictabanded groundling)

Brouhaha des Batraciens et agressivité (saisonnière) des Mouches...

Ci-dessous:
L'Acanthodactyle et le Rat roussard...
Rat roussard du Nil - Arvicanthis niloticus & Acanthodactyle du Sénégal - Acanthodactylus senegalensis
Berges du N'Galam 2017 05 10, 11h31 / © Photos par Frédéric Bacuez


* Bango-Ndiaouwdoune-

  • Genette commune (d'Afrique, genetta genetta ssp. felina, common genet), 1 ind. traverse la N2 dans les phares (~5h30), ventre à terre et queue horizontale [juste avant le pont sur le N'Galam et la station de pesage des camions]
  • (Micro)-Chiroptère 2 sp., 1 et 1 ind. à ~5h20 [Bango-Sinthiane]

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